À Sillery, les citoyens dénoncent à nouveau le programme particulier d’urbanisme

J’ai assisté à la deuxième rencontre de consultation sur le programme particulier d’urbanisme (PPU) de Sillery. Comme un grand nombre de citoyens n’avaient pas pu s’exprimer lors de la première soirée de consultation, tenue le 2 juin dernier, la Ville a décidé d’en tenir une autre, le 19 juin, à 17 heures, soit une heure beaucoup moins favorable à la participation citoyenne, surtout celle des jeunes qui travaillent généralement jusqu’à cette heure.

Les citoyens se sont prononcés en grand nombre, environ 70 interventions. Toutes allaient dans le même sens. Les citoyens ont voulu dénoncer ce PPU, sous plusieurs angles. Un grand nombre de personnes ont également souligné, pendant leur intervention, qu’elles n’étaient pas contre la densification, mais qu’elle fallait qu’elle s’intègre harmonieusement dans la trame urbaine de leur quartier. Un argument qui avait été utilisé également par les citoyens qui ont mené des référendums dans les quartiers St-Jean Baptiste et Montcalm, si je me souviens bien.

Certains citoyens rappellent que les grands domaines de Sillery représentent un des douze sites patrimoniaux d’importance au Québec. Ils estiment que le PPU ne garantit pas la préservation de cette valeur patrimoniale reconnue depuis 1964. Plusieurs estiment que des constructions ne devraient pas être permises au sud des bâtiments des communautés religieuses des grands domaines. Un intervenant a insisté sur le fait que des percées visuelles Est-Ouest devraient pouvoir être préservées, ce qui n’est pas le cas avec ce projet de PPU.

Plusieurs insistent sur l’impact très négatif qu’aurait le PPU sur le quartier St-Michel, un quartier ouvrier historique dont de nombreuses maisons sont centenaires; les édifices à condo projetés par le PPU ne s’intégrant aucunement à la trame d’un quartier déjà très dense, dont les rues sont étroites, ces édifices devant comporter six étages alors que les maisons actuelles sont beaucoup moins hautes. Ces édifices à condo ne pourraient être construits qu’au prix de la démolition d’équipements collectifs très appréciés des résidents du quartier, aréna Jacques-Côté, terrains de tennis, jardins communautaires. Enfin, comme la Côte de Sillery est la seule issue possible, la congestion déjà importante serait grandement accentuée puisque les propriétaires des condo envisagés par le PPU se déplaceraient également en automobile. Enfin, un intervenant rappelle que l’objectif de la construction de logements est d’attirer les jeunes familles. Cependant, cette construction se fera au détriment des services communautaires et sportifs actuels du quartier St-Michel puisqu’elle se situerait sur leurs terrains.

Des questions se posent aussi sur l’intégration des rue Maguire, Preston, Des Grands Pins et Rousseau au PPU. Ces rues ne présentent pas un caractère patrimonial comme les grands domaines qui sont un pan important de notre histoire.

Enfin, des interrogations sont soulevées à l’égard du Parc en haut de la Falaise, sur le fait que le PPU ne prévoit pas de ressources particulières, ni à sa réalisation, ni à son entretien et ce, même si certains voient cette proposition comme vraiment minimale. C’est aussi dans cette perspective que la question des arbres et de leur destruction en grand nombre est évoquée.

Des pistes d’action sont évoquées pour la suite des choses. Il est notamment suggéré:

  • d’associer les citoyens de Sillery à toutes les étapes de la démarches de planification d’un PPU;
  • de s’occuper très sérieusement des difficultés croissantes en matière de circulation;
  • de conserver les équipements communautaires et sportifs du quartier St-Michel;
  • d’exclure du PPU les rues Maguire, Preston, Des Grands Pins et Rousseau;
  • de donner aux citoyens le droit au référendum si un projet devant être réalisé ne correspondait pas au PPU;
  • d’examiner sérieusement le projet de Cap en Cap qui paraît fort intéressant à plusieurs et davantage porteurs d’effets positifs pour la collectivité que l’actuel projet de PPU;
  • de se doter d’une politique de l’arbre considérant leur grande importance pour se garantir collectivement un environnement sain;
  • de revoir les gabarits des édifices qui seraient construits après l’adoption d’un PPU;
  • de présenter une version modifiée du PPU aux citoyens qui, pour certains, devraient pouvoir se prononcer formellement sur ce document avant que la réglementation ne soit modifiée.

Pour conclure, les citoyens souhaitent que la Ville considèrent davantage les intérêts collectifs des citoyens de Sillery qui sont conscients que pour les promoteurs immobiliers, le PPU représente, dit une des personnes qui est intervenue pendant la rencontre, le « Klondyke ».

Pour ma part, je crois que c’est un dossier à suivre de près. On verra bien à l’automne ce qu’il en sera des décisions de la Ville à cet égard – l’adoption de la réglementation ayant été reportée du mois de juillet, à la rentrée, donc en septembre prochain, j’imagine.

 

 

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