AMOUR ET HUMANITÉ

En référence à l’Info@lettre de février 2013

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Jean CaretteJ’ai vu le film Amour, de Michael Haneke, avec Jean-Louis Trintignant, Emmanuelle Riva et Isabelle Huppert. Magnifique et sobre récit sur l’accompagnement d’une fin de vie quand l’amour est encore là, toujours aussi présent, aussi pressant.

Il m’arrive parfois d’être interpellé au sujet de la dignité et de l’humanité: comment définir et reconnaître ces deux différences et ces deux valeurs, quand les visages se flétrissent, les yeux s’éteignent, les corps paralysent et qu’il n’y a plus qu’un souffle de vie, comme une plainte rauque et lancinante, quand les larmes coulent en silence et que notre impuissance nous ronge et nous angoisse ? Cela s’appelle précisément l’exigence d’humanité et de dignité, mélange de tendresse bienveillante, d’attention minutieuse et respectueuse, de réalisme sublimé et de pudeur chaleureuse.

Allez voir ce film, déjà primé à Cannes et en route pour un Oscar, tout à l’honneur des acteurs et du metteur en scène.

Honneur, c’est le mot qui convient.

Jean-Guy DaigleEh oui, le cinéma se tourne vers une clientèle de plus en plus florissante, celle des aînés, des retraités, des gens qui prennent de l’âge et oublie un peu enfin la seule jeunesse. Il était temps qu’on leur accorde la place qui leur revient. Et du même élan, les vieux acteurs reprennent le collier pour donner des prestations au cinéma ou théâtre exceptionnelles. Et ce n’est pas moi qui va s’en plaindre. On ne peut discarter indûment des gens qui ont vécu, qui ont des choses à dire. Toute cette richesse d’expérience qu’on se doit d’aller chercher pour une meilleure conduite de notre vie en cette période où l’on recherche ses repères.

Je n’ai pas encore vu le film d’Haneke. J’attends qu’il soit sur le grand écran de mon cinéma de quartier. Mais on m’en a tellement dit de bien que je me sens l’obligation morale de le promouvoir malgré tout, faisant confiance aux chanceux qui l’ont déjà vu. J’espère qu’il sera doublement récompensé à la foire cinématographique de Los Angeles prochainement.

Pour vous inciter à aller voir le film Amour, je m’en remets volontiers à la finale de l’article signé par Odile Tremblay du Devoir :

«Ne fait pas Amour qui veut. Mais bon vent, mauvais vent, le cinéma souffle bel et bien aussi dans la cour de Géronte et va finir par le rendre sexy. Tous ces vieux acteurs nous épatent, faut dire, et on salue bien bas leur résurrection.

Trintignant déclare offrir la meilleure performance de sa vie dans le film d’Haneke. Le pire, c’est qu’il a raison.»

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