33 milliards par année

«Les soins aux parents vieillissants coûtent 33 milliards par année». Et puis après? Qu’est-ce qui a à redire? L’article du Journal de Montréal  affirme : «En raison du vieillissement de la population, de l’allongement de l’espérance de vie et de la saturation des services sociaux, la Banque CIBC s’attend à ce que les coûts directs et indirects liés aux aînés augmentent de plus de 20 % lors des 10 prochaines années.» Je ne suis pas financier, ni comptable. Je dois me fier à leurs chiffres qui veulent ameuter la population, au lieu de la sécuriser. Nous savons tous que nous pouvons faire dire ce qu’on veut aux chiffres. J’ai pour mon dire qu’il y a un envers à la médaille. À combien se chiffrent les économies que l’État fait ainsi. Ces personnes maintenues à domicile ou dans des maisons intergénérationnelles coûtent moins cher en étant pris en charge par un proche aidant, d’où qu’il vienne. La CIBC peut-elle prévoir un scénario tout autre, disons optimiste pour ne pas dire le moindrement humain? En fin de compte, peut-on reprocher à un fils ou à une fille d’aider ses parents dans le dernier droit de leurs vies?

Jean-Guy DAIGLE

Soit le lien suivant : http://www.journaldemontreal.com/2017/05/08/les-soins-aux-parents-vieillissants-coutent-33-milliards–par-annee

 

Un article qui ne dit pas tout 

Après avoir lu l’article de l’agence QMI, ma première réaction a été de ressentir une légère angoisse face à ces énormes coûts que  j’allais léguer à mes enfants. Heureusement l’angoisse n’a pas résisté longtemps à une brève analyse.

Le coût direct, sans la perte de productivité, s’élève à 6 milliards de dollars. Sur le PIB (2015) de 1,592 milliards de dollars on parle donc d’un ratio de 0,37% des biens et services produits au Canada. http://www.journaldunet.com/economie/magazine/1171985-classement-pib/1172280-canada

Le PIB représente les coûts finaux des biens et services. La perte de productivité n’y est pas comptabilisée, tout comme le bénévolat et le travail domestique.

Autre constatation, si 14% des canadiens, 2,000,000 de personnes, qui ont des parents de plus de 65 ans ont épongé des dépenses; il n’en demeure pas moins que 86% de ceux-ci, soit un peu plus de 12,000,000 de personnes ne l’ont pas fait.

Comme le mentionne l’étude de la CIBC, https://mma.prnewswire.com/media/508960/Banque_Canadienne_Imp_riale_de_Commerce_Les_soins_aux_parents_vi.pdf?p=original

<<Cela ne remet pas en question les importantes contributions économiques des personnes âgées dont les statistiques économiques officielles prennent rarement compte.>>

C’est bien là où le bât blesse. Ce genre d’étude parcellaire ne relativise aucunement le coût des soins aux personnes vieillissantes. Il faudrait que l’étude nous renseigne sur deux choses importantes pour que nous puissions bien appréhender cette nouvelle. La première est de savoir quel est l’ampleur de l’apport économique des aînés au PIB canadien. Nous serions sûrement étonnés. La deuxième chose à savoir est quel est le coût et la perte de productivité que ces personnes vieillissantes ont supportés pour élever leurs enfants. Ne serait-ce qu’un retour de l’ascenseur ?

Mince consolation, l’étude de la CIBC nous apprend que c’est au Québec que le coût est le moins élevé. Un peu moins de $2,000 comparativement à $3,300 pour la moyenne canadienne. (Voir le graphique 4 de l’étude)

Cependant, il s’agit tout de même de dépenses réelles importantes pour ceux et celles qui doivent les assumer. Cette étude mentionne ce que nous savons tous depuis longtemps. Ce sont surtout les femmes et les personnes à faible revenu qui écopent le plus.

Reste à savoir si les mesures de compensation mises en place sont suffisantes.

Michel St-Maurice

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