2013-01-01, par Jean Carette

Cher Elgie, quel souffle ! Énergie du fond, élans dans la forme. Ouf, je sors l’esprit tout ébouriffé de ma lecture de ton texte, ci-dessous fesse-bouqué (lire http://www.facebook.com/jean.carette.77).

Nous voici donc au premier jour d’une année à tracer, au fil de nos volontés et désirs. Sisyphe rencontrera des obstacles et sa pierre roulera encore au bas de la montagne, mais tout est dans son effort et nous dévions si nous ne regardons que le résultat.

Albert Camus : «Rien n’est donné aux hommes et le peu qu’ils peuvent conquérir se paye de morts injustes. Mais la grandeur de l’homme n’est pas là; elle est dans sa décision d’être plus fort que sa condition. Et si sa condition est injuste, il n’a qu’une façon de la surmonter, qui est d’être juste lu-même.»

Chaque jour, nous devons nous rendre aux pieds immenses du baobab pour animer la palabre des vivants et rencontrer nos morts. J’aurais donc la joie quotidienne de découvrir avec toi un peu du sens de la vie.

2013-01-02, par Jean Carette

L'envoi de notre info@lettre entaine chaque début de mois des réactions nombreuses et intéressantes. Outre les encouragements et remerciements d'usage, toujours après, certains des quelque 12 000 lecteurs nous font part de leurs suggestions.

Ainsi, Pierre Demers, remarque:

Pas si mal, mais voulez-vous ajouter ceci, indispensable: notre langue officielle et d'usage est le français uniquement

Me voià pris en flagrant délit d'omission, moi qui aime tant notre langue ! J'ajoute donc mes veaux de l'an neuf : Que le français soit ici mieux porté, mieux promu, mieux parlé , mieux écrit , mieux aimé , car c'est dans le français que le Québec trouve ses racines et déploie ses ailes, Je reviens demain sur d'autres réactions de lecteurs.

2013-01-03, par Jean Carette

Comme prévu , je reviens sur les réactions de certains lecteurs de notre info@lettre.

Chaque mois, des abonnés me découvrent une allégeance politique : par exemple, me voici membre du PQ, alors que je n’y ai jamais adhéré ... D’autres soupçonnent le caractère "socialiste " de mes voeux , des fois même avec un brin de "communisme". Diantre!!

Je n’ai jamais caché que je suis membre de Québec Solidaire et que je penche à gauche depuis plus de 50 ans. Voila qui est dit , avec l’espoir que nos ébats puissent se poursuivre, spécialement avec celles et ceux qui ne partagent pas mes choix.

"Une d?mocratie, c’est d’abord ça : une façon de vivre, où les gens osent se communiquer des choses importantes, toutes les choses importantes, où ils se sentent le droit de parler comme des adultes, et non comme des enfants dissimulés."

C’est de Jules Romains, et ça fait du bien de le relire.

2013-01-04, par Jean Carette

Le premier ministre Harper reste sans voix, alors que Teresa Spence entame sa quatrième semaine de grève de la faim. Pourquoi cette grève ? Prenez le temps de lire : http://quebec.huffingtonpost.ca/sebastien-brodeurgirard/pourquoi-idle-no-more-_b_2405245.html

Sous le beau fédéralisme canayen, ethnocide et colonialisme ont encore de beaux jours devant eux. L’histoire bégaie, décidément.

2013-01-05, par Jean Carette

Que se passe-t-il en France?   Résumons la saga. Pour échapper à certains impôts " de trop" (comme on dit, trop d’impôt tue l’impôt ) une parade fait son chemin chez les plus riches: le changement de nationalité et de domicile.

Gérard Depardieu mène le bal en obtenant directement de son copain Poutine la nationalité russe.

Pendant ce temps-la, usines, hauts-fourneaux, raffineries ferment ou font faillite. Il n’y a jamais eu tant de pauvres et de chômeurs et la dette publique atteint des sommets.

Que se passe-t-il en France? Mais rien. Euh ? Oui, mais bon...

2013-01-06, par Jean Carette

Retour de trop courtes vacances sous une neige diaphane. Même pour un retraité, demain, c’est la rentrée, avec notre émission sur Radio Ville Marie : Michel Rioux et moi recevons Hélène Vadeboncoeur, chercheuse en périnatalité, qui vient de sortir un livre titré : Accouchement naturel ou une autre césarienne ou un accouchement naturel : une question importante pour toutes les femmes et leurs compagnons.

Et puis deux cours encore pour cette session d’hiver à l’UQAM. Demain soir, la joie de rentrer encore dans une salle de cours pour éveiller, faire connaître, rendre plus intelligent des réalités et plus capable d’intervenir. Le plus beau métier du monde, vraiment je suis privilégié !

2013-02-07, par Jean Carette

Même si on traverse une période de négociation entre partenaires, il m’étonnerait beaucoup que nous puissions atteindre un consensus sur les frais de scolarité à l’issue du Sommet sur l’enseignement supérieur.

Côté étudiants, on maintient le droit à la gratuité; côté syndicats, on maintient au moins le gel et certains menacent de faire grève ou de boycotter le Sommet. Côté recteurs, on crie à la blague même si ça n’est pas drôle, on réclame un débat de fond et de fonds.

Le ministre se fait rassembleur et cherche un introuvable consensus après des coupures pour le moins peu appréciées.

Le Conseil du Trésor règne en maître au Conseil des ministres; Pauline se tait et attend, trop occupée sans doute à colmater les brèches au sein du PQ, à deux jours d’un Conseil National.

Ouf! Ce soir, je penserai à cette pétaudière en entrant dans la salle pour donner mon cours.

2013-02-08, par Jean Carette

Ce matin, visite du futur chantier de l’Ilot Saint Clément, en compagnie de la chargée de projet et des architectes. Ce projet est passionnant car il s’agit de mobiliser tous les acteurs du quartier pour le bénéfice des aînés et de l’ensemble de la communauté. Depuis plusieurs années, il a fallu convaincre, provoquer et convoquer, constamment recoller les morceaux, rappeler les objectifs et nourrir le sens, éviter les dérives.

Chaque semaine, un imprévu, obstacle ou levier : il s’agit alors de contourner ou de mettre à profit. Présider une coopérative : pour moi, un défi, un engagement, un combat, un pari.

Quand le premier résident signera son bail en 2015, je pourrai me retirer heureux.

2013-02-09, par Jean Carette

Intéressant et intelligent plaidoyer en faveur du localisme, c’est-à-dire d’une économie centrée sur les échanges de proximité, une économie solidaire et non protectionniste, coopérative et portée par les citoyens.

Regardez aussi le vidéo de la BALLE, la Business Alliance for Living Local Economies/Alliance d’Entreprises pour des Economies Locales Vivantes) forte de 80 réseaux locaux (américains et canadiens), 30 000 entrepreneurs indépendants et pas moins de 450 000 emplois.
Voir le vide

Même faibles en anglais, vous comprendrez tout des objectifs et des principes d’action.

On assiste ici à une évolution très positive de certains entrepreneurs en faveur d’un développement local et durable, intégré et diversifié.

2013-02-10, par Jean Carette

Sur notre blogue, http://espaces50plus.com/site/, la fidèle Nicole Moreau revient sur le jugement récent de la Cour suprême considérant les travailleurs cotisant à un régime complémentaire de retraite comme les derniers créanciers en cas de faillite.

Elle conclut ainsi :

«Les élus devraient donc se préoccuper de modifier la situation afin de favoriser un meilleur équilibre entre travailleurs et créanciers. Si cela n’était pas fait, il faudrait sans doute s’interroger sur la réelle orientation de notre société, c’est-à-dire si l’argent prêté a plus de poids que le travail humain, pouvant même priver des ex-travailleurs de la moitié de leur fonds de retraite, est-ce que cela signifie que la valeur de l’argent prêté est plus grande que la créativité et la matière grise des travailleurs? Le cas échéant, pour résumer la situation, ne pourrait-on pas voir là que nous ne sommes pas encore sortis d’un certain monde féodal où le travailleur n’est finalement considéré que comme un vassal dont le devoir premier est d’obéir à son suzerain.»

Je me prends en effet souvent à penser que nous ne sommes pas tout à fait sortis de la moyenâgeuse grande noirceur. La balle est dans le camp des élus.

À suivre.

Merci, Nicole.

2013-02-11, par Jean Carette

Avec Michel Rioux, je reçois en entrevue sur Radio Ville Marie Michel Monzée, docteur en neurosciences et auteur d’un livre fascinant intitulé : Médicaments et performance humaine : thérapie ou dopage ? publié chez Liber.

Dénonçant, preuves à l’appui, les excès de l’industrie pharmaceutique et biotechnologique, Joël Monzée critique la médicalisation excessive de nos sociétés et l’impératif de la réussite à tout prix qu’elles ont adopté. Réussite sportive, réussite scolaire, réussite professionnelle, avec leurs divers cortèges de dépressions, d’épuisements et de dérapages de toutes sortes. Michel Monzée nous invite à réfléchir à tous ces abus qui nous entraînent, au nom de la sacro-sainte performance, à nous procurer et è consommer médicaments, euphorisants, suppléments alimentaires et nanotechnologies.

Une toxicomanie généralisée que nous avons la responsabilité de guérir. Décapant !

2013-02-12, par Jean Carette

Aujourd’hui, centième billet depuis que j’ai décidé d’en rédiger un chaque jour sur ma page Facebook. Je commence à mieux comprendre mon intérêt dans cette aventure rédactionnelle. Je m’y suis fait, au fil des jours, de nombreux et fidèles amis commentateurs. Merci à vous, car c’est parfois une page blanche difficile à remplir, ou au contraire un choix à faire entre deux ou trois sujets.

Deux personnages m’inspirent quelques réflexions ce matin. Benoit 16 qui renonce à son mandat : sans doute la meilleure chose qu’il ait faite durant son pontificat, à savoir montrer que l’avance en âge impose parfois des deuils à faire, y compris le deuil de l’infaillibilité. Pour le reste, ce pape conservateur - et ambitieux, ne l’oublions pas n’a pas fait grand-chose d’autre que de s’accrocher à une attitude défensive et stérile.

Autre personnage : Jacques Parizeau qui appuie la gratuité scolaire. J’apprécie cette liberté de pensée et de parole. Il y a de la créativité, de l’ouverture et comme de la fraîcheur intelligente chez cet homme âgé dont j’admire le parcours de vie et l’amour d’un pays à faire.

Vieillir, c’est aussi savoir se renouveler et écouter les rumeurs du changement.

2013-02-13, par Jean Carette

On découvre grâce à une étude de l’OCDE que les profits déclarés par les entreprises américaines correspondent à 2,6% du PIB canadien, mais atteignent 646% du PIB des Bermudes, paradis fiscal où se réfugient certaines grandes compagnies pour éviter de payer des impôts. Telles Google, Starbucks ou Amazon, pour n’en citer que quelques-unes.

Il ne s’agit pas seulement d’une gymnastique réussie, mais bien d’un déni total de citoyenneté, c’est-à-dire ici de participation égalitaire au bien commun. Au grand jeu économique, les tricheurs et fraudeurs sont nombreux, depuis les experts de Standard and Poors jusqu’aux grandes entreprises dont nous croisons la convoitise tous les jours.

2013-02-14, par Jean Carette

On a souvent présenté Gabriel Nadeau-Dubois comme un dangereux gauchiste, délinquant à ses heures, anarchiste de fond. Sa prise de position de ce matin dans le Devoir (Idées page A9) démontre exactement le contraire.

Il faut dire qu’il a été formé à la bonne école : depuis sa création, à l’initiative entre autres de Georges Leroux et des regrettés Michel Freitag et Thierry Hentsch, le programme Histoire, culture et société de l’UQAM renoue depuis quelques années avec l’apprentissage dit «classique» en permettant d’acquérir une réelle culture générale doublée d’un esprit critique. L’UQAM renoue ainsi depuis une douzaine d’années avec une formation plus traditionnelle et humaniste, sur le modèle des Arts libéraux des universités canadiennes (par exemple : Concordia et McGill) et américaines.

On en voit le beau résultat aujourd’hui et je m’en réjouis. Nous avons tous le plus grand besoin de nous écarquiller les yeux et l’esprit.

2013-02-15, par Jean Carette
«Dans le budget Marceau: Hydro-Québec, Loto-Québec et la SAQ versent davantage au Trésor public que l’ensemble des entreprises privées du Québec, incluant les banques, les pétrolières, les minières... Ajoutons que le Québec verse en moyenne 3,6 G$ annuellement en subventions aux entreprises (deux fois plus que l’Ontario) lesquelles, selon le budget Marceau, ne verseront que 4,7 G$ en impôts cette année.»

Voilà ce que j’apprends en lisant un article de Jean-Pierre Proulx qui paraîtra bientôt dans le magazine de l’AREQ .

C’est toute la fiscalité que nous devons repenser et rééquilibrer dans le sens d’une plus grande contribution des plus fortunés. Jacques Parizeau indiquait lui-même qu’en rétablissant une taxe sur les banques, on récupérerait de quoi financer la gratuité scolaire jusqu’à l’université. Ce devrait être un des enjeux du débat électoral à venir.

Sinon, où est le modèle québécois ? débat électoral à venir.

2013-02-16, par Jean Carette

Dans tout le fatras des ouvrages consacrés à la question des droits de scolarité et de l’université, deux ouvrages se détachent clairement. D’une part, Michel Seymour, qui publie chez Boréal Une idée de l’université, où il défend avec force la gratuité scolaire et attaque les féodalités dirigeantes des universités, en particulier la sienne, l’Université de Montréal. Seymour sera mon invité à Entretiens le 4 mars à 21h sur Radio Ville Marie (91,3 FM). J’ai préenregistré hier cette entrevue et elle en vaut la peine.

D’autre part, Gérard Beaudet publie Les dessous du printemps étudiant chez Nota bene, où il fait comprendre que le Québec n’a pas encore assumé sa première Révolution tranquille en matière d’éducation. Je recevrai Michel Beaudet avec Michel Rioux en direct le 11 mars à 9h am.

Enrichissant bénévolat que je mène depuis 10 ans déjà sur RVM !

2013-02-17, par Jean Carette

Très heureux d’avoir vu Liaison royale, un drame historique qui se déroule au 18ème siècle, dans un Danemark dominé par une noblesse profiteuse et un roi distrait, qu’on marie avec une princesse anglaise, Caroline Mathilde, parce que ce mariage fait l’affaire des diplomates et des familles régnantes. Le Siècle des lumières n’a pas encore pénétré les esprits et Voltaire comme Rousseau sont encore censurés. La jeune reine esseulée s’éprendra de Johann, le médecin du roi bien vite promu premier ministre aux idées progressistes. Le scandale éclatera bientôt et toutes les avancées politiques et sociales dues au couple d’amants seront supprimées dans la violence restauratrice.

Ce sont les femmes qui ici seront les premières victimes; êtres sans pouvoir qu’on échange et qu’on vend comme des proies, elles sont laissées sans libertés ni droits. Nous avons bien sûr traversé des progrès depuis cette période noire, mais, à voir le conservatisme qui règne et règle tout depuis Ottawa je me prends parfois à penser au risque d’un retour vers la réaction et le temps des privilèges. J’aimerais tant être dans l’erreur.

2013-02-18, par Jean Carette

Ce matin, sur Radio Ville Marie, nous recevons Pierre Paquette, économiste, ancien secrétaire général de la CSN, quatre fois élu du Bloc Québécois comme député de Joliette. Coincidence : nous avons reçu il y a quelques semaines Jonathan Valois, ancien député péquiste de Joliette. Pierre Paquette a été brutalement éjecté de son siège par la vague NPD et est retourné à son poste de professeur de CEGEP.

Il nous parlera de sa double expérience de syndicaliste et de politicien, ce qui nous promet de bons moments d’analyse et de réflexion.

2013-02-19, par Jean Carette

Aujourd’hui, je présente les résultats d’une recherche-action menée par l’ACEF de Joliette sur les difficultés financières des aînés dans la région de Lanaudière. Depuis presque deux ans, des centaines et d’intervenants ont été invités à s’exprimer sur le sujet, leurs témoignages recueillis et analysés sous ma responsabilité. Le rapport de la recherche sera bientôt publié sur internet et disponible.

Il faudra ensuite mobiliser l’ensemble des acteurs sociaux du milieu autour de cette problématique qui touche à la pauvreté de jeunes retraités et à leur désarroi devant le grand écart entre leurs rêves de retraite et la réalité de ses aléas.

C’est toute la communauté qui devra s’impliquer pour mettre en place des solutions durables.

Avec les deux chercheures du projet, nous faisons là un beau pari social.

2013-02-20, par Jean Carette

Henry, ce film est en nomination aux Oscars 2013 dans la catégorie du meilleur court-métrage de fiction. Gérard Poirier y joue le rôle d’un pianiste qui perd la mémoire et vit sa vieillesse écartelé entre une réalité qui lui semble hostile et des souvenirs qui se perdent en même temps que la vie et le temps lui filent entre les doigts. Seule la musique lui est par moments un appui et une source de paix retrouvée.

Il faut prendre le temps (23 minutes) de visionner ce petit-grand film pour comprendre et mieux mesurer ce que veut dire la dignité, dimension inséparable de l’être de chacun, mais aussi un droit à respecter, sans prix ni condition. Paradoxe : Gérard Poirier joue magnifiquement son rôle, mais on a l’impression qu’il ne joue pas, tant il est vrai, sincère et plein d’humanité.

Cette année, avec Amour de Michel Haneke ou Le vieil âge et le rire de Fernand Dansereau, nous sommes comblés.

2013-02-21, par Jean Carette

LES NOUVEAUX BARBARES

J’ai récemment changé de numéro de compte bancaire et ce fut un vrai marathon à parcourir pour informer mes divers partenaires de ce changement qui conditionnait entre autres les dépôts directs. Il m’a fallu affronter les réseaux téléphoniques, parfois attendre plusieurs dizaines de minutes : «Votre appel est important pour nous» ou «Appuyez sur le 2, le 4, le 9 » ou «Patientez pendant que je transfère votre appel» etc., le tout d’une voix sucrée préenregistrée.

Tout serait censé plus rapide et plus efficace parce que fait en ligne, alors que nous déplorons tous la lenteur, l’anonymat, l’automatisme inefficace et parfois l’insulte à l’intelligence. Décourageant et déprimant. Je me demande comment faire pour réagir collectivement devant ces manigances technologiques qui n’ont pour but que de faire un peu plus d’argent et de profit.

Nous nous trouvons devant une nouvelle forme de barbarie : invasion, grossièreté des procédés et cruauté des abandons ou violence feutrée dans l’attaque de nos droits d’usagers ou de clients.

Appel à tous les écoeurés qui me lisent ou me liront.

2013-02-22, par Jean Carette

Hier, je suis tombé par hasard sur cette entrevue accordée l’an dernier à Jean Cornil par le philosophe Edgar Morin. http://www.youtube.com/watch?v=b4H65xIwyII

Faites-vous le plaisir de l’écouter et de la goûter au plus profond. Voilà une pensée libre pleine d’espérance et d’amour. À 92 ans, la jeunesse d’Edgar Morin me fascine et me donne comme une belle leçon d’humanité. Il me fait du bien, dans ma quête de perspectives et de sens. À partager.

Relisons aussi : http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/01/01/en-2013-il-faudra-plus-encore-se-mefier-de-la-docte-ignorance-des-experts_1811813_3232.html

Edgar Morin y écrit :

«Tout notre passé, même récent, fourmille d’erreurs et d’illusions, l’illusion d’un progrès indéfini de la société industrielle, l’illusion de l’impossibilité de nouvelles crises économiques, l’illusion soviétique et maoste, et aujourd’hui règne encore l’illusion d’une sortie de la crise par l’économie néolibérale, qui pourtant a produit cette crise. Règne aussi l’illusion que la seule alternative se trouve entre deux erreurs, l’erreur que la rigueur est remède à la crise, l’erreur que la croissance est remède à la rigueur.»

Ou encore :

«Nous savons aujourd’hui que le progrès humain n’est ni certain ni irréversible. Nous connaissons les pathologies de la raison et nous ne pouvons taxer comme irrationnel tout ce qui est dans les passions, les mythes, les idéologies. Nous devons revenir à la source de la cité, celle de l’esprit de la Renaissance, qui est la problématisation, et nous devons problématiser aussi ce qui était la solution, c’est-à-dire la raison et le progrès.»

2013-02-23, par Jean Carette

Vacances de mi- session. Une bonne occasion de se refaire (l’esprit?). En bricolant : je remonte un fauteuil nouvellement tapissé. En préparant une escapade à New York la semaine prochaine. Sans doute en mijotant quelque chose en cuisine. Ou en reprenant un morceau de piano. Mais aussi en préparant mon entrevue de lundi 11h sur RVMarie ou de mardi 18h à MaTV.

Le repos n’est au fond qu’un changement d’activité, et la retraite qu’un changement de ...travail. Il faut bien se préparer au printemps.

2013-02-24, par Jean Carette

En matière de développement social concret, quand je constate l’inertie des bureaucraties et l’arrogance contrôlante de la technocratie dominante, je me pose de sérieuses questions sur les dysfonctionnements de nos appareils d’État et de nos services dits publics.

Quand par ailleurs je constate aussi la débrouillardise efficace et innovatrice du secteur communautaire et bénévole, son humanité, sa créativité généreuse et son esprit de solidarité au coeur des difficultés à vivre et du combat pour la dignité et l’égalité, je me pose de sérieuses questions sur les mandats confiés par les électeurs aux gouvernements.

Je sais aussi que des groupes d’intellos réfléchissent au renouvellement de la social-démocratie. J’espère bien des lumières de leur part, pour comprendre et surtout pour que ça change.

2013-02-25, par Jean Carette

Ce matin sur Radio Ville Marie, Michel Rioux et moi nous recevons Sophie Bissonnette, réalisatrice de films documentaires, dont Après la cinquantaine, dondaine, un bijou de film réalisé à partir d’un atelier de récit de vie offert par le Y des femmes de Montréal. Madame Bissonnette sera accompagnée de Brigitte Albert qui a participé à l’atelier et au film : elle y raconte comment la cinquantaine, loin d’être le début de la fin, peut être un temps de découverte de soi, de ses potentiels, de sa vocation propre et de sa liberté retrouvée. Le tout avec humour et une joie contagieuse que j’aimerais voir plus souvent chez les quinquas. Une belle rencontre pour démarrer la semaine.

Mardi 18h en direct sur MaTV (Videotron ex-canal Vox), ma chronique portera sur un sujet bien moins drôle : les chutes après 65 ans, qui touchent 40 000 personnes au Québec et coûtent 350 millions de dollars par année en frais directs et indirects, sans compter les effets psychologiques sur les victimes et leur entourage.

2013-02-26, par Jean Carette

La ministre Diane Finley, responsable de l’Assurance-emploi, a pour le moins finassé avec la vérité en indiquant hier aux Communes que ses fonctionnaires n’avaient pas des quotas mais des objectifs de rendement. En jouant sur les mots, Madame Pinocchia Finley s’est moquée de la Chambre autant que des chercheurs d’emploi qu’elle veut poursuivre de sa vindicte, au nom d’une lutte contre la fraude. Qui ment, le chômeur ou la ministre ?

Je ne peux pas comprendre cet entêtement sans penser que Monsieur Harper dispose de trop peu de députés conservateurs dans l’Est du Canada. Autrement dit, retour de bâton postélectoral ! De là à prendre les gens pour des imbéciles, il y a une marge désormais franchie à Ottawa.

2013-02-27, par Jean Carette

Connaissez-vous Jean-Marie Delarue? C’est un haut fonctionnaire français qui occupe le poste de contrôleur général des lieux de privation de liberté. À ce titre, il inspecte avec son équipe les prisons françaises et autres lieux comme les centres fermés pour jeunes et les centres de rétention pour étrangers.. Mais cette fois il présente son rapport annuel en suggérant de pouvoir entrer dans les EHPAD, équivalents de nos CHSLD.

"Il y a des raisons évidentes plaidant pour que nous n’y allions pas", leurs pensionnaires étant censés les intégrer "de leur plein gré, parfois à l’insu de leur plein gré...", a déclaré Jean-Marie Delarue à la presse, «De fait, des gens" qui n’ont plus toute leur tête, ni tous leurs muscles", sont privés de liberté, "bouclés", et ces "malheureux sont difficiles à prendre en charge", avec "toujours les mêmes gestes et pas des plus agréables"

.Il fut naguère un temps, où le philosophe Michel Foucault nous invitait à travers ses textes et ses cours à une critique de l’enfermement contrôlant des malades et des populations dépendantes. L’analyse me séduisait en partie, mais je n’aurais jamais pensé qu’un jour la réalité viendrait confirmer des hypothèses abstraites. Tristesse indignée, mais qui pourrait nous inspirer aussi une action concrète pour contrer abus, violences et négligences.

2013-02-28, par Jean Carette

J’aime beaucoup notre ami Garnotte, le caricaturiste du Devoir, mais aussi chroniqueur régulier de notre émission du lundi sur Radio Ville Marie. Ce lundi, il s’est surpassé et si vous n’avez pas vu son dessin, allez à : http://www.ledevoir.com/galeries-photos/les-caricatures-de-garnotte/106777

Le rocher roulé par Sisyphe est cette fois un immense bloc carré rouge, symbole de la gratuité scolaire, la montagne est rebaptisée Sommet de l’Enseignement supérieur et le héros est sans doute un étudiant qu’on imagine inscrit à la CLASSE. Une caricature réussie par la densité du message et la sobriété du dessin.

Garnotte a raison de nous rappeler que nos droits ou nos revendications sont toujours à défendre et redéfendre. En évoquant le mythe de Sisyphe, il m’a donné l’envie de relire Camus :

«La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un coeur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux,»

2013-03-01, par Jean Carette

La Ligue des contribuables vient de décerner ses prix GLOUTON pour 2012. Le Glouton d’or revient à Gilles Surprenant et Luc Leclerc pour leur participation au système de collusion en cours d’élucidation à la Commission Charbonneau. Le Glouton d’argent revient au gouvernement Marois pour la double nomination d’André Boisclair lui garantissant un emploi à vie après celui de Délégué du Québec à New York. Le Glouton de bronze va au fiasco de l’Îlot Voyageur dont le gouvernement assume désormais le financement avec intérêts pour une somme qui atteindra 340 millions pris dans nos poches.

J’aime le choix du mot glouton. L’humoriste Francis Blanche disait : Un gourmet ? C’est un glouton qui se domine.» Ou un goinfre qui domine, peut-être...

2013-03-02, par Jean Carette

Dans une entrevue au Devoir du 25 février, Claude Coulombe a raison de tirer la sonnette d’alarme : le Québec risque de rater le bateau des cours en ligne à accès libre, version du jour des cours à distance. L’initiative vient des grandes universités américaines comme Harvard, Stanford, Berkeley ou le MIT : déjà plus de 2,6 millions d’étudiants ont eu accès à ces cours, dont 10 000 au Québec.

Mais si nous ne faisons rien, les universités américaines vont détenir l’hégémonie du système, non seulement au plan économique et financier, mais au plan des contenus.

Et pendant ce temps-là, on bâtit des salles de cours et on ergote sur le financement des universités en pierre, brique et béton. Un peu comme lorsque la roue est arrivée durant l’âge de pierre. J’appelle ça une certaine résistance au changement.

2013-03-03, par Jean Carette

Le président de la CIBC, Gérald Mcaughey propose une réforme allant dans le même sens que la revendication de la FTQ et de ses alliés, Il propose que les cotisants à la RRQ puissent doubler leurs cotisations sur une base volontaire et sans appel à un financement d’employeur. Il assure que le résultat donnerait aux futurs retraités la possibilité de maintenir leur niveau et leur qualité de vie à la retraite.

En savoir plus

Bien sûr, Gerald T. McCaughey, ne tient pas à se mettre à dos les entreprises et leurs directions ; on comprend donc qu’il propose de faire porter tout l’effort d’épargne au salarié. Ceci dit, il s’agit d’un premier pas dans la discussion qui devrait s’ouvrir dans les mois qui viennent aux plans provincial et fédéral sur le financement des retraites. La proposition du chef de la CIBC est quand même meilleure et plus efficace que les REER ou ls régimes privés ou encore les RVER.

À suivre.

2013-03-04, par Jean Carette

Ce matin, Michel Rioux et moi recevons Paul Thomas et Charles Sainte Marie, deux responsables syndicaux , sur les dossiers chauds du CUSM et du CHUM.

Côté hôpital anglophone, on sait les allégations de versements de pots-de-vin de 22,5 millions par SNC-Lavalin. Le nouveau directeur du CUSM, Normand Rinfret, se dit abasourdi (sic) et se désole de la réputation ternie du nouvel hôpital. On sait aussi qu’il existe un déficit important qui nécessite des coupures de postes. On espère en savoir plus grâce aux leaders syndicaux, bien placés pour recueillir les bonnes informations.

Côté CHUM, nous espérons des nouvelles meilleures sur l’agenda de construction et sur les processus de vérification interne. Une bonne occasion de réfléchir sur les investissements dans les PPP, mais aussi sur les menaces de corruption qui semblent gangréner les plus beaux projets.

2013-03-05, par Jean Carette

Comme toujours et depuis si longtemps, c’est avec plaisir que j’ai retrouvé mes étudiants après une semaine de pause. Nous avons partagé une analyse du concept de temps; un peu difficile à concevoir et à saisir, mais je crois avoir fait avancer la réflexion de chacun. Au-delà du temps de la mesure et du calcul, du découpage et de la fragmentation marchande, il y a le «dur désir de durer», le flux des jours, le sens de la vie.

Coincés entre le poids des ans et la peur de la mort, nous voici responsables d’un présent à dilater en cadeau pour soi et pour les autres. Je ne me suis pas ennuyé; les étudiants non plus...

Il faudra trouver le temps d’écrire sur ces thèmes délicats, subtils, mais essentiels.

2013-03-06, par Jean Carette

Demain à Paris, on enterrera Stéphane Hessel, l’auteur de ce petit texte titré «Indignez-vous» et qui aura fait le tour du monde. J’aimais ce vieillard indigné et résistant. Il restera pour moi la figure emblématique de la retraite active et citoyenne que je cherche et m’évertue à promouvoir : ne jamais baisser le bras ni se laisser endormir, intervenir à temps et à contretemps pour la justice et l’égalité, appeler aux changements globaux et nécessaires, tisser des réseaux de solidarité et dégager des pensées nouvelles du social.

Au plan personnel, c’était un homme pétri de culture, aimant les poètes et les déclamant souvent, chrétien convaincu, amoureux des Cévennes et de «l’autre» France qui bouge. Avec Edgar Morin, voilà deux vieux qui persistent à consacrer toute l’énergie de leur âge à changer le monde.

Heureusement ces deux résistants-là ne sauraient jamais mourir dans ma mémoire, car ils y re-suscitent l’élan et l’espoir.

(Antonio Machado : "Toi qui marches, il n’y a pas de chemin. Le chemin se fait en marchant.")
2013-03-07, par Jean Carette
Décidément, ça grouille et grenouille !

On est déjà inquiet quand les besoins urgents de services à domicile font défaut. Ici, il s’agit de faire des affaires et des bidous avec les copains et coquins : pas d’appel d’offres, un marché de gré à gré qui prévoit que le résultat (le logiciel-miracle) sera la propriété du client-fournisseur.

Le ministre Hébert demande une enquête et ’était pas au courant, malgré les multiples signaux envoyés par les travailleurs et travailleuses. Pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

Ah! Les affaires !

2013-03-08, par Jean Carette

8 mars : les femmes sont-elles et peuvent-elles vraiment être en fête ? Un rapport de la Banque Mondiale nous rappelle que les femmes de 15 à 44 ans sont plus nombreuses à mourir de mort violente que du paludisme, du sida ou du cancer réunis. Autrement dit, la violence est la première cause de mortalité de ce groupe d’âge et non la maladie.

Il est question ici d’un effet monstrueux de la place de seconde des femmes dans les rapports sociaux : opprimées, aliénées, dominées. Pensons surtout aux moyens collectifs à mettre en place pour contrer et éradiquer cette violence structurelle. Sans oublier l’autre face de cette violence, avec la pauvreté et la précarité qui sont aussi des violences sociales. Un jour de fête, le 8 mars ? Non : un jour pour combattre.

2013-03-09, par Jean Carette

Jacques Attali, dans une entrevue récente: «Je suis croyant. Il y a beaucoup de clés du royaume, beaucoup de voies. Pour moi, la spiritualité, c’est une manière de dialoguer avec l’invisible, de comprendre les forces que l’on a en soi, qui nous dépassent et qui nous relient aux autres. D’une certaine façon, Dieu, pour moi, c’est la réunion des étincelles de bien qui existent en chaque être humain. La spiritualité aide à transcender les étincelles de mal qui existent également dans l’être, et à encourager, affermir, consolider le bien.»

Voilà une prise de position qui me convient tout à fait. Quand j’observe les conciliabules des membres du Sacré Collège cardinalice, ronds de jambe et coups bas, je sens l’écroulement d’un monde sclérosé et nécrosé. Et dire que certains rêvent d’être pape...Ils sont fous, ces Romains !!

2013-03-10, par Jean Carette

Bien plus qu’un simple véhicule de communication, la langue est l’âme d’un pays, le moteur de sa culture, elle définit ses rapports au monde. Il se trouve qu’au Québec, c’est le français.

Effet de l’histoire du pays et de ses habitants. Comme langue, le français n’est pas une meilleure langue que les autres, mais il se trouve qu’il a produit de grands textes, de grands écrivains et qu’il permet et structure une façon de penser pleine de cohérence, de beauté et d’intelligence. J’ai bien écrit «permet» et non «assure», car tout dépend de l’effort, du travail qu’on y fait.

De plus, dans une zone presque exclusivement anglophone, il faut permettre sa survie et son rayonnement. Je suis donc heureux de voir le gouvernement tenter de mettre à jour la vieille loi 101 avec la Loi 14 promue par Diane de Courcy.

J’aimerais cependant que le projet prévoit plus d’exigences. Mes étudiants multiplient les fautes de français et d’orthographe, mes collègues professeurs n’en sont pas exempts non plus, ce qui nuit gravement à la qualité de la pensée et de sa compréhension. À quand un examen de français à l’admission et à l’embauche dans les universités ?

C’est aussi important que la gratuité scolaire.

2013-03-11, par Jean Carette

Avec Michel Rioux, je reçois ce matin sur Radio Ville Marie (93,1 FM) Gérard Beaudet, urbaniste à l’Université de Montréal et auteur d’un très bon livre chez Nota bene : Les dessous du printemps étudiant, ou La relation trouble des Québécois à l’histoire, à l’éducation et au territoire. Sa thèse principale : l’éducation n’est pas au Québec un véritable enjeu de société; lors de la Révolution Tranquille, on n’a pas assez tenu compte de cet héritage trouble qui place l’éducation au second rang dans l’esprit des Québécois. D’où sans doute le travestissement entrepreneurial de l’université, pour la performance et l’excellence. Nous sommes devenus amnésiques et le passé désormais nous aura rattrapés.

Un essai décapant que j’ai relu plusieurs fois et que je vous recommande.

Merci aussi de nous écouter à 11h AM ou en reprise à minuit ce soir.

2013-03-12, par Jean Carette

Les coupures imposées par Agnès Maltais sur les budgets d’aide sociale, mais en fait commandées par le Conseil du Trésor, montrent à quel point il sera désormais illusoire de considérer le gouvernement péquiste comme un gouvernement qui pencherait vers le centre gauche et même vers la social-démocratie dont il se réclame pourtant.

Non seulement ces coupures sont cruelles pour les catégories ciblées, mais elles seront inefficaces en termes de retour à l’emploi. Madame Maltais a eu beau nous annoncer à la télévision qu’il y avait plein d’emplois disponibles il faut avoir bien du toupet pour avancer une telle ineptie ! la réalité de pauvreté et de désarroi, d’abandon et de marginalisation reste là, incomprise et même cachée, puisqu’on va jusqu’à soupçonner certains assistés sociaux de vouloir frauder le système.

Garder ou reprendre le pouvoir en gouvernement responsable est un objectif louable , mais pas au prix de ses idéaux.

2013-03-13, par Jean Carette

Savez-vous qu’un conclave de femmes s’est réuni à Paris le 9 mars. Elles n’ont pas élu une papesse, mais ont réclamé la création d’un observatoire des pratiques de parité dans l’église, demandé l’organisation de cercles de silence autour des sièges des conférences épiscopales, proposé la nomination de femmes diaconesses et cardinales et ...souhaité que les hommes d’Église ne portent plus de robe.

Elles disent : «Nous voulons une Église de la bienveillance, ouverte aux Églises particulières, aux cultures et aux religions, une Église mixte et paritaire qui accueille au lieu d’exclure, qui ne fasse pas des sacrements une sanction, qui écoute ses fidèles avant de décréter, qui les nourrisse par la parole au lieu de les infantiliser.»

Une initiative pleine de grâce et d’humour, malgré la situation faite aux femmes dans l’Église, reflet du sexisme de nos sociétés.

2013-03-15, par Jean Carette

Pape noir ou pape blanc ? Tels des prestidigitateurs qui font surgir un bouquet de leur chapeau, les cardinaux nous ont sorti un pape-surprise de leur boîte du conclave.

Plusieurs journalistes ont commencé à en faire un saint, à vanter son humilité, sa proximité du monde ordinaire. Doucement, les médiatiques ! Il ne faut pas abuser des images, surtout quand elles sont pieuses...

Certains ont noté que François faisait penser à Jean XXIII. Autrement dit, un conservateur qui profite de sa position et de la liberté de son âge pour ouvrir des fenêtres dans les murs et laisser passer l’air frais. Reste l’épreuve du réel, l’appel du concret, le souci du vrai. Question : fera-t-il le grand ménage, à fond, dans les écuries romaines ? Entre deux conciles, il y a du pain sur la planche vaticane ...

2013-03-16, par Jean Carette

Ottawa a décidé de supprimer le service Impôtel, qui permettait gratuitement à plus de 250 000 personnes d’entrer en quelques minutes leurs renseignements fiscaux au moyen du clavier de leur téléphone, évitant d’envoyer par la poste des déclarations papier.

Parmi ces 250 000 usagers d’Impôtel, beaucoup d’aînés, déjà si mal pris avec les complications des déclarations fiscales annuelles.

Comment qualifier cette décision ? Excès de zèle de fonctionnaires soumis à des coupures obligées ? Mépris des usagers ? Dans les deux cas, voilà une mesure inadaptée qui frappe encore les plus démunis. Et dire que Revenu Canada a le toupet de se justifier en mettant de l’avant un service...de qualité (sic) ?

Un beau cas d’irresponsabilité.

2013-03-17, par Jean Carette

Je ne sais pas si c’est le climat romain actuel qui m’a touché, mais je suis tombé, à la suggestion d’un ami, sur un livre de Victor Frankl, Le Dieu inconscient, pour une lecture sérieuse et approfondie.

Dieu ne serait au fond que le nom donné à notre quête du sens de la vie, bien au-delà de la pulsion sexuelle (Freud) ou de la volonté de puissance (Adler). Notre recherche de sens serait une dimension de nous-mêmes, et non pas un écart dans l’erreur ou l’illusion. Mais cette dimension se placerait sur un autre plan que la science et ses rationalités. Les deux plans se croiseraient, nous laissant sans réponse raisonnée possible à l’énigme résultant de leur croisement. Une sorte de pari existentiel, auquel, selon Frankl, auquel même les athées souscrivent de fait, dans un dialogue intrapersonnel (de soi à soi) qui se boucle avec la mort.

De la part d’un psychothérapeute et psychiatre autrichien, rescapé des camps de la mort, c’est toute une surprise pour moi et une source de réflexions à venir.

2013-03-18, par Jean Carette

Nous voici donc pris avec le «bon docteur» Couillard. Il a beau avoir une belle gueule de quinquagénaire, je n’aime pas ses prescriptions : privatisation, privatisation, et privatisation ... Sans oublier ses relations suspectes avec la bande à Porter et autres appels au porte-monnaie. On est loin d’une vision d’ensemble, quelle qu’elle soit.

Mais quand on sait quel baratineur il peut être, et sans doute quel cynique il cache derrière sa barbe, et qu’on y ajoute les projets de la CAQ et les erreurs de gouvernance du PQ, on se prend à craindre pour notre avenir à court terme.

Décidément, la droite est au pouvoir, et pour un bon moment.

2013-03-19, par Jean Carette

Chaque matin apporte son lot de bonnes surprises, si nous nous donnons les moyens de les trouver, à travers la toile par exemple. Aujourd’hui, le hasard m’a fait tomber sur un rapport de la fondation britannique Nesta : http://www.nesta.org.uk/library/documents/Five_Hours_A_Day_Jan13.pdf

J’y ai trouvé une première image très frappante : l’espérance de vie augmente de 5 heures par jour, ce qui fait dire aux auteurs que ce rythme rapide nous oblige à revoir notre approche face au vieillissement, mais surtout à faire de ce vieillissement le point de départ d’une réflexion sur la vie communautaire, l’emploi et l’usage social des technologies.

Le rapport est aussi illustré de graphiques très éclairants, dont un sur le vécu des cinq générations qui désormais coexistent. Dès le lever, je n’ai pas perdu ma journée. Soleil mental sur la neige qui neige encore.

2013-03-20, par Jean Carette

Le nouveau pape a fait hier un beau discours inaugural. «N’oublions jamais que le vrai pouvoir est le service, » a-t-il lancé.

Ouais ? Au service de qui, Jorge Mario ? Des dictateurs et tortionnaires argentins ? Contre les mères de la Place de mai ? Contre le droit à l’avortement ou même à la contraception ? Contre le mariage gai et l’homosexualité ?

Les mots et les images «auréolées» actuellement prêtés au pape argentin ou les textes écrits à son propos sont le plus souvent des armes de propagande. Faire du nouveau pape un saint dès son accession au trône de Saint-Pierre pourrait constituer une icône de couverture très utile. Jorge Mario Bergoglio, ci-devant évêque de Rome, est un pasteur conservateur élu à son poste par des princes cardinaux conservateurs. Et ce n’est pas parce qu’on veut nous faire croire le contraire que c’est vrai !

Comme disent les italiens, non e vero, bene trovato...

2013-03-21, par Jean Carette

La privatisation est décidément une ligne politique qui traverse les partis. On parle beaucoup de la santé, parce que ses soins et services deviennent une occasion de faire de l’argent et donc de dégager des marges de profit. Mais n’oublions pas les richesses dites naturelles.

L’Île d’Anticosti, naguère propriété d’un chocolatier, puis acquise par notre gouvernement en 1974, renferme, selon les experts, des milliards de barils de pétrole qui pourraient faire de nous un nouvel Alberta. Il y a 6 ans, sans crier gare, ces actifs collectifs ont été cédés à des intérêts privés. La santé lucrative, sur le dos des malades, les richesses naturelles dans et sur le dos des citoyens.

Tout va bien, circulez, rien à signaler !

2013-03-22, par Jean Carette

Cela fait 60 ans que le Livre de poche a été lancé en France. Plus d’un milliard de livres vendus depuis, rendant ainsi plus accessible la lecture des grands auteurs et l’acculturation des nouveaux lecteurs, financièrement réconciliés avec la littérature, l’histoire, les idées et même l’usage des dictionnaires.

Personnellement, le Livre de poche a été le premier fonds de ma bibliothèque. Non seulement, c’est moins cher, mais j’aime aussi manier et parcourir ces petits livres sans prétention.

On peut être bibliophile et même bibliomane, sans mépriser ces modestes, mais efficaces leviers de la culture du plus grand nombre. Dans la barbarie ambiante, ce n’est pas si mal !

2013-03-23, par Jean Carette

Le maire Applebaum sombre dans le populisme, à moins que ce ne soit dans le ridicule. En faisant sonder les montréalais sur les nids-de-poule, il sait pourtant qu’il pourrait assumer ses décisions en comité exécutif sans recourir à un tel artifice démagogique.

La règle du jeu est simple; que le meilleur appel d’offres soit choisi. Si un des candidats est cité à la Commission Charbonneau, on devra se rappeler qu’un coupable est présumé innocent tant qu’un jugement n’a pas tranché en sa défaveur. En jouant aux sondeurs, le maire ne cherche qu’à se protéger...

Il faut respecter les règles du jeu démocratique et citoyen, même si les conséquences peuvent en être désagréables. Sinon, même maire de Montréal, on risque de passer pour une poule mouillée...

2013-03-24, par Jean Carette

Le gouvernement Harper fonctionne souvent à l’idéologie, comme les voitures fonctionnent à l’essence. Témoin cette mesure de suppression de crédit d’impôt pour les fonds de travailleurs CSN et FTQ. Ces fonds sont devenus des réservoirs d’épargne-retraite, mais aussi des leviers d’emploi et de développement.

Ils sont particulièrement présents et actifs au Québec : cherchez l’erreur. Tout ça pour faire des économies ? Il s’agit plutôt de nuire aux syndicats qui ont initié cette forme de solidarité entre les travailleurs, au Québec et à son économie, et aux petits épargnants qui sauvaient ainsi quelques dollars d’impôt.

Les électeurs s’en souviendront. Les indépendantistes aussi.

2013-03-25, par Jean Carette

Ce matin, sur Radio Ville Marie, nous recevons Jaques Fournier, un organisateur communautaire en retraite et en liberté de pensée et de parole. Il nous expliquera le glissement sournois et souvent clandestin vers la privatisation du réseau public de santé, ses formes et stratégies, ses effets et surtout comment nous pouvons y faire face lucidement, activement et collectivement.

Le ministre Hébert est en tournée pour vendre son assurance autonomie. Il était à Drummondville le semaine dernière, à l’invitation de l’Association québécoise de Gérontologie, qui n’est pas la meilleure des tribunes. Jacques Fournier en a cependant profité pour poser quelques questions au ministre. Il se fera un plaisir d’analyser ses réponses. Tantôt, entre 11h et midi sur 93,5 FM. Prêtez l’oreille»

2013-03-26, par Jean Carette

Gabriel Nadeau-Dubois vient de se voir décerner le Prix Impératif Français. On comprend que c’est pour souligner son implication dans ce formidable éveil de conscience du printemps érable. Mais j’aime à penser aussi que c’est pour saluer la qualité de sa pensée et de sa langue.

J’ai lu avec admiration et surprise les textes publiés depuis l’an dernier : Gabriel Nadeau-Dubois sait penser et sait bien écrire, ce qui est rare, très rare, même chez nos bons professeurs. Formé à l’UQAM par une majeure en culture générale (Histoire, Culture et société), actuellement étudiant en philosophie à l’Université de Montréal, Nadeau-Dubois sera sûrement un penseur-acteur du social utile au développement d’un Québec plus juste et plus innovateur.

Un jeune qui nous donne de l’espoir et nous propose un avenir. Monsieur Nadeau-Dubois, mes félicitations.

2013-03-27, par Jean Carette

J’entends souvent des remarques âgistes contre les jeunes et je dois avouer que ces propos m’impatientent, car ils révèlent un manque de jugement assez répandu, sans compter un manque de mémoire quant à notre propre passé générationnel. Hier, je citais en exemple Gabriel Nadeau-Dubois. Ce matin, c’est au tour des jeunes autochtones d’Idle no more. Rappelez-vous : la grève de la faim de Theresa Spence, le sommet avec les chefs des Premières nations, les promesses de Harper, promesses jusqu’ici sans aucun suivi.

Cinq jeunes ont donc marché 1600 kilomètres sous l’hiver, et sont arrivés à Ottawa plus de 300. Ce qu’ils réclament : bien sûr, de l’aide en revenus, en emplois, en éducation; mais surtout du respect, moins pour leur personne que pour le modèle de développement dont ils font la promotion, à la fois fidèle à leur culture et à leurs traditions ancestrales et comme avenir à long terme. Qui osera encore dire que les jeunes sont individualistes et immobiles ? Les printemps, érable ou autochtone, me laissent espérer.

2013-03-28, par Jean Carette

Ma santé et d’autres urgences m’ont empêché de participer à la vigile organisée par plusieurs groupes le 19 mars dernier contre la répression policière. Parmi ces groupes d’«alter-citoyens», les aînés de Têtes blanches et carrés rouges, les Mères en colère et solidaires. Que veulent-ils ?

Une enquête publique et indépendante sur la répression policière contre le droit de manifester. Après la répression contre les autochtones ou les travailleurs ou encore les nationalistes, c’est contre les étudiants et leurs revendications.

Regardez http://www.youtube.com/watch?v=KS07NutnUrg

Lisez aussi le blogue de Josée Legault : http://www2.lactualite.com/josee-legault/2013/03/27/liberte-de-reunion-pacifique-leadership-politique-recherche/?#comment-3650

Notre démocratie y gagnera et vous aussi. Sans peur ni violence.

2013-03-29, par Jean Carette

Avez-vous vu cette photo publiée par le journal Le Monde ? Comme elle n’est pas libre de droits, je tente de vous la décrire. Entre deux portes bleues, sur un banc de rue et au soleil, un aîné de Chypre lit tranquillement son journal au milieu de la tempête financière et bancaire qui tourmente les habitants de cette petite île, désormais victime des spéculateurs extérieurs et autres blanchisseurs d’argent et sous la poigne des eurocrates de Bruxelles qui se sont attaqués à leur endettement collectif. Au mur, au-dessus de la tête du lecteur, est fixée une pancarte : PEACE.

Je pense aux Islandais, aux Boliviens et à d’autres qui ont refusé collectivement de payer la dette des autres. L’aîné cypriote s’informe en attendant que la marée passe. Il n ’est pas indifférent à ce qui se passe, mais il ne s’en laissera pas conter ni compter. Bel exemple de sérénité paisible sous le soleil !

2013-03-30, par Jean Carette

Le PQ se retrouve minoritaire dans le sondage Léger/Le Devoir de ce jeudi. Les libéraux de Couillard reprennent le dessus. Pas étonnant, avec les coupures et les gaffes, d’un cabinet à l’autre, mais aussi avec les cadres libéraux de la Fonction Publique qui noyautent les ministères.

Mon seul espoir : voter Québec Solidaire ou Option Nationale, faire ainsi élire plus de députés porteurs de nos convictions et de nos choix de société, forcer ainsi le PQ à négocier une alliance postélectorale qui penche à gauche. Sinon, Couillard est en place pour 10 autres années néolibérales, avec ou sans la CAQ !!

Il faut en finir avec la médiocrité dans l’action comme dans la réflexion, les perspectives à très courte vue, les intérêts corporatifs, le blablabla des coqs politiques, les violences policières et autres, la démagogie et la malhonnêteté trop médiatisées. Vaste programme, mais seulement moraliste et défensif.

Il faut donc aussi et surtout adopter une attitude offensive, c’est-à-dire porteuse d’un projet collectif de développement plus que de progrès ou de croissance, un plan large, innovant, égalitaire, respectueux de l’environnement et humain.

Qui en veut ?

2013-03-31, par Jean Carette

La classe politique soit les anciens, les vieux de la vieille, libéraux, caquistes et péquistes de droite - se sent rassurée: fini, le printemps érable ! Ouf ! Nous l’avons échappée belle ! Les québécois se sont défoulés au son de leurs casseroles, en un tintamarre massif. Désormais, rentrez à la maison et laissez- nous faire. Nous allons remettre de l’ordre, dépoussiérer les textes législatifs, appeler la police s’il le faut, faire de beaux énoncés, jouer soft sur les plateaux des médias, soft et émotif, morale et petits oiseaux. Il faut que nous ayons un beau printemps 2013, entre BBQ et voisins, chiens chauds et bords de lac, dans la sieste tranquille de nos indifférences.

Si besoin, nous vous donnerons en pâture un organisateur électoral véreux, nous ferons un beau show en commission d’enquête ou en congrès au leadership, et des charges policières comme sport extrême. La société née de la Révolution Tranquille a failli tomber dans les panneaux de la révolution, ouf ! elle a opté pour la tranquillité. Rassurez-vous, nous allons nous occuper de tout...

Chateaubriand : «Levez-vous vite, orages désirés !»

2013-04-01, par Jean Carette

C’est le pape François qui l’a dit : «L’Eglise évangélisatrice sort d’elle-même ; l’Eglise mondaine vit en elle-même, d’elle-même et pour elle-même ». Il a même parlé d’autoréférence et de narcissisme. En lisant ça, j’ai tout de suite pensé aux institutions du réseau de la santé et, pour une moindre part, à celles du réseau de l’éducation. Ces bureaucraties sont souvent atteintes d’autoréférence narcissique : fermeture et méfiance, poids des habitudes, surtout des mauvaises, justification constante, arrogance de cadres qui savent tout et veulent tout régenter, goût des tactiques au quotidien pour cacher l’absence de stratégie et de vision renouvelées. Ouf ! Comme si le service initial avait laissé la place aux folies du pouvoir.

Parole de pape, pardon ! d’évêque de Rome, il va falloir changer ça...

2013-04-02, par Jean Carette

Jacques Attali, dans une entrevue récente : Il faut une vision, savoir le sens et la direction. Il faut du courage : assumer les risques de ses choix. Il faut enfin du talent, des savoir-faire.

Mais où sont respectées ces trois conditions ? Dans l’économie de marché ? Beurk! Dans la politique au jour le jour ? Sûrement pas. Dans l’éducation ? Oui, mais si peu. Dans le développement communautaire ? Oui, sans doute, mais à quel prix ? Dans la culture et la création artistique ? Oui, plusieurs fois oui, sous le souffle d’Anima.

La stabilité d’un siège requiert trois pieds au minimum. Celle d’un projet aussi. Sinon, c’est le dérapage, l’échec, la faillite ou la mort et la ruine qui se font proches.

2013-04-03, par Jean Carette

Selon Bernie KRAUSE, musicien américain et Docteur en bioacoustique, 73 ans et toutes ses oreilles, «près de 50 % des habitats figurant dans mes archives récoltées au cours de ces quarante-cinq dernières années sont désormais si gravement dégradés que beaucoup de ces paysages sonores naturels, naguère si riches, ne peuvent plus être entendus aujourd’hui, même approximativement, sous leur forme d’origine».

Autrement dit, notre cacophonie submerge l’orchestration (la biophonie) de la nature et la détruit. Nous sommes devenus sourds et assourdissants : exploitation des richesses naturelles, pollutions diverses, étalement urbain.

«Le bien ne fait pas de bruit ; le bruit ne fait pas de bien.»

2013-04-05, par Jean Carette

«Utiliser des locaux transformés pour quelques jours, ce n’est pas l’idéal, mais la pire des solutions est d’attendre à l’urgence», a déclaré le ministre Hébert à l’Assemblée nationale à propos des aînés «oubliés» ou négligés dans les corridors de l’urgence. Je pense qu’il a raison de croire que les 24 premières heures à l’urgence sont cruciales et qu’il convient d’orienter les malades vers des équipements mieux adaptés à leurs besoins.

Mais de là à dire qu’il vaudrait mieux aménager des bureaux vacants dans les CHSLD ou mettre deux patients par chambre pour une seule personne (voir l’article de Johanne Roy dans le Journal de Québec du 2 avril), c’est de toute évidence ne pas comprendre la souffrance des personnes concernées. J’ai souvent constaté et déploré, à la Maison des Aînés que je préside dans Hochelaga Maisonneuve, à quel point on traitait les aînés comme des paquets en les ballottant d’une urgence à l’autre, en attendant un placement qui tarde à venir. Question de ressources et de budget, bien sûr, de réorganisation aussi, mais surtout du droit d’un être humain d’être traité avec respect et dignité. Point.

2013-04-06, par Jean Carette

Les journaux «sérieux» ont révélé jeudi les noms des riches qui ont investi leur argent dans les paradis fiscaux, autrement dit qui ont participé à la fuite des capitaux à l’étranger et à l’abri des recours fiscaux. Le tout pour une somme équivalent au PIB des États-Unis et du Japon réunis, ce qui n’est pas rien.

Ce qui me semble ici intéressant, c’est la collaboration de 160 journalistes à travers le monde pour découvrir la vérité, L’association de journalistes mondiale (ICIJ), instigatrice de cet «Offshore Leaks», mène des investigations et recherche des informations confidentielles pour ensuite les transmettre aux médias nationaux. Cette fois, ils ont fouillé 2 millions et demi de fichiers provenant de 120 000 sociétés offshore. La mondialisation des moyens d’enquête est un outil de lutte politique à la disposition des citoyens, individus et groupes, qui peuvent et savent l’organiser. Contre les profits obscènes du capitalisme mondialisé.

2013-04-07, par Jean Carette

De masque de carnaval, la tête de panda devient le symbole des opposants au règlement municipal. Je vois d’ici le policier en charge d’apporter la tête au juge interloqué : «Pardon ! L’auriez-vous guillotinée sans jugement ? - Non, Monsieur le Juge, mais c’est une pièce à conviction.À Ne me parlez pas de vos convictions...»

L’abus devient ici ridicule, mais surtout dangereux. En voulant jouer les gros bras à la chasse au panda philosophe, la police s’est piégée elle-même. Elle a en effet cru saisir un trophée alors qu’elle en faisait ainsi le signal-phare d’une protestation citoyenne.

Avril 1794 : le député Danton montant à l’échafaud dit au bourreau : «Surtout, n’oublie pas, tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine.» Celle du panda aussi.

2013-04-08, par Jean Carette

À en croire David Cameron, Premier ministre de Sa Majesté, il y a bien des Bougon parmi les assistés sociaux et vivre de l’Aide sociale, «c’est un choix de vie pour certains» (sic !).

Tiens donc ! J’ai déjà entendu cette chanson-là. Pas en anglais, mais bien en français, quand la ministre Maltais a annoncé les coupures de son budget. Les pauvres sont des fainéants, les assistés sociaux des profiteurs, les bas salariés des envieux et les fonctionnaires des privilégiés. Tout le monde sait ça...

À droite, on choisit ses préjugés : question de style de vie et de gouvernance.


À 11h ce matin, Michel Rioux et moi recevons sur les ondes de Radio Ville Marie André Jacob, qui vient de sortir un livre sur les enfants-soldats, Le journal de guerre d’Emilio, aux éditions de l’Isatis : 300 000 enfants recrutés, souvent de force, comme soldats, esclaves sexuels ou au service de groupes criminels, dans plus de 40 pays encore aujourd’hui !

2013-04-09, par Jean Carette

Il y a quelque chose de symbolique dans la coincidence de dates entre la mort de Madame Thatcher et l ’affaire de la Banque Royale. La Dame de fer est la principale initiatrice politique des trente ans et plus de néolibéralisme que nous venons de traverser. Et on aboutit en début de semaine sur la sous-traitance de main d’oeuvre, entre 45 employés canadiens sans doute trop coûteux et 45 immigrants temporaires sans doute plus souples quant à leurs conditions de travail. Le tout après un appel d’offres en bonne et due forme et dans le cadre d’un programme fédéral. Pire : les travailleurs congédiés devront participer à la mise à niveau de leurs remplaçants.

Les êtres humains sont ici victimes de calculs comptables et de stratégies d’affaires, «malléables et corvéables à merci», traités et sous-traités comme des marchandises. Merci, la Dame de fer !

2013-04-10, par Jean Carette

Je ne suis pas, loin de là, spécialiste en gestion financière, ni économiste ni amateur pour le devenir. Je compte seulement sur mon bon sens. Dans ces conditions, je ne peux comprendre cette religion du déficit zéro qui nous a déjà fait si mal dans un passé récent. Si c’est au prix de coupures dans les services sociaux et de santé, 225 millions, dont 100,9 pour l’Agence Régionale de Montréal, 10% de plus que l’an passé, c’est trop au point de vue financier, c’est injuste au plan social et humain, c’est irréfléchi au plan politique. Si le gouvernement veut passer pour un bon gestionnaire, c’est sans doute pour s’attirer quelques voix de nantis dans l’isoloir des prochaines élections, mais aux dépens des voix de gauche. Avons-nous vraiment besoin d’un gouvernement de comptables ou d’épiciers ? Toujours le choix du «moins pire» ! Où est la vision ? Où, l’innovation ? Où, le courage ?

2013-04-11, par Jean Carette

La rémunération des recteurs et principaux d’universités me paraît largement excessive, même si ma propre université, l’UQAM, se démarque par la modestie de ses pratiques en la matière. Le ministre Duchesne a raison de vouloir contrôler l’escalade et la surenchère qu’il a pu constater. Les recteurs ne sont pas que je sache des dirigeants d’entreprise. Pourquoi faut-il rappeler que les deux acteurs principaux d’une université sont les étudiants et leurs professeurs et chargés de cours ? Que le rôle des administrateurs doit être de gérer plus que de diriger ? Et qu’il faudra bien un jour se questionner sur ces hautes fonctions, sur leur rôle et leur fonctionnement, et donc sur leurs trop hauts salaires et les privilèges qui les accompagnent.

Au moment où la ministre Maltais fait des siennes, je préfère des coupures dans le gras de ces salaires-là que dans le maigre des prestations d’Aide sociale.

2013-04-12, par Jean Carette

Les révélations de l’historien Frédéric Bastien sur les manigances du juge en chef Laskin et du juge Estey démontrent le mépris dans lequel Pierre Trudeau et son équipe gouvernementale tenaient le Québec en 1982. C’est une faute grave de vouloir fonder un État de droit sur le mensonge ou sur une quelconque collusion entre le pouvoir politique et le pouvoir judiciaire.

Bien sûr on ne pourra refaire le passé, mais on a cependant le devoir de faire toute la lumière sur ce qui s’est passé; telle est la tâche des historiens, mais aussi le devoir de tous les citoyens du Québec. Informés, ils pourront alors en tirer les conclusions qui s’imposeront quant au respect dû à leur pays en devenir.

Michel Rioux et moi recevrons Frédéric Bastien sur Radio Ville Marie le 22 avril à 11h am.

2013-04-13, par Jean Carette

Sommes-nous réellement en social-démocratie au Québec ? Notre ministre Jean-François Lisée est allé à Paris défendre l’idée de l’intervention de l’État dans l’économie. Et devant l’Institut Jean Jaurès en plus ! Encore un pas et Lisée se serait affirmé socialiste.

Il conviendrait de passer de l’affirmation au questionnement. Qu’appelle-t-on aujourd’hui social-démocratie ? En dehors des parades électorales, le peuple gouverne-t-il ? L’État n’est-il pas atteint d’arthrose bureaucratique et d’un excès de centralisme ? Lisée évoque le fait que le continent américain «se droitise» (sic). Ah bon ! À voir aller son gouvernement Marceau-Marois-Maltais (les 3M !!), j’ai plutôt le sentiment que c’est au Québec que les choses dérivent.

2013-04-14, par Jean Carette

Partout, c’est la grande lessive. À Paris, à Montréal comme à Québec, on déclare ses vertus et son patrimoine, et les élus rivalisent dans la transparence. Les administrations fiscales sont sur le pied de guerre et les polices font du zèle. C’est bientôt le printemps, lavons les fenêtres et le plancher : bonjour, Monsieur Propre, et battons notre coulpe.

Il y a quelque chose d’obscène dans ce grand déballage et toilettage, d’obscène et de dangereux, comme dans la télé-réalité. Loin de moi l’idée qu’il faudrait ne pas pourchasser les voleurs ou absoudre d’avance tous les politiciens, ceux qui étaient au courant comme ceux qui ne savaient rien. Mais l’excès de transparence peut nuire à la vérité elle-même; ici, faire le jeu du populisme et des extrêmes, aux dépens de ce que nous voulons défendre, à savoir la démocratie. Tout est dans le dosage : «Qui ne mesure, guère ne dure.»

2013-04-15, par Jean Carette

Quel plaisir de recevoir ce matin sur les ondes de Radio Ville Marie Guy Beaudoin, un retraité qui n’oublie pas le milieu syndical où il a milité plus de trente ans comme directeur des services à la CSN, puis comme formateur et pour finir, juge à la CALP (Commission des lésions professionnelles). Aujourd’hui membre enjoué et actif des retraités de l’OR-CSN, il est un des auditeurs les plus fidèles de notre émission du lundi matin. J’aime et j’admire ces combattants de l’ombre qui ont oeuvré pour la justice et pour le droit.

En plus, il est drôle et aime les bonnes choses de la vie. Le sens des plaisirs et le plaisir du sens : une belle harmonie que Guy Beaudoin a su construire au fil des ans. Le secret d’une retraite heureuse : être et avoir été un acteur fidèle à ses valeurs, quoi qu’il en pût coûter. À écouter, à l’ombre de notre amitié.

2013-04-16, par Jean Carette

Écoutez l’histoire. Les employés du Provigo de Temiscaming négocient leur convention collective, demandant entre autres que leurs salaires soient réajustés à la hausse après avoir accepté un gel de 2001 à 2005 et 2% de moins que leurs demandes de 2007 à 2012. Deux séances de négociation en décembre 2012 ne suffisent pas et les employés décident de mettre de la pression en portant un chandail noir avec l’inscription suivante : «Le RESPECT avant tout». Réaction de l’employeur : il fait fermer le magasin, seule épicerie de la localité, obligeant ainsi les habitants de Temiscaming à faire 80 km pour s’approvisionner. Et depuis, la négociation est au point mort, malgré la présence d’un conciliateur nommé par le Ministère du Travail.

Sur le site de Provigo, à la rubrique Qui nous sommes, on peut lire ce titre : Si vite, si bon... et toujours aussi près de vous!

2013-04-17, par Jean Carette

Hier matin, rencontre des fiduciaires des régimes de retraite de la Ville de Montréal, dont je suis pour mes camarades Cols Bleus.. Un journaliste, très coté, radio et presse écrite, prononce la première conférence de la journée. Par pudeur, je tairai son nom.

Il a préparé un montage PPT et ses propos défilent sur grand écran. En trois quart d’heure et 20 planches, au moins une vingtaine de fautes d’orthographe, signe de négligence, d’un défaut de relecture ou d’une ignorance crasse. Je suis stupéfait. Le responsable de la journée, cadre de la ville, ne s’en offusque pas : «Vous êtes professeur ; les gens ne voient pas ces fautes; c’est le contenu qui compte». Est-ce un cauchemar ? Suis-je si vieux jeu ? Comme si la qualité de la langue ne reflétait plus celle de la pensée ? Rassurez-moi : je coule !

2013-04-18, par Jean Carette

Le rapport D’Amours sur l’avenir des régimes de retraite est enfin sorti hier, après quelques fuites stratégiques. L’ensemble du travail semble bien fait : objectivité et précision des diagnostics et pronostics, souci clair d’apporter des solutions nouvelles, au risque de bousculer les habitudes et les préjugés. Reste à organiser un vaste et profond débat social autour du choix des principes et des valeurs privilégiées, autour des recommandations.

Jai fait une première lecture sur le site de la RRQ. Sans vouloir sauter aux conclusions, il me semble que le rapport ne prend pas assez en compte les enjeux sociétaux. Bien sûr, il est question de solidarité, d’équité intergénérationnelle et même de durabilité. Il faudra cependant poser des questions plus larges : l’avenir de la retraite comme suite à l’emploi et comme nouvelle période de vie active.

Cet été, je me ferai un peu d’ombre pour écrire un nouveau livre et tenter de dépasser les impasses et les injustices actuelles. J’y proposerai de nouvelles méthodes de réflexion et d’action, à la lumière de mon expérience, mais aussi de la liberté de mon âge. Ni actuaire, ni gestionnaire, ni universitaire, mais citoyen.

2013-04-19, par Jean Carette

Vous êtes élu sénateur américain. La toute-puissante National Rifle Association vous a menacé de nuire à votre réélection future en 2014. Vous avez donc voté contre la proposition du Président Obama de vérifier les antécédents des acheteurs d’armes sur internet ou dans les foires locales, proposition visant à éviter les tueries commises par des détraqués. Vous êtes conscient des effets très dangereux de votre vote. Mais vous tenez à votre confort électoral et vous vous moquez bien des 90% d’américains qui soutenaient l’effort présidentiel mais qui ne font pas partie de votre électorat local, viscéralement favorable à la possession d’armes.

De plus comme vous êtes un peu lâche et que la démocratie est le moindre de vos soucis, vous devenez ainsi complice des tueurs futurs. Bravo, Monsieur le sénateur.

2013-04-20, par Jean Carette

Je reviens sur le rapport D’Amours. Une question me taraude : pourquoi avoir choisi cet âge de 75 ans pour âge d’accessibilité à la nouvelle rente de longévité ?

On sait que l’âge du départ en retraite tourne autour de 60 ans. Que vont faire les 60-75 ans ? Croupir dans la pauvreté après avoir épuisé leur épargne, s’ils en ont une ? Ou retourner au travail, comme on le constate pour une majorité de jeunes retraités, ne serait-ce qu’à temps partiel, pour survivre et garder un statut plus valorisant ?

Plus j’y pense, plus c’est la logique de l’incitatif du retour au travail qui prévaut, bien plus que celle de la protection du revenu à la retraite. De plus, pourquoi ne pas avoir poussé l’innovation jusqu’à garantir une rente de 50% du salaire moyen dès 65 ans, comme le réclament les centrales ?

Michel Lacombe m’a invité à son émission sur la radio de Radio Canada (93,5 FM) vers 12h15 ce samedi. J’espère un beau débat autour de cet enjeu majeur.

2013-04-21, par Jean Carette

Belle discussion à l’émission de Michel Lacombe hier midi. Mais on reste le plus souvent enfermés dans des logiques désuètes qui nous empêchent de penser plus large et plus profond. Exemple : aurai-je droit à une retraite dans 30 ou 40 ans ? Comme si la vie n’était pas un mélange mal dosé, j’en conviens de formation, de travail, de repos-loisir, et non une succession de trois fonctions distinctes. Comme si les aînés ne travaillaient plus ou ne fréquentaient plus l’école.

Au plan collectif et social, la solidarité ne consiste pas à assurer une retraite un jour, mais bien à assurer une couverture généralisée, mutualisée, à parts égales et complète contre les risques et les aléas négatifs de l’existence, comme la pauvreté, la maladie, le vieillissement prématuré, la perte d’autonomie, sans oublier l’ignorance. Pour moi, la retraite n’est pas un risque, mais une facette de la vie.

De plus, il conviendrait de ne pas confondre travail et emploi : presque tout le monde aime travailler, et par exemple, je travaille quand je suis bénévole, mais personne ne court après un emploi soumis à un mauvais contrat sur le «marché» du travail, à un employeur peu soucieux d’autre chose que le profit et à de mauvaises conditions.

2013-04-22, par Jean Carette

Petite escapade d’un dimanche en Estrie. Sous le soleil, c’est le Jour de la terre et les champs reverdissent, promesse d’un bel été. À Saint-Benoît, je me suis bercé le coeur au son du grégorien, avant de vivre un moment de joie en famille à Granby. La session d’hiver fut particulièrement lourde et j’ai le sentiment d’en être comme délivré. L’été va être un moment de détente et d’écriture, entre jardin et bibliothèque, en compagnie de Mo, sans oublier mon piano au quotidien : que demander de plus que ces ressourcements-là ? Je suis un aîné heureux, mais privilégié, et j’en ai pleine conscience.

Tout à l’heure, Michel et moi recevrons le journaliste économique Eric Desrosiers du Devoir. Nous parlerons de la visite récente à Montréal d’Alfred Stieglitz, prix Nobel d’économie, et de sa perception de l’austérité, comme politique «toxique». Les gouvernements sont devenus sourds aux critiques de la population et même aux avertissements du FMI. À suivre, passionnément, comme toute la vie.

2013-04-23, par Jean Carette

Aujourd’hui, Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Savez-vous qu’au Québec, la moyenne des ventes d’un essai en Sciences humaines n’atteint pas 300 exemplaires ? Pas de quoi encourager les écrivains et les penseurs.

Quand on voit l’usage de la langue française, la médiocrité de l’orthographe et surtout l’indifférence des étudiants et de leurs professeurs, on n’est pas étonné mais peiné de voir le français reculer. Au-delà des règles d’affichage, souvent inadaptées et tatillonnes, c’est une question d’éducation, d’enseignement, d’habitude et de lectures fréquentes. Ce matin, sur Radio Ville Marie, le journaliste Eric Desrosiers nous disait à quel point la lecture du Devoir pouvait paraître complexe, difficile au point de faire peur à ceux qui ont perdu l’habitude de lire. Complexe, malgré tout l’effort des journalistes pour rendre abordables et intéressants leurs sujets ! Parler une langue demande une maîtrise des mots et de leurs interrelations. Encore une fois, une question de bonnes habitudes, à faire prendre dès l’enfance.

2013-04-24, par Jean Carette

70 ans ! C’est le 20 avril 1943 que Le Petit Prince est publié à New York où Saint-Exupéry ronge son ennui en exil. J’avais un an et 6 mois et je ne savais pas encore lire, mais je me suis rattrapé depuis.

Pouvons-nous dire de notre génération que nous sommes celle du Petit Prince de Saint-Exupéry ? Un mélange d’idéalisme, de jeunesse d’esprit, de poésie, de curiosité émerveillée, d’humanisme et de sens de l’invisible ? Pas sûr, mais j’aimerais bien...

Ce sera le dernier livre de Saint-Exupéry, illustré de ses propres aquarelles, avant sa disparition en mer en juillet 1944. La guerre avait alors engendré des résistances et des promesses de changement qui se concrétiseront en partie au début de la paix en Europe. S’il te plait, dessine-moi la vie !

2013-04-25, par Jean Carette

Depuis 10 ans, l’Institut du Nouveau Monde multiplie les campagnes de sensibilisation, les conférences et débats, les formations et les stages sur les divers aspects de la vie économique et de la démocratie. Une école citoyenne remarquable, efficace, rayonnante, dirigée par un fou-sage, Michel Venne, entouré d’une équipe brillante et innovante.

Espaces 50+ suit la même route, depuis 10 ans aussi, plus modestement. Avec les Rendez-vous des générations, nos chemins pour agir se sont croisés sur les enjeux et les atouts du vieillissement collectif. Je souhaite bon vent à l’INM et à son fondateur, au grand large de ses projets pour nous proposer des avenirs durables et utiles.

2013-04-26, par Jean Carette

Écoutez ou plutôt lisez ça :

« Je travaille auprès de personnes âgées atteintes de démence. Les ressources manquent à tous les niveaux. Il y a par exemple un manque criant d’auxiliaires familiales pour donner des bains, du répit, de la médication. Pour voir une travailleuse sociale, une physiothérapeute ou une ergothérapeute, les personnes âgées, dont la situation est jugée moins urgente, peuvent attendre jusqu’à un an. Durant l’attente, leur état s’aggrave. Ce qui fait qu’un cas qui paraît moins pressant se transforme la plupart du temps en cas urgent. On ne fait qu’éteindre des feux et gérer des urgences, finalement. On n’a pas une minute pour faire du préventif. On n’est que dans le curatif. Si la personne avait été traitée plus tôt, on aurait pu prolonger son maintien à domicile. »

Qui parle ainsi ? Une travailleuse sociale en service à domicile dans la région de Lanaudière. Partout, qui tend l’oreille entend la détresse au travail et sa conséquence, la détresse des aînés les plus en besoin. Au moment où le ministre Hébert annonce son livre blanc sur l’Assurance autonomie, avec une consultation, c’est le temps de surveiller ce beau projet pour qu’il ne dévie pas des intentions de départ et pour que le gouvernement Marois, au lieu de couper (100 millions, rien qu’à Montréal !), garantisse les moyens d’agir, en salaires décents, en personnels adéquats et formés, en appuis concrets aux proches aidants, pour un réel service public renforcé de soutien à domicile.

2013-04-27, par Jean Carette

Tout à l’heure, j’irai marcher et manifester contre le saccage de l’Assurance Emploi. J’y ai cotisé plusieurs dizaines d’années sans toucher le moindre sou, par simple souci de solidarité avec ceux et celles qui sont mal pris sur le marché où leurs compétences et leur volonté de gagner leur vie se heurtent aux exigences cruelles du capitalisme employeur.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement fédéral s’attaque à l’Assurance Emploi et je me souviens d’une manifestation contre le hold-up pratiqué par Jean Chrétien sur les surplus de la Caisse où l’État ne cotisait pas du tout. Le banditisme d’État est une longue pratique et Harper ne fait que suivre la voie pavée par ses prédécesseurs au pouvoir. Ah ! Que nous sommes loin de la démocratie directe ! Poursuivez votre saccage, messieurs les puissants, mais méfiez-vous des puissantes colères du monde dit ordinaire...

2013-04-28, par Jean Carette

Le soleil était au rendez-vous et nous avons manifesté sous son égide. Il faisait beau, chaud, solidaire et j’ai parcouru une saine marche de printemps. Ça dérouille les jambes, même si les miennes ont bien besoin d’une révision estivale ! Harper entendra-t-il ? Je ne le crois pas, parce qu’il a fait de sa surdité une marque de fabrique. Pour autant, nous ne cherchions pas à nous faire entendre de lui seulement, mais bien de la droite dominante au Canada et au Québec, et aussi du NPD qui mène l’opposition à Ottawa. Les individus aux commandes peuvent bien se faire sourds; il s’agit d’un mouvement social et le message était clair, à savoir une opposition franche et solidaire en faveur des victimes du chômage. Comme le disait un slogan, nous voulons travailler, pas nous faire exploiter. Nos sociétés ne peuvent rouler sans la participation de l’ensemble de leurs acteurs, que les dominants veuillent bien écouter le message ou non. Leur infirmité n’est pas la nôtre.

2013-04-29, par Jean Carette

La Commission Vérité et réconciliation a tenu ses audiences à Montréal. J’aime cette idée de pardon provoqué. Encore faut-il aimer la vérité et la dire, l’avouer dans ce cas-ci. Où sont les abuseurs, violeurs et autres clercs ? 30 000 abus dénombrés sur 150 000 enfants arrachés à leurs racines. Un sur cinq ! Les coupables se taisent, se rendant ainsi deux fois abuseurs : des enfants et de leur avenir, mais aussi d’eux-mêmes. Le fric versé en indemnité ne rend pas indemne. Le mensonge non plus.

Ce matin, Michel et moi recevons un vieil ami sur Radio Ville-Marie : Gérald Larose préside le CA de la Caisse d’économie des travailleurs. Avec 690 millions d’actif et un roulement de 1,3 milliard, La Caisse solidaire est la principale institution financière spécialisée en économie sociale et en investissement socialement responsable (ISR) au Québec. Elle finance plus de 2 900 coopératives, organismes à but non lucratif (OBNL), syndicats et entreprises privées socialement engagées.

2013-04-30, par Jean Carette

Quand je lis sur son blogue le plaidoyer du ministre Lisée en réponse à Jules Falardeau, je constate que nous avons affaire à un redoutable avocat, dont les talents de tribun et de défenseur ne sont plus à démontrer. Et pourtant, je persiste à penser comme beaucoup d’autres que le gouvernement Marois penche vers la droite et les politiques de rigueur et d’austérité, qu’il y a bien d’autres façons de gouverner dans le sens des besoins des gens et de la volonté des électeurs, que Madame Maltais n’est pas des plus habiles, que le ministre Marceau semble contrôler le train et le Conseil des ministres.

Résultat : les urnes le diront, mais bien des électeurs se tourneront sans doute vers d’autres candidats que ceux du PQ, par exemple ceux de Québec Solidaire ou d’Option Nationale. Il y a fort à parier que le PQ sera encore minoritaire et le gouvernement aussi.

Comme quoi il ne suffit pas de trouver les mots et d’exceller dans la communication. Séduire ne suffit pas pour convaincre durablement.

2013-05-01, par Jean Carette

Aujourd’hui, Fête des travailleurs et non du travail, pour souligner les luttes épiques et dangereuses pour la réduction des horaires de travail à la fin du 19ème siècle à Chicago : 340 000 grévistes unis pour la journée de huit heures et la semaine de 48 heures. Mais, deux jours plus tard, autre manifestation : une bombe explose, tuant un policier. Quatre anarchistes seront pendus, sans preuves. L’un d’eux, Auguste Spies, déclare avant sa mort : «Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui.»

Comme quoi les clochettes blanches du muguet sont parfois tâchées de sang ! Comme quoi le silence dit souvent un message de vie et de droit !

Francis Grenier, qui a perdu un oeil le 7 mars 2012 à Victoriaville : «Bien qu’étant un triste anniversaire, le 7 mars est aussi le jour où j’ai arrêté de croire et que j’ai su. J’ai su qu’il faut toujours se battre pour avoir justice et que la violence, les menaces et la haine ne pourront jamais mettre un frein à mon désir de justice.»

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2013-05-02, par Jean Carette

Je vous invite à signer la pétition de l’APTS (Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux)

La firme Proaction est une business privée qui vise l’optimisation des emplois, en particulier de ceux que vous et moi finançons avec nos taxes et impôts. Elle procède actuellement à une taylorisation déguisée dans les CSS et les services de maintien à domicile, aux dépens de la qualité des services et au nom de la performance, aux dépens des aînés et des travailleuses à leur chevet.

Proaction a obtenu au moins 15 millions de contrats, le plus souvent sans appel d’offres. Elle vient même d’en obtenir un pour bâtir un logiciel hors de sa compétence : qu’à cela ne tienne, la firme a sous-traité ! Time is money...

Après avoir défendu mollement la méthode Toyota qui fait les profits de Proaction, le ministre Réjean Hébert a demandé mollement une enquête à ses services, histoire de mollement calmer le jeu. Ça promet bien du mou en ce qui concerne l’Assurance autonomie !

Merci de signer la pétition, sans mollesse.

2013-05-03, par Jean Carette

Mais que se passe-t-il dans la tête de nos gouvernants péquistes ? C’est bien imprudemment que Madame Marois a appelé la Commission Charbonneau ... à la prudence. Tout ça parce que le petit camarade Chevrette s’est fait citer par un témoin pour des possibles manoeuvres de sa part.

La prudence consisterait-elle à laisser courir les allégations contre les libéraux et à s’indigner quand elles visent les amis du régime en place ? À prolonger de 18 mois les travaux de la Commission et à intervenir dans son travail de recherche de la vérité ? À prétendre faire le ménage, sauf dans ses propres turpitudes ?

Décidément, on avance d’une gaffe à l’autre, jouant de la paille et de la poutre. Ce n’est pas ainsi que se pratique l’art de bien gouverner.

2013-05-04, par Jean Carette

Comme chaque année, le printemps a surgi avec vivacité devant nos fenêtres. Les bourgeons ont rapidement éclaté et en quelques heures, le vert printanier a envahi nos pupilles. Ce que nous appelons la nature nous redonne généreusement un élan nouveau, fait de sources et d’origines, de couleurs et de plantes. Nature : étymologiquement, ce qui doit naître.

Mon avance en âge n’est pas synonyme de répétition ni d’ennui, mais de recommencements et de découvertes, de retrouvailles et de résiliences. Les dernières années sont ainsi réchauffées par un premier temps, un printemps. La vie passe, comme on dit assez curieusement, mais ma joie demeure et grandit par en dedans.

2013-05-05, par Jean Carette

Ce vendredi, c’était la Journée mondiale de la liberté de la presse. Sans cette liberté, pas de liberté de penser, pas d’information, pas de démocratie. Tous les jours, je lis de grandes sources d’information et de réflexion, en particulier Le Devoir, Le Monde et le Washington post. Parce que je veux savoir ce qui se passe. Parce que je veux pouvoir analyser les faits et leur contexte. Parce que je ne veux pas mourir idiot.

Regardez la carte publiée à cette occasion :

Ici, nous sommes estimés presque corrects. Et pourtant, nous devons défendre les journalistes contre des formes de censures plus douces mais efficaces pour les réduire au silence, en particulier l’argent de la concentration des médias ou celle des «minières» qui font procès à des auteurs ou éditeurs qui cherchent et publient ce qui est caché. Nous avons nous aussi du chemin à faire. À tout abus de pouvoir, il faut opposer un contre-pouvoir pacifique, celui de la vérité et de sa diffusion.

2013-05-06, par Jean Carette

Quand fait-on la politique, et non de la politique ? On dirait bien que c’est le dimanche, à voir tous les mouvements constatés hier. Tandis que Québec Solidaire se choisissait un nouveau porte-parole président, Andrès Fontecilla, tout en ne décidant d’aucune alliance ni avec le PQ ni avec ON, le nouveau chef libéral tourne la page d’un lourd passé et cherche à faire bouger son parti. Pour les uns, la cohérence avec les principes et l’analyse, pour l’autre, la carte du changement. Et le PQ ? Pris entre ses promesses électorales sur les redevances minières, ses débats internes et les pressions externes, le gouvernement accouchera ce lundi d’un compromis assez boiteux pour mécontenter à peu près tout le monde, sauf Lisée bien sûr. Rien pour le dimanche avec le PQ ! Ni cohérence, ni changement.

2013-05-07, par Jean Carette

La décision est tombée : quatre fois moins que la promesse électorale concernant les redevances minières. Et c’est ainsi qu’on gouverne, ou plutôt qu’on se fait gouverner par les pressions des exploiteurs de «nos» richesses naturelles. Mais c’est aussi ainsi qu’on se fait replacer dans l’arrière banc de l’opposition, et cette fois pour longtemps.

Au plan strictement comptable, on saluera la sagesse responsable de Nicolas Marceau : déjà l’industrie minière se dit soulagée et satisfaite, tandis qu’on apprend que les maigres millions récoltables iront au remboursement de la dette et non au développement régional. Or il ne s’agit pas d’équilibre financier, mais bien de richesses nationales : qui est le propriétaire ? Qui décide ? Et qui recule pour se coucher ?

Comme le dit au Devoir Gabriel Nadeau-Dubois, «il faut développer des alternatives politiques aux quelques grands partis qui dominent l’arène politique.» Il y a urgence, en effet.

2013-05-08, par Jean Carette

Lundi dernier, entrevue avec Carole Poirier, députée d’Hochelaga-Maisonneuve et première vice-présidente de l’Assemblée Nationale, en vue de l’émission «Entretiens» qui passera à Radio Ville Marie (91,3 FM) lundi prochain à 21 h pm et le jeudi 16 à 9h AM en rediffusion. Une vie folle au service des gens dans Hochelaga Maisonneuve, dont Carole connait autant le passé historique que le présent qu’elle s’acharne à transformer.

Une vraie travailleuse du social, et passionnée, ce qui n’est pas de trop, au milieu de la mare politicienne. Carole Poirier est sereine au milieu des tempêtes actuelles, et trouve difficile la gouvernance, souverainiste ou pas. Carole n’est pas une femme de pouvoir, même si elle en aime les comédies. Elle est d’abord au service de son monde, péquiste ou pas. Une citoyenne et un exemple. Et c’est un membre de QS qui vous l’affirme.

2013-05-09, par Jean Carette

Une date à retenir : j’animerai un café des âges d’Espaces 50 + le samedi 18 mai de 10h à midi à la Maison des Aînés, 1620 de La Salle (entrée par le sous-sol).

Après une courte présentation de la thématique par Jacques Fournier, travailleur social retraité et rédacteur de la revue La Force des Sages de l’AQDR, j’animerai la discussion autour d’un café pour échanger sur un thème d’actualité :

L’Assurance autonomie proposée par le Gouvernement Marois

Comme nous souhaitons des débats et des échanges entre générations, nous demandons aux aînés de se faire accompagner par un jeune de son entourage ou plusieurs et aux jeunes de se faire accompagner par un aîné ou plusieurs. Pour nous permettre de défrayer les coûts de cette activité nous demandons une contribution volontaire de 1 $ ou plus.

2013-05-10, par Jean Carette

Lu aujourd’hui, dans le livre important de Jean-Marie Harribey, La richesse, la valeur et l’inestimable (éditions LLL, Les liens qui libèrent) : «La vie n’a pas de prix, mais elle a de la valeur.» Autrement dit, la valeur ne se limite pas au champ économique. J’ai tout de suite pensé à la vie des grands vieillards privés d’autonomie. Au prix du marché, leur vie ne vaut presque rien, ne vaut que par les salaires qu’elle génère pour ceux qui travaillent à leur chevet. Et pourtant, leur vie a infiniment plus de valeur que la richesse marchande qu’elle peut générer. Il ne s’agit plus d’échange calculable et mesurable en monnaie, mais bien de dignité, valeur suprême et sans prix. Comme le soleil, comme la tendresse, comme l’air respirable et le parfum d’une fleur, la beauté d’un paysage ou d’une âme : inestimable.

2013-05-11, par Jean Carette

Comme chaque année, Radio Ville Marie organise un radio-don pour financer ses activités aujourd’hui et demain au 91,3 FM. Je serai en ondes en compagnie de mon camarade Michel Rioux dimanche de 10h AM à midi pour solliciter votre générosité et votre écoute.

Comme des dizaines d’autres, c’est bénévolement que les animateurs élaborent leurs émissions toute la semaine, jour et nuit. Nous payons même nos déplacements et notre parking, ainsi que nos dons réguliers tous les mois pour soutenir la station.

Mais il faut payer un loyer, des techniciens et leurs machines, les frais d’antenne, le personnel d’accueil et d’administration. Même réduits au minimum, ces frais exigent que nous allions chercher 140 000$ avec ce radio-don. Alors un petit 10$, 20$ ou plus : 1-855-212-2020. Un grand merci d’avance pour ce pari qui doit réussir en faveur d’une radio qui vaut la peine!

Pas de salaire, mais des gains en humanité, c’est précieux, comme une source de vie.

2013-05-12, par Jean Carette

Des professeurs de l’Université Laval plaident pour le retour de l’enseignement des langues grecque et latine au secondaire. On dirait des fossiles, et pourtant je donne raison à leurs arguments. La formation donnée à une majorité est trop axée sur le marché du travail, sur une apparence d’utilité et de rentabilité. Une formation humaniste donne à penser, à écrire et parler, mais aussi à agir et travailler. Si j’ai pu faire ce que je souhaitais faire, et avec un salaire décent, je le dois à ma longue formation classique et humaniste.

Il ne s’agit ici ni de nostalgie, ni d’esprit réactionnaire ou traditionnaliste. Si je suis encore aujourd’hui militant et développeur social, je le dois bien sûr à mon histoire et mes choix de vie, à mes rencontres et aux circonstances, mais aussi à mes racines scolaires et culturelles profondes, nourries au quotidien.

Et n’oubliez pas le radio-don de Radio Ville Marie sur 91,3 FM ! 1-855-212-2020.

Merci !

2013-05-13, par Jean Carette

Objectif : 140 000$. Résultat : 164 000$ hier à 20h30, sans compter les dons qui vont continuer cette semaine. Je suis heureux et surpris de ce succès. Radio Ville Marie se transforme et s’adapte progressivement. La page d’un certain passé vient d’être tournée. Des choix vont s’imposer: déménagement, nouveaux studios, nouveaux investissements techniques et en personnels. Les défis sont majeurs, dans un monde des communications et des média qui change à très vive allure. Et surtout retrouver une jeunesse d’esprit, plus de fraîcheur, plus de mouvement, plus d’espérance et d’élans, moins de complaisance nostalgique, moins de mièvrerie; je suis assez bien placé pour savoir et comprendre qu’il faut un long cheminement pour devenir jeune...

Michel et moi replongeons ce matin avec pour invité Michel Demers, un retraité actif et courageux, un amoureux du cinéma documentaire, un militant de l’intergénérationnel. Joie.

2013-05-14, par Jean Carette

Lisez cette traduction d’un texte récent de Hans Kung, grand théologien allemand, 85 ans, ami et rival «fraternel» de Benoit 16 en théologie. En quelques lignes, tout est dit quant aux changements nécessaires et urgents dans la structure centralisée et dominatrice de l’Église. Hans Kung indique et dégage une orientation à la lumière de l’histoire de l’Église, en particulier de la «récupération» du mouvement franciscain par le pape Innocent 3 et ses successeurs au 13ème siècle.

Alors, printemps d’une Église renouvelée ou glaciation avec le retour aux pouvoirs crispés et à l’ordre ancien ? Une question de vie ou de mort, de réveil ou de nécrose, qui se pose, en haut, au pape François (justement reprénommé), mais aussi, en bas, à tous les fidèles et «infidèles» du monde ordinaire.

2013-05-15, par Jean Carette

Sans réduction des émissions de gaz à effet de serre, ce sont un tiers des animaux et la moitié des végétaux qui sont menacés de disparition d’ici 2080. Telle est la conclusion d’une étude internationale publiée ce lundi dans la revue Nature Climate Change.

On a le plus souvent oublié que les richesses de la nature font partie du bien commun que nous devons administrer assez bien pour les transmettre aux générations suivantes au moins aussi fortes et abondantes que nous les avons reçues naguère.

Quand on constate la ruée vers ce nouvel or noir que serait le pétrole de schiste, extrait par fragmentation malgré les risques et les doutes, quand on voit la maigreur des mesures pour aller chercher dans les fonds des compagnies minières 50 millions d’impôts au lieu des 380 promis par le PQ en campagne, on se demande si nos gouvernants sont bien conscients des dangers qui menacent la biodiversité elle-même.

Et je regarde Zoé, ma dernière petite-fille d’un an, qui devrait avoir 67 ans en 2080, avec inquiétude.

2013-05-16, par Jean Carette

La France vit ses crises et son déclin, cela se voit et s’entend. Désastre économique avec l’entrée en récession depuis six mois. Désastre politique, avec l’inanité des discours, la corruption et la montée des extrêmes, à gauche comme à droite. Désastre social, avec 4 à 5 millions de chômeurs, les violences au quotidien et les suicides au travail. Désastre culturel, avec l’anglais qui envahit tout, y compris les universités.

La France va assez mal pour qu’on se prenne à fantasmer : De Gaulle, reviens ! Pas plus que d’amour et d’eau fraîche, on ne peut vivre de prétention ni d’arrogance, dans l’autosatisfaction permanente. À voir l’afflux d’immigrants gaulois ici, j’aime constater un juste retour du balancier.

2013-05-17, par Jean Carette

L’atterrissage du météore Denis Coderre à Montréal ne s’est pas fait sans turbulences. Venu pour conquérir le coeur des électeurs et surtout le pouvoir à la mairie, il a dû affronter les militants du FRAPRU qui, à force de promesses non tenues en matière de logements abordables-sociaux, se méfient du populisme suffisant du petit Napoléon du comté de Bourassa. Redoutable débatteur, il semble prêt à promettre et dire tout et n’importe quoi pour s’asseoir un beau jour dans le fauteuil du maire, faute de pouvoir occuper d’autres postes de pouvoir qui lui ont échappé dans le passé.

Au moins, le combat électoral nous en promet large au niveau des choix politiques et des options de développement de Montréal. Entre Louise Harel, Richard Bergeron et Denis Coderre, en attendant les autres, le débat se met en place. Et c’est tant mieux, mais méfions-nous des baratineurs.

2013-05-18, par Jean Carette

La ville de Longueuil vient d’accorder la gratuité du transport en commun pour les aînés en dehors des périodes de pointe et en fin de semaine, histoire de réduire le nombre de voitures qui circulent.

C’est sans doute une heureuse initiative en termes de lutte à la pollution. Par contre, il y a ici un côté paternaliste et âgiste. Paternalisme d’une administration qui accorde à SES pauvres aînés la charité de la gratuité. Àgisme qui fait encore des aînés une catégorie à part dans la population. Imaginez la scène : elle monte dans l’autobus vers 10h AM, elle devra démontrer qu’elle a son âge et qu’elle est assistée ! Infamante démonstration, inutile et ségrégative.

Les aînés sont des adultes comme les autres : s’ils manquent de revenus, comme bien des plus jeunes, qu’on les sorte de la pauvreté pour qu’ils puissent prendre les transports en commun comme tout le monde, au tarif de tout le monde. Après celui des dames, voici le temps des villes patronnesses ! À revoir.

2013-05-19, par Jean Carette

Nous nous sommes croisés. Il a 76 ans. Ancien col bleu de la ville de Montréal, Raymond MURRAY, traverse ses années de retraite en travaillant, encore et toujours; peut-être parce qu’il ne sait pas quoi faire d’autre. Depuis sept ans, sa femme est institutionnalisée. Atteinte de la maladie d’Alzheimer, elle ne le reconnaît même plus. Il continue à la visiter et à la nourrir, fidèlement, jour après jour.

J’admire ce courage tranquille et stoïque, cette fidélité de mémoire et d’amour, sans relâche, contre la mort lente. De quoi faire sens, et rendre Sisyphe heureux.

2013-05-20, par Jean Carette

L’actualité va parfois trop vite, mais je m’en voudrais de ne pas revenir sur la motion déposée le 14 mai par Amir Khadir, conjointement avec les autres partis et demandant un financement rehaussé et récurrent des organismes communautaires. Espaces 50 + n’a pas reçu un sou, ni de Québec ni d’Ottawa, depuis deux ans maintenant. Nous sommes sans cesse au bord de la rupture de moyens, alors que notre engagement est de plus en plus nécessaire. Sans doute le gouvernement juge-t-il plus «politique» de ne pas soutenir qui ne le soutient qu’avec un esprit critique et libre.

Heureusement que le communautaire existe, face au privé, mais aussi face aux nombreuses défaillances du système public. Il faudrait s’interroger à nouveau sur le rôle et la place, mais aussi sur l’efficacité de chacun de ces secteurs au service des besoins des citoyens.

2013-05-21, par Jean Carette

Je viens de terminer une recherche-action sur les difficultés financières des aînés dans la région de Lanaudière. Je suis très fier du résultat accompli en termes de progrès dans la connaissance et la mesure de ces difficultés et j’ai grandement apprécié le travail de terrain de Catherine et Hélène, de l’ACEF Lanaudière, travail dont j’ai assumé la responsabilité scientifique.

Mais je ressens un certain malaise : les moyens manquent pour assurer un suivi concret et adéquat aux propositions du rapport. Les organismes locaux, dont l’ACEF, sont déjà débordés et ne disposent pas des budgets et ressources humaines nécessaires pour faire davantage. Une fois de plus, on risque de laisser lettre morte une recherche qui devrait déboucher sur l’action, c’est-à-dire sur des changements réclamés. Qui, on ? Les politiciens décideurs sont une fois de plus interpellés.

2013-05-23, par Jean Carette

Sauf erreur, voilà 200 jours ce matin que j’écris un petit billet sur ma page Facebook, relayée sur Espaces 50+ par les soins discrets et fidèles de notre édimestre, Jean Laflèche. Au début, en novembre et décembre dernier, il me fallait un effort de volonté, aujourd’hui transformé en joyeuse habitude.

Les difficultés : choisir un sujet, entre mille sollicitations; aiguiser une attention quotidienne; faire court, mais dense; ne pas radoter; ne pas tomber dans le moralisme ni dans la démagogie.

Les avantages : apprendre à écrire, encore et tous les jours; garder l’esprit en éveil et mûrir la réflexion; sentir qu’un réseau lecteur se forme et s’accroît; retrouver des «amis» qu’on croyait perdus; maintenir un dialogue entre nos différences.

Merci aux lecteurs, «aimeurs», commentateurs et partageux !

Je poursuis donc mes promenades, car «le bonheur, c’est le chemin» (proverbe tibétain).

2013-05-24, par Jean Carette

Je l’avais rencontré par hasard sur Sainte-Catherine alors qu’il était en tournée au Québec. Nous avions parlé politique, justice, libertés. Pas du tout de son art. Moustaki était un être proche, et nous avions tous l’impression que c’était un ami et un camarade. Nous voulions l’écouter, et c’était lui qui prêtait l’oreille.

J’aimais ses prises de parole et ses textes mis en chanson : la musique et la scène sont souvent les tremplins des idées qui paraissent trop faibles pour être entendues, mais qui font ainsi leur saut dans l’arène publique. Il aimait dire : «L’homme descend du songe.»

Moustaki n’était pas un pâtre grec, mais plutôt un aède, un poète cheminot. Il portait son temps plus qu’il ne lui ressemblait. Il confiait récemment : «Je suis un optimiste amer et un pessimiste gai». De quoi me rapprocher de lui. Notre mémoire le gardera longtemps en vie, en nous. Salut, Milord !


Ce soir à Radio-Canada, dans le cadre de Zone Doc, à 21h : rediffusion du film de Fernand Dansereau, Le vieil âge et le rire. À voir ou revoir, absolument. Avec en complément utile, le site http://levieilageetlerire.com/

2013-05-25, par Jean Carette

Radio-Canada nous apprend que le CSSS de Trois-Rivières a organisé une dégustation de plats pour choisir lesquels se retrouveront sur le menu de ses établissements, dont les CHSLD. Initiative exceptionnelle pour une telle bureaucratie ! Non seulement les résidents vont ainsi bénéficier de repas meilleurs et plus proches de leurs goûts, mais surtout ils auront pris part à une décision qui les concerne.

La dignité consiste d’abord à traiter les aînés comme des adultes à part entière, dans le plein exercice de leurs droits et libertés, et non comme des «clients», des «bénéficiaires», des «usagers» ou des «petits vieux», pour ne reprendre ici que les mots choisis les plus significatifs.

2013-05-26, par Jean Carette

Monseigneur Lépine est un digne frère spirituel du cardinal Ouellet qui l’a fait nommer à son poste d’archevêque : traditionnaliste et partisan d’une Église-Chrétienté chère à Jean-Paul II et Benoît XVI. Ses positions sont aussi conservatrices que prudemment diffusées. Il a cependant mis en avant un de ses vicaires adjoints pour évoquer, dans Le Devoir de Samedi, la possibilité de garderies «catholiques» dans les presbytères ou églises.

C’est dans la logique et la stratégie du personnage, qui veut mériter la barrette de cardinal-prince de l’Église, mais en complet décalage avec la réalité de Montréal, y compris celle de préserver le patrimoine religieux. En opposition même avec la réglementation des garderies.

En entrevue à Radio Ville Marie, j’ai eu l’occasion de constater la froideur rigide de Mgr. Lépine. Je ne suis ni le premier (à entendre son entourage immédiat) ni le dernier. François, au secours !

2013-05-27, par Jean Carette

C’est beau la convergence nationale, pour faire un pays ! Surtout quand le PQ est au plus bas des sondages. Surtout quand le gouvernement ne propose aucun changement de la loi électorale en faveur d’une dose de scrutin proportionnel.

Qui favorise le retour des libéraux, sinon un gouvernement qui penche à droite, fait des coupures, recule sur ses promesses et n’écoute pas ses appuis ?

La convergence n’est pas un outil qu’on utilise au gré des circonstances, par tactique et par opportunisme. La convergence est un objectif au service d’un but : faire un pays, et pas seulement une majorité pour gouverner.

Sacha Guitry disait : «Il m’arrive de parler très fort à l’oreille d’un myope

2013-05-28, par Jean Carette

La Maison des Aînés Hochelaga-Maisonneuve s’est «décertifiée» parce que les exigences de la nouvelle loi sur la certification des résidences auraient entraîné des augmentations de loyer de près de 300 dollars par mois. De plus nous n’avons plus le droit de nous nommer Maison des Aînés .

Un monument de bêtise bureaucratique ! Sous prétexte de mieux protéger les aînés, ce qui est en effet aussi urgent que nécessaire, en particulier dans les résidences privées à but lucratif, on fragilise les droits des résidents des organismes communautaires de logement.

Nous déciderons en CA cette semaine de changer notre nom pour éviter l’amende prévue. Ah les maudits imbéciles ! Heureusement ils ne sauraient attaquer notre mission et l’esprit de nos interventions. : même rebaptisée, la Maison des Aînés restera la leur. Mauvais feuilleton à suivre.

2013-05-29, par Jean Carette

Hier matin, j’ai commencé mes «devoirs de vacances» : quatre pages d’écriture quotidienne, pour accoucher d’un livre d’ici trois mois, avec pour objectif une sortie au Salon du livre de Montréal. Depuis dix ans, date de parution de Droit d’aînesse chez Boréal, je n’avais plus écrit de livre destiné au grand public, me consacrant à des monographies plus techniques, comme des outils pédagogiques ou des rapports de recherche.

Le temps me semble venu d’opérer un nouveau traitement des réalités du vieillissement et de la retraite, pratiques individuelles et collectives, parce qu’elles ont changé, parce qu’elles nous ont changés. Nouveau traitement, retraitement, en faveur d’une écologie sociale renouvelée.

Depuis dix ans, se sont accumulées les expériences et les réflexions, et il faut que j’en rende compte. Alors ce matin, j’ai sorti un bloc de papier et ma plume favorite et j’ai commencé ce grattement hésitant sur le papier blanc qu’on appelle le travail de l’écriture. Je me souhaite de persévérer.

2013-05-30, par Jean Carette

Henry Morgentaler s’en est allé, comme un bon artisan quitte son atelier le soir, une fois le boulot fait, et bien fait. Il a soigneusement fermé la porte, pour éviter toute fuite de droits des femmes, Puis il est rentré dormir pour toujours.

Quand je dis dormir, je voudrais dire qu’il va rester vivant dans nos mémoires et dans l’histoire. Tout comme il a survécu aux camps de la mort, Auschwitz et Dachau. Après ce passage, rien ne pouvait lui faire vraiment peur. Je pense à cette phrase de Churchill, relue hier : «Si vous traversez l’enfer, continuez d’avancer.»

Je salue le courage doux et l’obstination tranquille d’un être humain, humain, tout bonnement.

2013-05-31, par Jean Carette

Le ministre Réjean Hébert déposait hier, enfin, son Livre blanc sur l’assurance autonomie. Il s’agit en fait d’un virage renforcé et décisif vers le soutien à domicile, aux dépens de l’hospitalisation et de l’institutionnalisation, inefficaces et trop coûteuses. Les libéraux avaient timidement amorcé le changement, le gouvernement péquiste pèse sur le gaz. Et c’est tant mieux.

Reste à concrétiser cette orientation sans la perdre de vue. Qui va porte la responsabilité et réaliser le virage ? L’État, le privé lucratif, le communautaire ou un mélange hybride ? Qui paiera les 1300 millions de plus qui seront nécessaires ? Ceux qui en ont ou auront besoin ? Tous les contribuables ? À chacun selon ses moyens ou selon ses besoins ?

Sera-ce un grand service public ? Vraiment public ? Il faut l’espérer et surtout le vouloir. Une question de solidarité et de société.


ESPACES 50+ organise un autre CAFÉ DES ÀGES à LONGUEUIL
Samedi 15 juin prochain de 10h à midi
sur le thème: L’ASSURANCE AUTONOMIE PROPOSEE PAR LE GOUVERNEMENT MAROIS
À la Maison de la Famille Le Cavalier
Centre communautaire des Loisirs St-Vincent-de-Paul Champlain Gamache
2027, rue Daniel, Longueuil
2013-06-01, par Jean Carette

On sait que des entreprises échappent à l’impôt en créant des filiales artificielles dans les paradis fiscaux. Suggestion : aucun marché public ne devrait désormais être accordé à une entreprise qui agit ainsi.

On sait aussi que la Réserve fédérale américaine a prêté 1 200 milliards de dollars aux banques en difficulté au taux de 0,01%, alors que les États sont contraints d’emprunter à un minimum de 6%, soit 600 fois plus cher. Me source

La fortune cumulée des 0,2% les plus riches de la planète est estimée à 39.000 milliards !

Albert Einstein :
«Il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre.»
2013-06-02, par Jean Carette

Les hasards d’une maquette de journal sont parfois pleins de sens.

Juste pour rire : une page pleine de publicité est parue plusieurs fois de suite dans les journaux cette semaine. On pouvait y lire : «Porter prend de grandes mesures pour vous faire économiser», ou encore : «Pour célébrer cet avantage de taille, Porter a rétréci ses tarifs», sans oublier le slogan : «Évasions Porter».

L’ex-patron du CUSM, accusé d’avoir accepté des millions de dollars en pots-de-vin, doit lire la presse depuis sa geôle du Panama. Peut-être rêvera-t-il de vacances avec flyporter.com, s’il est reconnu coupable... Après avoir remboursé, j’espère!

2013-06-03, par Jean Carette

Depuis hier, Espaces 50+ commence sa dixième année officielle. C’est le 2 juin 2004 que nous avions tenu notre assemblée générale de fondation. Ou plutôt de refondation, puisque nous avions résolu de quitter l’UQAM et ses espaces subventionnés. Sage décision : la suite a démontré que la haute direction de l’université ne voyait plus en nous que le levier d’une mise en marché par laquelle les vieux allaient remplacer les jeunes, démographiquement minoritaires. Certains s’inquiétaient même de nos innovations animatives et n’avaient pas manqué de nous le faire savoir et même de nous menacer. Quant au recteur Denis, il avait perdu la main, c’est le moins qu’on puisse dire !

L’université s’était révélée incapable d’accueillir la parole et les savoirs d’expérience des aînés du «monde ordinaire». Au coin de Maisonneuve et de Saint-Denis, une chaîne de fast food a installé ses quartiers à notre place. Symbole clair d’un échec institutionnel. Il ne nous restait qu’à retourner d’où nous étions partis, sans doute à tort : vers le communautaire et ses espaces de vie. Neuf ans plus tard, nous y sommes toujours actifs, loin, très loin de l’institution universitaire et de ses pesanteurs.

2013-06-04, par Jean Carette

Le gouvernement du Québec estime à près de 700000 le nombre de postes de travail à pourvoir d’ici 2016. D’où le recours à l’immigration, surtout en provenance des pays francophones comme la France, la Belgique, l’Algérie ou la Tunisie, où sont organisées des journées de recrutement depuis l’an dernier. Un taux de chômage de 7% est bien sûr très attractif, quand on constate qu’il est plus de trois fois supérieur pour les jeunes en Europe ou au Maghreb.

La main d’oeuvre est aussi une marchandise et sa valeur d’échange est forte sur les marchés de l’emploi, surtout si elle est déjà formée. Est-il nécessaire de rappeler qu’il s’agit cependant d’hommes et de femmes ? Il faudra veiller à ce qu’à terme, en cas d’inversion de la tendance, ils puissent être protégés par les entreprises et gouvernements qui aujourd’hui courent après eux pour exploiter à profit leur force de travail.

2013-06-05, par Jean Carette

Plus de 12 000 puits risquent de trouer le sol d’Anticosti, pour extraire le pétrole de schiste, sans oublier le gaz. Les dégâts environnementaux seraient considérables : contamination des nappes phréatiques, déversements marins aux dépens de tout l’écosystème et de toutes les formes de vie dans le golfe du Saint-Laurent et sur l’île. Insatiables, les pétrolières envahissent ce patrimoine sans vergogne, sans étude préalable et indépendante d’impact environnemental.

À l’exception de Québec Solidaire, les trois principaux partis politiques présents à l’Assemblée nationale se frottent les mains, y voyant un gisement d’emplois et de taxes futures, alors que les conditions faites aux compagnies sont en fait des privilèges et dépossèdent le peuple du Québec d’une majeure parte de ses droits sur ces richesses «naturelles».

Coincidence : la revue Relations publie un excellent dossier sur la décroissance, pour rompre avec la logique d’accumulation de richesse et d’inégalités et dégager une nouvelle façon de survivre ensemble. Il est bien minuit moins cinq...

2013-06-06, par Jean Carette

En «exportant» leurs bénéfices dans les paradis fiscaux, 18 grosses boîtes américaines (American express, Apple, Nike, Microsoft, etc.) ont accumulé 282,8 milliards à l ’abri de l’impôt, privant ainsi en toute légalité le fisc américain de 92 milliards d’impôt.

Ma source : http://ctj.org/ctjreports/tax_avoidance_tax_evasion_and.php

On appelle ça optimiser les profits et socialiser les coûts ou les pertes. Certains pensent au jeu de Monopoly à grande échelle. Moi, j’appelle ça du banditisme au second degré, car il ne s’agit pas d’un jeu, mais de la destruction ou de la dévalorisation du Bien commun, avec la complicité de l’État et des administrations fiscales. Détournement d’impôts, détournement de droits.


Illustration : hier, le gouvernement Marois a ouvert les vannes pour les forages pétroliers et gaziers par fracturation hydraulique sur l’ile Anticosti. Honteux ! On s’en souviendra, j’espère!

2013-06-07, par Jean Carette

Passez la pub et prenez 4 minutes pour comprendre la dette publique. En plus c’est bien fait.

http://www.dailymotion.com/video/xmv5ob_la-dette-c-est-chouette_creation#.Ua5dzByQdVg

Oui, je sais, c’est un document français, mais utile pour bien saisir des enjeux qui sont, ici, les mêmes.

Oui, je sais, c’est un document de l’extrême-gauche française, mais prenez le temps de le visionner, car ça donne à réfléchir, et ça permettra sans doute des envies et des bonnes raisons d’agir là où il faut. Imaginez une fiscalité plus équitable, du haut en bas de l’échelle sociale, et vous n’avez plus de dette publique, à part les investissements. Autrement dit, nous ne sommes ni dépensiers ni gâcheurs de fonds publics, à quelques millions près, mais nous avons à faire un immense travail politique de lutte contre les inégalités.

2013-06-08, par Jean Carette

Le Vérificateur général du Québec nous rapporte que les intervenants psychosociaux passent le plus clair de leur temps dans leurs bureaux, et seulement, en moyenne, 11 % de leurs heures travaillées au domicile de leurs clients. Cette proportion oscille de 17 à 43 % pour les soins infirmiers et de 3 à 55 % pour les services d’ergothérapie.

Le ministre Hébert aura fort à faire pour renverser cette tendance. Au moment même où la nouvelle me parvient, je venais de relire cette phrase : « Il est dans la nature même du totalitarisme, et peut-être de la bureaucratie, de transformer les hommes en fonctionnaires, en rouages administratifs, et ainsi de les déshumaniser ».

L’auteure : la philosophe Hannah Arendt, dans Eichmann à Jérusalem, son livre et reportage sur le procès du nazi Adolf Eichmann, livre où elle met de l’avant le concept de «banalité du mal». Consacré à Hannah Arendt, le nouveau film de Margarethe Von Trotta sort au Québec cette fin de semaine.

2013-06-09, par Jean Carette

Finalement, Hannah Arendt ne sortira sur nos écrans que la semaine prochaine. J’en ai donc profité pour aller visionner Molière à bicyclette, avec Fabrice Luchini et Lambert Wilson jouant leur propre rôle d’artistes cabotins à partir du Misanthrope de Molière, le tout dans le décor froid et ensoleillé de l’île de Ré.

C’est la si belle langue de Molière qui m’a fait passer un très bon moment : les vers sont clamés à répétition, juste pour que les acteurs puissent ainsi exprimer leur propre misanthropie vis-à-vis du genre humain et du monde en général. Cela m’a fait remonter en mémoire mon cours classique, où j’ai eu la chance de fréquenter et admirer des professeurs qui n’enseignaient pas la «matière», mais faisaient notre éducation de la beauté et du sens.

Avec Molière, le rire permettait de faire passer l’amertume des constats et d’atténuer la vigueur des regrets. Nous apprenions par coeur des scènes entières et la beauté des mots vibre encore en moi. Un film à voir, et surtout à entendre.

2013-06-10, par Jean Carette

Première réelle semaine d’écriture. Plus difficile au début, car les idées et les arguments se bousculent et il faut gérer le trop-plein. Mais le contrat est rempli : 25 petites pages se sont empilées, sur le thème du travail et de sa centralité... à la retraite !

Je me sens plus libre que jamais pour exprimer mes opinions, loin des joutes universitaires, et pour livrer mes émotions, plus subjectivement. La retraite libère des contraintes de l’emploi, des règles à respecter et des génuflexions à opérer parfois. Cette fois, il faut convaincre et mobiliser pour les changements sociaux et culturels, urgents et nécessaires.

D’autant plus libre que ce ne sera pas un livre de mercenaire ni de courtisan. Je prends ici des risques, mais de bons risques, dont celui de la sincérité.

2013-06-11, par Jean Carette

S’agit-il d’une pantalonnade ? Les conducteurs de trains de banlieue de Stockholm n’ont pas le droit de venir travailler en short, même en plein été. Innovateurs dans l’âme, ils ont décidé de venir travailler en jupe, ce que le règlement autorise sans l’avoir vraiment prévu. Les supérieurs ne s’y sont pas opposés, ne voulant pas risquer d’être accusés de discrimination.

J’aime cet humour de résistance. Les voyageurs, surpris à première vue, devront s’y faire. Après tout, les femmes peuvent travailler en pantalons, sans porter la culotte de leur couple et ménage...L’Écosse n’est pas loin, où le kilt ne manque pas d’air et de confort, mais attention aux minijupes en montant dans la locomotive !

2013-06-12, par Jean Carette

Revenons à cette réglementation qui autorise la fracturation à plus de 400 mètres de la nappe phréatique. Regardez le vidéo de Carl Contant. C’est objectif, propre et sec, un peu trop sérieux et ennuyeux, mais à comprendre pour se faire un jugement.

Pour ceux qui veulent aller aux conclusions sans visionner le vidéo, le règlement est fait sur mesure pour permettre 95 % des explorations et fracturations, sinon pas d’exploitation possible pour Petrolia et ses acolytes, autrement dit aucune rentabilité. Tant pis pour la nappe phréatique et tant pis pour le respect de la vie dans l’île et le golfe du Saint-Laurent. Tout ça pour du fric, du fric, du fric et la soi-disant indépendance énergétique, BEURK !!

http://www.youtube.com/watch?v=QdKEOBeXa3c&feature=youtu.be

2013-06-13, par Jean Carette

Pour obtenir plus de rendements, les investisseurs recommencent à choisir des produits financiers dérivés qui avaient provoqué la crise bancaire et financière de l’automne 2008, produis rebaptisés et apparemment aseptisés.

Autrement dit, on prend les mêmes et on recommence, sauf que dans ces circonstances une nouvelle crise peut survenir, encore plus grave. Le tout à cause du laxisme de la Banque centrale américaine qui laisse faire sans donner l’alarme. À cause aussi du laxisme des législateurs et des gouvernements qui pourtant avaient promis d’arrêter le massacre.

Seul une réaction citoyenne peut mettre fin à ces lâchetés politiques et à ces jeux bancaires des boursicoteurs et autres investisseurs sans aucune conscience sociale des effets destructeurs de leurs choix.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/06/11/le-retour-de-produits-a-l-origine-de-la-crise-sur-les-marches_3427096_3234.html

2013-06-14, par Jean Carette

Mélanie Joly annoncera bientôt qu’elle sera candidate à la mairie de Montréal. Une de plus ! Avocate de formation, elle a aussi fondé Générations d’idées, un groupe de réflexion des 25/35 ans. À ce titre, elle avait conseillé aux meneurs du Printemps érable d’accepter les propositions de Charest. Elle avait aussi assumé l’organisation québécoise de la candidature de Justin Trudeau. Elle semble pencher du côté libéral, mais elle représente surtout une nouvelle génération de femmes leaders d’opinion.

Les rumeurs mondaines de Montréal la perçoivent comme une Hillary Clinton québécoise. Diantre ! Question de perception fabriquée, n’est-ce pas ? Quand j’étais enfant, il convenait d’être sages comme des images. Aujourd’hui, il faut ÊTRE une belle image. En plus elle s’appelle Joly...

2013-06-15, par Jean Carette

Lu hier avec retard et par hasard, ce texte rédigé en octobre 2012 par Ed Broadbent : « Les spécialistes de l’Organisation de coopération et de développement économiques et du Conference Board du Canada ont indiqué que nous sommes devenus, au cours de la dernière génération, une société plus inégale et divisée. Les revenus du groupe de 1 % des bien nantis ont explosé, tandis que les salaires de la classe moyenne stagnent depuis plus de 30 ans ».

Il en découle, selon lui, « des répercussions profondes sur la qualité de notre démocratie, la durabilité de notre société et de notre environnement, et notre bien-être individuel et social, ainsi que sur la stabilité et la performance économiques à l’échelle nationale et internationale. »

Depuis 1990, le 1% le plus riche a obtenu le tiers de l’augmentation de toute l’augmentation des revenus. À la Banque Royale et à la Banque TD, l’écart entre la rémunération du grand boss et la rémunération moyenne d’un employé est de 118, alors que l’écart moyen recommandé pour assurer un sain équilibre varie entre 20 et 30 selon les spécialistes. La modération a bien meilleur coût...

2013-06-16, par Jean Carette

Monsieur Ménard a du pain sur la planche avec sa commission d’enquête. Les brutalités policières se multiplient et atteignent maintenant un commerçant du Boulevard Saint-Laurent. Plusieurs vidéos sont disponibles sur You Tube, attestant manifestement un recours excessif à la force.

http://www.youtube.com/watch?v=cBG2_QlY_t4

Le métier de policier n’est pas facile, certes. Mais ces messieurs et dames du SPVM feraient bien de maîtriser leurs nerfs à l’occasion d’incidents assez mineurs pour qu’une médiation sans violence puisse intervenir. L’usage inadapté et exagéré de la force n’a jamais été une solution, surtout de la part d’un corps policier municipal. Une formation renouvelée en techniques policières devrait être imposée, en particulier à ceux qui se servent de leur bicyclette de fonction comme outil répressif, comme on peut le voir sur le vidéo. Bon courage, Monsieur Ménard !

2013-06-17, par Jean Carette

Premier lundi de vacances : Radio Ville Marie rediffusera tout l’été nos émissions des deux saisons de l’année, donnant une chance supplémentaire d’écoute. Après 40 heures d’émission, Michel et moi ne l’avons pas volé !

Dix ans et 400 émissions plus tard, nous nous préparons déjà pour cet automne. Travail bénévole qui nous garde en vraie forme, toute l’année. Les vacances de mon enfance me permettaient de retrouver ma famille, mes frères et soeurs et de retrouver mon souffle, mélange de questions et de sens, avant une nouvelle année de collège. Soixante ans plus tard, c’est encore le temps du ressourcement, mais aussi du travail de l’écriture : 40 pages sont faites et une nouvelle semaine m’attend. Hors des ondes radio, mais avec la même haute fréquence. Joie.

2013-06-18, par Jean Carette

Laura Keynes, ce nom ne vous dit rien ? Il s’agit de l’arrière-arrière-arrière-petite-fille de Charles Darwin, le célèbre naturaliste anglais auteur de la théorie de l’évolution et de la sélection naturelle. Elle a déclaré ça au Catholic Hérald qu’elle renouait avec le catholicisme et la foi de son enfance, après un long cheminement à l’occasion duquel elle prétend avoir utilisé la méthode sceptique de son ancêtre :

"If atheism’s claim to the intellectual high ground is bolstered by my ancestor’s characteristic ability to explore and analyse inconsistencies in the evidence, that same family characteristic led me towards a sceptical assessment of what can and can’t be known absolutely."

Voilà une pièce à verser au dossier des relations et de la transmission entre les générations. Le moins qu’on puisse penser de cette expérience, c’est que plusieurs générations sont sans doute nécessaires pour accéder à sa propre vérité, qui n’est pas pour autant une garantie de LA vérité. Ce qui vaut, c’est d’abord le sens, non le contenu; l’intention, pas toujours le résultat. Le chemin et non pas sa destination. Dieu lui-même devrait préserver son humour et relire Charles Darwin pour faire ...évoluer ceux qui se réclament de lui.

2013-06-19, par Jean Carette

Partout les gouvernements et les États nous serinent aux oreilles qu’ils n’ont pas d’argent, qu’il faut payer ses dettes avant de dépenser, etc. Ici, Agnès Maltais coupe les assistés sociaux.

Or, selon Oxfam, en effet, le manque à gagner lié à l’évasion et à la fraude fiscales internationales des particuliers atteindrait 156 milliards de dollars! Le double de la somme nécessaire pour éradiquer la pauvreté dans le monde, et donc la faim.

Les ONG l’ont rappelé à l’opinion à l’occasion de la réunion du G8 en Irlande du Nord; car seuls les citoyens pourront à long terme débloquer l’inertie complice des décideurs et faire changer les choses.

2013-06-20, par Jean Carette

http://photos.prnewswire.com/medias/switch.do?prefix=/appnb&page=/getStoryRemapDetails.do&prnid=20130612%252fDA27199&action=details

Ces photos ont été prises dans un supermarché du Rhode Island pour illustrer à quel point la disparition des abeilles, bourdons et autres papiloons pollinisateurs naturels aurait des effets très réducteurs sur nos choix alimentaires , en faisant disparaître 52% des produits courants dont nous disposons aux étalages : oignons, carottes, brocolis, concombres,pommes, citrons, avocats, etc.

La disparition des abeilles est près d’un tiers des colonies aux USA en un seul hiver - est telle que l’Union européenne , pourtant très laxiste et libérale, vient d’interdire trois des principaux insecticides utilisés en agriculture non bio.

2013-06-21, par Jean Carette

Sondage CROP : sept québécois sur dix désapprouvent la politique menée par le gouvernement du Québec depuis les dernières élections et Pauline Marois, à 11%, est en chute constante de popularité depuis le début de l’année. On ne peut pas toujours être populaire et satisfaire tout le monde, mais quand même! Le moins qu’on puisse dire, c’est que la situation n’est pas bonne et qu’on ne peut pas gouverner longtemps sans l’assentiment et l’encouragement des citoyens.

Le ministre Réjean Hébert rappelle qu’il y a un an, la rue était occupée et reste optimiste. Pendant ce temps-là, CROP indique un gouvernement libéral majoritaire à travers les intentions de vote.

L’été va sans doute permettre certaines réflexions, espérons-le. Mais l’écart entre l’opinion des électeurs et ceux qui ont mandat de les gouverner se creuse. Dangereusement.

2013-06-22, par Jean Carette

http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2013/06/21/quand-la-musique-active-la-chimie-du-cerveau/De la musique avant toute chose», disait déjà Verlaine qui s’y connaissait en art poétique. Passionnant document vidéo où le neurologue Pierre Lemarquis nous explique pourquoi et comment la musique joue avec notre cerveau, produisant des neuromédiateurs qui apaisent ou au contraire excitent, jusqu’à l’orgasme «musical» ou inversement jusqu’à détruire. Allez ! Encore un peu de Verlaine :

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu’on sent qui fuit d’une âme en allée
Vers d’autres cieux, à d’autres amours.
2013-06-23, par Jean Carette

L’écriture d’un livre ressemble sans doute à un marathon. Première étape : on souffre; deuxième étape : on se maintient; troisième étape : le style et le rythme s’harmonisent. La troisième semaine est finie, avec 64 pages bien pleines au compteur: écriture serrée, souvent galopante, parfois erratique ou hérétique !

J’écris à la main. Ça m’oblige à relire en transposant sur ordinateur. Perte de temps certes, mais pas de méthode ni de plaisir. L’ouvrage prend forme jour après jour, et je chemine par audaces successives. Il faut bien innover et j’ai passé l’âge de reproduire et de radoter. L’enjeu du vieillissement collectif et de la gestion sociale des âges est si important que je ne peux me contenter de ratiociner et de professer. Ce livre sera un autre commencement, même si ce sera peut-être le dernier.

2013-06-24, par Jean Carette
Nul pouvoir, un peu de savoir, un peu de sagesse, et le plus de saveur possible
, disait Roland Barthes.
Je suis hier tombé par hasard sur cette citation qui résume assez bien mes objectifs d’écriture de cet été. Au lieu du pouvoir, l’influence qui fait réfléchir et bouger ceux et celles qui sont en responsabilité. Quant au savoir, il est d’abord fait d’expérience accumulée, assez reçue pour être redonnée ou transmise, en échange généreux des apports des plus jeunes. Sagesse ? Elle sera souvent du bon côté de la colère et de mes indignations, car il faut réveiller qui s’endort et de multiples urgences assaillent mon esprit. Pour la saveur, il s’agit bien du goût des changements nécessaires. Un goût de sel et de piments, avec un parfum d’avenir.
2013-06-25, par Jean Carette

Écoutez cette voix. C’est Denise Boucher, la grande écrivaine féministe. Elle s’adresse aux participants d’un événement rassembleur qui a été organisé à Montréal le 7 avril 2012, en pleine grève étudiante, et qui a permis à quelques dizaines d’acteurs majeurs du Printemps érable de partager douze heures durant leur désir de changement social.

J’ai retenu l’intervention de Denise Boucher parce qu’elle y prend parole au nom des aînés dont elle fait désormais partie. Mais n’hésitez pas à prendre le temps de visionner et écouter les autres intervenants. Plus d’un an après des événements qui marqueront l’histoire et la mémoire des québécois, il est bon de se rappeler les enjeux de ce Printemps et de préserver le souffle qui l’a animé, surtout dans la platitude gouvernementale actuelle.

http://www.youtube.com/watch?v=qJv_zK5d2i4

2013-06-26, par Jean Carette

Ça y est : j’atteins aujourd’hui le quart de mille ! 250ème billet, au gré des jours, depuis novembre dernier, ici et sur le site d’Espaces 50+

J’aime commencer la journée avec cet espace d’écriture libre et partagée. La nuit, comme on dit, a porté conseil, assurant le tri et le recul. On jette alors sur l’écran un mélange d’opinion, de sentiment et d’humeur, en ciselant les mots autant que possible, assez pour être compris et engager une conversation. Le plus difficile : choisir un thème parmi tous ceux qui chaque jour nous bombardent pour solliciter notre attention.

Vous êtes d’ailleurs de plus en plus nombreux à réagir, surtout quelques «fidèles» lecteurs. Merci, vraiment ! Votre accueil me touche et m’encourage. Certains se plaisent à dire que les réseaux sociaux ne créent pas les connivences d’une vraie communauté. Je dirais plutôt que le rythme est différent, mais le lien est là, éphémère ou durable, mais libre, comme un électron...

2013-06-27, par Jean Carette

Les écologistes ne peuvent démontrer avec rigueur que les inondations subies en Alberta sont l’effet du réchauffement climatique. Par contre, ils ne cessent de nous dire que si nous continuons à nier la réalité, à méconnaître les changements de nos climats, des événements majeurs comme ceux de l’Alberta, ou comme des sécheresses, des vagues de chaleur et des feux de forêts, ou encore des froids extrêmes et des chutes de neige vont se multiplier, bien au-delà de la variabilité «naturelle» du climat.

Même le président Obama commence à évoquer ces problèmes majeurs dans ses discours récents. Il est grand temps de passer aux énergies propres et renouvelables, au lieu de vouloir attirer le pétrole extrait des sables bitumineux de l’Alberta ou, bientôt, de l’ile d’Anticosti.

2013-06-28, par Jean Carette

L’augmentation de la longévité moyenne (3 mois de plus par année depuis plus de 30 ans), combinée avec une natalité assez faible, entraîne une croissance massive des générations des plus âgés qui transforme notre pyramide des âges en meule de foin et déséquilibre toutes les prévisions, celles des actuaires comme celles des gouvernements. Certains y voient un gros nuage noir qui va surcharger les générations montantes en cotisations et en taxes ; on va même jusqu’à craindre une baisse de dynamisme collectif et un risque de déclin irréversible (voir la présentation macabre et drôle
d’ Yvon Deschamps, juste pour rire) .

Personnellement, je crois au contraire que ce vieillissement peut être un atout et un levier de développement, si nous modifions nos attitudes et nos comportements, si nous obligeons nos politiques à nous entendre, si nous réfléchissons à un réaménagement de l’ensemble du cycle de vie. Car c’est de la vie que nous parlons quand nous évoquons le vieillissement.

2013-06-29, par Jean Carette

De quoi a l’air le maire démissionnaire de Laval ? D’un imbécile. En plus, il s’appelle Duplessis, ce qui en rappelle un autre. Je crois qu’il faudra une génération pour nettoyer l’écurie.

Question de police ou d’éducation? Bien sûr, il est grand temps d’arrêter les coupables et de faire un premier tri et quelques procès, condamnations et remboursements d’impôts non payés. Pour le reste, il importe de garder l’expertise et de sauver les emplois des employés qui ne sont pour rien dans cette «marde» et de lancer un vrai programme d’éducation dans les écoles et ailleurs. En n’oubliant pas de resserrer les contrôles, mais surtout en visant le long terme nécessaire, à l’image de la gravité du problème. Quand la maladie est chronique, il faut apprendre la patience.

2013-06-30, par Jean Carette

Le Tour de France est parti hier, avec une première étape en Corse pour la première fois. Oui, je regarde le Tour, d’un oeil amusé mais fidèle. Le Tour, pour moi, c’est la boîte de crayons de couleur que j’enviais à mes camarades de classe, surtout le jaune du vainqueur du classement général bien sûr.

Je sais ce que chacun sait du dopage, des mensonges d’Armstrong, dit «le boss», et de tous les autres. Je sais aussi le commerce qui se déploie autour. N’empêche, c’est l’été et je vois la vie en couleurs. Sans oublier que c’est aussi un vrai voyage et un cours d’art et d’histoire, grâce aux vues superbes prises depuis un hélicoptère.

Remarque : on ne dit pas traversée de la France, mais tour de France. Comme si on avait voulu la rassembler autour d’un mythe, voici plus de cent ans.

2013-07-01, par Jean Carette

Le mouvement social qui se déploie actuellement au Brésil ou en Égypte nous rappelle que nos dirigeants politiques ne sont guère attentifs à la dynamique de la réalité sociale et qu’ils y réagissent presque toujours avec retard et maladresse. Ils ne pensent qu’à envoyer la police : c’est comme vouloir éteindre un feu à l’aide de pyromanes.

Souvenons-nous : il y a un an, le gouvernement Charest se montrait complètement aveugle et sourd à ce qui se passait dans les rues, n’y voyant qu’un chahut printanier à réprimer. Erreur d’appréciation qui lui a valu une défaite électorale.

Aujourd’hui, Agnès Maltais plastronne : elle a obtenu sa loi spéciale. Est-ce vraiment avoir compris les convulsions du monde des travailleurs de la construction ? J’en doute.

2013-07-02, par Jean Carette

Décidément ce pape est un «sacré» pédagogue. Par les mots et par les gestes. Voilà 100 jours que François a été élu. Pour l’occasion, un concert mondain a été organisé le 22 juin en son honneur : tout le gratin de la Curie était là, parmi 6 000 invités, et la télévision italienne retransmettait l’événement. Or le pape ne s’est pas présenté, prétextant qu’il est pris par «une tâche impossible à reporter». Il aurait confié à un proche :

Je ne suis pas un prince de la Renaissance qui écoute de la musique au lieu de travailler.

Déjà, il avait renoncé aux appartements pontificaux, préférant la maison Sainte Marthe, plus modeste; renoncé aussi aux parures traditionnelles. Ce sont juste des symboles, mais ils me rafraîchissent l’esprit et m’incitent à suivre de près cette lutte anti-mondaine, au coeur de la foire romaine aux vanités.

2013-07-03, par Jean Carette

Le mois de juin est passé, et mon écriture progresse comme prévu. Pratiquement 100 pages de rédigées, même s’il faudra en reprendre quelques-unes, bien sûr. L’âge est ici pris en compte comme un processus, non comme un chiffre ou une étape, une dynamique et non une statique, une occasion de développement et non un déclin obligatoire. À cet égard, je suis à la fois le sujet et l’objet de mon futur livre, auteur et aîné en même temps, ce qui me donne le goût d’y mettre du mien, plus encore qu’à l’accoutumée.

Je remplis ainsi mes jours d’écriture, en plus du billet quotidien. Une idée n’attend pas l’autre, tant j’y ai pensé depuis des années. Par contre côté style et forme, la recherche est parfois plus ardue, et les mots ne sortent souvent qu’en fin d’après-midi, après une longue quête. De belles vacances, quoi !

2013-07-04, par Jean Carette

Au pays de l’Oncle Sam, la liberté d’expression a souvent ses limites. Le jeune Snowden en sait quelque chose et doit trouver le temps long dans la zone franche de l’aéroport de Moscou. C’est un peu : Faites ce que je dis, ne dites pas ce que je fais. Des milliards de conversations privées sont écoutées et analysées par le Service de sécurité américain. Big brother règne en maître.

On parle parfois avec dédain et fausse inquiétude des menaces contre la démocratie en Égypte et ailleurs. De ce côté-ci de l’eau, on ferait bien de faire le ménage devant sa propre porte. Est-ce un hasard si le site Amazon a enregistré aux Etats-Unis une augmentation de 6 000 % des ventes du best-seller de George Orwell 1984 ?

2013-07-05, par Jean Carette

Le programme gouvernemental Villes Amies des aînés devait favoriser l’aménagement accueillant des rues, des parcs et du mobilier urbain pour mieux intégrer les aînés dans la ville. Doté de généreuses subventions, le programme a donné lieu à Montréal à une bureaucratie supplémentaire, mais les mesures n’ont guère suivi dans le concret des jours et du monde ordinaire. Des organigrammes et des mots, bien des mots et des bonnes intentions. Heureusement, ailleurs, du mouvement et quelques innovations sociales.

C’est à ce genre de plaie que devra s’attaquer la future administration municipale après les élections. Car c’est à l’initiative des villes et de leur action sociale que les politiques sociales du vieillissement ont connu leur essor et leur efficacité en Europe. Ici, à Mpntréal, le néant, à part une pavane électoraliste de l’ex-maire Tremblay, un «ami des aînés» (sic).

2013-07-06, par Jean Carette

Il semble que le projet de l’Ilot Voyageur va enfin accoucher. Sans doute en partie grâce aux étudiants en urbanisme et à leur projet de Coop étudiante. Il aura donc fallu 8 années pour sortir du scandale de l’orgueil rectoral, et sans doute dix ans avant que le premier étudiant signe son bail. Coût de cette imprudence : quelques centaines de millions de nos taxes, à la fois pour redresser les comptes de l’UQAM, payer grassement l’entreprise promotrice Busac qui avait un contrat blindé et subventionner les futurs projets de remplacement.
Voir et lire http://aessuqam.org/Ilot-Voyageur-l-operation

Sans compter les coûts sociaux et humains qu’on ne voit pas mais qui sont réels et lourds. Un bel exemple de faux développement urbain et universitaire, de faillite politicienne et de connerie humaine.

2013-07-07, par Jean Carette

Des scientifiques écossais ont établi une date pour le disparition de la planète Terre : 2 000 002 013. Nous avons le temps de voir venir. Par contre la disparition de la vie pourrait devancer l’échéance. Nous sommes les premiers responsables du réchauffement climatique, non parce que nous dilapidons les énergies, mais bien parce que presque rien n’est fait ici pour diminuer le réchauffement planétaire, sinon au niveau individuel. Pire : le gouvernement Harper considère que la notion même de réchauffement climatique est une manipulation, un «complot socialiste» (sic), et que le Protocole de Kyoto est une «fraude» (sic) à laquelle il oppose une fin de non-recevoir. Seul un sursaut citoyen pourra nous dégager de ce dangereux blocage idéologique.

2013-07-08, par Jean Carette

La tragédie de Lac-Mégantic aurait-elle pu être évitée ? Au moins pouvons-nous poser quelques questions :

  1. Comment se fait-il qu’un train de 72 wagons chargés de pétrole traverse un centre-ville ? N’y avait-il aucun parcours alternatif possible ? Était-il impossible de faire contourner la voie loin de la ville ? Si oui, pour quelles raisons valables ? Si non, pourquoi ?
  2. Pourquoi le train était-il sur pilotage automatique ? De quels contrôles dispose-t-on pour vérifier à distance l’avancement du train et sa vitesse, perçue comme nettement excessive par des témoins nombreux ?
  3. Un gouvernement doit d’abord assurer la sécurité des citoyens : y a-t-il un rapport entre la tragédie et les restrictions de budget opérées au fédéral en sécurité des transports (moins 10% en 2013) ?

Les citoyens ont droit à des réponses claires, bien plus qu’ils n’ont besoin de poignées de mains et de bons sentiments devant les caméras.

2013-07-09, par Jean Carette

Les feux sont éteints. Enfin ! Commence un autre genre de travail.

D’abord le travail du deuil. Au plan des individus, il faudra assumer, mais à quel prix ? Avec quelles douleurs ? Avec quelle type d’absence, décès ou disparition ? Avec quelle résilience ?

Au plan collectif, la communauté survivra-t-elle ? Avec quels manques et quelles ressources ? Comment orientera-t-elle son action sur elle-même ? Et, sans doute, quelle est la responsabilité des pouvoirs publics et quels suivis politiques seront assurés et assumés ?

Commence aussi le travail des enquêteurs, pour répondre aux questions et aux peurs, pour dégager de la tragédie les circonstances les plus exactes, les raisons les plus objectives, les responsabilités des divers acteurs, avec le plus d’honnêteté et de transparence possible.

Au fond, le travail des enquêteurs aidera ou gênera celui du deuil.

L’enjeu : l’avenir de chacun des acteurs, individus et collectifs, et leur capacité à le conduire.

2013-07-10, par Jean Carette

L’écriture a repris son cours tranquille hier, avec 9 pages de plus, de l’autre côté de la centaine. Le plan de match est assez respecté, et je partirai en vacances fin août avec mes devoirs presque terminés.

Je ne veux pas écrire pour endormir ni pour séduire, mais pour sensibiliser et convaincre, sans complaisance ni démagogie, en faveur d’un changement réel et pas cosmétique au plan social. Je ne veux pas plus être lu par une centaine d’intellos critiques (et parfois jaloux), mais par le plus de monde ordinaire possible. Parce qu’au niveau d’une société, les changements s’opèrent par en bas, sur le terrain et par la volonté collective des acteurs réels, ceux et celles qui subissent la stagnation et la domination.

Regardez les réactions à Lac Mégantic : les décideurs et autres tourneurs en rond et ronron sont débordés par des questions sensées qui viennent des victimes et de leur entourage. C’est là que ça se passe, loin des bureaucraties, technocraties et autres compagnies ferroviaires à but fort lucratif.

2013-07-11, par Jean Carette

Les dix Français les plus riches ont vu leur fortune augmenter de 25% en un an pour atteindre 135 milliards. Les 500 les plus riches ont vu la valeur de leurs biens quadrupler en 10 ans.

Ce genre de palmarès n’a d’intérêt que s’il est mis en lien avec les chiffres du chômage par exemple, ou avec les taux de pauvreté. La racine des problèmes sociaux, c’est l’inégalité des positions et des sorts, une inégalité aussi scandaleuse que tranquille, dans la mesure où elle est inscrite dans la structure même de nos sociétés et qu’au fond elle laisse indifférents la majorité de ceux qui y échappent.

2013-07-12, par Jean Carette

À l’occasion du Festival Juste pour rire., je vous propose le festival Fini de rire, consacré à la liberté d’expression dans le monde. 40 caricaturistes d’un peu partout nous entretiennent de leurs difficultés face aux pouvoirs économiques, religieux et surtout politiques.

Les mots, les dessins et les images, les oeuvres artistiques et les représentations expriment et font l’opinion sur nos rapports aux autres et au monde, face aux enjeux sociaux et culturels qui évoluent avec les modes et les mentalités.

En plus, voici une bonne occasion de faire un réel tour du monde de l’humour : seuls les humains rient, y compris de ce qui les fait aussi pleurer et même mourir, pour cause de liberté.

http://www.courrierinternational.com/webdoc/finiderire

2013-07-13, par Jean Carette

En dix ans, la compagnie ferroviaire Montreal, Maine and Atlantic Railway a été impliquée dans 129 accidents, 78 déraillements et 4 fuites de produits dangereux. Ses wagons sont en majorité aussi désuets que le réseau de ses rails, malgré les subventions fédérale et provinciale pour aider la compagnie à rénover ses infrastructures.

La seule chose qui compte : verser de bons dividendes aux actionnaires, et pour cela, augmenter les marges, réduire les coûts en réduisant les personnels. Comme l’a dit le PDG Buckhardt, cinquante morts plus tard, le reste est «collatéral» et fait partie des «incidents regrettables». La Compagnie est une machine à cash et va poursuivre sa business. Le capitalisme, dans ce qu’il a de plus odieux et destructeur.

2013-07-14, par Jean Carette

Cette semaine, mon écriture s’est comme envolée, et vingt pages nouvelles se sont ajoutées. Elles ont fait mon bonheur et je m’y suis donné à fond, tant les mots venaient tranquillement sous la plume, en musiques variées au service des idées ou des images. Il importe de parler vrai, sans autre filtrage que le souci de partager ma vérité, mais sans exhibitionnisme ni fausse franchise. État de grâce.

Mo est ma première lectrice et n’en est pas encore revenue. Pour elle, j’écris un véritable testament, ce qui peut sembler vrai en effet, au sens de témoignage à livrer aux suivants. Restent cependant d’autres écritures à entreprendre dans l’avenir, mais auparavant, il convient d’en finir avec ce livre de fond comme coureur de fond avant de relever d’autres défis de plume, comme autant de gestes efficaces. En finir, avec cette série de commencements. La moitié est passée : 60 à 80 pages à rédiger encore.

Merci de m’encourager.

2013-07-15, par Jean Carette

Hier, une petite vacance de Dimanche! Le matin, en même temps, le Tour de France à l’assaut du Mont Ventoux et le défilé du 14 juillet à Paris. Du jaune à bicyclette, du bleu-blanc-rouge à foison sur et au-dessus des Champs-Élysées. J’ai joyeusement laissé flâner mon oeil sur les belles images TV, d’une chaîne à l’autre, et trois heures ont passé d’un coup.

L’après-midi, dehors c’est presque 40 degrés. Je me réfugie dans mon atelier du sous-sol pour finir le sablage d’une chaise trouvée dans la rue. Et voilà le travail !
Grave discussion avec Mo : où ira la chaise ? Finalement, dans le cuisine, dans une nouvelle teinture blé doré et bleu azur. Qui a dit que la retraite était un repos ? Sans doute un gérontologue un peu ivre...

Sans doute, un gérontologue un peu ivre !

2013-07-16, par Jean Carette

Hier, j’ai perdu un certain nombre de réactions parce que j’ai voulu corriger et insérer une image. Mille excuses à ceux dont le nom s’est effacé.

Bonne nouvelle, rafraichissante dans la morosité ambiante : une ministre française, Madame Michèle Delaunay, souhaite qu’on organise une journée de la fierté des aînés, sur le modèle de la Gay pride. Elle appelle ça l’AG (pour assemblée générale) des âgés, les 92% qui ont 30 ans d’espérance de vie et de retraite et qui assument leur âge avec bonheur. Michèle Delaunay déclare le 9 juillet dernier :

Ils ont fait la révolution de 1968, ils feront la révolution de l’âge... Les âgés sont la colonne vertébrale de notre cohésion sociale dans les familles, les associations, les villes, les partis politiques".
Bigre ! Nous aimerions entendre un tel discours par ici.

2013-07-17, par Jean Carette

Ainsi, George Zimmermann a été acquitté du meurtre d’un jeune noir, Trayvon Martin, car il a été jugé en état de légitime défense. Je ne suis pas sûr que, les couleurs de peau ayant été inversées, Zimmerman noir et sa victime blanche, le verdict aurait été le même. Le racisme est encore une plaie très répandue, avec son cortège d’inégalités, d’injustices et de souffrances.

Le principe fondamental de la justice est la délégation du droit : nul ne doit se faire justice lui-même. Or l’accusé s’est fait justice, au nom de la légitime défense et du droit de propriété. Avec la complicité de la police et des autres institutions, avec celle aussi d’une majorité blanche qui a encore le Far West dans la tête et souvent un Colt dans ses tiroirs.

Ce n’est pas le première fois ni la dernière que la justice aura profité aux dominants. Raison de plus pour poursuivre notre militance.

2013-07-18, par Jean Carette

Allocations versées à Michael Applebaum :

Allocation de départ : 108 204,90$,
plus allocation de transition : 159 719,00$
Total : 267 923,90$,
en une seule fois, un seul jour, plus de dix années au salaire minimum...

Monsieur Applebaum est resté maire 7 mois et a déclaré au moment de son départ : «Je n’ai pris aucun sou de personne.» Monsieur Applebaum va pouvoir partir en vacances. On lui a d’ailleurs restitué son passeport.

Il pourra aussi reprendre le cours de ses affaires d’agent immobilier et financer sa défense devant les tribunaux. Il fait face à 14 chefs d’accusation de fraude envers le gouvernement, de complot, d’abus de confiance et d’actes de corruption dans les affaires municipales reliés à des transactions immobilières survenues alors qu’il était maire de l’arrondissement Côte-des-Neiges et à Notre-Dame-de-Grâce..

Je redoutais que Monsieur Applebaum manque de ressources financières et j’allais justement lancer une souscription pour le sortir de la misère !!! Et n’oubliez surtout pas les 90 cents, merci.

2013-07-19, par Jean Carette

Nouvelle étude sur la maladie d’Alzheimer menée par un institut de recherche français, l’INSERM, sur 429 000 aînés de 74 ans en moyenne et retraités depuis 12 ans. Les chercheurs constatent que chaque année supplémentaire de travail fait diminuer le risque de démence de 3,2%. Le travail, c’est la santé : pas l’emploi, remarquez-le, car les retraités interrogés sont d’anciens artisans et commerçants, autrement dit les maîtres de leur travail et de leur entreprise.

Un des chercheurs ajoute : l’important est de «maintenir une activité intellectuelle, de rester socialement actif.» Voilà qui fait plaisir à ceux qui comme moi font la promotion d’une retraite active et citoyenne. Lire, écrire, agir et militer : le secret d’une aînesse heureuse, nouvelle période de la vie et non attente stérile de la mort.

2013-07-20, par Jean Carette

122 pages de manuscrit : j’en suis rendu aux deux tiers de mon marathon d’écriture. Encore environ soixante pages et j’aurai atteint l’objectif. Après les vacances de septembre, il faudra reprendre tout ça en l’insérant dans l’ordinateur, corriger, effacer, ajouter, nuancer, peaufiner et polir. Nicolas Boileau :

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

Je crois avoir trouvé ma cadence et respecté mon défi : faire du neuf avec du vieux, l’expérience de ma vie. On peut mettre au monde à tout âge.

2013-07-21, par Jean Carette

J’ai toujours jeté un oeil attentif sur la Belgique et sa situation politique. Sans doute parce que mes ancêtres en sont frontaliers. Pays paradoxal et sans cesse menacé dans son unité, autant au plan politique que culturel. Pays aussi menacé par ses voisins : ah! Si le roi Louis-Philippe avait réussi à marier son fils, la France aurait annexé la Belgique sans coup férir.

2013-07-22, par Jean Carette

Je n’ai jamais compris pourquoi le réseau électrique s’effondre comme château de cartes à la moindre tempête : cette fois-ci, plus de 250 000 foyers privés de courant, et il faudra au moins 4 à 5 jours et nuits pour rétablir.

Ou plutôt, je comprends : je regarde par la fenêtre le bricolage et les bigoudis de ma ruelle, les poteaux rongés et les transformateurs fatigués. Certains objectent que l’enterrement des lignes coûterait trop cher. Double réponse : combien coûte le dépannage massif actuel et désormais chronique ? Deuxio, Hydro-Québec a dégagé en 2012 une marge bénéficiaire de 22,4% ! La vraie question : le bateau d’Hydro-Québec naviguerait-il à contre-courant ?

2013-07-23, par Jean Carette

On se souviendra de l’affaire des quotas de l’Assurance-Emploi. Les enquêteurs du Service Intégrité (sic) avaient pour consigne de récupérer une moyenne de 485 000 dollars par an sur les prestations versées en trop. Le gouvernement avait nié, mais des documents confidentiels coulés pour les journalistes en avaient apporté la preuve.

Depuis, on a réussi à trouver une coupable des fuites : Sylvie Therrien a été suspendue sans solde et risque d’être elle-même au chômage sous peu. Sylvie a déclaré aux enquêteurs qu’elle avait agi ainsi par principe, au nom de ses valeurs.

J’apprécie cet héroïsme tranquille et citoyen, qui oblige parfois, souvent, à agir en contrevent, au nom d’une morale et d’une justice. Il m’est arrivé de vivre ces situations difficiles et d’en subir les conséquences. C’était au temps où l’Algérie se battait pour son indépendance; avec le recul, j’en suis fier, encore.

2013-07-24, par Jean Carette

Imaginez que votre salaire ou votre retraite baissent de 18%, tandis que vos impôts augmentent de 52% ! C’est le prix qu’ont dû payer en moyenne les salariés et les retraités grecs à cause de l’austérité imposée par la technocratie de Bruxelles face à l’endettement public et à la récession.

Le quart des 4 millions de salariés et retraités ont des revenus qui les placent sous le seuil de pauvreté de 7 178 euros (9 760 dollars). On lit parfois que l’Europe en arrache sous une récession qui n’en finit plus. En fait, ce sont les européens, en particulier les petites gens du Sud qui trinquent, sous la loi d’airain du capitalisme et des dominants du Nord.

2013-07-25, par Jean Carette

L’Office des Nations unies de lutte contre la drogue et le crime (ONUDC) nous informe que le crime organisé international rapporte 870 milliards de dollars par an, grâce au trafic des êtres humains et des drogues et à la cybercriminalité. Rien que les vols d’identité rapportent 1 milliard de dollars de revenus annuels. Sans oublier les holdup en ligne qui visent carrément les banques et leurs avoirs. Plus facile et moins risqué de percer une cyber défense depuis un ordinateur qu’un mur de béton ou de métal d’une salle des coffres !

Telle est la face d’ombre de la technologie informatique dont les progrès constants et l’accessibilité favorisent la criminalité clandestine, en la rendant plus efficace. Big Brother nous épie, mais peut aussi nous dépouiller de tout, y compris de notre identité, en quelques touches.

2013-07-26, par Jean Carette

Lecture matinale du New York Times. Selon une enquête réalisée auprès de professionnels du secteur, courtiers, gestionnaires de portefeuille ou de fonds alternatifs, analystes financiers, etc., une personne sur quatre serait prête à commettre un délit d’initié pour gagner dix millions de dollars si elle était sûre de ne pas se faire prendre. 26% des personnes interrogées pense que les systèmes de primes incitent à violer les règlements et à mépriser les normes éthiques.

En clair, Wall Street a gardé sa culture de cupidité. Déclaration de la banque Goldman Sachs, qui vient de s’auto-blanchir en payant 550 millions de dollars d’amende en contrepartie d’un abandon des poursuites : Rien «ne justifie que nous nous éloignions de nos valeurs.» On croit rêver, mais c’est un cauchemar.

2013-07-27, par Jean Carette

La science essaie parfois de rattraper la sagesse populaire. Une étude de chercheurs scientifiques suisses de l’hôpital psychiatrique universitaire de Bâle vient de paraître, qui démontre l’influence de la pleine lune et du cycle lunaire sur le sommeil.

J’espère que les savants suisses n’en ont pas perdu le sommeil ! Ils ont sans doute eu l’idée de leur recherche un soir en prenant un verre et puis un autre...

Jacques Prévert :

De deux choses l’une, l’autre, c’est le soleil.

2013-07-28, par Jean Carette

Dans leurs bulletins de nouvelles, les médias font parfois des rapprochements fortuits qui font réfléchir.

Scène 1 : le rituel d’hommage aux victimes de Lac-Mégantic. Dieu se tait, ses prêtres et ses fidèles donnent de la voix. Et les pouvoirs en place guettent micros et caméras.

Scène 2 : Céline Dion sur les Plaines d’Abraham. Dieu se tait, une idole chante.

J’aime notre prise de parole et de musique, face au silence injuste des dieux. Mélange de courage et de désespoir affronté, debout, malgré tout. Question de dignité.

Camus :

Tout à l’heure n’étais-je pas riche et de quelle richesse puisque je pouvais croire encore à un autre monde et combien meilleur. Mais voici que j’ai compris et que plus rien ne me reste que le présent (...) Hélas, hélas, mon royaume est de ce monde.

2013-07-29, par Jean Carette

Encore une trentaine de pages et le manuscrit sera pratiquement achevé, épuisant mais nécessaire devoir de vacances, qui sera jeté comme une bouteille à la mer. J’ai le sentiment contradictoire d’un accouchement difficile. Un message va naître et sera diffusé. Rien ne change et pourtant quelque chose changera.

À la fin de la pièce de Jean Giraudoux, Électre, une vielle femme, Narsès, se demande ce qui se passe quand

tout est gâché, que tout est saccagé et que l’air pourtant se respire et qu’on a tout perdu et que la ville brûle ...?
Un mendiant lui répond :
Cela a un très beau nom, femme Narsès. Cela s’appelle l’aurore.
Rien n’est inutile, même si tout en donne souvent l’apparence.

2013-07-30, par Jean Carette

François, tu déclares vouloir «approfondir le rôle et le charisme de la femme», bien, mais pourquoi refuses-tu le sacerdoce aux femmes ? Je ne comprends pas et je suis en colère (sainte) : qu’est-ce que c’est que cette rigidité et ce dogmatisme ? Humiliante pour les femmes comme pour les hommes, cette discrimination n’a de fondement que la tradition et a été imposée pour des raisons d’héritage et de transfert de patrimoine religieux. C’est cette inégalité-là qu’il faut supprimer.

François, c’est bien beau, les discours de Copacabana et d’ailleurs : toi qui appelles les jeunes à promouvoir les changements qui s’imposent dans leurs sociétés, pourquoi refuses-tu ceux qui s’imposent à ton église ? François, tu ne veux pas juger les homos, mais tu juges les femmes inférieures : au nom de quoi ?

Il te reste à démontrer qu’un vieil homme comme toi peut être jeune d’esprit...

2013-07-31, par Jean Carette

Des chercheurs de l’Université du Kansas ont pu calculer que si la Compagnie Mc Donald’s doublait tous les salaires qu’elle verse, le Big Mac n’augmenterait que de 68 cents.

Les 500 000 employés américains de Mc Donald’s gagnent un minimum de 7,25$ de l’heure, ce qui leur donne moins de pouvoir d’achat qu’un travailleur dans les années 1950. À New York, certains employés sont actuellement en grève et réclament 15$ de l’heure, d’où sans doute cette étude, en appui aux revendications des grévistes.

De son côté, la direction (En 2012, le PDG Donald Thomson a perçu 8,75 millions de dollars) se félicite d’un chiffre d’affaires trimestriel de 7,08 milliards, en hausse de 2,4%, et lance en collaboration avec Visa un site destiné à aider les employés à gérer et contrôler leurs dépenses : le poste alimentation n’y existe pas !!

On se demande pourquoi les travailleurs n’arrivent pas : c’est parce qu’ils mangent.

2013-08-01, par Jean Carette

Comme prévu et espéré, j’ai franchi la dernière ligne de mon manuscrit dans la journée d’hier, avec la satisfaction au coeur, mélangée à un curieux regret de lâcher dans le champ social un enfant nouveau, que j’espère convaincant, mais qui est comme une ultime livraison de ce type. Attention à la déprime post partum !

Ne reste que la frappe dans l’ordi et le traitement graphique, quelques corrections, ajouts, coupures volontaires et références. Cela m’occupera dans les semaines à venir et surtout après les vacances.

J’écrirai encore; j’ai même décidé hier d’échanger, à partir de l’automne, avec mon ami Fernand Dansereau une correspondance à la recherche conjointe d’un sens de la vie et de l’avance en âge, en vue d’une publication que nous voulons et espérons utile. Notre temps est à la transmission. Joie.

2013-08-02, par Jean Carette

C’est l’histoire d’un petit village gaulois, pardon ! colombien, le village de Piedras, 5 200 habitants, qui vient de rejeter à 99,2% un projet sud-africain de mine d’or qui aurait pu rapporter un demi-milliard de dollars de taxes et impôts à l’État colombien.

C’est la lutte de David contre Goliath, mais la communauté de Piedras a su se faire une notoriété nationale. Décidément les États sont de plus en plus coincés par ces petites résistances qui se multiplient dans le monde de la part du monde dit ordinaire et de la société civile. Ici aussi, la lutte est serrée, mais il faut résister, comme le disait naguère Stéphane Hessel. Ce sont les citoyens qui doivent se réapproprier les choix et les décisions qui les concernent pour être «maîtres chez eux».

2013-08-03, par Jean Carette

J’aime bien Claude Deschênes et sa décision de quitter Radio Canada est une marque positive d’autonomie et de franchise. La culture n’a pas toute la place que ses artisans méritent, Jean-Claude Deschênes l’a dit sans détour, mais avec la politesse heureuse qui le caractérise.

J’aime ces délicatesses qui réconcilient avec tout ce qui fait la culture et nous font dégoûter des sensations et des caricatures d’information et d’analyse dont nous abreuvent les médias, y compris Radio Canada.

Pour notre part, Michel Rioux et moi allons démarrer en septembre une onzième saison à Radio Ville Marie, par goût de l’information et de la réflexion qu’elle mérite, de la liberté qu’elle demande, de la vérité qu’elle veut servir. Bénévolement, bien sûr, et avec tant de plaisir, de bouche à oreille...

Il faut vieillir heureux !

2013-08-04, par Jean Carette

J’aime cette idée du Musi-Café ressuscité sous une tente et accueillant des spectacles gratuits pour les endeuillés de Lac-Mégantic. Il ne s’agit pas seulement de distraire ni de surmonter son deuil, de Çchasser les nuagesÈ. Il s’agit surtout de retrouver SA communauté, SON milieu d’appartenance, de chanter ensemble pour enchanter la vie qui reprend, de SE savoir survivants, sur-vivants, de reprendre et de retendre les liens relâchés, à travers un point d’ancrage, là où s’ancre l’essentiel du vivre-ensemble, un rassemblement fondé sur le ressemblement.

Cela s’appelle plus qu’une sociétéÊ: une culture.
Nous sommes tous Méganticois.
2013-08-05, par Jean Carette

L’élevage bovin, c’est un milliard et demi de vaches, à elles seules responsables du rejet de gaz à effet de serre, plus que l’ensemble de tous les transports au niveau mondial. Deux solutions : le végétarisme intelligent ou l’aquaculture et la pisciculture. Moi qui aime la viande !

Autre statistique : 75 % de la population mondiale sera en 2025 concentrée sur une bande de terre à un maximum de 75 km de la mer. Une mère nous a propulsés dans le monde, la mer pourrait bien nous apporter des réponses vitales pour l’avenir. À condition de ne pas en faire une poubelle planétaire.

2013-08-06, par Jean Carette

Alphée des étoiles : magnifique film documentaire de Hugo Latulippe et Laure Waridel sur leur fille attardée, qui m’a tiré les larmes hier soir sur RDI. J’ai un petit-fils, Jérémie, né aussi d’un de ces hasards hors normes qui en ont fait un enfant très attachant mais aux handicaps si lourds. Son père et mon fils Benoît nourrit mon admiration pour son courage quotidien.

Notre société est si indifférente et inattentive aux différences qu’elle confond avec les déficiences, si intolérante à ces désespoirs d’exister. Et pourtant, il suffit d’un grand amour, constant, fidèle, sensible autant qu’obstiné, il suffit d’y croire passionnément, et de combattre, jour après jour, contre les préjugés et les pronostics faussés de la science et des médecins. Ces petits d’homme et de femme sont si précieux pour notre avenir commun !

Selon la légende, Alphée, la source, sera détournée par Hercule pour nettoyer les écuries d’Augias. On comprendra ainsi pourquoi je reste un optimiste devant les lourds malheurs du monde.

2013-08-07, par Jean Carette

http://www.youtube.com/watch?v=FU7otS0MDOM.

Allez écouter les propos d’Eric Pineault, chercheur à l’IRIS. En une minute et quart, vous vous poserez les bonnes questions sur les stratégies de nos gouvernements pour sortir de la crise qui a débuté fin 2008. Vous vous apercevrez que l’austérité budgétaire (les coupures au Québec en éducation, santé, culture, etc) et les politiques monétaires (au fédéral, avec les bas taux d’intérêt qui poussent à surendetter les ménages) ne favorisent en fait que l’économie financière et non l’économie réelle. On est bien loin des taux de croissance espérés et d’une reprise durable. Quant au déficit zéro, attention aux manipulations politiciennes ! On n’est pas sorti de l’auberge...

2013-08-08, par Jean Carette

Le manifeste Le refus global a 65 ans. En août 1948, quelques artistes prennent position contre les conservatismes, les dogmatismes, les traditionalismes, les obscurantismes et les conformismes. Mais surtout ils en appellent à la créativité, à l’audace, à la liberté de penser et d’agir, face aux institutions dominantes comme l’État ou l’Église.

Aujourd’hui, nous nous sommes collectivement émancipés des contrôles politiques et idéologiques qui régnaient à l’époque. Mais d’autres forces se sont installées, plus modernes et plus efficaces, plus menaçantes et plus destructrices.


«..., sans repos ni halte, en communauté de sentiment avec les assoiffés d’un mieux être, sans crainte des longues échéances, dans l’encouragement ou la persécution, nous poursuivrons dans la joie notre sauvage besoin de libération…,

L’appel de 1948 à la résistance créative reste d’actualité. Même à 65 ans, il n’a pas atteint la retraite...

2013-08-09, par Jean Carette

En cautionnant une attente moyenne de deux heures - et 2 minutes, ne les oublions surtout pas ! - à l’urgence, le ministre Hébert est frappé de myopie ou plie devant les faux calculs de sa technocratie. Maquillage de la réalité : par exemple, on ne compte pas le temps préalable et assez long de triage (quel terme : on se croirait dans une gare de trains de marchandises ou un centre de recyclage des vieux papiers !)

Surtout, il faut encore une fois se poser la question de l’origine du problème : à savoir les services déficients de première ligne, les horaires des cliniques sans rendez-vous qui les rendent souvent inaccessibles et inefficaces, le refus têtu et prétendu légal des médecins de se rendre à domicile et, au fond, le système de santé lui-même, à revoir de fond en comble, mais en partant des gens, pas des technocrates.

Que le bon docteur Hébert lise et relise le témoignage de Jean Bottari, lui-même préposé dans le système, paru dans le Devoir du 24 juillet ! Mais avant, qu’il fasse changer ses lunettes !

2013-08-10, par Jean Carette

Quand je constate et déplore le sensationnalisme de certains médias, je me souviens du proverbe : «Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse.»Il nourrit mon optimisme et mon courage; il y a tous les jours et partout dans le monde des hérosmes discrets et tranquilles, des tendresses cachées mais des plus bienfaisantes, des solidarités chaleureuses, des créations méconnues, mais qui font pousser la forêt de la vie, malgré le fracas des arbres qui tombent, accidents, écarts à la norme ou pouvoirs irresponsables. Par nos réseaux, nous contribuons ainsi au mouvement heureux qui diffuse les nouvelles capables d’être neuves.«Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit.»

2013-08-11, par Jean Carette

« Il est faux de croire que la mémoire diminue avec l’âge. En réalité, ce sont surtout les projets qui disparaissent chez la personne âgée. Et s’il y a moins de projet, il y a moins de mémoire. Ce qu’elle pensait bien retenir avant est désormais débranché de son intérêt, donc c’est moins accessible dans la mémoire. Ce n’est pas sa mémoire qui est en cause, ce sont ses projets qui ont diminué. »

Qui a écrit cela ? Alain Sotto et Valeria Oberto, deux psychopédagogues qui publient dans un mois La mémoire pour la vie, aux éditions Ixelles.

Autrement dit, la mémoire est maintenue si les projets le sont aussi. Le passé des souvenirs est fonction du futur des désirs et des projets. Tout un emploi du temps et un art de vivre.

2013-08-12, par Jean Carette

Photo prise par Mo ce dimanche : la bête gourmande se nourrit de la fleur. Elle repartira tout-à-l’heure, toute gorgée de la gloire du matin et de ses graines : comme celles-ci ont un effet hallucinogène, la perception de notre goulue sera altérée et elle voguera sur les rives psychédéliques de son imaginaire, avant de féconder ailleurs, en vue de nouvelles floraisons. Wow, le trip !

2013-08-13, par Jean Carette

Imaginez un peu : la Ville de Montréal est en faillite et chacun se demande comment régler le problème; un expert suggère de revendre à l’encan les tableaux donnés au Musée des Beaux-Arts.

C’est exactement ce qui vient de se passer à Détroit, qui croule sous une dette de 18 milliards de dollars : un Van Gogh ? Ou un Léonard de Vinci ? Avec un Picasso en prime, non ? Actif-passif, tout est balançable au bilan des comptables, comme tout est marchandise, même le génie, même l’art.

Jacques Attali, dans la Voie humaine : « La marchandisation gagnant tout, jusqu’à l’homme lui-même, le monde deviendra une foire parcourue de bandes rivales. » Quand la culture devient une marchandise, c’est l’âme elle-même qui tombe en faillite, et l’humain au passif.

2013-08-14, par Jean Carette

Première information : vingt aînés demeurant dans une résidence d’Aylmer exigent la démission de la gérante et de trois administrateurs pour collusion, falsification de documents, manque de transparence et d’intégrité. Les résidents sont descendus dans la rue fin juillet et ont fait du piquetage devant la résidence.

Deuxième information : sélectionnés et formés par le CEGEP de Rivière-du-Loup, vingt aînés partiront en septembre au Burkina Faso comme coopérants durant huit semaines.

Qui osera dire encore que les aînés sont inactifs et constituent une charge pour nos sociétés ?

À suivre.

2013-08-15, par Jean Carette

Trois cents jours que j’écris mon billet quotidien sur Facebook, où je croise des centaines d’amis au fil des jours, de quelques-uns très fidèles aux plus inconstants. Pour moi, l’expérience est concluante, assez pour continuer sur la même voie. Bien sûr, il faut veiller au grain, éviter les sollicitations marchandes ou érotiques, et parfois interdire certains accès pour garder le sérieux qui convient. Facebook est comme une mouvance brownienne, où le caractère aléatoire des sujets et des opinions permet un souffle collectif qui s’auto-organise progressivement, à la bonne lenteur : contre l’isolement et la peur de dire, pour la liberté et la réflexion.

Ainsi, chaque matin qui se lève est une occasion de prendre parole et de fraterniser.

2013-08-16, par Jean Carette

Des psychologues américains, Miron Zuckerrman et Jordan Silberman, ont cru bon de démontrer que les athées étaient plus intelligents que les croyants, et viennent de publier leurs résultats.

C’est le genre de recherche qui discrédite ceux qui l’ont faite. Quels sont en effet l’intérêt et surtout la validité d’une telle corrélation ? On se croirait revenu au pire du XIXème siècle et des préjugés d’alors sur le phénomène religieux.

La prochaine fois, ces chercheurs devraient faire le même «travail» autour de la question : y a-t-il un rapport entre leur recherche et l’intelligence ?

Thomas Fuller : «Les imbéciles grandissent sans qu’on les arrose.»

2013-08-17, par Jean Carette

Nous nous rappelons ces images de l’homme seul face aux chars chinois sur la Place Tienanmen en juin 1989. Presque un quart de siècle plus tard, le Cirque du Soleil vient de les rediffuser sur écran géant à l’occasion du lancement à Pékin du spectacle consacré à Michael Jackson, à la stupéfaction des 15000 spectateurs qui assistaient à l’événement, parmi lesquels les officiels d’usage.

Je ne suis pas prêt à penser à une distraction ni que c’était arrangé avec le gars des vues : la censure du Ministère de la culture chinois avait exigé et vu la totalité du spectacle au préalable. Je crois plutôt à une lutte d’influence entre factions dans l’appareil politique chinois. D’ailleurs la photo a ensuite disparu des représentations qui ont suivi la première.

N’empêche, le Cirque du Soleil a pris des risques avec un de ses plus gros marchés.

2013-08-18, par Jean Carette

Mondiaux d’athlétisme à Moscou. J’ai appris par hasard hier que les femmes couraient le 100m haies avec des haies plus basses que les hommes : 0.84m au lieu de 1,06m. La raison invoquée: la technique des filles serait loin de valoir celle des gars, mais aussi la tradition, les habitudes, l’historique de la compétition, mais encore les préjugés.

Les techniciens cherchent à uniformiser les hauteurs entre les genres, en faisant grimper le gabarit des haies au niveau masculin. Mais ça perturberait les records établis, les standards de l’épreuve, etc.

Suggestion : pourquoi ne pas uniformiser à 0,84m pour tout le monde ? La vitesse serait plus grande, les genoux auraient moins de bleus ! De ma part, c’était une rare, très rare rubrique sportive, mais l’enjeu des genres est important.

2013-08-19, par Jean Carette

33ème défilé de la fierté gaie à Montréal : tout le monde politicien était là. Sauf les conservateurs fédéraux, ce qui ne m’étonne guère, malgré les récentes sorties du ministre Baird. Madame Marois était aussi de la fête : «Comme femme, j’ai été témoin et j’ai participé à de nombreuses luttes qui nous ont permis de prendre notre place... cela rend plus sensibles aux obstacles des personnes qui expriment leur différence.» Sexisme, âgisme, homophobie, mêmes combats.

Et pendant ce temps-là, deux femmes victorieuses aux Mondiaux d’athlétisme s’embrassent sur la bouche en pleine cérémonie de podium. De quoi faire réfléchir le tsar Poutine, à six mois des jeux de Sotchi, alors qu’une loi votée en juin interdit aux homos toute visibilité «militante» devant des mineurs. Le ministre russe des sports, Vitaly Mutko, s’est enflammé : « Nous sommes un pays unique.» En effet !

2013-08-20, par Jean Carette

Sur recommandation de sa Cour constitutionnelle, l’Allemagne reconnaitra le 1er novembre prochain un troisième genre aux intersexuels, dont le sexe est «indéterminé» à leur naissance, libre à eux-elles (?) de modifier leur identité sexuelle à tout moment de leur vie. La Cour reconnaît le genre ressenti et vécu comme un droit humain de base. Un bébé sur 5000 est concerné.

Ce qui me frappe ici, c’est l’extension progressive des interventions, et donc des débats et des droits nouveaux, jusqu’au plan de l’identité et du statut biologique. De plus en plus, nos cultures, par le moyen des technologies et des sciences, interviennent sur ce que l’on appelait la «nature humaine» pour y travailler et la modifier, c’est-à-dire en faire une construction sociale évolutive.

2013-08-21, par Jean Carette

C’est hier que nous avons dépassé le seuil de la dette écologique: à partir du 20 août, nous consommons plus que ce que la terre peut nous fournir en un an; autrement dit, il nous faudrait en moyenne 1,5 terre pour répondre à nos besoins. La nature n’est plus capable de se régénérer assez vite pour absorber nos activités.

Nous sommes ainsi en danger d’extinction planétaire et les experts préviennent que le seuil de 2 planètes sera bientôt atteint, vers 2030. Il faut agir, et agir vite pour ralentir cette consommation mortifère : innovations technologiques et surtout sociales, dont une fiscalité verte. La sobriété n’est pas une vertu, mais une nécessité vitale, pour moi comme pour les autres. Même si le Canada dispose d’un bilan positif, c’est au plan international qu’il faut agir.

http://www.footprintnetwork.org/fr

2013-08-22, par Jean Carette

La CAQ descend, QS aussi, le PQ remonte, mais les libéraux restent en tête dans les sondages. Ça bouge, mais sans doute pas assez pour déclencher des élections cet automne. À moins que...quelques gaffes, style Hébert à propos des frais de pharmacien, ou Drainville qui s’entêterait sur les valeurs québécoises, ou une alliance préélectorale inattendue entre CAQ et PLQ.

À moins aussi d’un accord de gouvernement à gauche, entre le PQ, QS et ON (ou ce qui en restera). Mais là je rêve...

De toutes façons, la vie politique est en crise : débats creux, manque d’imagination et de courage, immoralités diverses, représentativité faible, illégitimités répétées, médiatisation sensationnaliste. Les vrais enjeux sont discutés ailleurs, par les citoyens, au sein de la société civile. Le contraire des hô pitaux : il y a urgence d’attendre !

2013-08-23, par Jean Carette

L’agente Trudeau est blanchie, pour insuffisance de preuves quant à son intervention dans la manifestation du 20 mai 2012. Cela s’appelle une provocation, quand on sait le manque évident de contraire le de la policière lors d’une autre intervention en octobre 2012.

Provocation à réfléchir et intervenir en amont, au niveau législatif d’abord, pour recadrer les actions policières dans la démocratie où nous vivons, au niveau déontologique, pour réformer les codes de pratique sur le terrain mais aussi contre la complaisance de certains juges, au niveau pédagogique enfin, dans la formation de base et continue des policiers.

J’espère au moins que le matricule 728 sera recyclé(e) dans un bureau et sans contact avec le public, ni arme, ni poivre.

2013-08-24, par Jean Carette

Hier, j’ai repris le chemin des studios de Radio Ville Marie avec le pré enregistrement d’un «entretien» avec Gérald Boutin, un spécialiste en psychopédagogie, auteur d’un livre récent sur La Guerre des écoles (Éditions nouvelles), entre la transmission et la construction des savoirs.

L’entrevue fut agréable et j’ai eu grand plaisir à accompagner l’auteur dans sa réflexion à haute voix. Mon rôle est simple, mais difficile : faire le maximum pour que ça passe, pour que l’auditoire soit non captif mais captivé, attentif et heureux de l’être, parce que nourri dans son cheminement.

Merci à RVM de me permettre ces doux moments de communication et de bonheur.

Première diffusion : lundi 9 septembre, 9h Am, sur 91,3 FM.

2013-08-25, par Jean Carette

Urgence de l’hôpital Jean Talon, samedi, pour une petite infection urinaire.

Aucune place en clinique externe dans le quartier. Nous décidons de passer à l’Urgence. Il est 9h AM. Après deux épisodes de tri [sic] et d’analyse d’urine, plus quelques questionnaires bureaucratiques, la patiente (sic) ne verra un médecin qu’après 7 heures d’attente. Heureusement, le toubib paraît compétent et prescripteur efficace : un SCAN est passé vers 17h, après 8 heures d’attente. Deuxième passage devant le médecin vers 19h. La patiente (sic) devra revenir mardi pour les suivis. Sortie sur la rue, après presque 11 heures d’attente! Comme a dit le radiologiste : «Ce sera pas long» ...

Urgence ou attente ? Quand serons-nous assez écœurés de ce sadisme institutionnel pour nous révolter contre ces barbaries, ou plutôt contre ces négligences et violences si nuisibles à la santé, à notre santé individuelle, mais aussi à notre santé collective ? À quoi nous sert d’avoir le meilleur système de santé s’il est d’accès aussi inhumain ? Nous sommes tous et toutes en danger ! Qui m’aidera à partir le mouvement social nécessaire ?

2013-08-26, par Jean Carette

Nos problèmes avec l’urgence de Jean Talon ont retardé d’un jour le billet que je voulais consacrer à «Françoise DOLTO«, morte il y a 25 ans hier. J’ai eu le chance de connaître cette psychanalyste de l’enfance, disciple de Lacan, alors que je dirigeais la Revue Gérontologie dont paraissait en 1974 un numéro spécial sur la vieillesse et l’enfance. Elle m’avait longuement reçu chez elle et répondu à mes questions. J’avais alors été frappé par sa grande ouverture, sa lucidité et aussi son courage, dans ses combats pour l’enfance et l’adolescence. Elle m’avait décrit tout le mal qu’on peut faire aux «petits d’homme» quand on leur cache la vérité ou qu’on les domine par excès d’autoritarisme.

Extrait : «Ce n’est qu’en parlant de la mort que la vie prend tout son sens, et quand l’enfant questionne une personne âgée quelquefois chère sur sa mort prochaine ou non, ce n’est pas qu’il manque de cœur, c’est qu’il est intelligent.» «

Françoise Doltoétait une précurseure dans le champ des relations intergénérationnelles. Des relations en vérité. À lire et relire.

2013-08-27, par Jean Carette

Ainsi, on va avoir NOTRE pétrole, même si ça pollue le Saint-Laurent, même si ça fracture et perce le territoire d’Anticosti, même si les risques de fuites de méthane seront évidents. Et le ministre du «développement durable et de l’environnement» (sic) de se rengorger au nom de l’indépendance énergétique, comme s’il ne savait pas qu’il venait de renforcer notre dépendance aux énergies fossiles et aux compagnies Pétrolia et quelques pétrolières françaises - qu’Hydro-Québec a comme par hasard et secrètement autorisées en 2008 à exploiter notre sous-sol pour le gaz et le pétrole. Dans ma jeunesse, un slogan répétait : «Quand on n’a pas de pétrole, on a des idées.» J’ai bien peur qu’à force de pétrole, on n’ait plus d’idées, et encore moins d’indépendance.

2013-08-28, par Jean Carette

Lu aujourd’hui et cité par Camus, le poète René CHAR : «L’obsession de la moisson et l’indifférence à l’histoire sont les deux extrémités de mon arc.»

Autrement dit : la vie, notre maison, notre pays, la terre-mère sont ce qui importe, à cultiver, défendre, libérer, développer, aimer, respecter, dans la dignité des jours. Tout le reste, c’est l’histoire, la société jamais parfaite.

Tiens justement : mon maître majeur, Alain Touraine vient de sortir un nouveau livre : La fin des sociétés. À 88 ans bien sonnés, vous vous rendez compte! Je vais courir l’acheter à Paris : une saine lecture de vacances, en Sicile et jusqu’aux deux tiers de Septembre.

Je ne vous oublierai pas, puisque je transmettrai mes billets du jour.

2013-08-29, par Jean Carette

Moritz Erhardt, 21 ans, stagiaire chez Merrill Lynch, est mort d’épuisement après 72 heures de travail sans aucune pause, la semaine dernière.

De l’autre côté de la carrière, j’apprenais hier que le mari d’une amie venait d’être victime d’un licenciement sec à 60 ans, après plus de 30 ans de carrière plus qu’honorable.

D’un côté, on tue un jeune. De l’autre, on tue un «vieux» (Cf Félix Leclerc:«La meilleure façon de tuer un homme,...).C’est par ce genre de cruautés qu’on tue aussi le lien social qui trame et tient ensemble une société. Ceux qui prennent ce genre de décisions sont des criminels inconscients et devraient être poursuivis au même titre que les responsables des accidents de travail.

2013-08-30, par Jean Carette

Au moment où on débat du prix unique du livre - dont je suis partisan - il est aussi utile de rappeler que le nombre moyen d’exemplaires vendus d’un essai québécois n’atteint pas 250 !! Si nous voulons favoriser la promotion du livre et la survie des libraires indépendants, il faudrait agir vigoureusement en amont pour favoriser la lecture. Pas celle des livres de recettes ou du jardinage, mais bien celle des essais qui font réfléchir ou des romans qui structurent notre imaginaire et alimentent positivement ce que nous appelons notre culture, c’est-à-dire notre rapport au monde et à nous-mêmes. Qu’on lise sur papier ou sur tablette numérique, mais qu’on lise, sinon mériterons-nous encore longtemps le titre de civilisation du livre ?

2013-08-31, par Jean Carette

J’ai été confronté récemment à une panne de mon réseau internet. Trois heures ont passé avant que nous retrouvions nos circuits de communication. Je me suis vraiment rendu compte à cette occasion de ma dépendance à ces petits appareils qui m’accaparent au quotidien et parfois règlent, commandent et dominent mon emploi du temps.

Voici un document qui espère vous en convaincre : un film efficace de l’artiste californienne Charlène de Guzman qui appelle à un sevrage régulier : une journée de temps en temps sans bidule électronique. Histoire de se désintoxiquer un peu en prenant conscience de nos dépendances ! Ce n’est pas parce que les téléphones sont devenus «intelligents» qu’il faut que nous ne le soyons plus...

http://www.youtube.com/watch?v=OINa46HeWg8/fr

2013-09-01, par Jean Carette

Premier jour de septembre : nous redémarrons notre info@lettre d’Espaces 50 + avec plus de 13500 abonnés. Succès inespéré, mais résultat d’un travail au quotidien de veilleurs, commentateurs, maquetteurs et distributeurs bénévoles, depuis 2008.

http:/ http://espaces50plus.com/infolettre.htm//fr

C’est aussi le début de notre modeste campagne de financement. Sans subvention publique depuis deux ans, nous manquons cruellement de moyens financiers pour supporter et pour développer notre mission. Lisez notre appel et merci de faire un geste de vraie solidarité; même peu, ce sera beaucoup, mes amis. Pour que se lève un jour et peu à peu un âge actif et citoyen !

2013-09-02, par Jean Carette

Cinquante ans ! Le 28 août 1963, Martin Luther King proclamait son rêve pour le partager avec le plus grand nombre. Un demi-siècle plus tard, le racisme fait encore ses ravages, même si Obama a été réélu président. Race ou classe, jugez-en : 27,4% des foyers afro-américains noirs vivent sous le seuil de pauvreté, contre 9,9% chez les Blancs. Problème social, mais aussi problème culturel, puisqu’aux inégalités se mêle un mépris de l’autre et des différences. Le néolibéralisme ambiant n’arrange rien, sans compter la passivité des opprimés, dans l’esprit desquels la crainte du pire écrase le potentiel d’indignation nécessaire. Avis à ceux qui préparent leur sermon sur les valeurs québécoises.

2013-09-03, par Jean Carette

Arrivés à Paris ce matin. Premier blocage: nous sommes plusieurs centaines de voyageurs coincés aux douanes de Roissy: un bagage perdu ou oublié crée une panique paranoïque et nous restons parqués une heure dans la châleur humide d’un sous-sol d’aéroport sans aucune information. Paradoxe de la modernité, où la rapidité provoque la lenteur qu’elle veut contrer. On devrait relire Ivan Illich...

2013-09-04, par Jean Carette

Un bonjour depuis Erice où nous sommes arrivés hier pour une semaine, loin des cohues et des vacarmes de Palerme.

Lu dans Le Devoir le témoignage de Richard Desjardins en commission parlementaire: les minières contrôlent 40% de l'Abitibi, y compris les sources d'eau potable qui alimentent Rouyn et quelque autres villes; impossible de créer la moindre aire protégée à cause des permis détenus par les minières et dont Desjardins réclame la levée unilatérale par la nouvelle loi en discussion. C’est la troisième fois que Richard vient devant les députés sans résultat réel: on a autre chose à faire, lance-t-il.

Pour cela, il faudrait que le PQ mette ses culottes...Malgré tout, je rassure l'amie Claire Landry: je reste serein et joyeux...

2013-09-05, par Jean Carette

La vieille ville d'Erice perche à 750 mètres d’altitude. On n’y pénètre qu’à pied. Nous sommes ici en plein Moyen-Âge, entre ruelles et venelles en pente.

Au-delà des attrape-touristes, tout ici respire l’épaisseur significative de plus de deux mille ans d’histoire, depuis la première cité phénicienne, 700ans avant notre ère. La rue est ici un espace public destiné aux échanges sociaux; elle ne sépare pas les habitations, mais permet de les réunir. D’où le terme de venelles, comme des veines au sang profond. À réfléchir à Montréal: collectivement, on a les villes qu’on mérite.

2013-09-06, par Jean Carette

À défaut de dévore le dernier essai de Touraine, finalement promis pour octobre, j'ai rouvert Camus dont j'avais rangé les Essais (La Pléiade) au fond d'une valise.

Relire Camus, c'est un peu comme lire en soi et se trouver, à la faveur des vacances et de ma liberté. Par exemple, sa conférence dUpsala en Suède, à l'occasion de la réception de son Prix Nobel en 1957. Camus y évoque l'inconfort de l'artiste, désormais "engagé" dans l'arène entre le lion et son martyr, loin des confortables gradins où il se contentait de chanter. Au hasard: "J'ai toujours pensé qu'il y avait deux sortes d'intelligence, l'intelligence intelligente et l'intelligence bête." Ou quand la liberté "de principe" se met au service d'une oppression "de fait". Avec Camus, lire le monde revient à le mieux penser.

2013-09-07, par Jean Carette

Marsala, charmante petite cité où, en avril 1860, Giuseppe Garibaldi débarque avec ses mille "chemises rouges" et vient à bout des Bourbons qui occupaient la ville. Le début de la troisième guerre d’indépendance de l’Italie.

On y mariait en la cathédrale deux jeunes de bonne famille, ce qui nous a donné l’occasion d’admirer les costumes de fête et les immenses talons-cothurnes de ces dames trop courtes! Les noces sont ici des présentations de mode et des démonstrations de richesse. Le sentiment vient en second, loin derrière les tractations entre familles.

Dégustation en terrasse: un jeune vin. Marsala un peu amer, accompagné d’une bruschetta gluante d’huile et savoureuse. Plaisir, malgré une mauvaise nouvelle parvenue de Montréal où ma belle-fille Nathalie Roy fait une rechute de sa leucémie après l’échec de sa greffe de moelle. Douleur.

2013-09-08, par Jean Carette

Hier, voyage dans le temps à Ségeste: sous une lumière forte, surgis de nulle part, un théâtre creusé dans le roc, un portique de 300 pieds de long, un marché public et surtout les restes d’un magnifique temple dorique inachevé mais intact, dans toute sa pureté classique, comme un petit Parthénon sur son Acropole.

Pas trop de touristes, sauf quelques Belges bavards et drôles qui ont fait résonner leur Français à nos oreilles saturées d’Italien. À chacun sa musique et sa langue.

Au retour au gîte, un courriel de Nathalie, toujours lutteuse et courageuse; elle a négocié avec son Dieu un peu de vie pour mener sa petite Zoé jusqu’à l’âge adulte. Je crains fort que son Dieu soit sourd: scandale et tristesse.

2013-09-09, par Jean Carette

La Syrie, en proie à SA guerre civile. Il me semble que la solution militaire n’ajouterait qu’un problème de plus, dans cette région du monde aussi divisée. La politique de "punition", autrefois nommée politique "de la canonnière", n’est fondée sur aucun droit, sauf celui...du plus fort.

Alors, que faire ? Pas facile, comme toujours en matière de guerre et de paix. La meilleure des deux solutions, c'est la troisième: que les Syriens, bon gré mal gré, se trouvent à parler entre eux, dans le cadre de pourparlers d’armistice. Les pressions internationales seront vraiment suffisantes pour parvenir rapidement à cette négociation. Et que les va-t’en guerre se taisent !

2013-09-10, par Monique L'Heureux

Derrière la gentillesse et les sourires des Siciliens se cachent les multiples formes et drames de la domination. Exemple vécu ou du moins rencontré: le clandestin tunisien qui débarque sans papiers et trouve deux mois de travail dans la restauration, sans salaire et à pourboire. Il rêve de l’Amérique du Nord, et se culpabilise d’avoir laissé sa famille en arrière. Où aller ? Que faire? Avec le sourire, bien sûr, emploi précaire oblige, ou police des frontières. Il s'est cru libéré, le voilà pris, à nouveau coincé!

2013-09-11, par Jean Carette

Nous sommes arrivés hier à Sciacca, port et station balnéaire et de soins au Sud-Ouest de l’île, entre Sélinunte et Agrogente. Une route tranquille, malgré la tendance chronique des siciliens au dépassement au ras de vot carrosserie et au mépris des lignes continues. Les voitures circulent à l’essence (2,50$ le litre!!), mais les siciliens fonctionnent au toupet: tasse-toi, mon oncle...

Nous avons mis deux heures à rejoindre notre nouveau gîte, faute de pouvoir rejoindre notre propriétaire au téléphone (fermé) et faute d’adresse exacte, ici donnée très relative. Face à la mer, en haut d’un cap, comme j’en rêvais. Regardez les photos, elles sont assez fidèles:

www.holidays.com/sciacca/maison-villa340719fr1.htm

2013-09-12 , par Jean Carette

Selon un rapport récent de la FAO, nous gâchons chaque année le tiers de la nourriture produite, soit 1,6 milliard de tonnes, avec des impacts environnementaux majeurs comme par exemple le gaspillage des terres arables et de l'eau alors que cette nourriture suffirait pour régler la faim dans le monde si elle était mieux récoltée et stockée, mieux préparée et distribuée, et enfin mieux consommée.

Un bon point cependant, dans la lutte contre le réchauffement climatique: selon le rapport de la firme Bernstein, 4,2 milliards de gens vivent dans des régions où les énergies renouvelables, solaires ou éoliennes, coûtent moins cher que l’électricité provenant d’autres sources.

2013-09-14 , par Jean Carette

Albert Jacquard est mort dimanche, chez lui à Paris, à 87 ans. J’avais eu le privilège et le hasard d’être son voisin de siège dans un avion qui nous ramenait tous deux en France. Une belle occasion de faire dialoguer nos perceptions, différences et utopies, loin des mondanités franco-québécoises, et de parler vrai, à 30000 pieds et sans témoins.

Une autre fois je l’avais salué alors qu’il menait une occupation pacifique d’immeuble rue du Dragon, à deux pas de chez mon père.En 2005, il avait lancé L’appel de huit vieux en colère pour dénoncer l’âgisme ambiant (à lire sur internet).

Albert Jacquard aura été un formidable exemple de retraite active et citoyenne, un prophète et une conscience. La perte est lourde.

Un vrai merci à tous ceux et celles qui nous ont exprimé leur réconfort et leur amitié après la mort de Nathalie. Requiescat un pace.

2013-09-15 , par Jean Carette

Hier, nous sommes allés marcher dans la Vallée des Temples, en bas de l'Agrigente moderne. Près de 1200 hectares de site archéologique, avec les ruines d'une quinzaine de temples de pur style dorique, des remparts, une nécropole et une acropole. Magnifiques et chaleureux monuments, sous un soleil de plomb et face à une mer d'été.

Comme presque toujours (sauf à Ségeste), l'accueil est inorganisé, sale et envahi de bébelles. Passons. La marche en valait la peine. Nous avons même discrètement suivi un petit groupe de Français, juste pour la musique des mots entendus…

La Concorde y a son temple, restauré à l'ancienne. Après la place parisienne et le temple sicilien, ne manque que la volonté des acteurs, en Syrie et ailleurs.

2013-09-16 , par Jean Carette

Je me presse de frapper un court billet, entre deux orages qui coupent la connexion et nous font sentir non pas seuls mais isolés, contraints à ne plus être nous-mêmes en étant séparés des autres. Car nous ne sommes au fond que des carrefours et des croisements, génétiquement bien sûr mais aussi socialement et culturellement.

Ici, le passé est particulièrement lourd à assumer; on sent les Siciliens pressés de construire leurs identités multiples et foisonnantes dans une modernité superficielle et souvent inutile. Nous avons bien au Québec que nous ne sommes et serons rien sans une histoire commune à connaître et à préserver.

2013-09-17 , par Jean Carette

Camus, L’homme révolté: "Nommer le désespoir, c’est le dépasser. Voilà sans doute la bonne raison (psychanalytique) pour laquelle j’écris ce billet ce mardi où là-bas, si loin d’ici et si près de nous deux, on s’apprête à enterrer ma belle-fille Nathalie.

Le rituel funéraire a le grand avantage de permettre le plus souvent un retissage plus solide des liens familiaux, à travers l’expression partagée des émotions traversées. À ne pas oublier.

Quant à moi, j'ai résolu de donner mon corps à la science médicale. Je souhaite cependant que mes proches et mes amis soient invités à une rencontre , non pour honorer ma mémoire, qui n’est pas plus honorable qu’une autre, mais pour évoquer leurs souvenirs et "nommer" leurs émotions, ce qui vient du dedans au grand jour.Un vrai merci à tous ceux qui nous ont accompagnés.

2013-09-18, par Jean Carette

Hier, nous sommes allés marcher dans la Vallée des Temples, en bas de l’Agrigente moderne. Près de 1200 hectares de site archéologique, avec les ruines d’une quinzaine de temples de pur style dorique, des remparts, une nécropole et une acropole. Magnifiques et chaleureux monuments, sous un soleil de plomb et face à une mer d'été.

Comme presque toujours (sauf à Ségeste), l’accueil est inorganisé , sale et envahi de bébelles. Passons. La marche en valait la peine. Nous avons même discrètement suivi un petit groupe de Français, juste pour la musique des mots entendus...La Concorde y a son temple, restauré à l’ancienne. Après la place parisienne et le temple sicilien, ne manque que la volonté des acteurs, en Syrie et ailleurs.

2013-09-19 , par Jean Carette

Nous sommes rentrés de Sicile hier après un voyage sans histoire mais éreintant, avec 3 envolées, des heures d’attente et un «sardinage» en règle dans les carlingues d’Airbus (Air France). Toujours la sacro-sainte rentabilité ! Voyager en avion devient de plus en plus une corvée, surtout dans les grands aéroports comme Paris-Roissy. À noter aussi: les services (sic) d’aéroport coûtent plus cher que le transport aérien lui-même. Seules nos valises en ont eu pour leur argent, puisque nous n’avons pas eu à nous en charger après leur enregistrement de départ à Palerme.

Les compagnies ne nous prennent même pas pour des valises...

2013-09-20, par Jean Carette

La rentrée d’automne s’annonce importante pour les aînés, avec trois dossiers et enjeux majeurs.

1. L’assurance-autonomie, projet-phare du gouvernement : ou comment gérer collectivement les difficultés de vieillir. Assurance ou solidarité ?

2. Mourir dans la dignité : à la recherche d’un consensus sur les notions «d’humanitude» et de compassion ou comment comprendre et vivre avec nos incapacités et nos dépendances.

3. La réforme du système de retraite, après le dépôt du rapport D’Amours : ou comment libérer des contraintes de l’emploi sans négliger la valeur sociale des aînés.

Trois aspects du vieillissement individuel et collectif, qui concernent tout le monde, quel que soit l’âge.

2013-09-21, par Jean Carette

Je souhaite une grande affluence à la manifestation organisée cet après-midi à Montréal (Square Philipps. 13h) par la coalition de 85 organismes contre la hausse des tarifs d’électricité et, plus largement, contre la privatisation et la tarification des services publics.

Lisez leur document, http://www.nonauxhausses.org/category/accueil/pour mieux comprendre les mécanismes décisionnels qui aboutissent, par le biais des augmentations de tarifs, à détourner Hydro-Québec de sa vocation initiale pour en faire une machine à saucisses alimentant le Trésor public.

D’où le slogan mis de l’avant : LE COURANT AVANT LE PROFIT.

2013-09-22, par Jean Carette

Que se passe-t-il avec Agnès Maltais ? On ne peut pas dire qu’elle fait preuve de délicatesse, pas plus avec les assistés sociaux naguère qu’avec les femmes nommées et imposées au CA du Conseil du Statut de la Femme.

Il faut avoir bien peu de sens politique pour accumuler ainsi les accrocs au bon sens et au droit. Le gouvernement pourrait-il sonner la fin de cette incessante récréation, où les ministres se contredisent, se pilent sur les pieds l’un de l’autre et multiplient les couacs et les bourdes? Y a-t-il une pilote dans l’avion ?

Ce n’est pas seulement une affaire de gestion de contradictions internes au sein du PQ et de son gouvernement. C’est aussi une question d’intelligence des situations.

2013-09-23, par Jean Carette

Deux sondages crédibles indiquent que les jeunes et les 65 ans et + se rejoignent dans la chartophobie, face aux générations adultes intermédiaires qui l’appuient majoritairement ou presque.

Il apparaît que le port de signes religieux par des agents de l’ État soit principalement à la source des litiges et des écarts observés. Décidément, nous ne sommes collectivement pas mûrs pour une laïcité réelle.

Je crains fort que ce qui devait unir ne fera que diviser les québécois; d’ où une tentation croissante de passivité prudente de la part du citoyen, en attendant le prochain débat électoral.

Quant au gouvernement, il faudrait mieux choisir son arbre quand on veut cacher la forêt...

2013-09-24, par Jean Carette

J’ai repris hier mon travail sur le manuscrit rédigé au début de l’été. Il faut maintenant transcrire sur l’ordinateur, ce qui permet de réviser les contenus et la forme. Tâche apparemment fastidieuse, mais qui permet un second regard toujours utile. Objectif : l’envoi à l’éditeur en fin d’automne.

Gilbert Cesbron a écrit : «Quand on lui pose une question concernant l’un de ses livres, tout écrivain devrait répondre : «Je ne sais pas : je l’ai écrit, je ne l’ai pas lu.»Ce ne sera pas mon cas.

2013-09-25, par Jean Carette

Spectacle désolant hier à l’Assemblée Nationale où insultes et invectives ont rempli une période de questions houleuse sur l’affaire du CSF.

Si les passions se déchaînent à d’aussi bas niveaux (ou caniveaux), c’est sans doute à ceux qui ont déclenché l’incendie de s’interroger sur leurs responsabilités. On voit bien ici les effets délétères d’une gouvernance qui manque passablement d’intelligence dans la méthode et de dignité dans les propos.

En plus, le mouvement des femmes se déchire sur la place publique. Au-delà des personnes et des clans de pouvoir ou d’influence, il s’agit de l’avenir menacé de nos façons de vivre ensemble, de faire société et démocratie. Attention, ligne rouge!

2013-09-26, par Jean Carette

Ce matin, je préenregistre un entretien avec Hervé Kempf, journaliste écologiste de passage à Montréal pour la promotion de son dernier livre : Fin de l’Occident, naissance du monde, aux éditions du Seuil. Passionnante présentation de l’histoire de notre monde, des crises qui l’ont traversé et des mutations nécessaires si nous voulons sauver notre humanité mais aussi la planète elle-même. Un petit grand livre, accessible et essentiel à lire. L’entrevue sera présentée le 7 octobre à 20h PM sur RVMarie (FM 91,3) et rediffusée le jeudi 10 à 9h AM.

À midi, reprise en direct de mes chroniques sur MATV, ex-canal 9 ou dit communautaire, avec une présentation du projet gouvernemental d’Assurance-autonomie : entrevue dirigée par Marc-André Coailler et Sophie Vallerand.

La retraite est vraiment pour moi une période passionnante et positive : une question de valeur sociale, au fond.

2013-09-27, par Jean Carette

Le rapport du GIEC est sorti et confirme ce que nous savions, mais aussi ce que beaucoup ne voulaient pas savoir; le réchauffement climatique est un fait démontré, il est causé par l’homme et provoquera très bientôt des dérèglements graves et irréversibles.

Deux possibles : soit nous faisons l’autruche, nous refusons de voir la réalité en face et nous courons frapper un mur, en laissant aux générations à venir une dette écologique impossible à assumer; soit nous nous mettons à agir, en pesant de tout notre poids citoyen sur les décideurs et autres responsables pollueurs. Le bac de recyclage, c’est bien. Le combat politique, c’est encore mieux et plus efficace pour changer les règles du jeu. Et ça presse.

2013-09-28, par Jean Carette

Petit cadeau de fin de semaine pour oublier les turpitudes de l’actualité : la Sagrada familia telle qu’elle apparaîtra en 2026, une fois terminée, après 144 années de travaux.

J’ai visité plusieurs fois le chantier de la cathédrale catalane et à chaque fois j’en suis sorti émerveillé et ému. J’aime l’aventure humaine quand elle croise la folie du génie pour donner corps et élan à notre désir de sens. De plus, par la volonté même de Gaudi et de ses amis, le monument n’a bénéficié d’aucune subvention publique depuis son lancement et aura été entièrement construit grâce à des dons privés de croyants et d’incroyants. cliquez ici

Si vous avez quelques minutes de plus, voyez aussi quelques prises de vue d’un amateur;

cliquez surprise
2013-09-29, par Jean Carette

Deux scènes du show politique.

Ici, l’affaire Boisclair, manipulation médiatisée d’une droite imbécile : quand je pense que nous avons eu Duchesneau comme chef de police à Montréal !

À Washington, les représentants républicains reprennent leur chantage, cette fois aux dépens de la loi Obamacare et des plus démunis des états-uniens.Nous avons décidément la droite la plus bête du monde. En fait, c’est plutôt l’extrême-droite, puisqu’il s’agit de profiter et d’abuser des règles de démocratie pour imposer le mensonge et une certaine idée du pouvoir politique.

2013-09-30, par Jean Carette

Demain mardi 1er octobre, Journée internationale des personnes aînées (titre à changer, s’il vous plaît !), je prononce une conférence à l’invitation de la Ville de Longueuil sur L’implication citoyenne des aînés et son impact sur la communauté.Une bonne occasion de faire la promotion de la retraite active et citoyenne. Des élus locaux seront là : une bonne occasion de leur redire comment être des décideurs «amis des aînés» : en les considérant comme des personnes et des citoyens à part entière, des acteurs sociaux et pas seulement des électeurs aux quatre ans.

Ce sera au Centre communautaire Saint-François-de-Sales, 1545 Boulevard Jacques Cartier Est de 9h30 à 14h30 (J’interviendrai à 12h45). Les billets sont en prévente au Centre communautaire 450 677 6677.

2013-10-01, par Jean Carette

Voilà que les féministes se divisent et s’affrontent sur la place publique à propos de la Charte des valeurs et du port des symboles religieux. Des médias exploitent avec trop de plaisir ces désaccords pour être tout à fait honnêtes ou naïfs. Certains mâles machos relèvent la tête et les intégristes de tous bords se trémoussent d’aise.

Au bout du compte, ce ne sont pas seulement certains egos qui vont écoper, mais bien une majorité de femmes largement discriminées sur le plan de l’emploi ou de la division sexuelle des tâches, quelles que soient leurs convictions religieuses ou leur appartenance culturelle.

Au fait, Agnès Maltais est aussi responsable de la Condition féminine au sein du cabinet Marois. Quand on sème le vent, on récolte la tempête...

2013-10-02, par Jean Carette

Franchement, je ne comprends pas ce que fait le crucifix perché au Salon bleu de l’Assemblée Nationale. Déplaçons-le dans un salon d’accueil et sous une vitrine en expliquant sa présence et son cô té patrimonial aux intéressés. Ou encore, escortons-le jusqu’à l’église la plus proche où il retrouvera toute sa signification.

L’Église a abusé largement des pouvoirs qu’on lui a concédés au Québec depuis 400 ans. Elle devrait se faire plus discrète et se fondre dans notre culture commune, à l’écoute et au service du monde ordinaire. Tout le reste est folklore et littérature. L’État doit être neutre et laïque, n’en déplaise à l’apprentie sociologue enfoulardée qui jouait la séduction pour nous convaincre à Tout le monde en parle dimanche soir. Ce qui n’empêche surtout pas le bon sens et l’intelligence des situations.

2013-10-03, par Jean Carette

Il n’y a pas que les touristes qui sont privés de la statue de la liberté dans le port de New York. Ce sont tous les états-uniens qui sont privés d’une partie de leur liberté.

Tout ça parce qu’une poignée de républicains sectaires veulent nuire à Obama et à sa loi de l’Assurance-maladie, le plus bel acquis social de sa présidence. En prenant en otages les fonctionnaires et l’ensemble des citoyens états-uniens, les représentants républicains se tirent dans le pied. Le peuple US a plus de bon sens que ces pantins du Tea Party et s’en souviendra aux prochaines élections en chassant ces imbéciles de leur fauteuil.

«Dieu est peut-être éternel, mais pas autant que la connerie humaine», disait Pierre Desproges.

2013-10-04, par Jean Carette

Dans une chronique récente, Paul Krugman cible le délire des Républicains du Great Old Party (GOP) qui, en bloquant le vote sur le budget américain, prennent le risque d’un retour à une crise économique et d’une crise politique grave.

Le titulaire du Prix Nobel de l’économie 2008 fait le lien entre le négationnisme de certains républicains à propos du principe darwinien de l’évolution des espèces ou du changement climatique et leur négationnisme actuel quant aux effets d’un défaut de paiement fédéral

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Tout est dit ici : délire, méconnaissance et politique de l’autruche. Et Krugman de conclure : « Tout ceci paraît fou, et c’est le cas. Mais la folie, la vraie, n’est pas dans la situation mais dans l’esprit de nos politiques et des gens qui votent pour eux. Notre étoile n’est pas prise en défaut, c’est nous qui lui faisons défaut.» Cliquez ici.

2013-10-07, par Jean Carette

Si nous voulons rester en dessous du seuil de 2 degrés de hausse moyenne des températures d’ici 2100, il faut que le CO2 émis dans l’atmosphère ne dépasse pas 800 milliards de tonnes de carbone; or nous en avons déjà relâché 531 milliards de tonnes et en relâchons 10 milliards par an. C’est en renonçant aux énergies fossiles, progressivement mais rapidement que nous pourrons y parvenir, en accentuant le développement des énergies renouvelables.

Et pour cela il faut des innovations techniques et une volonté politique, donc une mobilisation citoyenne. Une société décarbonée : quel beau cadeau à laisser aux générations qui nous suivent !

2013-10-08, par Jean Carette

Parution aujourd’hui d’un numéro automnal de la revue Kaléidoscope consacré aux rapports intergénérationnels : j’ai rédigé l’article éditorial de ce dossier. Vous pourrez lire la revue à www.mediak.ca. On y questionne notre capacité collective à faire du vieillissement un levier pour redéfinir le «vivre ensemble».À Radio Ville Marie (91,3 FM), ce matin 11h, nous recevons Jacques Beauchemin, le PDG de l’Office de la Langue Française : à quoi sert une langue ? Comment est-elle le creuset d’une identité collective ?

Et à 20h ce soir, à Entretiens, je reçois le journaliste et écologiste Hervé Kempf à propos de son dernier livre, Fin de l’Occident, naissance du monde, paru au Seuil, mais je l’interrogerai aussi sur les raisons qui l’ont poussé à démissionner du journal Le Monde.

Il paraît qu’on s’ennuie, à la retraite...

2013-10-09, par Jean Carette

Le plan de relance économique présenté hier par le gouvernement ressemble fort à une plateforme électorale, que les élections soient déclenchées demain ou plus tard dans l’automne ou au printemps. C’est de bonne guerre et de bonne stratégie, même si cela obligerait le gouvernement à renoncer à sa religion du déficit zéro ou à pratiquer de nouvelles coupes budgétaires.

Deux questions :

1. Pauline Marois se rendant compte que sa loi 14, qui devrait renforcer la loi 101, ne passera pas et que la Charte des valeurs si mal nommée a mis le feu aux poudres et divisé l’électorat, fait-elle diversion en changeant le mal de place ?

2. Au lancement, avez-vous remarqué la présence de Pierre-Karl Péladeau, souverainiste, mais sans doute aussi impatient de se lancer en politique ? Je suis persuadé que Jean-François Lisée le surveille sur sa droite.

2013-10-10, par Jean Carette

Certains s’inquiètent du vote des aînés, anticipé comme défavorable au PQ à cause de cette histoire de crucifix. Nous sommes ici dans la foulée du préjugé âgiste qui prétend que les aînés soient politiquement conservateurs. Je crois plutôt que si les aînés ne penchent pas vers le PQ, ce qui reste à prouver, ce pourrait être parce que le parti lui-même serait tenté par un maintien au pouvoir et un certain conservatisme.

Les aînés sont des citoyens comme les autres : ils savent lire, analyser, débattre, juger, choisir. Ils ne sont les otages de personne et aucun parti ne peut s’en estimer propriétaire. Les 2000 aînés qui débutent leur retraite chaque semaine sont des acteurs sociaux à part entière et revendiqueront leur place de plus en plus efficacement sur l’échiquier politique. Tant pis pour les paternalistes et autres démagogues...

2013-10-11, par Jean Carette

Hier, soir, le débat entre les candidats à la mairie de Montréal m’a semblé des plus ennuyeux. Chacun y est allé de ses petites promesses et a étalé ses arguments. Tout ça avait l’apparence du déjà vu et le journaliste animateur a eu toutes les peines du monde à ne pas me faire croire à une rediffusion.

Où étaient la vision, les perspectives, le rêve rendu possible, la citoyenneté enfin disponible ? On a plutôt parlé de vertus et de morale, de technique et de plan comptable. Après quoi courent tous ces candidats ? La mondanité ? Le pouvoir ? Les prébendes ? La limousine ? Les kodaks ?

Décevant et pitoyable. Vaillancourt a raison : le système perdure.

2013-10-12, par Jean Carette

Voulez-vous faire un investissement juteux ? Je vous conseille de placer votre argent dans les prisons privées américaines, en particulier celles gérées par le géant américain des prisons privées CCA, dont le chiffre d’affaires a augmenté de plus de 500% depuis vingt ans.

En regardant de près les PPP dans ce domaine, on s’aperçoit que les contrats prévoient une assurance-remplissage : que le crime augmente ou décroisse, les États ; c’est-à-dire les citoyens contribuables - doivent payer, même si les prisons se vident. Ces clauses d’occupation vont jusqu’à exiger un taux d’occupation de 100%, comme en Virginie ou en Arizona.

Tout ça pour assurer les marges et les bénéfices !

2013-10-13, par Jean Carette

Au fil des jours, je transfère mes écritures du début de l’été sur mon ordi. Un travail de frappe astreignant, mais qui permet de relire, de corriger les fautes, d’éviter les répétitions fâcheuses, de nuancer les propos, d’ajouter une phrase ou un paragraphe pour assurer les transitions, de rendre le texte plus persuasif et plus facile à lire, par la musique des mots, la construction des phrases et le souci d’une harmonie générale.

Tout en polissant et repolissant, je vérifie l’argument et les contenus. Ni narcissisme, ni autocritique dépressive. J’ai confiance en cet essai qui sera comme le début d’un testament, d’un legs à ceux qui suivront et d’un relais aux trois quarts d’une course de vie que je voudrais encore longue et valide. Le temps semble venu de la transmission, propre de l’être humain, à la différence des autres animaux.

2013-10-14, par Jean Carette

Hier, premier mois après la mort de Nathalie, ma belle-fille, qui aurait fêté ses 43 ans ce mercredi. J’avoue que je ne le prends vraiment pas et que ma tristesse est très profonde, qui remet en question mes convictions, comme une insupportable injustice. Avec Mo, je supporte les premiers pas de veuf de mon fils, avec ses trois enfants : la vie continue, mais c’est très dur de rebondir et je ne peux oublier cette agression du sort.

Camus : «Rien n’est donné aux hommes et le peu qu’ils peuvent conquérir se paye de morts injustes. Mais la grandeur de l’homme n’est pas là; elle est dans sa décision d’être plus fort que sa condition. Et si sa condition est injuste, il n’a qu’une façon de la surmonter, qui est d’être juste lui-même.»

Alors, je me tiens stoïquement (du grec stoa, le portique) devant la porte des temples, où les dieux se taisent, impuissants et pour cette fois modestes, devant les cruautés de la vie.

2013-10-15, par Jean Carette

Merci infiniment pour vos mots de compassion et de solidarité suite à mon billet d’hier. Je me suis senti plus fort et comme porté par vos remarques et marques d’amitié.

La mort est en effet un mystère qui nous enveloppe et nous étouffe. Il faut l’attention chaleureuse des autres pour traverser et assumer ces séparations successives et cruelles qui marquent notre avance en âge.

Demain est un autre jour, et il faut bien tenter de vivre, entre mémoire et regrets, avec le courage comme compagnon. Ici et maintenant, au milieu du monde qui est souvent bien plus éprouvé que soi-même. Camus a raison : être juste malgré notre injuste condition.

2013-10-16, par Jean Carette

Merci infiniment pour vos mots de compassion et de solidarité suite à mon billet d’hier. Je me suis senti plus fort et comme porté par vos remarques et marques d’amitié.

La mort est en effet un mystère qui nous enveloppe et nous étouffe. Il faut

l’attention chaleureuse des autres pour traverser et assumer ces séparations successives et cruelles qui marquent notre avance en âge.

Demain est un autre jour, et il faut bien tenter de vivre, entre mémoire et regrets, avec le courage comme compagnon. Ici et maintenant, au milieu du monde qui est souvent bien plus éprouvé que soi-même. Camus a raison : être juste malgré notre injuste condition.

2013-10-17, par Jean Carette

Entre mes travaux de manuscrit, j’ai reçu et presque dévoré un excellent livre : La mystique de la croissance de Dominique Méda, aux éditions Flammarion. Comment nous désintoxiquer de notre envie dominante de retrouver un taux de croissance comme on en a connu ? Comment éradiquer de nos esprits et de nos pratiques collectives le fétichisme du PIB ? Autrement dit, comment retrouver le sens de la durée, du long terme et de la durabilité ? Comment garder la juste mesure dans notre production de richesses économiques et de justice sociale ?

Citation : « Au-delà d’une modernité échevelée, au cours de laquelle les humains ont cru qu’ils pourraient se passer même de la nature, il nous faut sans doute renouer avec les idéaux et les valeurs du monde grec : le sens de la mesure et de la limite, de l’insertion savamment calculée de nos actes dans la nature...sans les défauts du monde grec : l’esclavage, les femmes tenues pour quantité négligeable, la démocratie réduite à un tout petit nombre, l’autre considéré comme un barbare...» Vous aimez ?

2013-10-18, par Jean Carette

Quand les pauvres expriment leur indignation et leur colère aux dominants qui les exploitent au niveau politique ou économique, nous avons droit à un beau moment de vérité. Ça se passait en France, le 10 octobre, sur un plateau de télévision, devant des millions de téléspectateurs : Isabelle Maurer, une alsacienne au chômage, témoignait de sa misère et de sa dignité, de son désespoir et de son courage; en face, un des responsables de la droite française, Jean-François Copé. Un moment de vérité, où le rapport social ressort dans sa cruauté nue.

Cette scène aurait pu se passer ici. Prenez le temps de la visionner. Parfois, les damnés de la terre ont une chance de se faire entendre.visionnons ensemble

2013-10-19, par Jean Carette

Pourquoi la FTQ s’acharne-t-elle à protéger son président contre la Commission Charbonneau qui veut nourri sa preuve quant aux liens entre la mafia et la centrale ou entre la mafia et le Fonds de solidarité. Si Monsieur Arsenault est sans reproche, la vérité surgira pour le disculper. Sinon, la vérité va surgir aussi pour l’accuser. Et nous, citoyens sans autres pouvoirs que le nombre et la solidarité, nous jugerons par nous-mêmes.

La démocratie exige le respect de la transparence et de la vérité qui en est le résultat. Tout le reste est démagogie.

2013-10-20, par Jean Carette

Une histoire qui commence en 1950, dans le Massif du Mont-Blanc, avec un appareil d’Air India qui s’y écrase : 48 morts. Seize ans plus tard, le drame se répète : cette fois, 117 victimes, venant d’Inde aussi.

La semaine dernière, un jeune alpiniste découvre dans le glacier des Bossons une boîte remplie de diamants, pour une valeur de 300 000 euros. Pressé par la Lloyd’s, un gendarme, mort aujourd’hui, les avait déjà mis au jour après le crash de 1966, mais, les prenant pour des bonbons berlingots, les avait rejetés dans le glacier qui les avait engloutis. Les voici de nouveau retrouvés et discrètement gardés par les gendarmes, en attendant les procédures à venir.

Une artiste de la région, regrettant l’absence d’un mémorial pour les morts de ces deux tragédies, monte depuis 1984 des sculptures à partir des restes de carlingue qu’elle dégage de la glace. Son nom : Josée de Vérité, 62 ans. Ça ne s’invente pas.

2013-10-21, par Jean Carette

Les banques états-uniennes ont annoncé des profits records : JP Morgan, +31% ; Citibank, +42% ; Bank of America, +63% ; Morgan Stanley, +74% ; Goldman Sachs, +101% !

· Elles pratiquent des taux quasi usuraires sur les cartes de crédit.

· Elles continuent leurs manœuvres spéculatives avec plus de produits dérivés et toxiques que jamais.

·Les lois votées depuis la crise de l’automne 2008 sont à ce point faibles qu’on se demande si les gouvernements gouvernent.

·Il ne s’agit pas ou plus de sauver le système, mais de le changer.

Aristote distinguait déjà la valeur d’usage et la valeur d’échange. Gagner de l’argent en travaillant, en produisant et en échangeant des biens et des services réels ou gagner de l’argent en laissant l’argent travailler et s’accumuler sans limite : où est notre nouvel Aristote ?

2013-10-22, par Jean Carette

Bachar-Al-Assad reprend l’initiative en se déclarant candidat à l’élection présidentielle de 2014. Il profite clairement des divisions de la résistance syrienne et des silences passifs des États et de L’ONU, après deux ans et demi de guerre civile et plus de cent mille morts, pour étaler son cynisme.

Bachar-Al-Assadconfond politique et stratégie militaire et guerrière. Fort de son armée et de ses armements fournis par son amie la Russie de Poutine, il continue de bombarder et de gazer sa propre population, sous prétexte du terrorisme que ses décisions alimentent.

Et jour après jour, c’est le monde ordinaire syrien qui fait les frais et paie en vies cette dictature confortée par les divisions internes et la passivité extérieure. «Les vrais vaincus de la guerre, ce sont les morts» ( Ernest Renan).

2013-10-23, par Jean Carette

Alors quelqu’un s’est dit : «Je vais tenter d’abuser de la confiance naïve en prenant l’identité de Carette qui a l’air d’avoir beaucoup d’amis et de champs pour agir.»

Avec ces escrocs-là, leur difficulté tient au français, aux fautes de style ou d’orthographe, qui mettent leurs lecteurs en état de veille prudente. Et puis, il y a l’invraisemblable idée : penser que je suis du genre à m’entourer de gogos qui vont se précipiter, sur ma demande, à la banque pour envoyer (chacun !) 3000 $ à une fille en détresse à Casablanca au Maroc !!

J’ai fait bloquer en changeant de mode d’accès au courriel.

Au fond, ça fait un peu pitié ! Va te faire soigner, camarade, ta tête est un peu fêlée... Et nous, passons à autre chose, nos dialogues sont bien plus passionnants.

2013-10-24, par Jean Carette

Il s’appelle David Cerny et vit en Tchéquie. Il est sculpteur, d’inspiration surréaliste et militante. Allez voir quelques photos en cliquant ici

Il vient encore de provoquer en faisant flotter un immense doigt d’honneur rose-violet face au château de Prague pour dénoncer un éventuel retour au pouvoir des communistes à l’issue des élections de la fin de semaine. Rappelez-vous : le printemps de Prague, l’arrivée en janvier 1968 au pouvoir de Dubcek en janvier 1968, le «socialisme à visage humain», l’avortement de l’expérience en août 1968, avec 6300 chars, 800 avions et 400 000 soldats du Pacte de Varsovie qui envahissent le pays, puis la «normalisation» à la sauce Brejnevienne. Autrement dit les Pragois et les Tchèques en ont bavé, d’où l’enjeu important de ces élections législatives; d’où aussi ce doigt d’honneur de Cerny, comme un appel à résister.

Une belle occasion de lire ou relire L’insoutenable légèreté de l’être, de Milan Kundera, ou de revoir le film.

2013-10-25, par Jean Carette

Depuis des années, je participe bénévolement aux sessions syndicales de préparation à le retraite des cols bleus de Montréal. À chaque fois, rien que du bonheur : expliquer que le départ de l’emploi contraint et ouvre à des choix de vie; présenter les atouts de l’âge, expérience, maturité, plus 60 heures libérées chaque semaine; plaider pour une retraite impliquée dans la cité, active et citoyenne, travaillant le social et ses enjeux.

Je ne parle pas en expert, mais en retraité, père et grand-père, développeur de chantiers sociaux que je suis. On partage, on réfléchit, on débat, les yeux et les esprits s’ouvrent et s’écarquillent. Joie pédagogique !

2013-10-26, par Jean Carette

Ainsi, notre ami Dany Laferrière s’est porté candidat à l’Académie française et je m’en réjouis. Un québécois , d’origine haïienne, portant l’épée et l’habit vert, juché sur la tribune sous la célèbre Coupole et prononçant l’éloge obligé de son prédécesseur, Hector Biancotti , dont le roman, Sans la miséricorde du Christ, m’avait remué il y a quelques années ...

Quel parcours que celui de Dany Laferrière ! Je me rappelle une entrevue sur Radio Ville Marie : une erreur d’aiguillage s’était produite; il avait lui-même pris le micro pour expliquer la chose et nous avons poursuivi notre dialogue comme si rien ne s’était passé. L’homme s’était révélé aussi courtois et élégant, subtil et généreux que l’écrivain. Je serai fier de son élection le ...12/12/13 !

2013-10-27, par Jean Carette

Madame Marois me semble prise avec son ennemi principal, le temps. Temps de faire passer des projets et des programmes; temps de récupérer un 3 à 4 % de l’électorat pour devenir un gouvernement majoritaire; temps de présenter un budget sans trucage de chiffres et équilibré; temps de contenir les autres partis souverainistes, ou plutôt indépendantistes.

Mais il semble aussi très troublant, le manque de transparence qui règne à Québec non quant aux intentions, mais quant aux priorités réelles du gouvernement. L’étude des projets de loi à venir nous parlera davantage que les communiqués de presse. La démocratie devrait dépasser le niveau des rumeurs et des conjectures. Passons d’abord la saison froide.

2013-10-28, par Jean Carette

Grande découverte en pédagogie chez nos voisins états-uniens. On appelle ça l’école inversée. Les leçons sont enregistrées sur vidéo et regardées en dehors des séances en classe, sur smartphone ou sur ordinateur à la maison ou dans une salle équipée de l’école, ce qui permet de transformer le temps en classe en période d’échanges et de pratiques. Les progrès sont si spectaculaires que le taux d’échec scolaire est divisé par 2 ! Les nouvelles technologies sont utilisées et diffusées à bon escient, et le professeur redevient pédagogue à plein temps.

J’ai comme l’impression que bien des enseignants de chez nous font ça depuis belle lurette ! Non ?

2013-10-29, par Jean Carette

Michelle Beauvais me demande de réagir.

Les audiences de la Commission de la santé et des services sociaux sur le Livre Blanc de l’Assurance-autonomie ont débuté à Québec, avec le dépôt de 40 mémoires. Je lirai avec intérêt les positions et suggestions des une et des autres.

Parallèlement, une campagne publicitaire commence sur nos ondes. Était-il bien nécessaire de dépenser 800 000 dollars de nos taxes pour vanter le projet du bon docteur Hébert ? J’en doute, comme je doute de tous ceux qui veulent vendre et vanter leur salade. Un nouveau souffle, vraiment ? Attendons de voir.

Quand le projet va arriver au stade du débat pour adoption, j’ai bien peur qu’il ait à subir un délayage et quelques délestages. Nombreux et souvent puissants sont les lobbies à Québec. La position minoritaire du gouvernement ne facilite pas les choses et le bon docteur devra forcément faire quelques concessions. Lesquelles, avec quelles conséquences ? Là est la question.

Plus globalement, je crois que Madame Marois, en reportant les élections, a fait une erreur stratégique : je ne pense pas que les mois à venir soient bien positifs, assez en tout cas pour assurer une majorité au PQ. Par contre ils pourraient permettre aux Caquistes de relever la tête et aux libéraux de se renforcer.

Georges Duhamel : «Il arrive que l’erreur se trompe.»

2013-10-30, par Jean Carette

Les technocrates débordent d’imagination. Jugez-en.

Pour vider les lits d’hôpital des personnes âgées stabilisées et en attente de placement, on vient d’imaginer à Montréal un système qui oblige les hôpitaux à renvoyer la personne à son domicile dans les huit jours, faute de quoi une amende de 984 $ par jour de retard, soit le prix de leur séjour à l’hôpital.

On devine que le retour à domicile est forcément plus long pour les CSS : ça peut prendre des mois, raisonnablement. Imaginez le stress pour les aînés ainsi précipités.

Quelle honte !

Une pétition a été déposée à l’Assemblée nationale, à l’initiative de notre ami Jean Bottari . Merci de la signer. en cliquant ici

2013-10-31, par Jean Carette

Hier soir, nous avons fêté nos dix ans d’existence. Depuis 2003, dans le cadre des réseaux ESPACES 50+, nous nous sommes donné pour mission de créer et de développer des espaces :

1. où les aînés peuvent affirmer pleinement leur statut de citoyens et de citoyennes, acteurs et partenaires;

2. où les aînés peuvent mettre en valeur et en pratique leurs qualités physiques, affectives, intellectuelles, morales et humaines;

3. où les aînés peuvent développer des appartenances utiles à des réseaux sociaux et communautaires, en lien avec tous les âges et avec un souci d’ouverture à la diversité des cultures.

Une belle occasion de faire un bilan positif des actions entreprises et des volontés mobilisées. Une route à poursuivre, des droits et des désirs à respecter, vers un nouveau contrat social.

2013-11-1, par Jean Carette

Voilà que l’Opus dei se fait entendre à la Commission parlementaire sur le projet de loi 52 sur l’aide médicale à mourir. L’Opus Dei est un regroupement traditionnaliste et ultraconservateur qui est encore très influent dans le gouvernement et les orientations de l’Église catholique. À la fois lobby très influent, puissance financière et société secrète, l’Opus Dei fait souvent penser à une franc-maçonnerie et même à la fameuse Église de scientologie.

Rien d’étonnant donc si des membres viennent porter la critique du projet de loi. Loin de moi l’idée de leur refuser accès à notre Assemblée nationale. Mais je m’oppose avec force à leurs idées, leurs méthodes d’intervention et, pour tout dire, leur intégrisme.

Je crois que le projet de loi 52 devrait être adopté, une fois bien balisé pour éviter les abus ou détournements. J’espère que les conceptions et orientations de l’Opus dei resteront ici très minoritaires.

2013-11-2, par Jean Carette

Je viens de lire les dernières déclarations des 5 principaux candidats à la mairie de Montréal (Bergeron, Brûlé, Coderre, Côté, Joly). Les promesses sont nombreuses et souvent presque semblables. La plupart trop vagues pour être crédibles. Comme membre tiers de la Commission de retraite des Cols Bleus, j’ai fréquenté et parfois affronté une administration assez molle et souvent passive.

C’est pourquoi je n’irai pas voter demain en tenant compte des personnalités et de leurs déclarations. Les seuls critères pour moi : la compétence et l’expérience de l’administration d’une ville, telles qu’elles apparaissent au CV de chacun-chacune. Tout le reste est du bla-bla et parfois du bling-bling...

2013-11-3, par Jean Carette

Je viens de recevoir le nouveau livre de Mathieu Ricard, un moine bouddhiste qu’on a souvent vu et entendu aux côtés du Dala-Lama. Le titre résume bien cette brique de plus de 900 pages : Plaidoyer pour l’altruisme, la force de la bienveillance.

Il y a quelques mois, j’avais lu le dernier livre de Jeremy Rifkin, Une nouvelle conscience pour un monde en crise, vers une civilisation de l’empathie. Et j’ai enfin reçu hier le dernier ouvrage de mon maître en sociologie, Alain Touraine : La fin des sociétés.

Pourquoi aligner ces trois titres ? Parce que leurs auteurs, chacun à leur façon, constatent et plaident pour l’émergence d’une nouvelle forme de conscience, celle d’un sujet humain de plus en plus allergique aux logiques d’intérêt et de pouvoir, tourné vers autrui et sa planète. Urgence et nécessité.

De quoi nourrir les soirées de cet automne et notre optimisme, qui en a bien besoin.

2013-11-4, par Jean Carette

Avec les élections municipales, nous venons de satisfaire aux règles d’une démocratie représentative. Si j’en crois Alain Touraine, dont je dévore le dernier livre, reste à faire le travail utile et les actions nécessaires pour faire vivre et avancer une démocratie plus participative et/ou plus délibérative. Faute de quoi, c’est la démocratie représentative qui prendra ses derniers coups et rencontrera ses derniers échecs.

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À SOCIÉTÉS OUVERTES, sur Radio Ville-Marie ce lundi 11h am, nous recevons Pascal HAMEL (CSN) et Luis Salvator Donis RAMIREZ, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Couche-Tard de Montréal et Laval-CSN. Une belle occasion de comprendre et de célébrer une victoire syndicale et ses effets majeurs pour le futur des travailleurs à bas salaire.

À ENTRETIENS, 20h ce soir, Aziz Fares reçoit le cheikh KHALED BENTOUNES, maître soufi, président de l’Association des Amis de l’Islam. Une belle occasion de mieux connaître et comprendre la beauté vraie de l’Islam et les menaces de ses intégrismes. Rediffusion, jeudi 9h am.Beau programme, sur 91,3 FM !

2013-11-5, par Jean Carette

Ce mardi est un beau jour pour moi : cela fait un an que j’écris chaque matin un billet selon mon humeur. J’en ai désormais pris l’habitude, encouragé par vos réactions nombreuses et diverses, jour après jour. Nous avons ainsi créé un réseau de plus en plus important et fidèle. Oh! Bien sûr, certains en profitent pour vanter leurs prêts personnels à taux usuraire ou un corps à fréquenter sinon à vendre... Il suffit de faire attention, comme on règle la circulation, en retirant du fichier ceux ou celles qui perturbent ou polluent l’intention de départ.

Quant à moi, je persévère : chaque matin, un billet devra vous parvenir et je m’ en fais une joie.

2013-11-6, par Jean Carette

J’aimerais beaucoup avoir votre opinion sur le cas de Rob Ford, maire de Toronto.

Je précise d’abord que je n’ai jamais fumé de crack, ni autre substance toxique, à part des cigarettes dans une autre vie, et que je ne suis pas un partisan politique de ce Monsieur Ford.

Ceci dit, ne trouvez-vous pas qu’il y a ici un fonds suspect de puritanisme, sans doute assez proche de la culture majoritaire à l’Ouest de la rivière des Outaouais ? Les seules questions qui comptent : Rob Ford fait-il correctement son travail d’élu ? Remplit-il son mandat de maire ? Si oui, qu’on le laisse tranquillement continuer son boulot. Si non, qu’on le vire aux élections de l’an prochain.

La délectation des média m’écœure : pendant qu’ils se vautrent dans cette affaire, ils n’ont plus le temps de nous informer complètement ni de nous proposer une explication suffisante et claire des événements.

Quand j’étais au collège, les dénonciateurs étaient nombreux, qui s’empressaient de moucharder dans l’oreille de certains préfets et curés. Ils me dégoûtaient assez, surtout parce que je les soupçonnais de délectation morose : heureusement, nous savions quoi faire pour les ramener à la raison. Il y a aussi un plaisir malsain à entretenir dans le public le «dégoût du péché» : ça vous rappelle quelque chose, non ?

2013-11-7, par Jean Carette

Camus aurait donc cent ans aujourd’hui. Mais le rayonnement et la justesse de sa pensée le rendent encore plus vivant dans sa mort. Durant mes dernières vacances en Sicile, j’avais emporté Les Essais de Camus parus dans la Pléiade. J’y ai trouvé les courageuses vérités que j’y espérais.

En voici une, tiré de L’homme révolté:

«En assignant à l’oppression une limite en deçà de laquelle commence la dignité commune à tous les hommes, la révolte définissait une première valeur. Elle mettait au premier rang de ses références une complicité transparente des hommes entre eux, une texture commune, la solidarité de la chaîne, une communication d’être à être qui rend les hommes ressemblants et ligués.» De quoi réfléchir, pour se tenir debout.

2013-11-8, par Jean Carette

De plus en plus souvent je suis à même de constater que bien du monde ne fait plus de cuisine directe et se contente de commander et de réchauffer des plats tout faits provenant d’un restaurant voisin. Il y a même un site Justeat.ca dont le titre est significatif : Contentez-vous de manger !

Je peux comprendre qu’on soit pressé et que le temps manque. Mais quel plaisir de se retrouver aux fourneaux, et pas seulement devant un micro-ondes, pour cuisiner une recette avant de la consommer en couple ou famille ! Le slow food a plus de vertus que le just.eat... La cuisine est le propre de l’animal humain : ne glissons pas vers la barbarie...

2013-11-9, par Jean Carette

Encore Camus : « Ce que j’ai envie de vous dire aujourd’ hui, c’ est que le monde a besoin de vrai dialogue, que le contraire du dialogue est aussi bien le mensonge que le silence, et qui’l n'y a donc de dialogue possible qu’entre des gens qui restent ce qu’ils sont et qui parlent vrai. »

C’était en 1948, 3 ans après la fin de la guerre, de la shoah et du nazisme ; Camus était l’invité des Dominicains de Paris. Un an avant, Camus avait publié La Peste. Pie XII se fait reprocher son silence complice face aux nazis et à la shoah.

Rester ce que nous sommes et parler vrai : il y faut un peu de rébellion et de lucidité, mélange rare de nos jours, me semble-t-il.

2013-11-10, par Jean Carette

Ça s’appelle Les beaux jours : une amourette sans lendemain entre une jeune retraitée (la si belle Fanny Ardant) et un jeune moniteur en informatique, blanc-bec donjuanesque (Laurent Lafitte), aux dépens d’un mari (Patrick Chesnais ) presque indifférent mais assez adulte pour traverser l’épreuve.

Excellente satire des clubs de l’âge d’or et de leur paternalisme quasi structurel ! Bon traitement de la crise du passage (pas sage ?) à la retraite. Le tout avec de belles images des bords de Mer du Nord qui m’ont fait penser à Brel et au plat pays des ch’tis...

À voir au Beaubien pour la détente et les sourires en coin...

2013-11-11, par Jean Carette

Lu dans La fin des sociétés, cette phrase d’ Alain Touraine : «J’oppose à la logique instrumentale, celle de la technique, de l’argent, du profit, du pouvoir qu’on peut nommer aussi logique de l’intérêt ou du plaisir, c’est-à-dire de la satisfaction des désirs. La logique de la liberté créatrice portée par des exigences morales et esthétiques.»

Un enjeu de taille, hein ?

À Radio Ville Marie 91,3 FM, ce lundi 11 novembre

À 11h AM, Michel et moi recevons France SAINT-GEORGES et nous parlerons des revendications des aidant-es naturelles que l’État supporte si peu et si mal;

À 20h PM, je m’entretiens avec l’écrivain Jean-François BEAUCHEMIN à propos de son dernier livre, Quelques pas dans l’éternité. Un beau moment, de vérité et d’amitié !

2013-11-10, par Jean Carette

Ça s’appelle Les beaux jours : une amourette sans lendemain entre une jeune retraitée (la si belle Fanny Ardant) et un jeune moniteur en informatique, blanc-bec donjuanesque (Laurent Lafitte), aux dépens d’un mari (Patrick Chesnais ) presque indifférent mais assez adulte pour traverser l’épreuve.

Excellente satire des clubs de l’âge d’or et de leur paternalisme quasi structurel ! Bon traitement de la crise du passage (pas sage ?) à la retraite. Le tout avec de belles images des bords de Mer du Nord qui m’ont fait penser à Brel et au plat pays des ch’tis...

À voir au Beaubien pour la détente et les sourires en coin...

2013-11-12, par Jean Carette

Elle s’appelle Sylvie Therrien. Employée à l’Assurance-emploi, elle a écouté sa conscience et a eu le courage de dénoncer les quotas de coupures imposés aux inspecteurs, soit 485 000$ par année. Résultat : à 53 ans, Madame Therrien se retrouve sans emploi, coupable d’avoir dénoncé aux médias une injustice dont elle refusait de se faire la complice. Ironie : elle n’aura même pas droit aux prestations de chômage.

Sylvie Therrien a choisi de ne pas faire semblant, de ne plus mentir. «J’ai vraiment l’impression de vivre en marge de la société depuis que j’ai avoué que c’était moi. Je dirais à n’importe qui d’y penser à deux fois avant de le faire, surtout que je n’ai pas l’impression que ça a changé grand-chose. Mais en même temps, oui, je le referais. Parce qu’il y a des choses inacceptables dans la vie et qu’on doit être capable de les dénoncer. »

J’admire ces héroïnes du quotidien et des mondes dits ordinaires. J’ai envoyé un petit don via http://www.lecnc.com/tag/aidons-sylvie-therrien/

Je vous invite à en faire autant. Plus de 10.000$ ont déjà été ramassés.

L’enjeu : nous tenir debout, avec dignité et solidarité, comme Sylvie.

2013-11-13, par Jean Carette

Cela fait un bon moment que je ne vous ai pas donné des nouvelles de mon livre rédigé au début de l’été. J’ai presque terminé la transcription sur mon ordinateur : 234 pages défilent déjà sur mon écran. Après corrections, relectures et ajouts, j’ai résolu de transmettre fin novembre le texte à trois de mes proches (31 ans, 62 ans et 86 ans) pour qu’ils en fassent une lecture critique ultime. Pendant leur mois d’examen, je fignolerai encore, ajoutant titres, citations, notes, références et table des matières. Après une dernière correction au retour de mon club de lecture et l’ajout de la préface et de la postface, j’enverrai le tout au début de 2014 à mon futur éditeur, en croisant les doigts. Joie d’écrire et de transmettre. Ma première lectrice et compagne, Mo, me dit que c’est un testament : elle a raison, sauf qu’il sera complété par d’autres textes (et livres ?) à venir, si les dieux, qui sont souvent sourds et cruels, ne coupent pas le fil de ma vie.

2013-11-15, par Jean Carette

Enfin Madame Houda-Pepin députée et ancienne vice-présidente de l’Assemblée nationale, a exprimé vigoureusement son refus d’endosser la position du Parti libéral quant à la laïcité de l’État. «Blessée, sidérée et choquée», elle se demande en fait si elle est membre du même Parti libéral qui a combattu pour la séparation de l’Église et de l’État, qui a obtenu le droit de vote des femmes et qui a fait élire la première femme députée.

«Je refuse toute dérive vers le relativisme culturel sous couvert de religion, pour légitimer un symbole, comme le tchador, qui est l’expression même de l’oppression des femmes, en plus d’être la signature de l’intégrisme radical»

Je crois qu’elle a raison et je suis heureux qu’elle se tienne enfin debout pour le dire, après des mois de silence. Espérons que ça fera réfléchir au caucus et dans le parti libéral de Philippe Couillard.

L’intégrisme monte presque partout en puissance, au Québec comme ailleurs. Nous n’avions pas besoin des «accomodements» opportunistes de quelques députés à Monsieur Marc Tanguay, par exemple - pour en arrêter le progrès. La démocratie est ici en jeu.

2013-11-16, par Jean Carette

Ainsi donc, Diane de Courcy a résolu de passer le projet de loi 14 sur la Charte de la langue française à la déchiqueteuse, faute d’accord avec la CAQ. Triste jour : alors que le Français devrait fédérer au-dessus des partis, voilà sa défense enlisée dans les chantages politiciens. J’en connais plus d’un qui sera Très déçu de ce cul-de-sac.

Cependant, je reste persuadé que le gouvernement aurait pu trouver un compromis sur les trois points de désaccord. Le mieux est souvent l’ennemi du bien, et une entente, même insuffisante, aurait été utile et aurait permis d’avancer.

Nicolas Machiavel: « En politique, le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal.»

2013-11-17, par Jean Carette

Qu’est-ce qui pousse et motive un Pierre Gérin-Lajoie, 93 ans, ou un Marcel Barbeau, 88 ans, ou une Marguerite Mendell, 65 ans, lauréats cette semaine du Prix du Québec, à toujours intervenir, agir, ou créer ? Après tout, ils ont assez donné, ils pourraient se reposer comme bien d’autres. La retraite n’est-elle pas justement la période pour s’amuser et passer le temps ... à le regarder passer ?Eh bien NON ! Pas de retraite pour les acteurs sociaux, pour les créateurs. Pas de temps à gâcher ni à perdre. Les urgences réclament de ces disciples de Sisyphe de toujours remonter leur pierre vers les sommets du changement, du nouveau et de la justice.

Félicitations ! Il ne convient jamais que la vie ne soit autre chose qu’un perpétuel commencement, et non l’attente désœuvrée de sa fin.

2013-11-18, par Jean Carette

Bonne nouvelle et joie de ce dimanche. Mon manuscrit est maintenant terminé et transmis à un trio de lecteurs et amis (30 ans, 62 ans et 86 ans !) qui vont pouvoir initier une lecture critique et sans complaisance et me suggérer les dernières corrections avant le transfert à l’éditeur éventuel.

J’ai une forte impression d’accouchement et de mise au monde : l’âge et la retraite sont aussi des tremplins pour assurer l’ouverture et la découverte.

Demain, à Radio Ville Marie, 91,3 FM, à 11h, nous recevons Alain Vadeboncoeur, médecin et militant. Chef du service de médecine d’urgence de l’Institut de cardiologie de Montréal et professeur agrégé à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal, le Dr Alain Vadeboncoeur, est aussi président des Médecins québécois pour le régime public.

À 20h PM, Michel Rioux rencontre à Entretiens Jean-François Nadeau, directeur adjoint de l’information au journal Le Devoir.

2013-11-21, par Jean Carette

Vous êtes plus d’une centaine à m’avoir souhaité bon anniversaire toute la journée. Proches ou moins connus, je vous en remercie. Si tout le monde avait le support d’amitié en réseau dont j’ai le privilège de bénéficier, je crois que la joie de vivre y trouverait son beau chemin ! Je ne peux répondre à chacun, j’y passerais ma nuit ! Mais je n’oublierai pas ce cadeau de fraternité. Merci.

Je viens de participer, mardi dernier, à une rencontre d’aînés passionnants. Ils ont créé à Laval un groupe de réflexion sur des enjeux sociaux et culturels et se réunissent chaque mois à la Place des Aînés autour d’une personne-ressource.

Nous avons eu des échanges intéressants et profonds sur le système actuel de revenus de retraite au Québec. Au rez-de-chaussée, s’amusaient des joueurs de bridge ou de billard : ludique certes, mais un peu court si ces jeux occupent l’essentiel des jours et de nos esprits !

C’est au cœur des enjeux du monde, de ma société et de ma planète que je veux vivre le reste de mon âge.

2013-11-22, par Jean Carette

Claude Castonguay, le père de notre assurance-maladie, n’y va pas de main morte dans son mémoire sur le livre blanc de l’Assurance Autonomie à la Commission des soins et services sociaux de l’Assemblée Nationale. Deux commentaires :

1. les arguments de Claude Castonguay sont à prendre en compte, même s’ils sont fatigants pour le ministre Hébert. Une structure de plus, comme la Caisse autonomie, ne protégera pas les contribuables payeurs.

2. Lisez aussi le mémoire du Conseil du Statut de la Femme : bien fait, avec des données précises, sa lecture est conseillée au docteur Hébert. cliquez ici

3. Samedi midi, je suis invité à Radio Canada, dans l’émission de Michel Lacombe, "Faut pas croire tout ce qu’on dit". Le ministre Hébert sera au bout du fil : espérons qu’il aura des précisions à nous apporter.

Quant à Claude Castonguay, à 84 ans, une telle énergie combative, bravo !

2013-11-23, par Jean Carette

Michel Lacombe m’a invité demain samedi midi à son émission sur Radio-Canada, faut pas croire tout ce qu’on dit. Thème : l’assurance autonomie et le livre blanc du Docteur-ministre Hébert. Avec la participation de Jacques Benoit, du Protecteur du citoyen, de l’expert en santé Contandripoulos , de Nancy Neentam , présidente du Chantier de l’Économie sociale et du ministre lui-même au téléphone.

Beaucoup de questions en suspens dans ce Livre blanc, en particulier les financements et la privatisation larvée du système de santé. Espérons qu’on y verra plus clair, à la veille d’un dépôt de projet de loi. Espérons surtout que le ministre ne sera pas empêtré ou bloqué dans les négociations qu’il devra opérer avec l’opposition. C’est aussi sa propre autonomie politique qui est ici en jeu...

2013-11-24, par Jean Carette

Emporté par une colère légitime, mon collègue et ami Joël Le Bigot a traité ce matin de «cons» les responsables de la gestion du pont Champlain, et donc de notre sécurité. Ça n’est guère conforme avec les règles de la bien séance et les censeurs du CRTC vont se pincer le nez. Et pourtant je pense que Joël a parfaitement raison. Nous sommes face à un grave problème d’incurie, d’incompétence et d’irresponsabilité et après enquête quelques personnels d’encadrement devraient pouvoir être remplacés. La période est propice, puisque la Commission Charbonneau et les unités spéciales de police sont en train de faire le ménage dans les bureaux d’ingénierie.

Jacques Dutronc disait : « La cravate, c’est le passeport des cons.» Mais attention ! Cavanna : « Les cons gagnent toujours; ils sont trop!»

Allez, mon vieux Joël, et vive la libre pensée libre des aînés...

2013-11-25, par Jean Carette

Cet après-midi, je rentrais d’un brunch familial heureux et je suis passé sur la 40, près de la FTQ, qui ouvre son congrès cette semaine. Première réaction : le Fonds de solidarité va en prendre un méchant coup avec toutes ces turpitudes. Deuxième réaction : la crise interne est loin de se terminer avec un nouveau président, car elle est plus profonde, elle dépasse les personnes et touche à la gouvernance de la centrale, à ses contradictions persistantes et structurelles. À suivre.

Demain sur RVMarie, à 11h, en direct dur 91,3 FM, Jean-Pierre Ménard nous expliquera le projet de loi qu’il pilote avec la ministre Hivon sur l’aide médicale à mourir.

À Entretiens, à 20h PM, je recevrai Claude Vaillancourt, militant altermondialiste, à propos de son essai, Différence et contrôle social, aux éditions Triptyque. Un entretien préenregistré et passionnant.

2013-11-26, par Jean Carette

Ainsi, Denis Coderre va nommer son candidat malheureux Philippe Schnobb comme patron de la STM. On appelle ça une nomination partisane. Espérons que Monsieur Schnobb fera aussi bien que son prédécesseur Michel Labrecque, auquel il sera difficile de succéder, vu l’excellence de son travail de président en faveur du transport collectif.

Et pendant ce temps-là, on nous a montré les nouvelles rames Azur du métro de Montréal, présentées en grande pompe à La Pocatière, en présence de Pauline Marois et de Denis Coderre : 1,9 milliard, avec une durée de 50 ans et des milliards (au moins 16 en prévision) de déplacements, dont ceux du président Schnobb peut-être...

2013-11-27, par Jean Carette

La fameuse poutre est donc arrivée : on est en train de l’assembler, avant de la fixer. Tiendra, tiendra pas ? Les architectes et les ingénieurs s’affrontent et sont sous tension. Minables ou nuls ?

En plus, Québec et Ottawa s’affrontent sur la construction future, et les chicanes reprennent de plus belle : il faut bien amuser la galerie, non ?

Vous ne trouvez pas que la colère pourrait monter ? Que le citoyen ordinaire et qui a payé et paiera le pont pourrait s’inquiéter, s’énerver et s’indigner ? Il paraît qu’un homme averti en vaut deux. Je pense qu’un citoyen mobilisé en vaut au moins trois...

2013-11-28, par Jean Carette

Avec des directeurs généraux à plus de 400.000 $ de revenus au CHUM ou à Tourisme-Montréal, plus les notes de frais, les fausses factures et tout ce qu’on ne peut savoir, les écuries d’Augias sont pleines. Nous avons ici affaire à des goulus voleurs des deniers publics, au mépris évident des règles du bien commun.

Le minimum décent serait qu’ils remboursent la partie illégale ou sans justification réelle de leurs revenus, faute de quoi leurs revenus devraient être saisis jusqu’à remboursement des excédents. De plus, pour le CHUM, ou une démission immédiate ou un licenciement sec avec un billet de retour pour la France... Quant on pense au salaire des préposés ou des précaires sans sécurité, on a envie de vomir. Scandaleux et ignoble !

Suivi de la STM, dont le dossier est aussi épinglé par le Vérificateur général Samson : bon appétit, Monsieur Schnobb (130 000$ par an pour présider le CA!)

2013-11-29, par Jean Carette

Oui, vous êtes en colère et, comme Jean Bottari, vous avez envie de fesser sur les endormis qui n’avaient rien vu, rien entendu et qui crient au scandale qu’ils ont eux-mêmes caché ou couvert.

Messieurs Paire et Lapointe ont sans doute veillé à faire entériner leurs conditions d’emploi : tout ou presque devrait se révéler réglementaire et légal et après avoir fait le gros dos, ces messieurs retourneront à leur champagne et foie gras.

Le problème, c’est que même si c’est légal, ça n’est pas légitime, d’autant qu’il s’agit de nos impôts et qu’on nous l’avait caché. Ce n’est pas légitime du point de vue moral, et je pense à Stéphane Hessel qui avant de mourir jetait ses dernières forces pour nous appeler à la RÉSISTANCE.

C’est la colère qui est légitime, celle de l’alouette, «entre la chair et l’os» , comme chantait Félix.

2013-11-30, par Jean Carette

Depuis quelques mois, quand j’évoque un problème social, une inégalité ou une injustice, un scandale ou un défaut de gouvernance, certains m’écrivent en me demandant que faire et par où commencer.

1. D’abord je n’ai ni baguette magique ni le goût de donner directement des recettes pour agir ou intervenir.

2. Si vous avez lu, partagé, commenté, c’est que vous avez déjà commencé à agir.

3. Par contre, je suis prêt à en discuter, à échanger nos idées et nos expériences, nos projets citoyens et collectifs, avec tous ceux et celles qui se posent les mêmes questions.

4. Pourquoi ne pas ouvrir une page Facebook consacrée à ce partage et à cette recherche commune ?

À réfléchir, si vous le voulez bien, en nous laissant le temps nécessaire pour une élaboration efficace et positive.

Alain Touraine : «Dans un passé récent, nous avons cru au progrès, c’est-à-dire à la fois à l’efficacité et au bonheur. Aujourd’hui, c’est contre le profit spéculatif et contre la manipulation des opinions que nous devons protéger notre capacité et notre volonté de créer.» (La fin des sociétés, Seuil, page 595)

2013-12-01, par Jean Carette

Ce qui se passe à propos du Pont Champlain me paraît très emblématique de la situation du Québec quant à sa gouvernance. Les diverses institutions qui assurent la société québécoise de sa permanence et de sa stabilité relative, mais aussi assurent ses changements dans son action sur elle-même me semblent frappées de sclérose et de nécrose : branlantes, pour ne pas dire agonisantes.

À leur chevet, les experts se perdent en conjectures, les puissants se font dominants et s’épuisent à préserver une multiplicité de systèmes de pouvoir, d’autorité et d’influence; les politiciens, gouvernants ou opposants, manient le verbe pour nous promettre ce qu’ils ne sauraient tenir dans le contexte et pour justifier une gestion le plus souvent injustifiable, faisant croître notre scepticisme et le risque d’un recours à d’autres voies moins démocratiques.

Les poutres de secours ne feront que gagner un peu de temps; il nous faudra bien reconnaître l’inutilité et la nuisance de certaines médiations aux dépens et au mépris du social.

2013-12-01, par Jean Carette

Ce qui se passe à propos du Pont Champlain me paraît très emblématique de la situation du Québec quant à sa gouvernance. Les diverses institutions qui assurent la société québécoise de sa permanence et de sa stabilité relative, mais aussi assurent ses changements dans son action sur elle-même me semblent frappées de sclérose et de nécrose : branlantes, pour ne pas dire agonisantes.

À leur chevet, les experts se perdent en conjectures, les puissants se font dominants et s’épuisent à préserver une multiplicité de systèmes de pouvoir, d’autorité et d’influence; les politiciens, gouvernants ou opposants, manient le verbe pour nous promettre ce qu’ils ne sauraient tenir dans le contexte et pour justifier une gestion le plus souvent injustifiable, faisant croître notre scepticisme et le risque d’un recours à d’autres voies moins démocratiques.

Les poutres de secours ne feront que gagner un peu de temps; il nous faudra bien reconnaître l’inutilité et la nuisance de certaines médiations aux dépens et au mépris du social.

2013-12-03, par Jean Carette

Un communiqué de La Presse canadienne nous apprenait ce matin que le projet d’assurance autonomie est reporté d’au moins un an (mars 2015). Une question de délai à l’Assemblée nationale et de coincidence obligée avec les dates d’année financière.

J’ai dit et répété que c’était un bon pas en avant, malgré ses imprécisions et ses manques, en particulier au niveau des moyens et du cadre financier, mais que je doutais de son adoption tel quel par les députés. Et voilà que le ministère fait machine arrière ! Décidément, le gouvernement ne gouverne pas. Le bilan est faible, très faible. Et dire qu’on photographie dans La voix de l’Est le ministre durant sa visite à la Maison Gilles Carle de Cowansville ce samedi midi pour vanter son projet de loi !!

Edgar Morin, La Méthode, tome 3 : «Par écologie de l’action, on entend que toute action, une fois engagée, entre dans un jeu d’inter-rétro-actions dans le milieu où elle se déroule, et peut non seulement dévier de sa voie, mais déclencher des forces adverses plus puissantes que celles qui l’ont initiée, pour finir par revenir comme un boomerang frapper la tête de ses auteurs.»

Il est grand temps de laisser les électeurs clarifier le champ politicien.

2013-12-04, par Jean Carette

Sylvie Therrien était de passage à Montréal en ce début de semaine; il s’agit de cette employée d’emploi Canada qui a dénoncé les quotas de coupures et de rendement que lui imposait son employeur fédéral aux dépens des chômeurs.

Madame Therrien a eu un courage peu commun puisqu’elle doit désormais vivre avec les conséquences : licenciée, elle ne pourra percevoir d’assurance-chômage. Heureusement une campagne de solidarité a été lancée par le CNC et apportera à Madame Therrien les revenus qui lui manquent injustement.

En entrevue ce matin, la question lui a été posée : «Pourquoi avez-vous agi ainsi ? D’où vient votre courage ?» Sylvie Therrien a répondu plusieurs fois : «Je ne pouvais vivre avec ça». Une belle et directe définition de ce qu’on appelle la dignité. Le tragique Électre de Jean Giraudoux ( «J’ai la justice, j’ai tout» .) s’appelle désormais Therrien.

2013-12-05, par Jean Carette

Suite aux révélations d’Edgar Snowden, désormais réfugié en Russie, nous savons que l’Agence américaine NSA surveille la planète : grâce au programme PRISM, la NSA ratisse, recueille, stocke, analyse et gère des milliards d’informations sur nos vies, nos relations, nos opinions et jusqu’au moindre de nos gestes. Big Brother est désormais présent et actif, aux dépens de nos libertés d’aller et venir, de penser et d’agir.

On peut comprendre et admettre les exigences de la lutte au terrorisme, ses réseaux et leurs funestes surprises. Mais de là à vouloir contrôler nos vies, il y a un pas que nos voisins du Sud hésitent rarement à franchir et qu’il faudrait baliser au plan mondial et au niveau politique.

Derrière nos libertés privées, c’est la démocratie elle-même qui est ici menacée. Une vigilance citoyenne s’impose.

2013-12-06, par Jean Carette

Nelson Mandela est mort et mon deuil commence avec celui de millions de gens ordinaires. Mais je crois et j’espère qu’il sera plus vivant mort que durant sa vie. Ce type de prophète est vraiment immortel, non comme les dieux ou comme ceux qui se prennent pour eux, mais comme un homme dans toutes les dimensions de sa vie et de ses engagements.

J’évoquais il y a quelques jours Électre, cette résistante si libre. C’est une nouvelle Électre que nous venons de perdre, une Électre en pantalons, poussant la dignité et le sens de la justice jusqu’au respect de toutes leurs conséquences.

Pour mes amis noirs, je suis heureux de son enveloppe sombre, mais au fond si transparente.

Mon chagrin passera, pas lui.

2013-12-07, par Jean Carette

Bilan habituel et rituel de fin de session parlementaire à Québec : la première ministre a dit beaucoup de bien de son gouvernement, le chef libéral a dit beaucoup de mal du gouvernement et les autres chefs ont opiné du bonnet. Pas de quoi pavoiser ni même faire une nouvelle très neuve ! « Parler, parler pour ne rien dire, parler pour faire peur au silence».

La commission parlementaire ad hoc a recommandé l’inversion du pipeline vers l’Est, malgré les risques et malgré une opposition des citoyens environnementalistes. Sauvons les emplois, même les pires, grâce au pétrole et aux sables bitumineux de l’Ouest. Dix-huit conditions ont été couchées sur papier : Greenpeace Canada et Équiterre ont rappelé que, dans le passé, la compagnie Enbridge avait toujours refusé de prendre en charge les mesures recommandées, les reportant sur le dos des municipalités. Attendons les incidents et autres déversements qui ne manqueront pas de survenir...

2013-12-08, par Jean Carette

Hier, Denis Coderre était invité sur le plateau de l’émission d’Anne-Marie Dussault, ACTV. Quelle bête politique ! Il ne dit rien que des évidences, mais ça pogne, comme on dit. Tout propos des autres invités - un jeune noir virtuose, deux chefs cuisiniers - est immédiatement récupéré et ressort, servi à la sauce politicienne. En plus, il s’en amuse beaucoup et se fait tout un spectacle à lui-même. Labeaume fait de même, mais il s’emporte et fait l’excessif colérique. Les élans de Denis Coderre sont du théâtre pur, sans difficulté de contrôle au plan émotif : fausse colère, faux rire, fausse tendresse.

C’est Narcisse, plus un peu Charlot, un peu Ubu. On voit le nez, on oublie l’œil et la voix. Attention ! Séducteur : danger !

2013-12-09, par Jean Carette

Aujourd’hui 9 décembre 2013 : il y a 60 ans, jeune collégien de 12 ans, j’assistais à une conférence d’un curé bizarre alors presque inconnu, qu’on appelait l’Abbé Pierre, et qui nous invitait à le suivre dans Paris pour distribuer une soupe réconfortante aux sans-logis de la rue. Autrement dit, il me donnait les clés de mon évasion du pensionnat dans Paris by night! Ces excursions dans le Paris de la misère nocturne ont définitivement changé le cours de ma vie, pour faire de moi un militant actif de tous les droits humains. 60 ans plus tard, je persiste et signe.

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À Radio Ville Marie, 91,3 FM, lundi 11h, nous recevons le sculpteur Armand Vaillancourt, jeune artiste plein d’avenir à 83 ans.À 20h, à Entretiens, je reçois un ami, Henri Lamoureux, à propos de son dernier roman, La mariée des montagnes vertes, aux éditions B. Levesque.Épatant, non ?

2013-12-10, par Jean Carette

Voilà un document qui est en fait une belle leçon sur les débats démocratiques, tels que les perçoivent et les animent les puissants du jour. Il est ici question de l’inversion des tuyaux Enbridge pour atteindre l’Est du Canada avec les sables bitumineux de l’Alberta. Mais, face au seul groupe citoyen qui a réussi à présenter son avis à la Commission, il s’agit surtout de la manipulation-inversion des règles du jeu parlementaire : au lieu de parler du vif du sujet, deux députés se chargent de la sale besogne d’attaquer un militant et défenseur de l’environnement sur ses appartenances partisanes et même sur son honnêteté personnelle. Retenons le nom de ses deux acolytes : Luc Trudel, député PQ de Saint-Maurice, et Scott McKay, député PQ de Repentigny (ex-chef du Parti vert). Bel exemple de procès d’intention pour détourner du véritable enjeu ! Cliquez ici pour voir la vidéo

2013-12-11, par Jean Carette

J’apprends comme vous tous que les ventes d’armes et de munitions réalisées par le Canada ont augmenté de 100% au Bahrein , en Algérie et en Irak, de 98 % au Pakistan, de 93% au Mexique et de 83% en Égypte. Si je comprends bien, les affaires sont les affaires, peu importent les droits humains.

Je suis décidément fier d’être canayen.

Autre chose : Agnès Maltais, sous la pression des entrepreneurs, vient de reculer sur l’octroi du salaire minimum aux travailleurs cueilleurs de fraises et de framboises, alors que le PLQ l’avait décidé pour 2014.

Décidément, je suis fier, très fier de mon bon gouvernement paiquiste...

2013-12-12, par Jean Carette

Le pape François est donc la personnalité élue de l’année pour la rédaction du Time Magazine. Je ne suis guère papiste, encore moins ultramontain, mais j’avoue ma joie. Ce type a su se rapprocher et rapprocher son institution, sclérosée et trop défensive, du monde ordinaire. En plus, il s’affaire à nettoyer les écuries romaines et leurs finances secrètes et douteuses, pratique la collégialité et l’ouverture. Enfin, il pratique quotidiennement la compassion simple et humble, sans jugement ni anathème, comme un bon samaritain, prenant l’Évangile au sérieux et même parfois au pied de la lettre.

François a des défis quais insurmontables devant lui, mais je lui souhaite bon Noël et bonne chance, de la part du mécréant que je suis. En espérant qu’il sera assez avisé pour se protéger et survivre aux magouilleurs qui l’entourent en voulant l’étouffer et le contrôler.

2013-12-13, par Jean Carette

Avec la disparition du facteur, c’est un lien direct de personne à personne qui s’estompe. Bien des gens vont se sentir plus isolées, même si elles ne passaient pas de longs moments quotidiens avec le distributeur de courrier. Faisant partie du paysage, le facteur appartenait à notre imaginaire collectif.

Ici la rentabilité sociale n’est pas prise en considération. En Europe, certaines caisses de retraite subventionnent un abonnement à un journal quotidien pour obliger le passage du facteur et permettre ainsi une veille efficace des aînés seuls dans leur domicile.

Et rappelons-nous Il postino, un véritable poème sur l’éducation ! Bientôt, le facteur canadien sonnera à la porte pour la dernière fois. Changement et nostalgie.



Bravo à Dany Laferrière pour son élection parmi les Immortels ! Une fierté pour les québécois, les haïtiens et toute la francophonie.

2013-12-14, par Jean Carette

Allez tout de suite et prenez 5 minutes pour cliquer à droite pour écouter l’opinion de Micheline Lanctôt sur Paul Desmarais et l’unanimité factice qui a entouré ses funérailles.

Invitée par Marie-France Bazzo , Micheline Lanctôt n’y va pas de main morte et nous révèle en fait la réalité subtile de la domination et des rapports sociaux. Un vrai cours de sociologie politique, sans compter un plaisir à voir et à entendre. Parfois la caméra s’attarde sur les visages faussement neutres d’un journaliste à La Presse ou de la rédactrice en chef du Devoir.

Moment délicieux et instructif ! Belle leçon de vérité.

2013-12-15, par Jean Carette

À suivre dimanche et surtout lundi : la réunion des ministres des finances à Ottawa. À l’ordre du jour : l’amélioration du Régime de pensions du Canada et, par voie de conséquence, du Régime des Rentes du Québec.

L’Ontario, l’Île-du-Prince-Édouard, le Manitoba et Terre-Neuve souhaitent une bonification du Régime, jusqu’à en doubler les cotisations et les bénéfices. Les autres provinces et le fédéral rechignent, jugeant la charge trop lourde pour les employeurs. Quant au Québec, il devrait suivre la majorité qui dégagera une décision.

Un compromis sous forme de bonification progressive pourrait être trouvé à cette rencontre décisive. C’est là qu’on va mesurer le sens des responsabilités de nos politiciens, car cette bonification pourrait sortir de la pauvreté de nombreux aînés dans le futur, mais aussi diminuer une pression trop forte sur les régimes complémentaires de retraite. À suivre donc.

2013-12-16, par Jean Carette

Cela fait un moment que je ne vous ai pas donné de nouvelles du manuscrit que je finalise.

Fernand Dansereau m’a transmis ses critiques très positives et ses suggestions. J’en ai tenu compte et j’ai réorganisé certains textes et chapitres. J’attends les deux autres lecteurs fin décembre. Ce qui me permettra de transmettre un manuscrit terminé en janvier 2014. Après, il faudra attendre avec patience et stoïcisme...

Aujourd’hui, à Radio Ville marie, nous recevrons Myriam Fahmy, de l’Institut du Nouveau Monde, à propos de L’État du Québec 2013-2014, un outil annuel de référence novateur et très utile. 11h AM sur 91,3 FM.

À 20h PM, Michel Rioux s’entretiendra avec Yvon Rivard, écrivain québécois, professeur retraité de Mc Gill.

2013-12-17, par Jean Carette

Déception ce soir au Lac Meech : Ottawa refuse un doublement du régime public de base, sous prétexte que ce serait une taxe qui pèserait sur l’ emploi et donc sur les salaires des travailleurs.

D’ abord une mise au point : toute la journée, les médias ont seriné qu’il s’agissait de doubler les cotisations, alors qu’il s’agit d’une augmentation progressive des cotisations de 3% pour les travailleurs et de 3% supplémentaires pour les charges patronales, soit 6% au total de plus qu’actuellement. On a les journalistes qu’on peut !!

Espoir : les provinces étaient unanimes contre Flaherty, à quelques nuances près. Autrement dit, il faudra faire céder ce gouvernement ou changer de majorité pour assurer l’avenir des revenus de retraite. C’est lentement que progresse la conscience citoyenne.

2013-12-18, par Jean Carette

Les produits dérivés sont des outils financiers permettant de se protéger des hausses ou des baisses de prix ou de taux : des assurances en quelque sorte.

Mais au fil des ans, ce sont devenus des produits financiers toxiques qui alimentent la spéculation des grandes banques. Jugeons-en : sur les 5300 milliards de dollars sont échangés tous les jours, 92 % sont purement spéculatifs, c’est-à-dire qu’ils ne servent qu’à faire - ou perdre - de l’argent avec de l’argent, comme au casino. Seuls 8% servent désormais à se prémunir contre les risques.

Or la crise de 2008 a été largement provoquée par ces produits toxiques et l’investisseur milliardaire Warren Buffet les considère comme une «arme de destruction massive».

Une taxe de 0,01% sur les transactions financières dégonflerait aux trois-quarts la balloune infernale. Mais elle n’est toujours pas appliquée. À quand le prochain tsunami de la finance ?

2013-12-19, par Jean Carette

Ainsi donc Marc Ouellet vient d’être reconduit par le pape comme président de la Congrégation pour les évêques. La nouvelle a de quoi en étonner plus d’un. Il faut y ajouter que trois des plus conservateurs parmi les membres du comité de direction de ladite congrégation ont eux été remerciés, deux italiens et un américain. Rééquilibrage donc, d’autant que Marc Ouellet fera sans doute un bon super-gendarme au service du pape François. «Père, gardez-vous à droite. Père, gardez-vous à gauche».

Le pape François a nié récemment être marxiste : ouf ! J’ai failli croire que c’était le dernier...

Marc Ouellet y veillera scrupuleusement...

2013-12-20, par Jean Carette

Voilà dix ans que la Maison des aînés Hochelaga-Maisonneuve est ouverte : 32 logements et une salle communautaire où nous fêterons Noël. Depuis dix ans, beaucoup de participation bénévole, de rires et de deuils, de paris en difficultés. Nous les surmontons ensemble, en cherchant trop souvent des financements pour maintenir bas les loyers et permettre les activités et les échanges intergénérationnels.

Alors, un fraternel Noël aux résidentes, aux membres du CA - tous des aînés - et un appel au bénévolat et à votre temps libre pour soutenir ou développer des activités dans cette maison qui doit rester un véritable milieu de vie, au travers les aléas du vieillissement et du grand âge...

2013-12-21, par Jean Carette

Amnesty international nous rappelle que plus de 682 personnes ont été exécutées l’an dernier au mépris de leur droit à la vie, pour des crimes comme l’adultère, le blasphème, la sorcellerie ou l’inimitié à l’égard de Dieu. 58 pays n’ont toujours pas aboli la peine de mort.

Comment en sortir ? Par des pressions citoyennes au plan international, bien plus que par des démarches politiciennes ou diplomatiques. Malheureux à dire, mais c’est la honte médiatisée et la peur du gendarme qui viendront à bout de la barbarie institutionnalisée dans certains pays, au premier rang desquels on retrouve la Chine et les États-Unis.

«Mort à toute peine de mort» , chantait Georges Brassens dans La messe des pendus.

2013-12-22, par Jean Carette

Nous sommes bombardés de vérités, et chacun de vouloir imposer la sienne, à coup d’éloquence et de séductions, mais aussi à coup de violence et de mensonges. Chacun de prétendre connaître les réponses, LA réponse, au lieu d’accepter la question, entre les doutes et les interrogations. C’est, je crois, Valéry, qui disait : «La réponse précède toujours la question.» Autrement dit, c’est de question en question que nous progressons vers la vérité, et d’un intégrisme à l’autre que nous reculons en humanité. Chercher la vérité ou s’efforcer d’être vrai ? «Être vrai : peu le peuvent», s’exclamait Nietzsche. Tel est l’enjeu de ce qu’on appelle la maturité.

2013-12-23, par Jean Carette

Ce lundi, à Radio Ville Marie, Michel Rioux reçoit en entrevue Roger et Jean-François Payette, qui viennent nous parler de leur livre «Ce peuple qui ne fut jamais souverain - la tentation de suicide politique des Québécois» . La cage va brasser !

Je reçois aussi Pascal Chevrette en chair et en os, à propos du livre Évangéline- Contes d’Amérique, du sociologue Joseph-Yvon Thériault. Ou comment on recrée Pénélope en terre d’Amérique, entre poésie et histoire. Passionnant.

À Entretiens, à 20 heures, je reçois Charles Enderlin , reporter à France 2 en Israël, à propos de son livre «Au nom du temple» , où il évoque le retour et l’irrésistible ascension du messianisme juif depuis 1967, avec ses effets redoutables sur la cause palestinienne. Terrifiant !

Dernières émissions de 2013 et de la saison d’automne, avec mes voeux de Noël, fraternel, sobre et humain.

2013-12-24, par Jean Carette

La liberté a parfois un prix, surtout quand la bêtise humaine s’y oppose.

J’ai donc résolu de prendre une pause de quelques mois hors des ondes de Radio Ville Marie, que j’alimente avec joie depuis 11 ans déjà. Mais rien n’est acquis, jamais.

Ce temps de repos devrait me permettre de reprendre les forces nécessaires et de relancer ma disponibilité pour réaliser de nouveaux défis de transmission, à RVM ou ailleurs. Librement.

2013-12-25, par Jean Carette

Belle histoire de Noël que celle de la victoire de Claude Robinson en Cour suprême : enfin ! Les bandits «en pantalons et en jupons» qui lui ont volé son travail et son œuvre sont clairement et unanimement dénoncés. Le courage têtu de Claude Robinson a été exemplaire : j’ignore si les voleurs seront un jour forcés de payer, comme je l’espère, mais la justice est désespérément lente, au seul profit des puissants.

Au moins Claude Robinson a vaincu ses prédateurs et... notre indifférence. C’est déjà beaucoup.

J’ai eu la curiosité de regarder les écrits de Daniel Defoé, qui le premier a inventé cette histoire. J’ai trouvé ceci : «Les lâches deviennent hardis s’ils pensent qu’ils ne risquent rien.»

2013-12-26, par Jean Carette

Frédéric Back est parti, après une vie de création et d’engagement. Une vie belle et formidable. Un chemin de militance et de beauté.

J’ai comme vous dans la tête les images de L’homme qui plantait des arbres. Réunir Jean Giono, Philippe Noiret et Frédéric Back dans un même travail de création relève du génie : savoir associer les talents demande une clairvoyance forte, mais aussi une humilité qui sait s’effacer devant un autre pour mieux promouvoir une vérité d’ensemble liée à la survie de la planète. La beauté, c’est ce qui nous embellit.

Cliquer ici pour retrouver ses traces et son humanisme. Frédérick Back, citoyen du monde : le citoyen a quitté son monde; le monde a gagné un héritage citoyen. À nous, à moi d’assurer la transmission.

2013-12-27, par Jean Carette

À la veille des jeux olympiques de Sotchi et de son couronnement médiatique, le tsar Poutine est content de lui : son ami Bachar Al-Assad est encore en place à Damas, l’Ukraine a tourné le dos à l’Europe et a plié sous le chantage aux prix du gaz russe; de plus il s’est débarrassé des Pussy Riot qu’ il avait enfermées en camp sibérien et de son ex-rival Mikhael Khodorkoski . Le tsar gouverne en maître absolu, sans scrupule ni vergogne.

La devise des jeux : Citius, altius, fortius; plus vite, plus haut, plus fort. Il ne reste à Poutine-Néron qu’un pas à franchir pour devenir un dieu, comme Lénine, Staline et les autres. Mais attention au déboulonnage ultérieur...vers les ravins du Capitole !

2013-12-28, par Jean Carette

Edward Snowden , l’ancien consultant de la NSA, dont il a dénoncé les pratiques au péril de sa vie, nous adresse un message de fin d’année, où on peut lire : « Un enfant qui naît aujourd’hui grandira sans avoir aucune notion de la vie privée. Il ne saura jamais ce que signifie d’avoir un moment d’intimité personnelle, une pensée qui ne soit pas enregistrée ou analysée... Cela pose un problème parce que l’intimité compte, elle nous permet de déterminer qui nous sommes et ce que nous voulons faire de notre vie. »

Bigre , voilà qui devrait réveiller bien du monde en faveur de la liberté de penser, sans risquer les prédateurs, les espions, les parasites ni les militaires.

Faute de quoi la vie privée est privée de sa vie.

2013-12-29, par Jean Carette

Raids aériens de l’armée de Bachar Al-Hassad : 400 morts en 10 jours, surtout des civils. Pour faire des économies de lancements de missiles, l’armée syrienne utilise le lancement de barils remplis d’explosifs, de clous et de ferraille qu’on lâche depuis des avions sur des populations civiles, en train de faire leur marché par exemple. Les civils en question sont bien sûr qualifiés de «terroristes» : il s’agit de faire le maximum de dégâts et de victimes pour impressionner et intimider.

Après les armes chimiques, en cours de destruction, voici de nouvelles armes et de nouvelles cibles de guerre contre des innocents, dont les survivants vont grossir les camps de réfugiés, en Turquie, au Liban et ailleurs : sur 22 millions de syriens, 6 sont déplacés à l’intérieur du pays et 3 à l’extérieur.

Pendant ce temps, Poutine-Néron prépare ses jeux de Sotchi et supervise les livraisons d’armes à la Syrie. Inhumain et totalitaire.

2013-12-30, par Jean Carette

Vous vous rappelez peut-être cette boutade du comique français Francis Blanche : «Mieux vaut penser le changement que changer le pansement.»

Je suis convaincu que nous sommes aujourd’hui placés devant ce dilemme-là : ou bien nous pensons les alternatives à l’action de la société sur elle-même, ses orientations nouvelles et ses priorités collectives, et nous en débattons comme des vrais citoyens, ou c’est le chaos annoncé.

Je suis aussi convaincu que je suis loin d’être le seul à penser ainsi : malgré les blocages et les passivités, les résistances et les préjugés, je sens un défrichage et des tracés de routes nouvelles pour agir. Tout ça est encore fragile, méconnu, sous-jacent mais bien réel. De quoi espérer pour l’an neuf.

2013-12-31, par Jean Carette

Régine Desforges , auteur de romans à grand succès, dont La bicyclette bleue, publie à 78 ans ses Mémoires, dans lesquelles on peut lire : «Toutes les restrictions qu’impose la vieillesse me déplaisent. Je trouve cela injuste. Certes, on peut dire plus facilement ce qu’on pense, mais ça ne me suffit pas. En esprit, je ne suis pas vieille, mais mon esprit et mon corps ne sont plus en accord. Je me sens fragile et je n’aime pas cela. »

Tout est dit en quelques lignes ; en vieillissant, nous sommes plus libres et libérés. Par contre, nous sommes comme écartelés en nous-mêmes, entre ce que nous voulons et ce que nous pouvons ; la jeunesse de l’esprit est toujours présente, mais le corps lâche. Tout l’art de vivre repose sur notre capacité de compenser les déficits par la mise en valeur de notre expérience et de notre maturité.

Ce qui dépend moins de notre «jeune» volonté intérieure que des conditions objectives de notre «vieille» histoire de vie.

2014-01-01, par Jean Carette

Au Québec, pour moi, c’est la tragédie du Lac Mégantic qui est l’événement-phare de l’année 2013.

Parce qu’elle nous a montré jusqu’où peuvent mener l’exploitation capitaliste et la marchandisation qui gagne tout.

Parce que nous avons dû subir l’arrogance et la suffisance de Monsieur Burkhardt , patron de la Montreal and Maine Atlantic railway et partisan déterminé des trains «monoconducteurs» qui ont provoqué la catastrophe.

Parce que nous avons su opposer une digne et juste colère devant tant d’irresponsabilité.

Parce que cette tragédie a réveillé la conscience écologique et verte de plusieurs.

Parce qu’elle a manifesté une solidarité vivante et tenace.

Parce qu’elle a révélé des héros ordinaires et discrets.

Parce qu’elle nous a fait connaître une mairesse, retraitée mais active et citoyenne, humaine et mobilisatrice.

Camus : «Il faut créer le bonheur pour protester contre l’univers du malheur.»

Bonne année !

Elle sera neuve si nous créons du bonheur protestataire...

2014-01-02, par Jean Carette

Mes yeux tombent aujourd’hui, premier jour de l’an neuf, sur le Manifeste du RECIFS, un regroupement d’intervenants sociaux qui porte une critique déterminée, précise et forte sur le pouvoir des chiffres, leur invasion dans l’organisation du travail social, sur l’industrialisation du réseau de la santé, sa perte d’humanité, sous prétexte de rentabiliser, rendre plus efficaces les pratiques.

Si j’étais employé dans un CSS, je crois que je réfléchirais à ma démission en signe de protestation et pour dénoncer cette perversion du système qui transforme ses agents en manœuvres qualifiés et dociles, en gérants de dossiers, en exécutants de consignes bureaucratiques plutôt qu’en accompagnateurs d’humains.

Cliquer ici pour lire le Manifeste

Quelqu’une est-elle au courant de la suite actuelle de cette initiative de la base ?

2014-01-03, par Jean Carette

En 2012, les 100 PDG les mieux payés au Canada ont touché en moyenne près de 8 millions de dollars, soit directement en actions (pour économiser sur l’impôt). Ils ont ainsi gagné 171 fois plus que le travailleur canadien moyen qui a perçu 46634 $ en 2012.

Pourquoi signaler ces chiffres ? Parce qu’ils reflètent une inégalité croissante entre les plus riches et les autres et que cette inégalité ne peut se justifier. L’écart normal devrait être de dix fois au plus; il n’y a aucune justification possible de la différence actuelle, qualifiée par les spécialistes «d’indécente».

Indécente et comme obscène : nous sommes en pleine pornographie sociale.

La France vient d’imposer à 75 % les revenus supérieurs à 1 million d’euros (=1, 450 million de dollars canadiens). À transmettre à «l’honorable » Flaherty.

2014-01-04, par Jean Carette

Madame Lise Payette a raison de dénoncer dans Le Devoir de vendredi l’incurie d’Hydro-Québec quant à l’entretien de son réseau de distribution d’énergie électrique. Oui, je sais, la neige, les vents, la glace et la nordicité : raisons insuffisantes, bien sûr. En privant plusieurs milliers de foyers de courant en pleine période des fêtes, en perpétuant son bricolage des lignes que chacun peut constater de sa fenêtre, notre «vaisseau amiral» -dixit Jacques Parizeau - en prend pour son rhume, mais surtout reproduit à intervalles réguliers son mépris de ses usagers, clients et actionnaires.

Le pire n’est pas loin, avec l’augmentation annoncée des tarifs. Au secours, René, ils sont devenus si indifférents et incompétents !

2014-01-05, par Jean Carette

Les chercheurs de l’IRIS nous révèlent que le Québec a émis, en 2011, 61,6 millions de tonnes de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, soit 11,3 millions de tonnes en trop par rapport à la quantité prévue pour ne pas dépasser les 2 degrés de réchauffement climatique d’ici 2100, faute de quoi nous devrons faire face à des changements climatiques graves, avec des conséquences humaines et des coûts économiques redoutables.

C’est le moment choisi par nos dirigeants pour applaudir l’inversion de l’oléoduc 9B qui fera transiter par chez nous le pétrole des sables bitumineux, 67% plus polluant que le pétrole algérien qui en ce moment fournit principalement le Québec.

Ne cherchez pas l’erreur; cherchez l’intérêt.

Cliquer ici pour de plus amples informations

2014-01-06, par Jean Carette

Si j’ai décidé d’une pause à Radio Ville Marie (première absence en studio ce lundi 6), c’est parce que ma joie de faire vibrer les ondes avait bien diminué. La gestion des programmes, mais surtout celle des ressources bénévoles (et salariées) laissait beaucoup à désirer. Il faudra bien qu’un jour, on s’interroge sur la mission de cette station et sur le choix des priorités et des moyens, au lieu de laisser le champ libre aux idéologies particulières ou aux rediffusions faciles.Il ne faudrait pas que le souci de survivre devienne une volonté de reproduire, au lieu de créer, d’oser, d’inventer, et pour cela, d’aérer, d’ouvrir les fenêtres au grand vent des changements socialement et culturellement utiles. Dans l’Église comme ailleurs, je crois que les conservateurs ont presque toujours tort, surtout quand ils donnent un masque progressiste à leurs peurs. Le pire risque, ce serait de ne pas savoir en prendre.



Inadmissible, et illégale, menace de ce flic sur un itinérant au métro Jean-Talon. Va-t-on se décider enfin à donner à ces épais la formation qui leur est urgente et nécessaire ou à défaut, les recycler dans la paperasse de leurs archives ?

2014-01-07, par Jean Carette

Lundi soir, je reprends le chemin des salles de cours avec le plaisir qu’on devine : développer l’intelligence, y compris celle du cœur, partager savoirs et expériences, questions et réflexions, en grande liberté et par le dialogue, parfois aussi dépanner socialement des étudiants en mal d’emploi ou de simple écoute, voilà ce que je vais tenter de vivre durant ces 15 semaines qui nous séparent du printemps.

Un cours, c’est un verglas à traverser, entre des têtes en panne et des oreilles attentives. Il faut donc être à la fois souple et solide sur ses jambes, ce que je me souhaite, dans la joie.

L’UQAM est devenu un monstre à plusieurs têtes, gigantesque entreprise de mise en marché des savoirs. Je viens de relire Le naufrage de l’université de Michel Freitag (Poche, Nota bene). Titre plein de sens et lecture utile en ces temps de mutations.

2014-01-08, par Jean Carette

À 84 ans, Yves Michaud en remet une louche en souhaitant la disparition du Bloc Québécois et en fustigeant ceux qu’il appelle les «écumeurs de fonds publics» , citant Serge Ménard qui cumule pensions et indemnités de fonction.

Même si je suis parfois sur le recul quant à ses opinions, j’aime l’indépendance ... d’esprit de Monsieur Yves Michaud. Il est vrai qu’à son âge, on n’a plus de souci de carrière et qu’on peut profiter de sa liberté de penser et de parler en public. Mais peu d’anciens ténors de la politique en font leur profit et leur amusement, avec autant d’à propos et d’intelligence. Appeler un chat un chat et dire l’inutilité du Bloc à Ottawa apporte un peu de saine fraîcheur dans le débat politique, dont les principaux protagonistes, les belles-mères et les autres, ne volent pas bien haut ces temps-ci.

2014-01-09, par Jean Carette

«Cette peur, ce désir de contrôler - voire d’anéantir - l’information, caractérise le gouvernement fédéral actuel, que ce soient les informations sur les vérifications de sécurité des trains de la Montreal, Maine and Atlantic Railway, que ce soit la prorogation parlementaire afin de faire taire les débats, que ce soit la recherche sur l’environnement, ou que ce soit la destruction du cadre et de la méthodologie censitaire.»

Qui s’exprime ainsi ? Richard Shearmur , professeur à McGill.Autrement dit, nous sommes sur la pente de l’obscurantisme : le débat démocratique, entre citoyens ou entre leurs représentants, est dépouillé de ses moyens, à savoir la connaissance des faits et leurs analyses (le recensement par exemple), et sera de plus en plus alimenté par des croyances, des dogmes ou des opinions ou des préjugés, à l’instar de nos voisins états-uniens.

Décidément, notre classe politique gouverne à droite, toute. Même les néolibéraux qui croient à «la main invisible» et à la liberté du marché souhaitent une certaine transparence de l’information et des connaissances.

2014-01-10, par Jean Carette

Un petit club de nos élites â Landry, Forget, Bertrand, Forest, Facal , et quelques autres â publient un Manifeste en faveur de l’exploitation de nos gisements de pétrole. Leurs arguments : la dette qu’il faut payer et le vieillissement. On croit rêver devant tant d’irréflexion et les écologistes â Greenpeace et Équiterre ont bondi d’indignation à juste titre.

En matière de développement durable, ce serait une erreur, et chacun le sait. De plus, il faudrait un vrai débat, aussi sérieux et transparent que celui qu’on nous promet sur la Charte, loin des pitreries déjà dénoncées ici de la Commission parlementaire qui s’est penchée avec précipitation et parti pris sur le cas du pipeline d’Embridge.

Au moment même où des images nous montrent un nouvel accident dans le transport des hydrocarbures, ces messieurs et dames pourraient-ils arrêter de médiatiser leurs préjugés et de servir les intérêts des compagnies pétrolières ?

2014-01-11, par Jean Carette

80% des végétaux, dont les légumes et les fruits, se reproduisent grâce à la pollinisation croisée effectuée par les animaux, dont surtout les abeilles. Or nous apprenons que l’Europe, mais aussi l’Amérique du Nord, dont le Québec, souffrent d’un grave déficit de colonies d’abeilles, dont le nombre diminue à grande vitesse : plus de 50% des besoins sont désormais non couverts.

Pourquoi ? Entre autres et principalement, à cause de l’urbanisation, des changements climatiques, des pesticides et insecticides, du réaménagement des paysages ruraux, de la perte de qualité de la biodiversité végétale.Conséquences : la rareté des produits, l’augmentation de leurs coûts de production et de leurs prix à la consommation.

Les abeilles sont nos sentinelles nourricières. Moins de rush, plus de ruches !

2014-01-11, par Jean Carette

80% des végétaux, dont les légumes et les fruits, se reproduisent grâce à la pollinisation croisée effectuée par les animaux, dont surtout les abeilles. Or nous apprenons que l’Europe, mais aussi l’Amérique du Nord, dont le Québec, souffrent d’un grave déficit de colonies d’abeilles, dont le nombre diminue à grande vitesse : plus de 50% des besoins sont désormais non couverts.

Pourquoi ? Entre autres et principalement, à cause de l’urbanisation, des changements climatiques, des pesticides et insecticides, du réaménagement des paysages ruraux, de la perte de qualité de la biodiversité végétale.Conséquences : la rareté des produits, l’augmentation de leurs coûts de production et de leurs prix à la consommation.

Les abeilles sont nos sentinelles nourricières. Moins de rush, plus de ruches !

2014-01-12, par Jean Carette

En évoquant hier la disparition de colonies d’abeilles pourtant nécessaires à notre consommation de légumes et de fruits, et en évoquant ses causes principales, il semble que j’aie soulevé une mini-tempête dans le cerveau de certains lecteurs. Je m’étais pourtant appuyé sur des études sérieuses, du MAPAQ ou de l’INRA par exemple.

On dirait que les enjeux écologiques sont si forts qu’ils ravivent nos peurs fondamentales et «collectives» de ne pouvoir survivre, non pas à titre individuel, mais comme espèce humaine. Ces remous sont salutaires; ils nous impliquent dans des choix de vie personnels et sociaux et nous engagent dans une dynamique de changements à faire, le plus souvent sans boussole ni vérité préalable.

Où il ne s’agit plus seulement de principes de départ ni de traditions, mais des avenirs à choisir et à faire naître. Appel à nos libertés, au risque à prendre de nombreuses fausses couches.

2014-01-13, par Jean Carette

Tim Cook, patron d’Apple, gagne 378 millions de dollars par an, alors que le président Barack Obama perçoit 400 mille dollars, soit presque 1000 fois moins !

Les entreprises les plus fortes sont sans doute plus puissantes et plus actives que les gouvernements, et leurs hauts responsables jugés plus efficaces. On appelle ça l’iniquité, et le Monde diplomatique parle du «retour des pharaons».

À quand celui de Moïse, des premières Tables de loi et de la pédagogie du désert ? Pour cela, il faudrait traverser plusieurs mers rouges et se faire prophètes, en parlant aux plus démunis de leurs possibles avenirs, dans les terres promises de leurs rêves et de leurs luttes. Sans doute faudrait-il moins de Sharon et plus de Rabin...

2014-01-14, par Jean Carette

J’apprends et constate mon remplacement - au pied levé ou préparé ?- à Radio Ville Marie par Louise Harel . Je la savais contactée par la Direction des programmes pour alimenter une chronique aux 15 jours. Voilà la Louise promue bénévolement ? Sans conditions ? - coanimatrice avec Michel Rioux. Il faudra travailler et je leur souhaite bon vent !

Même si je redoute un peu, beaucoup de radotage péquiste ou syndical pro-CSN de la part de nos deux gauchos de service. À vouloir faire toujours pencher le bateau plus à babord qu’à tribord, on risque des coups de vent et un chavirement. Patientons.

Pour moi, il était temps de prendre du recul et ma liberté.

2014-01-15, par Jean Carette

Deux sondages viennent de confirmer ce que nous savions déjà ou pressentions : 50% des retraités sont contraint au retour sur le marché de l’emploi, à temps partiel ou, pour un tiers d’entre eux et elles, à temps plein. Bien sûr, ce retour est motivé par des revenus insuffisants et en particulier par une épargne trop faible ou mal planifiée.

Mais dautres raisons sont à indiquer. D’une part, les retraités voient dans l’emploi un moyen de rester utile et intégré socialement, et on les comprend quand on constate les offres faites en loisirs et en consommation, comme si 30 à 40 années de vie après carrière pouvaient n’avoir que ces limites et ces impasses. La retraite ne saurait être réduite dans ses perspectives et son «emploi du temps» à des jeux, même les plus intelligents, ni à des achats de biens ou de services. Les retraités ne sont pas en retrait de la vie et de ses modes de gestion sociale. En fait, c’est la retraite comme concept dont il faut renouveler l’analyse et la vision.

2014-01-16, par Jean Carette

Égalité entre les hommes et les femmes, neutralité de l’État face aux religions et autres croyances, accommodements raisonnables en cas de difficultés ou de tensions. Qui peut être contre ces principes rappelés dans le projet de Charte ? À part quelques illuminés, quelques intégristes religieux, quelques imbéciles ou quelques fascistes.

Alors de quoi parlons-nous ? Et surtout, pourquoi en parlons-nous pendant trois mois de commission parlementaire ? Pour épater la galerie et les gogos médiatisés ? Ou pour attiser l’intolérance ? Ou titiller Ottawa et le ROC ? Ou encore pour diviser les québécois ?

À moins que ce ne soit pour baliser le terrain des prochaines élections, en faisant pencher les sondages. Calcul manipulateur et cynique, qui devrait réveiller notre conscience citoyenne.

2014-01-18, par Jean Carette

Des nouvelles de mon manuscrit. J’attends encore un ou deux avis critiques avant de contacter un éditeur et de mesurer son intérêt. Une question de semaines. Les opinions recueillies auprès de 3 prélecteurs sont très encourageantes et m’assurent de l’intérêt de l’ouvrage et de la reconnaissance des efforts qu’il a demandés.

L’idée de fond : si nous ne savons pas vieillir, tant au plan subjectif qu’à celui de la société, c’est sans doute parce que nous ne savons pas vivre ensemble; collectivement, nous nous accommodons, raisonnablement ou non, des inégalités entre les sexes, les cultures, les générations et les classes. D’où l’importance et l’urgence d’un sursaut citoyen auquel j’invite les aînés à participer activement.

Reste à faire place aux lecteurs, aussi nombreux que possible, pour le débat et l’action, vers les changements décidés.

2014-01-19, par Jean Carette

Aujourd’hui, je suis un peu en retard. Une visite au Musée des Beaux-Arts où va bientôt fermer l’exposition sur la musique et les autres arts à Venise.

Magnifique ! C’est assez rare de marier ainsi la peinture et la musique, ses instruments d’époque, ses artistes, depuis les fabricants jusqu’aux chanteurs. Nous en avons remis avec un concert à la salle Bourgie, avec chansons d’époque, clavecins et orgue, sans oublier flûtes et hautbois.

Se rincer ainsi l’œil et l’oreille est un cadeau à se faire, au cœur d’un hiver trop précoce. En plus, j’ai rencontré d’autres aînés de mes amis et un professeur retraité de l’UQAM. Que demander de plus ?

2014-01-20, par Jean Carette

L’IRIS poursuit ses batailles contre les préjugés. Une récente étude démontre que les emplois à vie ou de longue durée n’ont jamais connu une période de floraison ni de croissance. Il n’y a jamais eu de période soi-disant plus favorable aux travailleurs...et aux travailleuses.

J’ai connu quelqu’un qui disait : «L’idéologie fonctionne à l’évidence.»

Comme les voitures à l’essence ! Plus c’est présenté comme évident, moins ça crève les yeux...

Tant pis pour ceux qui auraient voulu rêver d’un retour aux années 1970, supposée heureuse période sur le marché de l’emploi. La nostalgie est bien mauvaise conseillère.

2014-01-21, par Jean Carette

Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie : «Toute la richesse depuis vingt ans a été captée par le sommet. Et depuis que la crise a éclaté, ce sont les Américains moyens et pauvres qui en souffrent, pas le sommet.»

L’accaparement de la richesse par les plus forts est d’abord une cause de souffrance pour les plus faibles, mais il est aussi un danger pour la démocratie et pour la société. C’est tellement vrai que les mêmes plus forts se retrouvent au forum de Davos pour en parler et chercher des remèdes.

Au fait, pourquoi notre première ministre est-elle présente à ce Forum ? Parce qu’elle aime la Suisse et ses montagnes ?

2014-01-22, par Jean Carette

Encore un sondage qui révèle ce que nous savions déjà. La moitié des répondants québécois doivent attendre 6 jours pour voir un médecin ou une infirmière. 19% ont dû fréquenter une urgence inhospitalière pour un problème mineur qui aurait dû être traité en clinique externe. Et nous sommes en retard sur l’Ontario.

D’où vient le problème ? D’erreurs organisationnelles et technocratiques, de l’écart entre les analyses abstraites et la réalité de la vraie vie, de corporatismes excessifs, mais aussi de la passivité des citoyens qui perçoivent l’inefficacité de leur système de santé comme une fatalité.

Et pendant ce temps-là, on discute du port du voile et de la cité. La maison brûle, les pompiers sont dans la rue, mais on jase au salon, entre le rouge et le bleu.

2014-01-23, par Jean Carette

Retour à MATV (Canal 9), à l’émission Libre-Service, où je tiens une chronique aux 3 semaines cet hiver, avec mes intervieweurs et amis Marc-André Coallier et Sophie Vallerand . Jeudi 23 de midi à 13 heures, avec rediffusion à 18h et 22h30. Mon sujet du jour : Les crédits d’impôt pour le maintien à domicile, ou comment économiser des sous tout en se rendant service chez soi.

Premier retour sur médias après avoir quitté Radio Ville-Marie, avec tout le plaisir d’être un communicateur utile, avec les moyens techniques et la vaste diffusion de Vidéotron.

Mais aussi des projets et des défis pleins la tête : je sens que le printemps sera fécond et joyeux. Avec l’âge, il faut se méfier des nostalgies et du radotage et tout faire pour créer, avancer, oser. L’avenir a bien meilleur goût à produire que le passé à reproduire !

2014-01-24, par Jean Carette

Un article du Monde nous révèle :

·Qu’il faut compter plusieurs centaines de milliers d’euros (+50% en dollars) pour être présents, cotisants et protégés à Davos;
·Que le maire de Londres, Boris Johnson, facétieux mais conservateur, résume le sommet qu’il boycotte à une « constellation d'ego participant à une immense orgie d’ auto-adoration ».

Les services de la Première Ministre peuvent-ils nous informer sur les coûts de cette farce mondaine et très «capitalistique» et sur ce qui est ainsi supporté par nos impôts ?

Cliquer ici pour lire l’article

2014-01-25, par Jean Carette

Un de mes amis me compare à Rabelais, à bien des points de vue. Aussi, surpris de la comparaison, j’ai ressorti de ma bibliothèque les ouvrages de cet humaniste, grand révolutionnaire de l’écriture et de la pensée. Citation saisie aussitôt : « Les beaux bâtisseurs nouveaux de pierres mortes ne sont écrits en mon livre de vie. Je ne bâtis que pierres vives : ce sont hommes.»

Tout est dit là : il faut écrire un livre de vie, au plus près de l’expérience humaine, pour accéder librement à la vérité et à la création. Beau projet qui me rejoint en effet, surtout que Rabelais sait l’accompagner du rire, «le propre de l’homme» . À suivre.

2014-01-26, par Jean Carette

La tragédie de l’Isle-Verte est une occasion de recueillement et de réflexion. D’abord au plan technique, où l’absence de gicleurs fait sentir ses cruels effets. Une question de réglementation et d’argent, bien sûr. De plus, les pompiers «volontaires» n’avaient ni la rapidité ni les moyens matériels d’intervenir efficacement. Le dévouement et l’altruisme ne suffisent pas dans ces circonstances. Ici, c’est tout le rôle de l’État qui est en question : loin des gens, loin du réel, il finance mal, il organise mal, il pense mal. Une décentralisation vers les régions et les territoires s’impose. Vrai à Lac Mégantic, vrai à l’Îsle-Verte.Tragédie atroce qui nous rappelle nos fragilités, celle des humains et celle des institutions, et la nécessité d’AGIR.

2014-01-27, par Jean Carette

À mon cours de ce lundi soir, je vais prendre pour thème d’analyse la tragédie de l’Isle Verte, car elle est symptomatique de notre dynamique sociale. Nous ne savons pas vieillir, ni individuellement ni collectivement; nous ne savons voir et faire de notre avancée en âge qu’un déclin et du vieillissement collectif qu’une impasse qui nourrit nos peurs de vieillir.

L’État y a sa grande part de responsabilité, car ses agents, politiciens ou hauts fonctionnaires, sont pris dans les préjugés âgistes, ce qui les empêche de penser et d’analyser le vieillissement comme un levier de développement individuel et sociétal.

Au point qu’il faudra toute la pression des baby-boomers pour contraindre à un changement de politiques, au plan économique comme au plan social et culturel : les aînés sont aussi des acteurs sociaux et des développeurs et, de plus en plus, entendent le faire savoir et respecter. Puisse au moins la tragédie de l’Isle Verte servir de prise de conscience de la nécessité d’agir.

2014-01-28, par Jean Carette

Rallye médiatique trépidant lundi : commençant par Bazzo - ou du moins sa remplaçante Annie Desrochers - à 7 h AM, dans le studio de Radio Canada, finissant avec Bergeron à 91,1 vers 17h PM, juste avant mon cours. Ouf !

La tragédie de l’ Isle Verte est une bonne occasion de réflexion sur la place des aînés dans notre société : leur faire toute la place, c’est prendre en compte leurs avis sur les décisions qui les concernent, comme on le fait avec des adultes responsables, ou comme on devrait le faire. C’est aussi les percevoir non comme une charge, mais comme un levier inattendu de l’action de la société sur elle-même, en tant que sources d’emplois multiples et donc de richesse, mais aussi en tant que citoyens, à part entière. Acteurs à plein temps de l’économie et de la politique : les baby-boomers vont y voir.

2014-01-29, par Jean Carette

Hier, jour d’émotion. J’ai commencé la tournée des maisons d’édition, copie de mon manuscrit en main. C’est un peu comme confier à une forêt inconnue son fragile enfant; une forêt urbaine de bureaux plus ou moins accueillants. Gilbert Cesbron, dont j’ai plus jeune dévoré les romans, avait l’habitude d’apposer en conclusion de chacun de ses ouvrages les mots : «Va donc, enfant de mon cœur» . En plus, il y a parfois quelques arbres plus menaçants et puissants : ceux d’une bureaucratie qui impose des règles tatillonnes. Untel impose des fiches à remplir, indiscrètes et rébarbatives; tel autre exige l’envoi postal pour ne pas être dérangé (sic) et ose ajouter : «De toutes façons, nous n’avons même pas le temps de tout lire » . Encourageant ! Heureusement, j’ai fait une courte sélection des meilleurs et, j’espère, des plus attentifs. Reste à attendre quelques semaines ou mois, avec patience, comme à l’urgence inhospitalière.

2014-01-30, par Jean Carette

«Je me retire de la vie publique. Je retourne dans mes terres profondes, dans le labyrinthe de ma mémoire.»

C’est ainsi que Jacques Languirand a annoncé la fin de son émission à Radio-Canada. J’ai eu le privilège d’approcher de près Jacques Languirand et de faire partie du groupe de ses fidèles. Je me revois encore dans sa maison de Westmount, en haut au bord de la terrasse, dans la salle de travail du maître, entouré de ses livres et préparant avec sa compagne Nicole son passage et le nôtre par quatre de ses chemins de pensée, de création, de paradoxe et, disons-le, d’amour des humains.

Ou encore à l’UQAM, en 2002, au lancement d’un de mes livres, Droit d’aînesse, qu’il avait accepté de préfacer. Jacques ne saurait prendre sa retraite, mais il se doit de lutter contre la maladie qui l’atteint désormais. Bon vent, cher Jacques, dans le labyrinthe de votre mémoire de géant. Et merci pour tout, en vérité respectueuse.

2014-01-31, par Jean Carette

Cavanna est mort et la tristesse m’envahit. Cavanna me faisait bien rire, mais aussi penser. Son humour me décapait l’esprit et me poussait à lutter pour plus de justice, plus de liberté et d’égalités réelles.

Souvenir : naguère, nous avons échangé nos maisons et nous voilà dans les Alpes, près de Chambéry, dans les vignobles de Saint-Chinian, face à la chaîne de Belledonne. En soirée, je lis Écritures à haute voix pour mes amis réunis : les éclats de rire fusent au point de m’obliger à arrêter ma lecture. Mirobolant de drôlerie irrespectueuse, de la part d’un mécréant jovial qui pastiche et déforme les écritures saintes, jusqu’à leur tordre le cou.

Si vous tombez sur Écritures de Cavanna, sautez sur l’occasion. Une lecture qui vous rafraîchira l’âme et lui rendra l’hommage heureux qu’il mérite.

2014-02-01, par Jean Carette

C’est le syndicalisme qui en prend un coup, et sévère, avec l’audition d’Arseneault. On y constate en effet une nette préférence pour les arrangements pris au téléphone, pour des transactions et autres interventions «deals» non débattues mais traitées entre seuls dirigeants décideurs, avec une nette préférence pour les corridors ou les salles à manger discrètes, loin des regards et de la place publique, loin des formes élémentaires de nos démocraties.

Sans compter la «proximité» avec de puissants entrepreneurs et brasseurs d’affaires. Quand les dirigeants syndicaux deviennent des PDG rusés et partagent la soupe des plus grands, ou le bateau des plus riches ou cyniques, l’alarme devrait sonner au cœur des centrales. S’impose un débat sur le syndicalisme, sa mission, ses mandats et moyens, ses modes d’action. Où est-il ?

2014-02-02, par Jean Carette

Ce 2 février, c’est la Chandeleur. Comme chandelle, car la lumière du soleil revient et avec elle, bientôt le printemps. Comme les crêpes, selon une tradition qui remonte au 5ème siècle, où les pèlerins venant à Rome recevaient du pape Gélase Ier des crêpes, réconfort et récompense.

Une tradition que ma mère respectait scrupuleusement, en faisant voler les crêpes au-dessus de la poêle, avec un sou dans la main. Il y a même à Rennes, en France, une école de maîtres-crêpiers !

Alors, bonne fête de la lumière et de l’espérance de nos printemps, érable ou autre...

2014-02-03, par Jean Carette

L’ex-juge retraitée Claire L’Heureux-Dubé : « Le mémoire [sur le projet de Charte par la Commission des droits de la personne] pèse des oeufs de mouche avec des balances de toiles d’araignée ». L’expression est attribuée à Voltaire à propos de Marivaux, son concurrent au théâtre, dont il disait aussi : « C’est un homme qui sait tous les sentiers du cœur humain, mais qui n’en connaît pas la grande route. » Voltaire ne l’a en fait jamais écrite, sinon à propos des débuts de sa propre carrière.

Espérons que la Commission saura répliquer à la juge avec autant de verve, avant de reprendre son ...sentier ou sa route !

2014-02-04, par Jean Carette

On commémore en France les 60 ans de l’appel de l’abbé Pierre en faveur des sans logis et des mal logés, le 1er février 1954. L’abbé Pierre était venu en décembre 1953 au Collège où je pensionnais pour obtenir notre bénévolat de nuit dans Paris. Pour un pensionnaire «enfermé» , c’était une aubaine, occasion rarissime de franchir les murs et de voir Paris by night!

Ce fut en fait une découverte pour moi : découverte de la misère, de la pauvreté et de l’injustice massive et cruelle, mais aussi découverte de la double nécessité des secours immédiats et de l’action politique : agir autant et en même temps sur les effets et sur les causes de l’injustice. L’appel de ce curé atypique allait déclencher en effet non seulement une solidarité directe, mais aussi entraîner une action de l’État et du Parlement, avec le vote de lois d’urgence et le déblocage des crédits pour construire les milliers de logements réclamés.

Cette découverte à 12 ans aura complètement réorienté ma vie, définitivement. À les fréquenter, j’ai vite compris qu’il y avait encore et encore des «damnés de la terre» , que l’enfer, ce n’était pas les autres, mais l’injustice largement répandue, organisée, entretenue, y compris par la charité des œuvres ; qu’il fallait, avec ce monde méconnu, caché, honteux et impuissant, tendre la main, créer des compagnonnages solidaires et tracer des chemins vers une justice que je croyais alors proche et possible. J’y crois encore.

2014-02-05, par Jean Carette

Lisez le texte très évocateur signé par Jean Bottari et publié ce matin dans le Huffington Post. Jean Bottari se met dans la peau d’un patient de CHSLD et nous décrit sa journée en institution. Les soins d’hygiène plus que mesurés et parfois refusés; les personnels surtout : les uns dévoués et compétents, les autres, mercenaires d’agence indifférents ou carrément incompétents ou gestionnaires négligents.

L’article est destiné à une prise de conscience, à une action solidaire. Les CHSLD sont des couloirs de la mort lente, de la solitude et de la déréliction; naguère appelés centres d’accueil, ils sont devenus les dépotoirs des plus vieux et des plus maganés.Je souhaite que Jean Bottari poursuive son écriture : je lui suggère d’en faire un livre, un brûlot de colère et un appel à la dignité, traduite non seulement en gestes individuels, mais en décisions politiques et collectives.

Cliquer ici pour lire l’article

2014-02-06, par Jean Carette

Les médias font état du dépôt d’un Livre blanc sur une politique québécoise de la jeunesse. Ils font grand bruit du projet de service citoyen volontaire : une mesure d’insertion sur le marché de l’emploi qui pourra en effet aider les jeunes à s’orienter dans leur développement professionnel et leur plan d’études et surtout de formation continue.

Bonne idée aussi que d’avoir débuté un traitement social des rapports entre générations. Pourquoi pas aussi un service citoyen pour jeunes aînés volontaires ? Ce pourrait être d’ailleurs un levier pour activer positivement les rapports, souvent tendus ou indifférents, entre les âges, au service d’un développement collectif.

Mais pour le moment, le programme, prévu pour 2015-2016, est d’abord un argument pré-électoral.

2014-02-07, par Jean Carette

On se souviendra de l’annonce faite en octobre 2013 par la première ministre d’une augmentation de 120 millions des budgets de soutien aux organismes communautaires. Sauf que le budget risque de ne pas être présenté et encore moins adopté, dans le contexte politique et préélectoral actuel.Ce serait le temps de dire notre appui à l’augmentation promise de ces programmes. Il suffit de Cliquer ici et de dire-manifester en quelques mots que l’accroissement du budget (enveloppe PSOC, programme de soutien aux organismes communautaires) est un choix budgétaire judicieux, nécessaire et prioritaire. Avant le 14 février.

2014-02-08, par Jean Carette

En regardant distraitement quelques images de la cérémonie d’ouverture des JO d’hiver de Sotchi, je m’interrogeais intérieurement sur les coûts de l’opération. Coût financier d’abord, qui ne peut s’expliquer que par la corruption durant la préparation. Coût écologique sans précédent, sans oublier la répression contre les militants qui ont eu le courage de lorsquo;opposer à un remodelage cruel de l’environnement. Coût humain des familles déplacées sans ménagement et souvent par la force. Et j’en passe, non sans mentionner la répression moyenâgeuse des droits des gais.

Néron aura eu ses Jeux et sa gloire, la Russie aura retrouvé une part de son identité nationale, les apparatchiks auront bourré leurs poches. Cela a un nom : le despotisme.

2014-02-09, par Jean Carette

Je comprends assez facilement la position du recteur de l’Université de Montréal quant à la proposition de charte qu’il juge incompatible avec la liberté académique et l’autonomie universitaire, en prévoyant d’interdire le port de signes religieux. Guy Breton s’est ainsi exprimé devant la Commission parlementaire qui examine le projet de loi, comme il a le droit et le devoir de la faire.

Mais de là à comparer le gouvernement en place au régime dictatorial franquiste, il y a un pas à ne pas franchir. Excès de raison n’est pas raison et je trouve indécent qu’un recteur donne ainsi dans l’exagération pour renforcer ses arguments. Franco aussi manquait de respect pour l’institution parlementaire. La modération a bien meilleur goût : celui de l’honnêteté intellectuelle.

2014-02-10, par Jean Carette

On savait déjà que les inégalités sociales entraînaient un vieillissement accéléré et plus destructeur, marqué par la désocialisation, la fameuse «mort sociale» qui accompagne la retraite et la fin de vie d’une toujours trop forte minorité. Or des chercheurs viennent de s’intéresser aux effets négatifs des actes de racisme en termes de stress psychosocial. Leur étude émet une hypothèse : le racisme comme toxine sociale.

J’ai tout de suite pensé à l’âgisme qui frappe fort dans nos sociétés d’abondance, tellement fort que les victimes en sont à intérioriser et adopter les préjugés qui les concernent.

Voilà une recherche à poursuivre, dans la réflexion comme dans l’action.

Cliquer ici pour lire l’article

2014-02-11, par Jean Carette

Le Ministère de la santé a consulté des experts quant à l’avenir des CHSLD. Marie-France Simard et André Gagnière ont travaillé sur ce dossier durant deux ans et ont livré hier un début de réponse : il faudrait transformer les CHSLD en milieu de fin de vie et de soins palliatifs. Qualité de vie d’abord et non prolongation inhumaine de la vie : tels devraient être l’objectif et la méthode.

Bravo, et je souscris, bien sûr. Mais cela ne demandera pas que des mots, aussi bons soient-ils. Il faudra des moyens, des financements, des embauches de personnels à qualifier, des aménagements physiques et dans l’organisation des tâches ou des services. Autrement dit, il faudra des sous et des mises en place prioritaires. Il faudra donc un gouvernement proactif et courageux. Attendons.

2014-02-12, par Jean Carette

J’ai déjà eu quelques occasions de dénoncer l’introduction au sein du réseau de la santé et des services sociaux de méthodes de travail utilisées dans l’industrie privée et appelées méthodes Lean ou Toyotisme. Il s’agit de rentabiliser le travail des intervenants, en clair de faire toujours plus avec toujours moins : minutage serré et contrôlé, surveillance des agents «délinquants» , etc. Avec des conséquences qu’on peut imaginer sur les travailleurs et sur les personnes «servies» .

Un colloque est proposé au Centre Saint-Pierre les 21 et 22 février pour réfléchir aux impacts de cette nouvelle forme de gestion publique et j’encourage vivement la participation active de nos amis militants et travailleurs du social. Une occasion de renouer avec l’action et la promotion de modèles d’intervention où l’humain redevient la priorité

Cliquer ici pour lire l’article

2014-02-13, par Jean Carette

Démission du président du CA du CHUM, Alain Cousineau , après le départ du directeur général, Christian Paire. Le ministre Hébert a nommé le sous-ministre Michel Fontaine comme DG intérimaire et un de ses collègues médecins Michel Baron comme «accompagnateur» .

Le ménage semble donc fait à la tête du CHUM. Mais c’est toute une culture qu’il va falloir changer : celle des contrats attribués sans appel d’offres, celle des rémunérations des cadres supérieurs, celle des nominations non conformes, celle du laisser-aller; il faudra surtout évaluer sérieusement les moyens choisis pour réaliser la mission du CHUM : sur le terrain, dans les chambres et les départements, dans les couloirs et les salles d’attente, là où se passent les vrais événements de la vie et de la souffrance du monde ordinaire. Quant aux colonels d’opérette qui paradent tout en haut, à la direction comme au ministère, qu’ils se mettent au travail ou qu’ils s’en aillent !

2014-02-14, par Jean Carette

Saint Valentin : l’amour, dégoulinant de chocolateries et autres caresses romanesques ou romantiques. L’amour est quelque chose qui commence souvent, mais qu’il faut savoir inscrire dans la durée. Je dédie cette journée à Mo, ma compagne et la femme de ma vie, que j’ai rencontrée il y a plus de 25 ans et qui inspire si créativement et si humainement mes chemins de vie, mes bonheurs et mon combat, mes joies et ma militance.

Merci, ma Mo, de croire en moi comme je crois en toi, dans la durée de notre courte existence. Je t’aime, durablement et simplement, comme tu es et comme je te comprends.

2014-02-15, par Jean Carette

En autorisant les forages exploratoires sur l’île d’Anticosti, le gouvernement Marois vient de faire un calcul politique pour le moins périlleux : d’un bord, faire miroiter devant un électorat trop crédule l’indépendance énergétique et des entrées de revenus susceptibles de renflouer les caisses de l’État et de baisser nos impôts, de l’autre se mettre à dos tous les électeurs environnementalistes. Adieu, les mesures de réduction de notre dépendance aux énergies fossiles ! Vive le pétrole de schiste et la fragmentation pour son extraction ! Et tant pis pour le réchauffement climatique et les gaz à effet de serre !

Un pari cynique et irresponsable, malheureusement soutenu par l’opposition elle-même. Les petits calculs politiciens valent de sacrifier le bien commun. Écœurant!

2014-02-16, par Jean Carette

Hier, rencontre familiale à l’occasion d’un match de hockey junior où jouait un petit-fils de Mo. Le hockey n’est guère ma tasse de thé, mais j’ai bien apprécié le ballet sportif de ces jeunes. Ce que j’ai appris hier dépasse ce que j’en vois à la télévision : quand il est bien joué, le hockey demande beaucoup de finesse et d’intelligence. Les muscles comptent, mais au service de la tête qui analyse et prend les initiatives. Ce fut un beau moment. La force n’est pas violente, l’agressivité vise l’efficacité. Juste un peu regretté les gueulades du commentateur au micro, qui venaient un peu abaisser le niveau du spectacle. Encore une expérience nouvelle et utile.

2014-02-17, par Jean Carette

Dès l’annonce de l’investissement gouvernemental pour les travaux d’exploration de l’île d’Anticosti, les actions des compagnies signataires ont bondi : Petrolia, plus 21%; Corridor ressources, plus 23%; Junex, plus 40 %. Placements à risque bien sûr, puisqu’on n’a encore rien trouvé, mais les courtiers ont un certain flair, dans la mesure où, rien que pour Petrolia, plus de 9 millions d’actions ont été échangées en une seule journée, à la Bourse de Toronto.

En tous cas, voilà une bonne méthode pour faire grimper un capital sans rien faire d’autre que des communiqués de presse. De quoi donner froid dans le dos à tous ceux qui rêvent d’un vrai développement durable.

2014-02-18, par Jean Carette

Depuis que j’entretiens une page Facebook, de plus en plus «d’amis » dialoguent avec moi et j’en suis très heureux. Dans quelques jours, je fêterai le 500ème billet quotidien avec bien du bonheur.

Par contre je reçois aussi des sollicitations indésirables : soit sollicitations sexuelles plus ou moins explicites (Ah! L’isolement!!), soit publicités très douteuses de shylocks privés qui en veulent à notre argent et s’offrent à nous prêter à taux usuraire. Je passe souvent un temps précieux à supprimer de ma liste ces solitaires intempestifs ou ces importuns malhonnêtes qui, après avoir été rayés, réapparaissent sous un autre nom ! Fatigant et inadmissible parasitage.

Heureusement, qu’il y a surtout vous autres.

2014-02-19, par Jean Carette

Dans son blogue, Jean-François Lisée exprime sa fierté de participer à la rénovation de l’Espace pour la vie (Insectarium, Biodôme et Jardin Botanique) pour laquelle le gouvernement vient de lancer un concours international et de débloquer 45 millions de budget. Qui pourrait être ici contre la vertu ?

Mais il y a une autre face à la médaille. Côté ombre, il y a la politique énergétique, avec le lancement des forages pétroliers aléatoires sur Anticosti, avec 125 millions de crédits gouvernementaux, presque trois fois les subventions côté Espace pour la vie.

Le ministre Lisée peut-il nous expliquer, et non justifier, cette contradiction dans les choix, entre un Espace pour la vie et un autre pour la mort ? Il y a quand même des limites à la rhétorique politique.

2014-02-20, par Jean Carette

Quelle différence y a-t-il entre la corruption que nous constatons chez Poutine à propos des jeux olympiques d’hiver et celle que nous découvrons à la Commission Charbonneau ? Les petits despotes russes amis du régime et les caïds syndicaux pratiquent le même odieux chantage et remplissent leurs poches avec autant d’avidité, comme pour les Jeux montréalais de 1967 d’ailleurs.

La couleur, l’accent et les images sont presque les mêmes. La seule différence : la Commission d’enquête elle-même, et c’est cela qui compte et qui sauve notre démocratie concrète, avec toutes ses insuffisances. À quand une Commission d’enquête indépendante et transparente à Moscou ? Les Russes ont une culture et des traditions à l’opposé de notre souci des libertés. Et pourtant, nous avons encore bien des croûtes à manger.

2014-02-21, par Jean Carette

Barak Obama reçoit ce matin le Dalaïlama. Comme à leur habitude, les chinois hurlent au scandale, profèrent des menaces et crient contre ce qu’ils appellent une ingérence dans leurs affaires intérieures. Comme si chacun ignorait les violations des droits de l’homme au Tibet (et partout en Chine) et la férocité de la répression depuis des années. Comme si l’ingérence n’était pas un devoir quand la politique d’une dictature dépasse les bornes de la dignité et du respect. Je pense aussi à l’Ukraine où la diplomatie s’est aussi ingérée dans l’émeute pour ramener le président à la raison.

Détail amusant vu d’ici : le Dalaïlama portera très visiblement ses insignes religieux et personne ne lui en voudra.

2014-02-22, par Jean Carette

Pause dans les cours avec la semaine de lecture. Très beaux groupes à l’UQAM : un vrai cadeau pour moi. Des étudiants en majorité réfléchis, en quête d’outils, de savoirs et de sens pour agir et changer les choses.

J’ai vraiment le sentiment heureux d’avoir fait sérieusement et efficacement mon travail de transmetteur vers des générations à venir. En plus, «mes» étudiants me font bien vieillir. Après la semaine de lecture, la parole est aux équipes pour des présentations d’enquêtes de terrain sur le vieillissement géré dans les milieux de travail. Je serai à l’écoute. Joie.

2014-02-23, par Jean Carette

Le despote peut être fier et s’enorgueillir. À Sotchi, sur fond de paysages dévastés et de copains corrompus, les médailles ont consacré les héros provisoires des jeux du cirque. À Kiev, par l’entremise de son valet au pouvoir et désormais en fuite, il a fait tirer et massacrer des résistants obstinés. Après Damas, où il a provoqué ou laissé faire par le tyran en place plus de cent trente mille massacres. Néron peut chanter sa gloire confirmée; ses mains sont tachées du sang des innocents.

L’idéal olympique a bien été détourné et perverti : toujours plus de fric, toujours plus d’injustice, toujours plus de violence. Et dire que Marcel Aubut s’est précipité dans les bras du dictateur. On a les courtisans qu’on mérite.

2014-02-24, par Jean Carette

Hier, à Tout le monde en parle, Robert Hillary King , ex-membre des Black Panthers, qui a été emprisonné pendant 31 ans pour un meurtre qu’il n’a pas commis. J’ai bien aimé la dignité de cet homme injustement accusé. Son courage m’a fait penser à celui de Mandela . Camus : si ta condition est injuste, sois plus fort que ta condition en étant juste toi-même . Face à l’excès de sauvagerie des juges, des polices et de l’opinion publique, aux USA mais aussi à peu près partout sur la planète, King a su assumer une sérénité acquise et conquise au fil des jours. Voilà de quoi réconcilier avec l’humain.

2014-02-25, par Jean Carette

L’ASSÉ, Association pour une solidarité syndicale étudiante, nous rappelle que, selon un rapport du Ministère fédéral de l’Emploi, la classe moyenne en a pris pour son rhume, que les salaires de la classe moyenne ont stagné depuis 1993 (en tout plus 1,7% sur toute la période 1993-2007) et que ni le marché ni l’État ne soutiennent suffisamment les travailleurs de ladite classe.

L’ASSÉ appelle à une manifestation le 3 avril prochain, à 14h sur la Place Émilie Gamelin , contre le budget présenté à Québec, jugé d’une austérité inutile. J’ai l’impression que notre jeunesse étudiante se réveille et repart aux combats qu’elle juge nécessaires. La campagne électorale s’annonce chaude et vivante.

Deux avertissements aux gouvernements en veille électorale : la classe dite moyenne tient souvent les balances du pouvoir politique.

2014-02-26, par Jean Carette

Des études récentes de l’INSERM (Recherche médicale en France) nous apportent un espoir qu’il faudra gérer avec enthousiasme et prudence. Elles démontrent que des patients atteints de la maladie d’Alzheimer sont capables de mémoriser et de reproduire des airs musicaux nouveaux.

D’autres travaux de même origine semblent démontrer que les adultes âgés qui pratiquent la musique limiteraient les risques de développer une forme de démence.

Excusez-moi, je ne suis pas fou, mais je me précipite pour ouvrir mon piano et refaire quelques gammes !

2014-02-27, par Jean Carette

Retour sur le budget Marois-Marceau. après lecture des détails. Les prévisions sont pour le moins optimistes : la hausse des investissements des entreprises passerait ainsi de 0,7% à 3, 2 %, soit plus d’un quadruplement; quant aux revenus du gouvernement, ils augmenteraient de 4,2%. Cherchons l’erreur.

J’aimerais savoir de combien vont augmenter nos émissions de gaz à effet de serre avec la relance subventionnée de l’exploitation pétrolière sur Anticosti et ailleurs. Sans parler des garderies qui augmentent de 520$ par an et par enfant !

Pour les prévisions annoncées, il s’agit de nuages roses sur fond de lever de soleil électoral. Pour les augmentations imposées, on gère l’austérité sur le dos des familles et des soucieux d’environnement et d’avenir plus sains.

2014-02-28, par Jean Carette

Rex Tillerson est le grand patron d’Exxon Mobil, la plus grosse compagnie pétrolière privée du monde. À ce titre, il a investi 31 milliards de dollars dans l’exploration-exploitation des gaz de schiste et fait creuser des milliers de puits d’extraction et de châteaux d’eau.

Seulement voilà où l’histoire devient drôle et paradoxale.

Rex Tillerson possède un immense ranch à Bartonville, au Texas. Sa propre compagnie veut bâtir un château d’eau au bord de sa propriété. Rex s’oppose pour des raisons esthétiques, pour les nuisances que ces constructions vont provoquer et pour un risque de dévaluation de la valeur du ranch. Rex a même déposé une plainte en recours collectif, appuyée par les militants environnementalistes.

Comme on dit, Rex Tillerson parle des deux coins de la bouche : creusons, exploitons, polluons, mais pas dans ma cour !

2014-03-01, par Jean Carette

Les rapports gouvernementaux autant que ceux des commissions parlementaires sont en général fastidieux à lire. Il faut portant lire le rapport de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, ou au moins son résumé (une quinzaine de pages à partir de la 19) qu’on trouvera en Cliquant ici

Le rapport est on ne peut plus clair : nous n’atteindrons pas nos cibles en matière de réduction des gaz à effet de serre (moins 20% en 2020 par rapport à 1990). Il est urgent d’y penser, d’en débattre et d’agir. On peut se demander pourquoi autant de silence autour de ce rapport. Un silence préélectoral et planifié, sans aucun doute, comme le signale l’IRIS sur son blogue.

2014-03-02, par Jean Carette

J’ai comme le pressentiment que Poutine ne reculera devant aucun moyen pour ramener l’Ukraine sous sa poigne et son seul contrôle. Ses moyens : le chantage aux ressources naturelles et au gaz, la manipulation des ukrainiens russophones, l’armée russe en Crimée ou même en Ukraine, les divisions et les faiblesses européennes exacerbées, quelques bandits ou mafias financés en sous-main pour compléter le travail.

Une guerre arrangerait Poutine au plan intérieur, car il espère en faire un levier pour reconstituer l’URSS des communistes, son rêve de toujours à peine caché. Mais cette guerre ne serait pas purement locale et se mondialiserait très vite. Néron a presque tous les atouts en mains pour déclencher une conflagration et je ne suis pas rassuré. Le pire n’est jamais sûr, mais...Seule une pression populaire au plan international permettra de retarder et de mettre en échec de tels desseins.

2014-03-03, par Jean Carette

D’après le Wine Institute, la consommation de vin au Vatican s’élève à 74 litres par personne par an, ce qui en ferait un record mondial. Un proverbe allemand nous dit que « La jeunesse est une ivresse sans vin et la vieillesse un vin sans ivresse. » Pouvons-nous donc croiser ce résultat avec la moyenne d’âge de Messeigneurs ?

Si c’est du vin de messe, j’espère que les statistiques ont tenu compte des enfants de chœur ...D’après ma vieille expérience, ils seraient pour quelque chose dans cette consommation exceptionnelle autant qu’excessive. Par ailleurs, tout le monde devrait savoir que Noé aimait le vin, ce qui n’étonne guère de sa part après quarante jours de déluge !

In vino veritas, dit-on au Vintican, entre deux burettes et un bon verre d’Asti.

2014-03-04, par Jean Carette

On ne peut pas dire que l’arrivée du Docteur Barrette dans la cour libérale est une bonne nouvelle, ni pour lui qui passera pour lâcher ses anciens amis de la CAQ ni pour le PLQ. Son opposition acerbe à Philippe Couillard et à Yves Bolduc , alors qu’ils dirigeaient le Ministère de la Santé, aussi efficace fût-elle, a laissé des traces. Sans oublier le PLQ lui-même, que Barrette s’est acharné à vilipender. Si Madame Houda-Pépin a le courage de se représenter, ça va brasser dans le comté de La Pinière!

Côté Outremont, j’ai angoissé : Hélène David était pour moi le prénom et le nom d’une brillante sociologue du travail, crédible et compétente, que je ne pouvais imaginer mêlée à la furie électorale. Après avoir vu les photos, il s’agissait d’une homonymie.

C’était ma première chronique de campagne.

2014-03-05, par Jean Carette

J’ai des amitiés de tous bords, parmi les candidats au prochain scrutin, même si personnellement je suis membre de Québec Solidaire. Quels qu’ils ou elles soient, je leur souhaite la meilleure des chances. Je leur trouve du courage à se lancer dans l’arène politique, d’autant que je n’ai jamais été très doué pour ce genre de lutte de places et de pouvoirs. Nombreux sont les candidats qui souhaitent changer de vitesse et qui croient que le champ politique est plus efficace pour leurs idées et leurs revendications que le champ du communautaire ou celui des médias.

Personnellement, je préfère poursuivre mon chemin dans le concret de la condition humaine, auprès des mondes ordinaires. Comme le dit Alain, un auteur lu chaque jour à petite dose : «Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté.»

2014-03-06, par Jean Carette

En recevant le Prix Humaniste, Djemila Benhabib a déclaré : «J’ai le sentiment que nous marchons à reculons, qu’en quelques années nous pouvons terriblement régresser en raison d’une fragmentation de notre espace et d’un communautarisme rampant qui gagne de plus en plus de terrain» .Djemila Benhabib a sans doute raison, mais elle semble oublier que le projet de Charte du PQ et le débat autour de cette charte ont aggravé cette situation qu’elle dénonce. Candidate du PQ dans Laval, elle aura fort à faire, si elle est élue, pour défendre ses vues auprès des caciques et des militants droitiers et conservateurs du Parti Québécois.

2014-03-07, par Jean Carette

Entre les «vraies affaires» des libéraux et la «détermination» des péquistes, nous sommes pris à choisir, mais nous attendrons les vrais discours sur les vrais enjeux avec la détermination critique des vrais citoyens.

À propos d’un gars vrai, regardez Poutine : la guerre, sa guerre nous menace et il vient d’être proposé pour le prix Nobel de la Paix !!! Il est vrai qu’Alfred Nobel était un vrai et déterminé fabricant d’armes, ce qui ne l’a pas empêché de donner sa fortune pour créer le vrai prix qui porte son nom. Rien n’empêcherait donc Poutine de devenir ... pacifiste, avec une vraie détermination. C’est beau, d’espérer !

2014-03-08, par Jean Carette

Comme l’écrit le patron du Devoir, il y a la lettre et il y a l’esprit, encore plus écartelés durant une campagne électorale, dont il faut rappeler que l’enjeu est le pouvoir politique. Alors on promet tout en sachant qu’on n’aura pas les moyens de ses engagements. On ne respecte pas ses propres lois sur les élections à date fixe. On séduit et on manipule, on attaque au lieu d’argumenter. On embrasse les vieilles dames et on cherche le kodak des journalistes. On crie, on jure, on implore; on sonde, on se questionne pour mieux s’enfermer sur les réponses toutes faites. Démagogie, populisme, autojustification, narcissimes : rien n’importe plus que de gagner les élections ou de ne pas perdre la face.

Décidément, il faudrait renouveler ce que nous appelons la démocratie

2014-03-09, par Jean Carette

Je connais Diane Lamarre depuis plus de 25 ans. Elle était alors notre chroniqueuse en pharmacie à l’émission Libre-Service 3ème âge que je co-animais au Canal communautaire. Ses talents de communicatrice nous permettaient de vulgariser des informations et des savoirs difficiles à aborder sur les médicaments. Je l’ai ensuite retrouvée en radio, toujours aussi douée, énergique et claire.

Je ne pouvais deviner qu’elle serait un jour candidate du PQ dans un comté sûr, présentée par Pauline la veille du 8 mars avec quelques autres candidates. J’espère qu’une fois élue et sans doute au gouvernement, elle saura prescrire et renouveler les potions nécessaires pour rendre réels les engagements de campagne ! Comme disait le poète Malherbe : «Et les fruits passeront la promesse des fleurs»... Attendons.

2014-03-10, par Jean Carette

Bernard Drainville , ministre responsable des institutions démocratiques, a révélé ce samedi matin au Conseil national du PQ, que Gaétan Barrette , anciennement de la CAQ et actuel candidat du PLQ, lui avait confié avoir voté oui en 1995 et avait proposé en 2012 sa candidature de député du PQ.

Bien sûr, Gaétan Barrette retourne la confidence en racontant à Télé-Québec que c’est le PQ qui avait sollicité sa candidature et lui avait promis le poste de ministre de la santé !

Personnellement, j’ai tendance à croire que le docteur Barrette est en attente aux urgences du Ministère, en rêvant en couleurs qu’on lui ouvre une porte et qu’on lui prête une limousine. Ça ressemble en effet au personnage.

2014-03-11, par Jean Carette

À l’occasion du 8 mars, ces mots superbes d’Antoinette Foulque, la célèbre psychanalyste féministe, dans une entrevue au Monde, peu avant sa mort récente : «...le monde actuel vit sur le temps frénétique de la digestion (je mange, j’expulse et je recommence), et sur le temps industriel de la gestion. C’est le temps phallique qui gouverne l’entreprise, le temps de l’érection, le temps du flash, le temps de la drogue. Pour ma part, je ne suis ni sur le temps de la digestion ni sur celui de la gestion. Je suis sur celui de la gestation. Un temps long qui se déploie sur neuf mois, un lieu d'économie vivante, charnelle. Un temps du vivant plutôt qu’un temps de la technique, du calcul, de l’accumulation. Le temps de la création permanente, de l’échange et du partage.»

Éloge donc des lenteurs nécessaires et de la patience. Le temps n’est pas seulement celui de l’usure et du vieillissement. Il est aussi le levier de la néguentropie.

2014-03-12, par Jean Carette

Comment nos bons camarades gauchistes et CSN, en gros la bande à Dubuc, Laviolette et autres Rioux, vont-ils interpréter la candidature de PKP ? Les plus péquistes vont fermer les yeux et se pincer le nez, religieusement, jésuitiquement ; les moins péquistes vont dénoncer le passé anti-syndical de PKP quand il dirigeait encore l’empire fondé par son père et rappeler la grève à finir au Journal de Montréal.

Pauline Marois vient de faire un bon coup, mais sur sa droite plus que sur sa gauche. Pas de quoi pavoiser du côté des progressistes ! Triste fin de bien des espoirs. La militance efficace et tripative pour des changements collectifs qui s’imposent est décidément ailleurs. Notre ami Jacques Fournier l’a bien compris, qui retourne son vote vers Québec solidaire.

2014-03-13, par Jean Carette

Belle image symbolique que celle de Michelle Bachelet, pour la deuxième fois présidente élue du Chili, recevant l’écharpe de sa fonction des mains d’Isabel Allende, présidente du Sénat chilien et fille de Salvador Allende, président renversé par Pinochet en 1973. Madame Bachelet devra tenir ses promesses de campagne et mener des changements nécessaires, réclamés par une génération qui n’a guère connu la dictature et ses violences.

Belle image qui nous change des pitreries politiciennes dont nous devons subir le spectacle ici. D’un côté, les contradictions dans leur pleine maturité d’expression; de l’autre, la dignité tranquille de deux femmes démocrates.

2014-03-14, par Jean Carette

Samedi dernier, je suis allé saluer une dernière fois un membre de nos réseaux au Salon funéraire. Je ne préciserai pas lequel pour éviter des ennuis superflus. Tout était drabe, tout, depuis le portrait mal repeint à partir d’une photo, le sermon gnangnan du curé de service, les pirouettes déplacées du directeur des funérailles, la bouffe dégueu, les décors compassés. Ouasshhh !

Non seulement on maquille la mort, on l’embaume, on la refoule, mais on l’exploite de la plus mauvaise des manières. Sans doute pour l’oublier deux fois plutôt qu’une. Thanatocratie ou crassie ? Sans mémoire et sans avenir ! Décidément, j’ai bien fait de donner mon corps à la science...

2014-03-15, par Jean Carette

Les humeurs de Pierre Foglia me délassent et me fatiguent en même temps. J’aime rire et ne pas me prendre au sérieux. Mais de là à penser utile à la souveraineté l’arrivée de PKP dans le champ, très miné, de la politique. De là à accompagner les belles-mères du PQ chanter à tue-tête une ode au pire patron de presse qu’on ait subi depuis longtemps. De là à entendre le ministre Lisée nous doctement conseiller que la lutte des classes n’a rien à voir avec un pays à faire.

De là à voir le même jouer la tristesse et le dépit amoureux devant les déclarations emportées de Françoise et d’Amir.

Victor Hugo : "Un sot est un imbécile dont on voit l’orgueil à travers les trous de son intelligence."

Jean-François, tous les coups ne sont pas permis. Encore moins quand on débat d’enjeux aussi importants. La souveraineté avec PKP ? Non, merci.

2014-03-16, par Jean Carette

Mes amis d’Équiterre me demandent de diffuser leur appel à signer une pétition contre le projet de transport des sables bitumineux dans le cadre du projet Énergie Est de TransCanada. Cette pétition s’adresse au gouvernement fédéral et lui demande de rejeter le projet tant que la preuve n’aura pas été faite hors de tout doute qu’il est sécuritaire, qu’il ne contribuera pas à augmenter les GES du Canada et qu’il n’aura aucun impact environnemental pour les communautés.

J’ai signé cette pétition en pensant à mes petits-enfants et vous invite à poser ce geste concret en faveur de l’environnement : Cliquer ici pour lire la suite

2014-03-17, par Jean Carette

Une fois encore, je suis peiné et choqué du silence qui entoure la situation des aînés au Québec et l’avenir des retraites des générations plus jeunes. Aucun parti n’en parle, aucun leader, aucun programme.

Et pourtant les dangers sont grands et les menaces fortes. Nous sommes de plus en plus nombreux à partager ces constats. Une fois au pouvoir, le parti gagnant risque de faire payer la note aux aînés d’aujourd’hui et de demain.

Il va falloir encore une fois manifester nos inquiétudes, avancer nos revendications et nous faire entendre. Ça fait presque 40 ans que ça dure : ça tanne la peau et ça solidifie les bonnes habitudes militantes et citoyennes. À suivre.

2014-03-18, par Jean Carette

Notez-le à votre agenda : la revue À Babord (www.ababord.org) organise un Colloque le vendredi 4 avril prochain à l’UQAM (entrée libre toute la journée à partir de 9h30 au Pavillon Sherbrooke, 200 Sherbrooke Ouest). Le thème : L’assaut contre les régimes de retraite, comprendre et agir.Y prendront la parole le matin Michel Lizée , expert en régimes de retraite et Ianik Marcil, économiste. L’après-midi, Ruth Rose et Marie Leahey se porteront à la défense des régimes publics et évoqueront le régime récemment créé pour les travailleurs du secteur communautaire. Personnellement, on m’a demandé de parler des pratiques inspirantes et innovatrices de résistance, en compagnie de Frédéric Hanin, économiste et professeur à l’UQAM.

Une journée pour réfléchir et tracer des voies d’action collective renouvelées. À inscrire à votre agenda.

2014-03-19, par Jean Carette

Hier après-midi, des aînés de Laval me convient à animer une réflexion sur le thème : Faut-il avoir peur des intégrismes religieux ? J’ai relevé le défi, car cela me donne l’occasion de réfléchir et de me documenter sur un mouvement aux multiples formes, aux multiples intensités, aux multiples réseaux idéologiques. Il y a plusieurs intégrismes religieux, en particulier dans les trois religions monothéistes. Leur point commun : la prétention au pouvoir politique et au contrôle des mœurs et de la morale. Autrement dit, il faut ne pas confondre leurs thèmes théologiques et leurs totalitarismes concrets.

Quant aux peurs qu’ils suscitent, ma grand-mère paternelle disait volontiers que la peur n’évitait pas le danger. En plus clair, savoir affronter le risque pour surmonter les craintes et les préjugés.

2014-03-20, par Jean Carette

Aujourd’hui, jeudi 20 mars, c’est le printemps qui arrive et, heureuse coïncidence, je fête mon 500ème billet sur cette page Facebook. Heureux de ce défi rédactionnel au jour le jour, depuis plus d’une année, heureux de partager avec vous des questions et des commentaires, des opinions et des convictions, des doutes et des explications.

J’ai résolu de poursuivre cette route, même si parfois certains correspondants veulent y vendre leurs faveurs ou leurs services : ceux et celles-là sont rayés de mes listes dès parution de leurs propositions. À tous et toutes les autres, un grand merci de nous savoir à l’écoute respectueuse les uns des autres. Et traçons notre route libre et pleine de souffle ! Encore un peu frisquet, mais l’arrivée du printemps est une bonne nouvelle.

2014-03-21, par Jean Carette

Hier soir, des étudiantes me pressaient de questions et je sentais un mélange de fébrilité et d’inquiétude : faut-il voter stratégique ? Ou selon nos convictions ? Je me suis bien gardé de toute ingérence dans une campagne qui souvent m’étouffe. Nous avons parlé du vieillissement au travail, de faillites d’entreprises, de postes de travail mal aménagés et si mal payés, des difficultés de vieillir dans une société «âgiste» : tels étaient les thèmes du cours et de leur examen à venir.

En rentrant à la maison, c’était le débat : bien mené par nos deux journalistes, clarifiant certains points, en obscurcissant d’autres. Le contraire d’un cours en somme, puisque la rhétorique et la séduction l’emportaient sur les vrais échanges et la réflexion en commun.

2014-03-22, par Jean Carette

Je déteste l’excès et j’en souffre parfois.En France cette semaine, l’ex-président Sarkozy , placé légalement sur écoutes par la justice, a osé comparer la police française à la Stasi. Sinistre police totalitaire. Et, ici, quand je lis Madame Payette traitant Françoise David de «chat de gouttière» (sic), je n’ai pas le sentiment que la cause des femmes progresse et je reste assez choqué face à l’indigne comparaison.

La politique n’est ni un sport de combat, ni une chicane de ruelle. Après un débat courtois et civilisé jeudi soir, la surprise est de taille. Et les conséquences peuvent en être très graves : en France, le fascisme et son retour menaçant, ici le cynisme découragé des électeurs.

2014-03-23, par Jean Carette

Comme on dit, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain; on pourrait du reste remplacer bébé par aîné et l’effet serait le même.

Je pensais à cet adage en constatant les excès de langage, de jugement ou d’intervention dans le processus électoral en cours au Québec. Exagérations, amalgames, fausse perceptions, énervements déraisonnables, tout risque de concourir à des décisions citoyennes en contradiction avec nos convictions et nos valeurs, quelles qu’elles soient, de quelque bord qu’elles fusent.

Oui, la démocratie a ses ratés et ses défauts, ses manques et ses impuissances. Est-ce une raison pour la décrier dans son entier, et dans toutes ses formes ? Au moins, elle a le mérite immense de partir du respect de l’égalité des droits. Égalité formelle, comme souvent les commencements, mais égalité voulue et pouvoir constructif minimal des choix de chacun sur le futur collectif.

2014-03-24, par Jean Carette

Des préservatifs remplis de cocaïne et destinés au Vatican ont été interceptés à Leipzig en provenance d’Amérique du Sud. Le précieux paquet (60000 dollars) a été remis au service postal du Vatican, mais personne ne l’a encore réclamé. Peut-être à cause du Carême...Seigneur Dieu, préservez-nous du mal !

Quand on pense que Karl Marx avait qualifié la religion «d’opium du peuple» ! Il est manifestement dépassé. Y a kekun qui au Vatican aime la fumée blanche, et pas seulement en cas d’élection papale.On se demande aussi au Vatican si et comment on pourra recycler les quatorze préservatifs incriminés...

2014-03-25, par Jean Carette

Hier, premier téléphone d’un éditeur, et pas des moindres : «J’ai lu votre manuscrit avec beaucoup de plaisir et nous voulons le publier. Pourriez-vous nous rappeler...?» Trois mois ou presque d’attente patiente et de silence, et puis l’arrivée du printemps, saison des commencements et des bonnes nouvelles. D’autres téléphones vont sonner dans les prochaines semaines, qui me permettront de trier et de choisir. Après les efforts d’écriture, voici que commence le travail de diffusion et d’explication. Joie.

2014-03-26, par Jean Carette

Dr Maria Neira , directrice du département de la santé publique à l’OMS : « La pollution de l'air est désormais le facteur environnemental le plus important affectant la santé, tout le monde est touché, que ce soit dans les pays riches ou dans les pays pauvres.»

Résultat : en 2012, sur notre planète, 8 millions de décès attribuables à la pollution de l’air, externe ou domestique. Soit plus du double de 2008, où on comptait déjà 3,2 millions de morts.

Avons-nous entendu parler de santé environnementale durant cette campagne ? Tellement peu, quand on pense aux enjeux collectifs !

2014-03-27, par Jean Carette

Philippe Couillard révèle ses avoirs et nous apprend qu’il a goûté aux délices du paradis fiscal de l’île Jersey pour y stocker 600.000 dollars de revenus. François Legault, ancien patron d’Air Transat, a promis d’y aller de son striptease financier dans les jours qui viennent. Quant à Pauline Marois, elle refuse de le faire, mais tout le monde sait qu’avec les avoirs de son époux, sa fortune se monte à plusieurs millions de dollars.

On pourrait appeler ça acheter la transparence et ses éventuels bénéfices politiques et électoraux. Au fond, un constat unanime : ces trois-là sont riches, bien loin du poids de la pauvreté et de ses aliénations. Ce qui n’est pas une infamie, mais qui nous fait comprendre leur difficulté à se soucier des pauvres et des disqualifiés sociaux. Mais de là à l’admettre ....

2014-03-28, par Jean Carette

Les examens de fin de session sont proches et les étudiants fébriles, qui défilent leurs présentations devant le groupe. J’ai été chanceux cette année : les groupes, pour la plupart, ont bien fait leur travaux d’enquête et leurs analyses et j’ai bien conscience de les avoir menés plus loin dans leurs réflexions et leur envie de changements collectifs.

L’enseignement est le plus beau des métiers, surtout quand il est enrichi par l’expérience. Dommage que les partis en parlent si peu. Alors qu’il s’agit bien de développer les potentiels, autant la culture que l’intelligence, autant la tête que le cœur. Plus qu’un investissement, c’ est une belle exigence, celle d’une réelle liberté.

2014-03-29, par Jean Carette

Un article de l’IRIS attire notre attention sur les climato-sceptiques : négationnistes d’un nouveau genre, ceux-ci refusent non seulement l’évidence pour 97% des scientifiques, mais refusent même d’adopter le principe de précaution. On pourrait les confondre avec les autruches qui enfoncent la tête dans le sable, ou avec des êtres paranoïdes sur les bords (la fameuse théorie du complot), mais on pourrait aussi soupçonner des intérêts idéologiques à peine cachés. Après eux, le déluge !

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2014-03-30, par Jean Carette

Une vidéo exceptionnelle à voir. . .

Il est des larmes qui irriguent l’âme si positivement. Grâce à une opération, une anglaise de Birmingham entend des sons et des voix pour la première fois, après 40 ans de silence. L’émotion est aussi forte que la communication qui naît, avec le monde et ses bruits, ses musiques et ses paroles.

Ce visionnement m’a fait du bien, au beau milieu des brouhahas et des malentendus de la campagne électorale. Même le silence est digne de notre écoute. Je cours à mon piano : «De la musique avant toute chose» , écrivait Paul Verlaine.

2014-03-31, par Jean Carette

Élections municipales en France : une défaite lourde pour la gauche et pour les socialistes, titrent les unes de journaux et les radios ou téléplateaux. Mais de quelle gauche ? De quels socialistes ? La France s’enfonce dans la confusion la plus totale : on prend un mot pour un autre, tout est renversé, inversé, même invertébré. Triste spectacle, triste réalité, au pays des droits de l’homme et du citoyen.

Ici, prenons la santé, avec ce Ministère de la Maladie qui va bouffer bientôt l’ensemble de nos taxes et impôts, avec ses lobbies et ses corporatismes, ses marchés juteux et ses blocages constants dans les manières de penser, de voir et d’agir. Je propose le démantèlement du Ministère, juste pour faire bouger les lignes et réfléchir deux minutes, au lieu de radoter, de reproduire, de niaiser et d’abuser du monde. Provocation ? Oui, côté du monde qui en arrache et des alouettes en colère!

2014-04-01, par Jean Carette

Chaque mois, j ’écris mon édito pour l ’info@lettre d ’Espaces 50 plus. Ce mois-ci, j ’ai voulu briser le silence complice qui stigmatise et exclut les aînés de la présente campagne, en rédigeant une Déclaration et en appelant d ’autres groupes d ’aînés à signer ce texte.

Nos amis de l ’AQDR, du RSR, de l ’AREQ, de l ’AQRP ont déjà apporté leur appui. Ils ont compris qu ’il fallait interpeller les québécois et les partis en lice pour qu’ils n’oublient pas que les aînés existent, qu’une majorité d’entre eux et surtout d ’entre elles vivent encore dans la gêne et qu’il est du devoir de l’État de mieux redistribuer la richesse et d ’assurer la sécurité physique et psychologique des aînés.

Réintitulée LES AÎNÉS ONT DROIT À LA VIE ET À LA SÉCURITÉ, la Déclaration sera lue le mercredi 2 avril à 11h devant les locaux du Ministère de la Sécurité publique et du Coroner, 1701 Parthenais à Montréal. C ’est un rendez-vous pour ceux qui le peuvent. Pour de plus amples informations, cliquer ici

2014-04-02, par Jean Carette

La FADOQ se plaint elle aussi du peu de souci pour les aînés dans la campagne actuelle. Et pourtant, business oblige, elle a pris prétexte calendaire pour ne pas signer la Déclaration que nous allons lire aujourd’hui (10h30 face au 1701 Parthenais).

Les aînés ne constituent pas encore une force qui compte dans le champ politique. Mais ça s’en vient, comme une révolution bien tranquille, à mesure que les papyboomers accèdent à la retraite et à ses difficultés. Il faudra bien que les gouvernants y prêtent oreille, après leur silence stratégique, mais mal calculé.

Quant à la FADOQ, qu ’elle gère ses bingos !

2014-04-03, par Jean Carette

Chaque année: 3 milliards de kilos de mouchoirs en papier sont utilisés et jetés c’est-à-dire l’équivalent de 70 millions d’arbres. Voici que des écolos se réveillent et reprennent le goût de plier un mouchoir de tissu dans leurs poches. J’ai toujours utilisé des bons vieux mouchoirs en tissu et je découvre donc leur usage très écologique.

Des fois, et même souvent, l’avenir retrouve ainsi la tradition, ses usages et ses bienfaits. Pour essuyer les larmes et autres humeurs «peccantes» du corps. L’argot français parle de tire-jus ! Je sors donc mon mouchoir sans pudeur : ne prenez pas la mouche...

2014-04-04, par Jean Carette

« Adieu ami lecteur, essayez de ne pas passer votre vie à hair et à avoir peur. » Cette fameuse phrase de Stendhal m’est revenue à l’esprit à propos de notre campagne électorale finissante. Il me semble souvent que nous tombons collectivement dans les pièges de la peur : de l ’indépendance, du retour de la crise, des menaces environnementales, de l’immigrant ou des intégrismes religieux ; plus globalement, des désordres et du changement, de l’anarchie et des innovations, de la gauche et de l ’avenir.

Comme si nous cherchions seulement entre quels conservatismes faire porter nos choix. Il faut rester en état de projets, d’ouverture et de créativité, car la peur n’évite jamais le danger. À bien y penser sur la fin de la campagne.

2014-04-05, par Jean Carette

Hier, colloque de la revue de gauche À Bâbord sur les régimes de retraite et les multiples attaques qu’ils subissent. Belles expertises, bel auditoire, réflexions de fond : une journée féconde, que la Revue continuera avec un dossier spécial et même un livre. Je n’ai pas perdu mon temps.

La retraite, ses conditions et circonstances, est une réalité de plus en plus ambiguit, tant pour les travailleurs qui y aspirent que pour ceux et celles qu’elle fait plonger dans la «mort sociale» . Nous allons devoir faire tous les efforts nécessaires pour en réaménager l’accès, en améliorer les revenus, en travailler les emplois du temps et le sens. La retraite n’est pas un problème de personnes âgées, mais le futur de tous. En cela, elle est un enjeu de société.

2014-04-06, par Jean Carette

Quel que soit le résultat de lundi soir, nous assistons à une recomposition du paysage politique. Il ne s’agit pas seulement d’un remplacement de garde et de génération. Ce qui a rendu cette campagne si difficile pour les électeurs, c’est qu’ils assistaient à un début de remodélisation du contrat social, d’où les peurs, les hésitations et un climat délétère. Deux ans après le printemps érable, une nouvelle étape se dessine : celle de nouveaux clivages, de nouveaux débats, autour de nouveaux enjeux. Au-delà des quolibets, des accusations et des criailleries, des slogans et autres promesses, les Québécois écoutent plutôt leurs voix intérieures.

J’entends beaucoup de désespoir et de scepticisme autour de moi. Pourtant, je ne peux m’empêcher de discerner les premiers signes d’un réveil collectif, par-dessus, dessous, devant la parole usée de nombreux bateleurs de tribune. Heureux et détendus, ceux et celles qui y ont travaillé. Là est le vrai choix.

2014-04-07, par Jean Carette

Il y a 20 ans, c’était le génocide rwandais. J’ai animé un comité UQAM pour ces femmes réfugiées et si traumatisées. Mo et moi avons eu la joie de parrainer et d’accueillir leur détresse en même temps que leur bonheur d’échapper à l’enfer. Elles nous sont arrivées du Kenya ou du Congo, avec des horreurs presque indicibles dans la tête et des deuils plein le cœur. Aujourd’hui, elles sont mariées, mères de famille, professionnelles intégrées et femmes de paix. Ce sont nos filles adoptives et nous sommes devenus les grands-parents de leurs enfants, pour notre joie. Je salue leur courage et la leçon d’humanité qu’elles nous ont donnée.

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J’ai décidé de signer avec Boréal pour la parution de mon manuscrit L’âge citoyen. Le livre devrait sortir cet automne et j’aurai grand plaisir à vous rencontrer au Salon du Livre de Montréal en novembre. C’est la troisième fois que Boréal me fait confiance, et j’en suis fier !

2014-04-08, par Jean Carette

Notre champ politique déborde de gestionnaires et d’avocaillons : obsédés par les bilans en équilibre, notaires ou comptables maniaques de nos vies, c’est-à-dire pour eux de notre productivité et de nos consommations, de nos épargnes et de nos REER. Calculette à la main, ils produisent et reproduisent la peur, le manque et justifient l’injustifiable. C’est le papier qu’ils aiment.

Nous avons besoin d’acteurs et de poètes, de travailleurs et visionnaires du social, convaincus de la force des idées, des créations et des valeurs, avant tout soucieux de la justice, c’est-à-dire de la lutte aux inégalités, innovateurs et même un brin prophètes. Ce sont les gens qu’ils aiment. Allo, y a quelqu’un ?

2014-04-09, par Jean Carette

Comment se fait-il que nous n’entendions qu’une opinion sur l’Islam et ses présupposés dangers ? Jamais - ou presque - d’intervention nous montrant un aspect positif de l’Islam. L’intégrisme existe dans toutes les religions, sans être significativement présent au Québec.

Je verse une pièce à ce dossier : l’ntervention au Festival Étonnants voyageurs de Rabat du philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne , professeur à Columbia : « Tout le principe du mouvement de cette religion ne consiste qu’en cela : une sortie des ténèbres pour aller vers la lumière » . Ou encore : « Si l’on considère que l’Islam est un mouvement modèle pour sortir toujours de l’immobilisme, alors le mouvement est lumière. La pétrification, c’est les ténèbres. L’ennemi, c’est l’imitation servile. Car si l’imitation était chose bonne, le Prophète lui-même aurait suivi la voie des aïeux. La vraie fidélité est dans le mouvement, elle n’est pas dans la crispation et la volonté de maintenir un ordre à tout prix » . Rafraichissant, non ?

2014-04-10, par Jean Carette

Le député et doyen François Gendron se trompe : nous n’avons pas trop de commentateurs, mais nous avons trop de bavards qui n’ont rien à dire et qui trônent sur les ondes en nous berçant de leurs insignifiances. Ce ne sont pas les électeurs qui sont perdus, mais bien ceux qui les décrivent, leur décortiquent l’âme et les choix, avec le secret espoir de manipuler et de contrôler ce qu’on appelle l’opinion publique.

La démocratie, c’est d’abord le pouvoir de choisir et la liberté de penser, le tout fondé sur l’égalité des droits. Égalité formelle et très souvent artificielle, j’en conviens, mais l’expression voulue de l’âge adulte des citoyens, même si la plupart des médias ne savent nous proposer que leur paternalisme et leur clinquante démagogie.

2014-04-11, par Jean Carette

Presque dégagé de mes cours de l’hiver, je viens de conclure un nouvel engagement (bénévole) dans une radio : une émission hebdomadaire d’une heure qui sera diffusée à partir de l’automne et qui portera sur les enjeux sociaux et culturels. J’y inviterai des acteurs sociaux qui font et feront l’actualité par leurs publications ou interventions; ils et elles nous aideront à alimenter nos réflexions et à inspirer notre travail citoyen. En quittant Radio Ville Marie à Noël dernier, je souhaitais retrouver une liberté parfois brimée et respirer un air rafraîchi. Me voilà comblé avec ce nouveau défi médiatique ! Joie.

2014-04-12, par Jean Carette

Hier, ça sentait fort l’hydrocarbure. L’ex-premier ministre Bouchard y allait de son plaidoyer pour le démarrage des travaux nécessaires à l’évaluation des ressources pétrolières d’Anticosti, pour lesquels Québec a investi 125 millions de nos impôts. Mais il y avait aussi le nouveau ministre canadien des Ressources naturelles qui vantait le projet de pipeline de Transcanada comme «solution d’avenir» .

Derrière ces deux interventions, on sent bien la crainte de Pétrolia et des autres compagnies que les explorations soient abandonnées, reportées ou moins subventionnés. Calmez-vous, Messieurs les pétroliers-gaziers, et surtout laissez se dérouler sereinement et rigoureusement le processus d’évaluation environnementale. Les ressources naturelles appartiennent à nous tous : c’est à nous donc, collectivement, d’en évaluer la «richesse» et l’usage.

2014-04-13, par Jean Carette

«La balle est dans le camp des politiques. Des choix de société doivent être faits. Combien sommes-nous prêts à payer pour ne pas laisser ce fardeau aux générations futures ? » Ainsi s’exprime un des auteurs du 5ème rapport du GIEC, Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat.

En clair, la catastrophe annoncée est déjà là : il ne s’agit pas d’un problème technique et scientifique ni d’un simple débat d’experts, mais bien d’un problème global de société qui nécessite des engagements et des actions concrètes : efficacité énergétique, énergies renouvelables, modes de vie à transformer, au plan collectif d’abord, et vite.

Avis au futur gouvernement.

2014-04-14, par Jean Carette

Que cherchiez-vous en marchant ? Le généticien Axel Kahn répond franchement : «Je cherchais le bonheur en côtoyant la beauté. Voilà ce qui était central. J’aime la beauté faite de main d’homme, mais je suis très attaché à la beauté de la nature, aussi roide et nue que possible. Elle m’est indispensable.»

Moi qui souffre chroniquement des jambes, j’ai lu ça comme une motivation pour reprendre la marche, gentiment et progressivement avec le printemps qui revient. Après ce long hiver, la marche est presque un luxe nécessaire pour retrouver forces et ardeur de vie.

Je m’en promets quelques-unes dans la Petite-Patrie et ailleurs, histoire de voyager en moi-même et d’embellir ma vie et mon âge, au fil des jours.
2014-04-15, par Jean Carette

Les coupures de budget subies par Radio-Canada me paraissent odieuses et surtout menaçantes pour le service public de l’information. Elles semblent dictées par des partisans de la privatisation systématique et par un gouvernement doctrinaire qui n’aime pas l’esprit critique. Au fil des coupures, la station d’État perd son identité, sa marque et ses choix de programme.

L’information et la défense de sa qualité, la réflexion et son organisation collective sont deux piliers de nos démocraties. Elles ne font pas argent ni profit, ni même cote d’écoute, d’où la nécessité de promouvoir et de développer un service public. Monsieur Harper ne veut pas le comprendre : j’espère que les partis d’opposition vont nous faire propositions et engagements pour les élections de l’an prochain!

2014-04-16, par Jean Carette

Nouveau système de correction de l’orthographe en France, pour adoucir le stress des étudiants et éviter le zéro pointé !

Je fais un double constat : 1. les fautes se multiplient dans les journaux et sur les écrans ou les panneaux publicitaires, autant sur l’orthographe des mots que sur les accords nécessaires. 2 . Tout le monde s’en fout, sauf sans doute quelques vieux professeurs dans mon style.

Et pourtant, une langue se défend et se promeut d’abord par la justesse des mots utilisés, de leur forme, de leur place et de leur sens. Il ne s’agit pas de nostalgie passéiste, mais d’une exigence pour une pensée plus juste et plus cohérente. Et je ne parle pas du style et de la musique des mots et des phrases. La langue, c’est comme le climat et l’environnement : il est ici question du patrimoine culturel et social que nous laisserons à nos descendants.

2014-04-17, par Jean Carette

Armel Guerne, poète de France, résistant, traducteur (1911-1980), cité dans l’édito du magazine La Vie : « Il n’y a pas de mensonge : il n’y a que des mensonges ; il n’y a pas de vérités : il n’y a que la vérité ». Jolie formule, non ?

J’aime les poètes et leurs raccourcis qui nous font gagner du temps et de la profondeur de champ. Nous pouvons appliquer la maxime à la politique, mais aussi aux mondanités artificielles et aux mensonges idéologiques. La vérité est toujours singulière, dans tous les sens du mot. Au milieu des mensonges, comme un crocus printanier sur les neiges qui s’attardent encore.

2014-04-18, par Jean Carette

Pâque vient de l’hébreu pessa’h, qui signifie passage : de l’hiver au printemps, du froid à la chaleur, des glaces dormantes au retour des plantes vers la vie. Bien avant de prendre le sens que lui ont donné les chrétiens, Pâques était déjà une occasion de célébrer le retour des jours de lumière et de fécondité.

Dans ce sens-là, un de mes bons amis évoquait il y a peu la joie d’un certain type de paganisme : respect de la terre et de ses limites, respect des traditions et des ancêtres, respect de la vie et de ses plaisirs et de ses joies. Même passagères. Je pense bien sûr au New Age, mais aussi à Nietzsche, dont il faudrait relire certains textes sur la nécessaire fidélité à la terre.

2014-04-19, par Jean Carette

Dernier cours de la session, jeudi soir. J’étais soulagé d ’avoir pu relever le défi de ses deux rendez-vous par semaine, malgré la cruauté de ce long hiver. Mais triste d ’en avoir fini, pour un temps du moins, avec des groupes riches et travailleurs, comme j’en ai rarement animés en 45 ans de carrière : la génération montante me laisse plein d ’espoir quant à l ’avenir du Québec. Je compte bien plus sur elle que sur nos politiciens pour faire avancer les initiatives et surgir les changements au plan collectif. Une étudiante m’a lancé à la sortie : «Vous êtes un bon prof ! » J’accepte le compliment, car l’enseignement reste une grande et constante passion de ma vie, à éveiller esprits et consciences ou à mobiliser des acteurs. Joie.

2014-04-20, par Jean Carette

Au fond, il y a trois grandes façons de vivre avec le monde. Soit tu es le meneur, le conducteur, tout en avant tu diriges et tu tires les autres. Soit tu es au milieu des groupes, pour mesurer et comprendre, partager et appartenir à un ensemble vivant. Soit enfin, tu es un acteur de l’arrière, plus soucieux des éclopés et des laissés pour compte, pour que personne ne reste sur le bord de nos indifférences.

Alors, gouvernant et politicien, solidaire au cœur du monde, ou samaritain : trois façons d’être et de vivre. À bien y penser.

2014-04-21, par Jean Carette

Desmond Tutu, prix Nobel de la paix en 1984, vient de publier un appel au boycott des compagnies d’énergie fossile. On y apprend entre autres que le projet de l’Oléoduc Keystone XL entre le Canada et les raffineries texanes pourrait augmenter les émissions de carbone du Canada de 30%. Il faut arrêter cette course insensée à la cupidité et à la marchandise et nous avons une quinzaine d’années pour le faire. En plus de nos gestes individuels, Desmond Tutu nous demande de réduire le poids politique des compagnies pétrolières ou gazières selon les mêmes méthodes qui ont sorti l ’Afrique du Sud du régime d’apartheid.

J’admire ces aînés qui croient encore aux changements et s’engagent pour réussir à relever ce défi. À 83 ans, l’évêque aux cheveux blancs nous invite à une nouvelle révolution tranquille. Pour lire l’article cliquer ici

2014-04-22, par Jean Carette

Alain Touraine , mon principal inspirateur en sociologie de l’action vient d’être nommé commandeur de l’ordre de la Légion d’honneur. À 89 ans bientôt, Touraine réfléchit et écrit toujours, voyage et rencontre, n’hésite même pas à changer d’avis ou d’analyse et poursuit son chemin original et critique dans le petit monde des sociologues universitaires.

Presque inconnu au Québec dans les années 1980, il nous a depuis bien aidés à réfléchir sur l’action de la société québécoise sur elle-même, sur les mouvements sociaux et sur notre identité. Encore l’an passé, avec La fin des sociétés (au Seuil), il jetait un pavé de 500 pages dans la mare de nos questionnements collectifs.

En voilà un qui mérite d’être lu et relu.

2014-04-23, par Jean Carette

Les aînés composent un capital très riche d’expériences et de maturité : aussi, agir en leur faveur ne peut être efficace qu’avec leur participation, à l’écoute de leurs besoins, projets, désirs et points de vue. Acteurs à part entière dans l’économie comme dans leurs communautés de vie, citoyens à plein temps, les aînés doivent trouver et occuper des lieux de parole et d’expression; comme il y a quelques années, je crois nécessaire de débuter l’action du Ministère des Aînés par une nouvelle tournée d’écoute et de réflexion commune, en villes comme en régions éloignées. Une écoute directe auprès d’eux et d’elles, bien au-delà de leurs meneurs institués, bien au-delà des ornières et des vieilles habitudes, fera surgir innovations, initiatives individuelles et collectives, vision renouvelée et actions mobilisatrices, contre la pauvreté, l’isolement, la disqualification sociale, le manque de services et de soins, la privatisation des réseaux publics.

Il est urgent de mieux penser, mieux repenser notre cycle de vie dans son entier, en y inscrivant l’avance en âge comme un défi et un levier de développement.

2014-04-24, par Jean Carette

Le président Hollande a été hué lors d’un déplacement à Carmaux, patrie et fief politique de Jean Jaurès . Les citoyens de Carmaux lui ont clairement signifié leur déception et leur amertume devant les revirements et manipulations d’un président en mal évident de socialisme. Il y a en effet de quoi désespérer du PS et de ses alliés politiques, soi-disant «radicaux» (sic) de gauche (resic).

Hollande promettait la lune et le soleil durant sa campagne de 2012 et son fameux discours-programme du Bourget avait des saveurs gauchistes, tant il pestait contre le monde de la finance.

Mais gouverner ne relève pas de l’exercice littéraire ni des jolies phrases. Il y faut une bonne analyse, une volonté sûre et une vision élargie et sincère. Le locataire de l’Élysée est loin d’en être porteur. Et pendant ce temps-là, la France s’enfonce. Tandis qu’ici, c’est plus clair : la loi des marchés règne et Jaurès est encore moins lu et reconu.

2014-04-25, par Jean Carette

Albert Einstein écrit à son fils Albert, âgé de 11 ans : «Je suis très heureux que tu sois content de jouer du piano... Joue surtout des choses qui te plaisent, même si ton professeur ne te les propose pas. C’est comme ça qu’on apprend le mieux, quand on fait quelque chose avec tellement de plaisir qu’on ne voit pas le temps passer. »

Si quelqu’un connait l’adresse courriel du ministre Bolduc , il devrait lui envoyer ce texte.

L’éducation est une longue patience, mais qui ne doit pas faire subir le poids du temps. C’est vrai à 11 ans comme à 71 ans, en 1915 comme aujourd’hui.

2014-04-26, par Jean Carette

Le gouvernement du Québec veut augmenter les recettes, diminuer les coûts de la santé, accroître le rendement du travail et baisser la criminalité : impossible ? NON.

Commençons par la lutte à la pauvreté : selon une sérieuse étude du CEPE, Centre d’étude sur la pauvreté et l’exclusion, la pauvreté coûte au Québec 17 milliards par an. En assurant un revenu de base garanti et supérieur au taux actuel, on pourrait diminuer les coûts de soins de santé de 1,7 milliard : moins de maladies, moins de médicaments, des besoins de base satisfaits. Cercle vertueux de la sortie de pauvreté.

Pour y arriver, il suffit d’une volonté politique et des yeux à vision plus large que celle des bilans comptables en cours.

Voici une synthèse sur la situation cliquer ici

2014-04-27, par Jean Carette

Ainsi donc, un couple homosexuel pourra faire appel à une donneuse d’ovules et à une mère porteuse pour obtenir une paternité autrement impossible, le tout aux frais du contribuable. L’aspect financier est ici bien secondaire; ce qui est scandaleux, c’est l’utilisation marchande des femmes et de leur corps, utilisation et exploitation qui débouchent sur un abandon d’enfant dès la naissance.

Je n’ai rien contre les homosexuels, j’apprécie même souvent leur différence. De là à compenser leur incapacité biologique à engendrer des enfants, il y a un pas que je ne franchirai pas, dans la mesure où il marchandise encore un peu plus le corps féminin. Monsieur Legendre joue ici pleinement à Paquet voleur.

2014-04-28, par Jean Carette

1135 morts, 2000 blessés dans l’effondrement d’un atelier textile au Bangladesh. C’était il y a un an. Sur les 40 millions d’indemnités promises, les grands groupes acheteurs n’ont versé que 15 millions, soit moins de 0,2% de leurs profits !

Les salaires de ces travailleurs ont été rehaussés de 76%, à ... 68 dollars par mois : mais les acheteurs - dont Loblaw chez nous- refusent de voir les prix de vente augmenter en conséquence, allant jusqu’à menacer de déplacer leurs commandes vers le Vietnam, l’Inde ou le Cambodge.

Enfin, aucune modification des règles élémentaires de sécurité n’a encore été apportée par les politiciens au pouvoir localement, tant le lobby du textile est puissant au Parlement bangladais.

Seul un boycott massif des consommateurs permettrait de desserrer l’étau où sont pris les travailleurs bangladais.

2014-04-29, par Jean Carette

Un deux pour un : deux papes sont canonisés ce dimanche. On verra partout images pieuses, auréoles et statues de plâtre peint, sans oublier les reliques. On sacralise ainsi des modèles de comportements et de choix, d’actions et de pensées. À chaque société les héros qu’elle veut porter à la gloire.

J’avoue que le monde ordinaire m’intéresse bien davantage et que j’aimerais vivre dans une réalité concrète qui rende justice aux petits gestes, positifs et généreux, quotidiens et anonymes. Les saints, des saints nous entourent, que nous ne connaissons et ne reconnaissons pas, qui ne seront jamais sur des autels, mais qui témoignent d’un mouvement constant, mais humble et ignoré, vers la perfection. Ce sont ces gens-là qui sont les vrais acteurs, les seuls qui comptent sans doute.

2014-04-30, par Jean Carette

81,7% des diplômés universitaires ont un niveau moyen à élevé en littératie, c’est-à-dire en lecture et en compréhension de texte «pas trop complexe» . J’ai déjà souligné la joie que j’ai de constater le niveau d’intelligence des étudiants, particulièrement rehaussé ces dernières années. Par contre, je déplore les fautes de français, de construction de phrase et d’orthographe, si nombreuses et si préoccupantes.

Pourquoi ne pas exiger un examen de français, comme en Sciences de l’éducation ? Les étudiants qui le rateraient pourraient poursuivre leurs études de certificat ou de baccalauréat, mais resteraient sans diplôme tant que l’examen de français ne serait pas réussi. Pourquoi ne pas rendre obligatoire des cours initiaux en français, au moins un cours-atelier de trois crédits dès l’admission ? Pourquoi ne pas encourager les inscriptions à un ou plusieurs cours de culture générale ?

Pour promouvoir le bon usage d’une langue et de la structure de pensée qui s’y associe, pour faire barrage à la médiocrité et à la barbarie, il faut un certain courage politique.

2014-05-01, par Jean Carette

Monsieur Eddy Savoie a déclaré 1, 5 milliard d’actifs dans le procès qui l’oppose à Madame Thériault-Martel et concernant une poursuite-baillon pour laquelle elle réclame justice et dommages.

1,5 milliard, plus que Céline Dion ou Pierre-Karl Péladeau : Eddy Savoie est le 12ème sur la liste des Québécois les plus riches, le 52ème au Canada. On peut au moins dire que les résidences Soleil sont d’un bon rapport et que les affaires vont mieux que certaines résidentes en CHSLD.

Sont-ce là les «vraies affaires» ? Il conviendrait de lancer une campagne contre l’obésité des nantis et les inégalités ! Comme l’écrit Piketty, superstar des économistes, le patrimoine rapporte plus que le travail.

2014-05-02, par Jean Carette

En Oklahoma, une exécution capitale a tourné hier à la boucherie et à la torture. Certains journaux ont titré : «exécution ratée» . Comme si toute exécution de ce niveau n’était pas ratée, comme si la peine de mort maintenue n’était pas un échec, comme si elle ne démontrait pas, dans tous les cas, une vengeance sauvage et non une sanction justifiable, ajoutant le crime au crime, le meurtre au meurtre. Il y a un lien, tragique et sordide mais réel, à faire entre le pouvoir et la mort, entre domination et condamnation capitale.

La barbarie est proche, comme un danger.

2014-05-03, par Jean Carette

À bientôt 84 ans, Jacques Parizeau est le plus jeune de nos leaders politiques. Il vient de le démontrer à nouveau dans une chronique du Journal de Québec où il fustige cette espèce de «supercherie» (sic) du PQ qui consiste à être souverainiste le dimanche et provincialiste le lundi.

Je n’aime guère les vieux qui se teignent les cheveux dans l’espoir de se rajeunir. Par contre, il est rafraichissant de voir un vieux leader politique nous rajeunir l’esprit et la mémoire, en nous rappelant nos parcours collectifs et le sens de nos choix, ceux déjà faits et ceux à faire vers un «pays à construire, différent de celui auquel on aspirait il y a vingt ou trente ans» . Merci, Monsieur !

2014-05-04, par Jean Carette

En date de ce jour, on compte déjà neuf candidats pour la chefferie du PQ. Le dernier et non le moindre «à ne pas fermer la porte» est Jacques Hébert. C’est ce qu’on appelle «être en réflexion» , mais à quoi peuvent-ils bien penser ? À leur grand pouvoir, à leurs ambitions personnelles ? Ou au peuple québécois et à son avenir ?

Me semble que ce début de course est bien prématuré. On se croirait à Blue Bonnets, mais l’heure n’est pas aux paris...

Tout est mélangé et mélangeant au PQ en ce moment, de la droite à l’extrême centre. Quant à la gauche, à part quelques vieux grognards perdus... Pour ce qui est de la pensée, on constate surtout des... arrière-pensées.

2014-05-05, par Jean Carette

Un colloque a réuni en fin de semaine des citoyens déçus, «orphelins politiques» . Comment leur redonner le goût de la politique ? Telle était la question. La réponse ne saurait être simple. Et pourtant, la politique c’est comme la marche : ça s’apprend en marchant. Pour vouloir redonner une place à la politique dans nos vies, au plan individuel comme au niveau social, il faut aménager les conditions d’en faire.

Deux idées comme ça, dans le désordre. 1. Susciter partout des écoles, là où on peut apprendre, et des forums citoyens, là où on peut débattre, sur le développement local. 2. Établir un scrutin proportionnel pour renforcer le sentiment de la représentation fidèle du corps électoral.

Ni business, ni gestion, ni com, ni pub, ni bla-bla, la politique est l’art d’agir et de mener les changements. Par la parole échangée et les gestes solidaires au quotidien. Les orphelins n’ont pas besoin de papas ou de mamans, mais de terrains pour agir, de défis à relever, concrètement.

2014-05-06, par Jean Carette

Entre 1998 et 2010, le temps hebdomadaire que les Québécois consacrent au travail a augmenté de 3,9 heures, alors que leur temps libre a diminué de 3 heures, s’inquiète l’Association canadienne pour la santé mentale.

Voilà un vrai problème social et politique : la conciliation travail-famille, ou travail-loisir : il est demandé à chacun d’en faire toujours plus, avec moins de compensations, de salaires, de temps libre et créatif ou citoyen. La productivité, favorisée par les technologies, mais aussi par de nouvelles formes d’organisation du travail fait de chacune et chacun un être humain pris et comme aliéné par le travail. De moins en moins stimulant et valorisant, de moins en moins choisi et maîtrisé.

Les médecins du Québec ont prescrit pour 13 millions d’antidépresseurs en 2013. Ne me demandez pas à qui profite la manœuvre ! Au détriment de la vie et de son sens.

2014-05-07, par Jean Carette

Mon corps a voulu m’envoyer un signal qui voulait dire : occupe-toi de moi. Depuis deux jours, je suis cloué au lit par une fièvre carabinée, genre grippe de changement de saison, mais aussi épuisement physique.

Je me suis levé pour vous envoyer le bonjour d’un ami fidèle. À plus.

2014-05-08, par Jean Carette

À la recherche d’un remède nouveau, je me suis mis à relire hier Les vraies richesses de Jean Giono. Rien de tel que la maladie, pour vous amener vers des horizons nouveaux de beauté et de réflexion. Giono qui peste contre la ville, contre le regne de l’argent et des profits, contre la déshumanisation capitaliste, contre l’emploi où nous perdons presque tous notre vie à vouloir la gagner, Giono contre la guerre et ses violences inutiles, Giono en professeur d’espérance, en écologiste avant la lettre.

J’ai dévoré les cent pages de Pléiade le temps d’une fausse sieste, comme on se nourrit de la musique paienne d’un monde à faire naître à nouveau, à l’écoute de nos seules fraternités. Il paraît qu’on trouve de tout chez un certain pharmacien : j’y croirai le jour où il nous accueillera avec des postes, tels une médecine roborative et vivante.

2014-05-09, par Jean Carette

Quand il était professeur à l’Université Laval, le ministre François Blais, était un chaud partisan d’un revenu minimum garanti à tous les citoyens. Le voici désormais chargé de la solidarité sociale au cabinet Couillard : la belle idée est désormais tablettée, parce qu’elle est jugée irréaliste, parce que le fédéral ne veut pas en entendre parler, parce que... lorsqu’on accapade à des postes de pouvoir, on oublie souvent ses convictions.

Je suis favorable à un tel revenu universel garanti parce que c’est le seul moyens de faire reculer la pauvreté et les inégalités et de découpler travail et emploi, activité à valeur d’usage et emploi à valeur d’échange. J’en prends la défense dans mon livre à venir, L’âge citoyen.

2014-05-10, par Jean Carette

Je lis comme tout le monde que les trains pétrolifères et mortifères vont reprendre leur traversée de Lac-Mégantic, une fois rachetés par Forest Investment Group, un groupe fondé par deux anciens de Goldman Sachs, un spécialiste en fonds de couverture et autres produits dérivés directement responsables de la crise boursière de 2008.

Le détournement de la ville par une nouvelle voie ferrée est qualifié d’éventuel (sic) dans les communiqués. Merci pour les morts et pour leurs familles. FIG dispose de plus de 40 milliards d’actifs sous gestion : de quoi construire une voie ferrée, non ? Les nuits vont être assez inquiétantes pour les citoyens de Lac-Mégantic. Qu’ils veuillent bien compter sur notre vigilance active ! Certains croient que l’économie a ses lois; j’ai plutôt l’impression qu’elle se place au-dessus des lois.

2014-05-11, par Jean Carette

Le Québec serait-il plus qu’un énième état américain ? Le hasard d’une vente de livres usagés m’a amené à lire avec gourmandise Un peuple dans le siècle, du sociologue Marcel Rioux, publié chez Boréal en 1990. Je n’apprécie guère la nostalgie complaisante des analystes qui succombent aux charmes de la retraite et de leur désuétude. L’argumentaire se fait parfois convaincant, et j’ai failli envoyer à Jean-François Lisée un courriel de condoléances attristées!

Je déplore le passéisme de beaucoup de nos amis intellectuels. Le Québec, c’est bien sûr une histoire, une tradition, une culture, et menacées, ô combien ! Mais c’est aussi un avenir à penser et à faire, collectivement. L’horizon à tracer, puis à rejoindre m’inspire plus que les musées. Question de perspective, l’art de percer et d’ouvrir des fenêtres dans les murs de notre indifférence chronique.

2014-05-12, par Jean Carette

Assef Husseinkhail est un afghan de 33 ans. Bloqué dans un camp de réfugiés en France, il fabrique un bateau de fortune et cherche à gagner l’Angleterre, qu’il appelle «son espoir» . Ça fait 14 ans qu’il erre ainsi, vers sa liberté ; il a failli se noyer dans les eaux de la Manche, si les secours ne l’avaient pas recueilli et sauvé. Dangereux ? «Et ma vie quotidienne de paria, pas dangereuse ? » a rétorqué Assef.

Il retrouvera trois bouts de bois pour flotter vers l’espoir, au prix de sa vie, s’il le faut, et il le faudra sans doute. Ses compagnons d’infortune le traitaient de fou. Mais qui est fou ?

2014-05-13, par Jean Carette

La Cour européenne a débouté Google : un internaute pourra demander à un moteur de recherche de ne plus les utiliser des informations recueillies sur lui si ces informations se révèlent par la suite « inadéquates, pas ou plus pertinentes ou excessives ».

Petite avancée dans la protection des internautes contre l’utilisation abusive et involontaire de données les concernant, mais aussi contre leur commercialisation par Google et autres moteurs de recherche sur la Toile.

Après le droit au pardon, voici le droit à l’oubli.

2014-05-14, par Jean Carette

À lire ici certains des commentaires, je me rends compte d’une complaisance négative assez répandue : tout serait foutu, inutile et vain. C’est la posture du désespoir et du scepticisme. Elle ne me satisfait pas : la vie d’un être humain est une aventure, un pari fait d’élans et de courages successifs, malgré nos constats et nos désillusions.

Cette page Face book que je remplis chaque jour n’est pas faite pour attirer les règlements de compte ni les dégoûts ni les amertumes : elle se veut espace de discussion et recherche de sens. Ce n’est pas à mon âge avancé que je vais céder aux douceurs empoisonnées du «À quoi bonisme» et de l’impuissance.

2014-05-15, par Jean Carette

Le procès des auteurs présumés du drame de Lac-Mégantic est commencé. Un grand absent : le patron de la compagnie MMA, principal responsable en tant qu’artisan de la «mono-conduction» des trains qui a déclenché la catastrophe et vendeur de sa compagnie, désormais moins rentable.

Je suis indigné de voir soumis à la vindicte des chalands l’ingénieur et ses subalternes, comme si le procès n’avait pas lieu d’être, comme si le lynchage était de règle, comme si le lien d’emploi suffisait à accuser des êtres humains, sans remonter aux sources réelles du problème, c’est-à-dire à la concurrence entre les compagnies de transport et l’obligation de faire des sous et des profits sur le dos des gens et des travailleurs.

Faire payer le lampiste équivaut à blanchir les responsables réels et ajoute l’injustice à la cruauté inhumaine de ce drame.

2014-05-16, par Jean Carette

Gaétane Laporte vient de mourir. Elle a fait partie de celles et ceux qui ont parié sur Espaces 50 + et lui ont assuré un avenir, en 2002 et les premières années, avec Gilles Tittley et quelques autres. Face à une AQDR policièrement noyautée et assagie, elle a su sonner le réveil de quelques militances. Face à une université sourde et à sa direction engluée et passive, elle a su dire non et mener résistance, jusqu’à permettre le départ cohérent de nos réseaux en 2003.

Gaétane a été une pionnière, une fonceuse lucide et solidaire. Je veux ici saluer positivement sa trajectoire de vie. Depuis quelques années, elle nous avait oubliés quelque peu et nous étions plusieurs à le regretter. Nous garderons de Gaétane la mémoire d’une intelligence engagée et d’un cœur généreux, au service d’une retraite citoyenne.

Jean CARETTE ,Président d’Espaces 50 +

2014-05-17, par Jean Carette

On s’y attendait. Dès sa parution, le rapport de la Commission Ménard sur le travail des policiers lors du printemps érable a été démoli, autant par le Cabinet Couillard que par les corps policiers, comme partisan et télécommandé par le gouvernement Marois .

Sans doute, sans doute, mais les questions restent posées : les interventions policières, en particulier vis-à-vis des jeunes, sont elles justifiées, correctes et utiles ou nécessaires ? Les arrestations et autres gardes à vue, les blessures infligées, les vexations opérées, les poursuites engagées sont-elles des violences acceptables en démocratie ?

Les corps de police, leurs dirigeants, mais aussi leurs formateurs feraient bien de garder les questions posées dans leur collimateur.

2014-05-18, par Jean Carette

Il est des moments de vie où s’imposent à nous des choix difficiles; si ces choix sont mal pensés et mal faits, les conséquences peuvent être graves. Dans de telles circonstances, il faut consulter et écouter ses amis, les vrais, ceux qui peuvent tout entendre et comprendre.

J’ai fait ce midi l’expérience d’une telle amitié et je suis sorti rasséréné de cette discussion fraternelle, prêt à des décisions difficiles mais nécessaires. Plus serein, plus libre, plus responsable.

Que mon ami, et il se reconnaîtra, soit remercié : c’est bon de grandir encore, à soixante-douze ans.

2014-05-19, par Jean Carette

Première journée de plantation devant et derrière la maison. C’est ainsi que nous avons chaque année rendez-vous avec la vie et les couleurs des plantes florales. J’aime cette saison intermédiaire, mais trop courte, entre la fin de l’hiver et l’été : nous sommes des citadins, plus proches du bitume que de la terre et de l’herbe, des cérébraux, plus proches de nos têtes que de nos émotions. Le court printemps permet de rétablir certains équilibres et de jouer plus pleinement avec nous-mêmes et les autres.

Printemps, période favorite pour les recommencements et la remise en harmonie. À tout âge, nous sommes des débutants.

2014-05-20, par Jean Carette

Qu’est-ce que le patriotisme ? Bonne et saine question en cette fête des Patriotes. Pour moi, il s’agit d’un sentiment d’appartenance à un ensemble humain singulier, comme le Québec par exemple. À ne pas confondre avec le nationalisme, qui a provoqué et animé tant de drames humains, par exclusion de l’autre.

Appartenance qui entraîne à la fois la fierté d’être «attaché» à une réalité collective et la volonté de concourir à la promotion de l’idée que nous nous faisons d’un pays. D’où l’importance de l’histoire et de son enseignement, des traditions et de la culture, des tâches de transmission d’une génération à l’autre. Membre de l’humanité, je suis un québécois, en même temps interdépendant et indépendant.

2014-05-21, par Jean Carette

Le Devoir de ce jour nous révèle - ou nous rappelle - que, par le jeu (sic) de la simple spéculation, 25 dirigeants financiers américains ont empoché 21 milliards de dollars en 2013. Au-delà des personnes, c’est le pouvoir croissant de ces ploutocrates qui peut inquiéter : ils sont en mesure de tout acheter, en particulier des privilèges, des passe-droits, des votes et des lois à leur seul avantage.

Comme le fric pèse davantage que les débats ou les idées, c’est en fait la démocratie qui bat de plus en plus de l’aile. Plus l’écart grandit entre les plus riches et les autres, plus s’éloigne l’idée et la réalisation d’une égalité citoyenne.

2014-05-22, par Jean Carette

Jacques Ellul , relu ces jours-ci : «Pour une véritable révolution, il faut trouver le moral de s’engager à faire disparaître ce qui est à l’origine de toutes les violences : l’esprit de hiérarchie et la peur; la peur qu’éprouvent les dominants de ne plus pouvoir vivre s’ils ne dominent plus, les pousse à la violence pour maintenir leur domination. La peur qu’éprouvent les dominés de ne plus pouvoir vivre s’ils renversent leurs maîtres, les pousse à accepter la violence qu’ils subissent.»

Voilà qui bouscule les idées reçues et trop facilement et passivement admises! Un homme de conviction et d’espoirs à aménager.

2014-05-23, par Jean Carette

J’ai visionné mardi soir sur Télé-Québec le documentaire de Dominic Champagne consacre à l’île d’Anticosti, intitulé La chasse au pétrole extrême.

Voilà un film qui pose bien les problèmes et les enjeux de l’extraction du pétrole dans le sous-sol de l’île, mais surtout qui nous fait réfléchir sur nos choix personnels et sociaux en termes de consommation et de pompage d’énergies fossiles, d’économie financiarisée et de capitalisme, de modes de vie individuels et collectifs.

Les images sont belles, les propos sont vrais, le commentaire très éclairant. À voir, absolument. Et merci à Dominic Champagne. Cliquer ici

2014-05-24, par Jean Carette

Il y a quelque chose de pitoyable dans ce qui est baptisé un «cinquième blitz» pour boucher les nids-de-poule qui prolifèrent dans les artères de Montréal avec l’arrivée du printemps : un budget de 2,2 millions, quatre fois celui de 2012, avec un nouveau produit «écologique» menant à un échec en 48 heures dans 40% des cas.

Tout le monde peut constater la quantité et l’ampleur des trous dans la chaussée; tout le monde peut se rendre compte qu’il est arrivé du 450 dans l’île grâce aux amortisseurs blessés de son véhicule. Tout le monde, sauf les élus (et les fonctionnaires irresponsables ?) qui continuent à nous prendre pour des imbéciles, payeurs de moins de 1,50 dollar par an pour cette lutte soi-disant «intensifiée» . Heureusement que le ridicule ne tue pas !

2014-05-25, par Jean Carette

Le projet de loi sur les soins en fin de vie revient sur le devant et sera sans doute adopté avant la fin de lété par l’Assemblée Nationale. Après deux ans de travaux et de débats réfléchis, les partis sont unanimes pour dépasser leurs oppositions politiciennes et pour faire passer la nouvelle loi dans les semaines qui viennent. Bel exemple de ce que peut donner l’exercice de la démocratie parlementaire sur un enjeu de société aussi fort.

Évidemment, Ottawa n’est pas d’accord et parle d’aide au suicide ou même d’euthanasie ! On reconnaît bien là un gouvernement rétrograde, qui cherche à tirer des bénéfices idéologiques et politiques à court terme. Sur le dos des malades en fin de vie et de leurs familles. Odieux.

2014-05-26, par Jean Carette

Xavier Dolan, 25 ans, partage le prix du Jury du Festival de Cannes avec Jean-Luc Godard, 83 ans. Belle image de relais intergénérationnel ! «Ce qu’il y a de beau dans le fait de partager ce prix avec lui, (c’est que) Godard, à une époque, a tenté de réinventer le cinéma, et j’aime croire que nous sommes dans un moment où le cinéma prend un virage, et je serais heureux de participer à celui-ci.»

J’ai la conviction que la génération des Dolan et des Nadeau-Dubois est bien partie pour reprendre le bâton de nos rêves en couleurs et les mener à bien. Deuxième révolution tranquille, pour le succès de laquelle je travaille chaque jour, entre les âges et les «printemps» , sur la route du temps.

2014-05-27, par Jean Carette

Le premier iris est apparu dans notre jardin, blanc comme un souvenir de neige, droit comme un I et fier d ’arriver le premier dans les vivaces à éclore. Les rosiers sont un peu en avance, faute de gel répressif et nous laissent espérer une belle floraison.

Notre jardin est une oasis de paix et de vie luxuriante et cet été nous accueille, plein de promesses et de repos bienfaisants, au milieu de projets à poursuivre, eux aussi pour qu’ils éclosent au service du plus grand nombre, au plus radieux des soleils.

Dès le logiciel de Mo réparé, patience ! , je vous transmets des photos, pour saluer nos joies communes et fêter la vie qui parfois se fait si belle.

2014-05-28, par Jean Carette

Voilà les français qui se jettent dans les bras du parti fasciste ! Le Front National de Jean-Marie le Pen et de sa fille Marine sort en tête en France des élections européennes; il pourra constituer un groupe au Parlement de Strasbourg, et surtout semer le trouble en s’alliant avec d’autres partis européens d’extrême droite.

Rappel : c’est en s’appuyant sur la misère des allemands après la défaite de 1918 que Hitler est parvenu au pouvoir à Berlin, avec les conséquences que l’on sait. C’est en s’appuyant sur la misère et le désespoir des français, particulièrement des jeunes et des ouvriers, que le Front national cherche à prendre le pouvoir, avec les conséquences que l’on redoute !

2014-05-29, par Jean Carette

Le général Roméo Dallaire , ce 28 mai : «Je ne comprends pas ce terme, "la retraite". J ’ai consacré neuf ans de la vie au Sénat, 36 ans aux Forces canadiennes et j ’ai maintenant des engagements ailleurs.»

Le mot retraite évoque le recul d ’une armée défaite, ou encore un retrait, une soustraction, une «mort sociale» . Les seuls retraités qui sont heureux de leur condition sont des aînés qui poursuivent un travail - à ne pas confondre avec un emploi - au service de leurs projets de création ou de service citoyen. Parlons donc de revenus de retraite plutôt que de retraite, parlons de conciliation travail-retraite et non de loisirs-consommation. Vieillir, c ’est vivre, non sous-vivre, ni survivre.

2014-05-30, par Jean Carette

Lecture de ma semaine : Miser sur l’égalité, publié chez Fides sous la direction d ’Alain Noël , professeur en Sciences politique à l ’Université de Montréal, et de Miriam Fahmy , directrice de la recherche et des publications à l’Institut du Nouveau Monde. 16 chercheurs ont travaillé ensemble et nous livrent des réflexions utiles et renouvelées sur l’augmentation des inégalités au Québec, sur ses conséquences au plan social, économique et culturel et sur des voies possibles de leur réduction. C’est intelligent, bien présenté, parfois drôle, je pense aux textes éclairants et percutants de Viviane Labrie, «entre les contes et les comptes» voilà un livre à lire et une référence pour l ’avenir sur un enjeu social majeur.

2014-05-31, par Jean Carette

Face à la crise des médias imprimés, des innovations voient le jour, en faveur d’une information mieux choisie, mieux expliquée, mieux diffusée. Parmi ces initiatives, le Ricochet, un nouveau média web, participatif et progressiste, financé par tous et pour tous, avec un angle de vue plus à gauche, clairement. Un médium indépendant qui respecte les deux cultures, franco et anglo.

Nous assistons au retour en force de certaines utopies, mais cette fois plus sérieuses, plus sincères, plus intégrées à la dynamique des changements collectifs indispensables.

  • Allez voir
  • J’ai misé 100 dollars pour cette nouvelle forme de démocratie. À ce jour, l’équipe a réuni presque 33.000 dollars. Il leur en faut 75.000$ d’ici 22 jours. C’est possible; ce serait formidable. On y gagnera tous.

    2014-06-01, par Jean Carette

    Prenez cinq minutes pour lire avec attention l’article que Bruce Campbell, directeur du Centre canadien de politiques alternatives, consacre aux suivis judiciaires de la tragédie de Lac-Mégantic.

    En quelques lignes bien documentées, vous aurez l’essentiel des inégalités de traitement et des injustices liées aux premières décisions de justice: qui est accusé et qui s’en lave les mains ? Qui est traîné devant les tribunaux et en prison et qui est d’avance innocenté ? Quels sont les abus et négligences du Bureau de la Sécurité des transports ? Quelles sont l’incurie et la lâcheté du Ministère de tutelle et des politiciens qui le dirigeaient ?

    Et dire que certains s’étonnent de notre dégoût ou de nos indignations ?

  • À lire
  • 2014-06-02, par Jean Carette

    Ce premier juin, parution du dernier numéro de l’info@lettre d’Espaces 50 +, dans sa version actuelle. Depuis 6 ans, des aînés fouillent les toiles et les moteurs de recherche sur internet, à la recherche des meilleures informations, des plus utiles surtout quant à la gestion individuelle ou collective du vieillissement. Bénévolement, ils la commentent et la maquettent, pour le plus grand plaisir de plus de 13000 lecteurs qui la parcouraient tous les mois.

    Mais ce travail collectif nécessite des sous : pour payer les droits de diffusion et la distribution, pour rémunérer l’indispensable édimestre. Or Espaces 50 + ne reçoit pas de subventions publiques et ne survit que grâce à la solidarité de ses amis. Nous ne pouvons donc maintenir la gratuité du service et nous allons réfléchir à une nouvelle formule par abonnements à l’automne. Patience, les obstacles nous sont des stimulants de créativité. Merci pour vos suggestions.

    2014-06-03, par Jean Carette

    Le roi d’Espagne vient de renoncer au trône que lui avait cédé le dictateur Franco. La belle affaire ! Il me semble que la monarchie est un système désuet, à l’opposé de la démocratie la plus élémentaire. Le rétablissement de la république renversée par les fascistes de Franco serait une bien meilleure solution. Les morts de Guernica en témoignent.

    À propos de démocratie, le sanguinaire Assad sera bientôt «légitimé» par une élection favorable, véritable mise en scène pour asseoir un pouvoir qui a provoqué plus de 160 000 victimes de la guerre civile, sans compter les millions de réfugiés syriens.

    Tristes pantins dans les deux cas ! Nous n’avons pas les dirigeants politiques que nous méritons, mais au moins en démocratie, nous pouvons les récuser.

    2014-06-04, par Jean Carette

    Rob Danoff, médecin et ostéopathe américain tire la sonnette d’alarme : « Nous sommes une société qui s’avachit. On est assis avachis la plupart du temps au bureau et quand on rentre à la maison, on s’avachit sur le canapé devant la télévision. La combinaison peut être mortelle. »

    J’ai toujours donné mes cours debout, devant le tableau, ou parcourant le local de classe à grandes enjambées. Jusqu’au jour où des maux de dos m’ont contraint à alterner avec un haut tabouret. En fait, la solution, c’est de changer de posture régulièrement. Le travail de barman, toujours debout, est aussi dommageable que celui du programmateur, toujours assis devant son écran.

    Il faut savoir se lever et pouvoir s’asseoir. Debout, ou assis les «damnés de la terre» ? En tous cas, jamais à genoux...

    2014-06-05, par Jean Carette

    Edward Snowden est actuellement réfugié à Moscou jusqu’en juillet. Il cherche un pays d’accueil. Poursuivi par la justice américaine qui a fait de lui un terroriste dangereux, il a néanmoins le grand mérite d’avoir dénoncé les collectes massives d’informations comme des atteintes aux droits et aux libertés et nous a sensibilisés à la nécessité de protections complémentaires. Le pays qui acceptera de l’accueillir fera honneur à la liberté citoyenne, face aux pouvoirs quasi absolus et injustes de certains grands empires, avec leurs systèmes de surveillance de nos vies. Tout le reste est persécution et totalitarisme.

    2014-06-06, par Jean Carette

    Jean Daniel, fondateur du Nouvel Observateur, vient de recevoir un doctorat Honoris causa de l’université de Blida, ville algérienne où il est né il y a bientôt cent ans. Blida : j’y ai vécu les premières années de ma vie. Mes parents étaient des chtis, mais la guerre avait envoyé mon père mobilisé en Algérie, après une traversée épique de la France occupée.

    Jean Daniel rappelle qu’il se sent algérien et je vibre fortement. Je me sens en effet issu de cette terre d’Algérie bien plus que du terreau français et parisien. Je suis attaché à l’Algérie dont j’ai soutenu l’indépendance, jusqu’aux dépens de ma liberté. Encore aujourd’hui, la terre d’Albert Camus et de Jean Daniel est ma terre-mère.

    2014-06-07, par Jean Carette

    «Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.»

    Cette définition des révolutionnaires par Bakounine me trotte dans la tête en lisant l’actualité du jour.

    Première information : un avion sans carburant, alimenté par la seule énergie solaire, a effectué son premier vol en Suisse et est préparé pour un tour du monde en pleine autonomie énergétique en 2015.

    Deuxième information : un arbre à vent vient d’être implanté en France, mini-éolienne capable de produire de l’électricité pour un foyer de quatre personnes ou pour alimenter quinze réverbères de rue.

    Quand l’être humain se met à inventer avec intelligence, il dépasse les limites du vraisemblable et change les contraintes en leviers de développement. Formidable !

    2014-06-08, par Jean Carette

    Un vétéran anglais de 89 ans a bravé les interdits de la maison de retraite qui l’héberge à Howe pour se rendre en catimini et avec ses camarades sur les lieux des commémorations du débarquement en Normandie. On ne l’a retrouvé que 12 heures plus tard, grâce à un coup de téléphone d’un de ses amis qui voulait rassurer tout le monde.

    J’aime ce type de délinquance en faveur de la liberté. J’espère pour lui que la maison de retraite n’exercera aucune représaille contre lui : sa vie et sa santé lui appartiennent et il a assumé les risques à prendre pour rejoindre ses camarades qui, voici soixante-dix ans, ont avec lui combattu pour nos libertés. Belle cohérence de vie...

    2014-06-09, par Jean Carette

    Le dramaturge Bertolt Brecht proposait de dissoudre le peuple qui a osé voter contre le gouvernement, Marine Le Pen, patronne du parti Fasciste FN, réclame la dissolution de l’Assemblée nationale pour prendre le pouvoir. Un cinéaste, Robert Guediguian, vient, lui, de proposer la dissolution du Parti dit socialiste. C’est peut-être une bonne idée, pour nous dégager des ornières de la pensée et de l’action politique.En France, mais aussi chez nous, pour faire un bon ménage, obliger à la réflexion, sortir des cadres et des préjugés et éviter ou contenir les menaces de l’extrême-droite qu’évoque Madame Marois dans ses adieux politiques : chiche, on dissout le PQ et on recompose le rassemblement des indépendantistes.

    Je sens que je ne vais pas me faire que des amis.

    2014-06-10, par Jean Carette

    Avec mon billet d’hier, on aura compris que j’ai voulu pousser jusqu’à l’absurde cette idée de dissolution, en France comme au Québec. Là-bas, les socialistes ne sont pas ou plus socialistes. Ici, je crains fort que les péquistes ne croient plus en leur article 1; mais je crains aussi que les libéraux ne sachent pas retourner aux racines de leur pensée libérale.

    Alors, il conviendrait de s’arrêter dans la course ou la gestion des pouvoirs, de se parler vraiment, de ressortir des sentiers battus et de réinventer sans complexe les projets collectifs innovateurs qui nous permettront de refaire le paysage social, autour de quelques actions citoyennes et solidaires. Plus de politique, moins d’économisme, plus de démocratie, moins d’oligarchies, plus d’actions, moins de slogans creux, plus de modestie, moins de com...

    2014-06-11, par Jean Carette

    La coupe du monde de football ou de soccer débutera dans quelques jours, le 12 juin, au stade de Sao Paulo avec une rencontre opposant le Brésil et la Croatie. Le chantier de réfection du stade a jusqu’à présent a causé la mort de trois ouvriers, sans compter les accidentés blessés au travail. Il est probable que ces accidents et ces morts sont principalement dus à l’accélération forcée des rythmes des travaux de finition, compte tenu des retards accumulés.

    À l’occasion d’une entrevue à un journaliste portugais, Pelé, célèbre joueur brésilien, dit le roi du football, a qualifié de «normale» la mort de Fabio, 29 ans, la plus récente victime du chantier.

    Pelé s’est souvent signalé à l’attention des médias par son opposition systématique aux manifestations des travailleurs brésiliens. Le voilà qui met la mort d’un ouvrier sur le compte des pertes et profits. Monsieur Pelé est-il «normal»?

    2014-06-12, par Jean Carette

    Pinar Selek est une sociologue turque. Soupçonnée d’avoir participé à un attentat en 1998 en posant une bombe sur un marché, elle a été condanmnée à la prison à vie puis libérée quand l’enquête a démontré qu’il s’agissait d’une fuite de gaz !

    On reproche en fait et d’abord à Pinar Selek de s’être montrée solidaire des minoritaires Kurdes et du parti PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan.

    Réfugiée politique en France, Pinar Selek vit à Strasbourg et bénéficie de la solidarité du monde universitaire. Ce qu’on reproche réellement à Pinar Selek : d’avoir fait preuve des exigences de son métier de sociologue en défendant les droits des femmes, contre une justice partiale qui s’acharne sur elle depuis 16 ans. Sociologue, un métier ou un engagement ?

    2014-06-13, par Jean Carette

    L’écrivain Michel Le Bris dans une entrevue au Monde : «...les économistes de droite se trompent en pensant que les infrastructures déterminent les superstructures. C’est évidemment le contraire ! Ce sont les désirs humains, les rêves, les croyances qui sont moteurs. On ne retrouvera la confiance que si on a le sentiment d’être ensemble et si on partage l’idée qu’un projet est possible. La crise économique est d’abord une crise de valeur culturelle.»

    Voilà un auteur qui me fait réfléchir à rebours des modes, des préjugés et du prêt-à-penser. Je m’en vais relire son manifeste de 1977, L’homme aux semelles de vent, publié chez Payot.

    2014-06-14, par Jean Carette

    Nouveau cri du cœur de notre ami Jean Bottari à propos des conditions de vie dans les CHSLD. Jean travaille comme préposé et est donc bien placé pour constater, déplorer et dénoncer les multiples signes de déni d’humanité dont des personnes aînées sont victimes dans ces couloirs de la mort lente. Une violence institutionnelle - en plus des cas de violence directe qui ne soulève qu’une indifférence apitoyée. Le plus souvent au nom de la sacro-sainte rentabilité financière : jusqu’à restreindre les bains hebdomadaires et compter les couches-culottes. Les aînés sont ici parqués, oubliés, méprisés, moins bien traités que certains animaux de compagnie.

    Le bon docteur Barrette sera-t-il plus attentif au moment où les coupures sont prioritaires ? Seul un mouvement collectif serait en mesure de corriger la situation. J’en suis, car le grand âge est aussi notre futur obligé.

  • Allez voir
  • 2014-06-17, par Jean Carette

    Il y a quelques semaines, je lançais un appel à soutenir le lancement d’un journal alternatif, le Ricochet.

    L’équipe avait besoin de 75 000$ pour démarrer. J’ai personnellement souscrit 100 dollars. À ce jour, ils ont amassé 65760 $. Ne manquent plus que quelques 9240 $. Avis à ceux et celles qui le peuvent et ne l’auraient pas encore fait. Ça vaut la peine ! Merci

  • À lire
  • 2014-06-18, par Jean Carette

    Hier, au TNM, Les aiguilles et l’opium, texte et mise ne scène de Robert Lepage, avec Marc Labrèche dans le rôle principal. Mo et moi sommes sortis émerveillés et songeurs.

    La mise en scène est époustouflante, qui représente et recrée nos rêves et nos hantises, nos tornades intérieures et le tumulte de nos désirs. Nos murs vacillent et tournent, nos refuges se présentent et se dérobent. Lepage, toujours.

    Nos vies sont prises entre les ivresses traversées et les bonheurs trahis. Je pensais à Baudelaire : «Il faut toujours être ivre» , mais aussi aux tempérances nécessaires à conquérir.

    Marc Labrèche supporte à lui seul tout le poids de ce «voyage» entre amour et désamour, New York et Paris, Juliette Gréco et Miles Davis , Cocteau et Radiguet , le Québec et le vieux monde. Magnifique interprétation, toute en douceur de sentiments, humaine et familière, tant l’acteur sait rendre avec finesse nos contradictions. Rien à voir avec le clown de nos télévisions. Joie.

    Si vous ne l’avez pas vue, la pièce sera rejouée 5 ou 6 fois en juin 2015. Courez-y!

    2014-06-19, par Jean Carette

    Excellent article de David Lussier dans Le Devoir du 18 juin. À lire et à transmettre aux réviseurs coupeurs des programmes du gouvernement. Il faut rendre plus accessibles et plus sélectionnables les approches non médicales comme la physio, la prévention ou l’exercice. Quand un médicament est remboursable par la RAMQ mais qu’une sénace de physiothérapie ne l’est pas, que choisit de préférence le médecin traitant. Question non de pouvoir médical, mais d’abord de budgétisation et d’ administration, puis de choix politique.

  • À lire
  • 2014-06-20, par Jean Carette

    Arrondissement.com a eu la très bonne idée de reprendre une entrevue que j’ai faite à MATV à l’automne 2013 et qui résume assez bien la mission, les activités et la vision d’Espaces 50 +.

    Une bonne synthèse en quinze minutes, pour ceux et celles qui souhaitent mieux connaître le mouvement que j’ai suscité en 2003. Onze ans déjà !

  • À lire
  • 2014-06-21, par Jean Carette

    Hier, j’ai visionné distraitement et par épisodes le match entre la France et la Suisse. Le score était presque connu d’avance, du moins la supériorité des Bleus sur les joueurs suisses : avec 3 buts d’avance, le match perdait de son intérêt. Par contre, je suis tombé de ma chaise quand j’ai appris l’histoire du drapeau du Brésil. Sa version ancienne a été conçue au 19ème siècle par un obscur peintre français, du nom de Debret, invité au Brésil par le souverain portugais de l’époque. La devise qui y est inscrite, «Ordre et progrès» , est due au philosophe français Auguste Comte. Père du positivisme, Comte pensait que la science et ses effets remplaceraient progressivement la religion et la métaphysique. Étudiant, j’ai dû me farcir ces stupidités «positives» avec ennui. Auguste Comte, qui a son pompeux monument face à la Sorbonne, avait une réputation internationale, jusqu’au Brésil. Retour au match d’hier : pas étonnant que les Brésiliens soient en amour avec les «Francès» . À l’époque, on colonisait les terres, désormais ce sont les esprits et les imaginations qui sont la cible. C’est le progrès ?

    2014-06-22, par Jean Carette

    Les premières roses de notre jardin sont sorties. Trois roses... roses, dont une anglaise très parfumée et une rouge foncé. J’ignore pour quelle raison, mais les roses représentent pour moi un bonheur différent de celui des autres fleurs. Je crois qu’il faut aimer ce qu’on cherche à faire grandir et embellir. La rose reflète la beauté dans la fragilité; elle respire la générosité du plaisir. Quand en plus, elle sent bon, je suis ému. Plus qu’une couleur ou qu’une forme, un parfum, celui qui réconcilie avec ma condition et ma trajectoire de vie.

    Cette photo est de l’an passé, en attendant la caméra experte de ma MO...

    2014-06-23, par Jean Carette

    Nous fêtons ce lundi les dix ans de la Maison des Aïnés dont j’assume la présidence. 2003 : un ancien presbytère devenu CLSC est vendu pour un dollar. Avec quelques subventions, la maison a doublé de volume et accueille 32 logements plus un centre communautaire, au coin de la rue de La Salle et Adam. Les aïnés y sont chez eux, décident majoritairement en CA : ce n’est pas la Maison pour les aïnés mais LEUR maison.

    Nous travaillons d’arrache-pied pour livrer une phase 2 en 2017, en transformant cette fois une église fermée depuis 2009, à un mille de là, au coin de Viau : 95 logements d’aînés, mais aussi une maison des jeunes, un CPE, 43 lits de soins de proximité, avec dans l’église restaurée, un carrefour intergénérationnel, le tout géré et animé dans le cadre d’une coopérative qui rassembler un bon nombre de décideurs et d’acteurs sociaux de Hochelaga Maisonneuve. Vaste aventure pour redynamiser un quartier et répondre à des besoins criants. Et dire que certains s’ennuient à la retraite...

    2014-06-24, par Jean Carette

    Le festival des roses débute vers la fin juin. Cette année, c’est une floraison abondante et glorieuse. Bonne Saint-Jean ! Avec un Bougainvillier en prime.

    2014-06-25, par Jean Carette

    Michel Seymour est un homme de conviction autant que d’analyse. Pour l’avoir interviewé sur les ondes, je peux attester que c’est un homme qui cultive autant l’humour que la sérénité, ce qui ne l’empêche pas de défendre ses opinions avec passion et solidité argumentaire.

    Dans l’article que je vous suggère de lire, il pose les questions les plus justes sur la situation du Québec : fêter, oui, certes, mais fêter quoi ? Nos choix politiques sont fallacieux, nos enjeux sociaux sont le plus souvent ignorés; quant aux enjeux écologiques, ils sont sacrifiés au profit de quelques oligarchies du fric et du pouvoir.

    Michel Seymour est ce que j’appelle un vrai témoin de notre temps. Prenez dix minutes pour le lire et réfléchir à ses analyses sans complaisance.

  • À lire
  • 2014-06-26, par Jean Carette

    Un ministre fédéral a écrit : «Les mères changent les couches, les pères forment les leaders.» J’ai le sentiment que sa couche lui est restée dans la tête. Comment se fait-il que Stephen Harper s’entoure d’attardés de la sorte ? Par erreur ? Par tactique et pour mieux dominer son cabinet ou pour faire passer son idéologie conservatrice ? Je suis favorable à un remaniement, mais pas à un jeu de chaises musicales.

    Et dire qu’il va falloir attendre encore quelque quinze mois avant de refaire le ménage !

    2014-06-27, par Jean Carette

    Le médecin français Nicolas Bonnemaison a été acquitté d’une accusation d’avoir volontairement abrégé la vie de sept de ses patients. Au même moment, une famille se déchire sur la place publique à propos de l’arrêt ou de la poursuite des soins à donner à un de ses membres, réduit depuis plusieurs années à un coma végétatif.

    Dans les deux cas, je ne prétends pas savoir à qui donner raison. Je peux seulement porter ma réflexion sur une société qui ne sait plus intégrer ni traiter la mort. Peut-être parce que nous ne savons plus très bien ce qu’est la vie et ce qu’exige son respect dans la dignité.

    2014-06-28, par Jean Carette

    Je compte encore : à ce jour, c’est mon 600 ème billet sur cette page Facebook. J’aime ce rendez-vous avec quelques centaines de lecteurs et peut-être davantage. Nous ne sommes pas des amis, au sens où naguère nous l’entendions. Mais au fil des jours et des mois, nous tissons connivences et convergences, nous nous aidons à penser, et surtout à penser autrement, en plus forte liberté, exemptés de toute surveillance.

    Chaque jour, je lance ainsi une bouteille à la mer après l’avoir remplie de mes idées, de mes opinions, de mes rêves, avec une volonté de partage ou de débat, sans vergogne ni aveu. Je persiste et continue, dès demain.

    2014-06-29, par Jean Carette

    Allez sur ma page Facebook admirer la rose de cet été, photographiée hier avec le talent que je lui sais par Mo. La rose est belle, très belle, et exhale un parfum sublime dans notre jardin. Elle dit aussi la vertu du silence, au cœur de l ’été.

    Aujourd’hui, je suis sur les bords du lac Massawipi, pour un bain de nature et de paix. Rendez-vous amoureux aussi avec ma Mo : plus nous avançons en âge, plus nos liens doivent être assez forts pour affronter et traverser les vicissitudes de l’âge et du vieillissement.

  • À lire
  • 2014-06-30, par Jean Carette

    Début du mois de ramadan et de son jeûne. Un voisin, marocain d’origine, me l’apprend et je perçois que c’est pour lui un moment important de l’année. Une façon de se retrouver et de faire sens. Une pratique dictée sans doute par une hygiène de vie à reconstruire, mais aussi et surtout par une spiritualité en recherche, à travers des rites et des exigences chaque année.

    Je ne suis pas musulman, mais j’apprécie cette volonté de purification et de rupture. L’irréflexion et les préjugés racistes font souvent glisser vers de redoutables amalgames : les musulmans seraient terroristes, par exemple. Alors que ce sont les groupes terroristes qui tentent d’instrumentaliser la religion au profit de leur volonté de puissance. Durant le mois qui commence, faire le jeûne de nos idées fausses.

    2014-07-01, par Jean Carette

    Le débat sur un revenu minimum garanti est relancé par le ministre de la solidarité sociale, François Blais, à l’occasion d’un colloque international qui se tient à McGill.

    Je suis un partisan convaincu de l’établissement progressif de ce RMG pour tous et j’y consacre un texte dans mon prochain livre, L’âge citoyen, à paraître en octobre prochain. Je crois que ce serait un moyen de mieux redistribuer la richesse, mais aussi que ce nouveau type de politique sociale permettrait un changement assez fort et durable de notre société.

    Ceci dit, je me demande bien ce que François Blais fait au gouvernement libéral; d’autant qu’il n’a aucune intention de faire la proposition formelle de ce RMG.

    2014-07-02, par Jean Carette

    C’était hier l’ouverture de session du nouveau Parlement européen issu des élections de mai. Pour l’occasion, on avait invité un orchestre symphonique à jouer l’hymne européen, inspiré par l’Ode à la joie de Beethoven. Parmi les députés europhobes d’extrême droite, plusieurs élus britanniques ont ostensiblement tourné le dos durant les cinq longues minutes d’exécution du morceau.

    Je suis sans doute très vieux-jeu, mais je ne crois pas que la démocratie puisse survivre et se renforcer en admettant de pareilles conduites contraires à ses règles, même imparfaites. Les fascistes, appelons-les par leur nom, sont des ennemis de la démocratie : ils doivent donc ne pas profiter de ses modes électoraux pour accéder à des postes où ils vont tout faire pour nuire aux débats, aux enjeux, aux personnes et aux divers partis. Hitler est parvenu légalement au pouvoir par une élection démocratique. Sachant les suites odieuses et effroyables de ce coup monté, la prudence élémentaire devrait être d’interdire les tricheurs.

    2014-07-03, par Jean Carette

    Ça empeste à l’UMP, premier parti de droite en France : accusations, injures, coups bas, détournements de fonds et fausses factures, on dirait un film hollywoodien où le scénariste en a mis plusieurs couches de trop. De quoi en écœurer plus d’un. Et puis voilà que l’ancien président de la République subit une humiliante garde à vue puis se fait inculper par deux juges courageuses qui ont amassé assez de preuves pour éviter toute erreur de jugement. Nicolas Sarkozy hurle son innocence, sa meilleure défense consistant à attaquer le système judiciaire qu’il a patronné et tenté de manipuler pendant ses cinq années de pouvoir.

    Le tas de fumier a envahi toute la cour de la ferme politicienne, et tous les acteurs barbotent dans la fange. Ce merdier est dégoûtant et annonce un avenir plutôt sombre pour nos cousins. Ouassshhhhhhh ! Quelle honte !

    2014-07-04, par Jean Carette

    J’ai visionné le document vidéo obtenu par Radio Canada et tourné au moment de l’accrochage entre un policier et un citoyen, sur le Plateau. Je manque d’informations pour décider qui a raison et je ne suis pas juge. Cependant, je me pose de sérieuses questions quant à la violence, verbale et physique, mais aussi psychologique et morale, dont fait preuve le policier, après bien d’autres incidents du genre, connus du public ou ignorés.

    À mon sens, c’est d’abord une question de formation à la gestion adéquate de situations exceptionnelles et d’incidents publics où la violence entraîne la violence, par réaction en chaîne peu ou mal contrôlée par les «forces de l’ordre» . Autre enjeu : celui des droits de chacun à son opinion, à une justice plus impartiale et à une police ...plus policée ! Entendez : moins brutale et plus intelligente des problèmes rencontrés.

    2014-07-05, par Jean Carette

    Savez-vous ce qu’est un fonds vautour ? Prenez dix minutes pour lire l’article de Guillaume Hébert. Vous comprendrez pourquoi on nomme ces fonds spéculatifs des fonds vautours; et surtout vous serez informés des menaces graves dont profitent ces manoeuvriers pour alourdir les endettements publics et s’attaquer aux États emprunteurs. Demain, après-demain, ce sera peut-être notre tour.

  • À lire
  • 2014-07-06, par Jean Carette

    L’Ordre Professionnel des Diététistes du Québec (OPDQ) affirme que les hôpitaux et les CHSLD dépensent en moyenne 1,60 $ par repas, alors que nous dépensons en moyenne plus de 7,76 $ par personne et par jour à la maison.

    On peut comprendre que des économies importantes sont liées au nombre des repas servis. Mais il y a plus : le Ministère de la Santé pénalise les hôpitaux qui dépensent davantage, les incitant ainsi à couper encore sur les montants alloués et la qualité. Un hôpital qui dépasse la moyenne est ainsi pénalisé quant à sa performance.

    De quoi indigner encore plus notre ami Jean Bottari , employé dans un CHSLD et qui milite pour que ça change ! Il y a sûrement moyen de faire des économies ailleurs que sur le dos des patients !

    2014-07-07, par Jean Carette

    Le ministre Bolduc s’est mis 215.000$ dans les poches grâce à sa connaissance des divers avantages consentis aux médecins dont il est; l’avantage cette fois a été «arrangé» par lui même, alors qu’il était ministre de la santé, et pour lui-même quand il serait dans l’opposition.

    Même Claude Castonguay s’indigne, alors qu’il aurait pu se taire et se faire complice d’un camarade de parti : «Il est allé chercher le maximum en donnant le minimum, aussi bien comme député qu'en tant que médecin... Il a donné le pire des exemples en se servant à deux mains dans notre pauvre assiette à beurre.»

    Et pendant ce temps-là, on coupe dans tous les budgets ! Ras-le-Bolduc, non ?

    2014-07-08, par Jean Carette

    «Nous sommes dans une société individualiste, très productrice de souffrance. Car la solitude, ce n’est pas seulement le fait d’être isolé, c’est d’abord le sentiment de ne compter pour personne. Et ce quelque soit l’âge...»

    Ainsi s’exprime le sociologue Philippe Pitaud , dans une étude de la Fondation de France qui révèle qu’une personne âgée sur quatre est presque totalement isolée. Chiffre qui recoupe nos constats d’ici. Cette solitude croissante est le résultat du délitement des communautés de voisinage et des réseaux de proximité, malgré les technologies de contact.

    Avant que le monde ne nous appartienne, il convient d’appartenir au monde et c’est ce qui fait défaut, faute des solidarités nécessaires. À réinventer par la pratique au long des jours.

    2014-07-09, par Jean Carette

    Contrairement à mon habitude et aux horaires prévus jusqu’ici, je donnerai un cours cet automne à l’UQAM. Ce sera le lundi après-midi, et j’en sortirai moins épuisé qu’en soirée, comme cet hiver. Le cours ? Spécificités culturelles et vieillissement, ou comment et pourquoi nos identités et différences dans le rapport au temps et à l’avance en âge, en fonction de nos diverses cultures et de nos réelles capacités d’accueil. Une joie de plus pour finir 2014 : réfléchir ensemble et en tirer des leviers de développement individuel et collectif. L’UQAM me gâte et j’en suis reconnaissant.

    2014-07-10, par Jean Carette

    Invectives à l’Assemblée nationale et au dehors : le ministre Barrette joue sa carte âgiste en envoyant Castonguay à la retraite et celui-ci renvoie la balle en le qualifiant de «grossier personnage» . Tout ce déballage à cause du troisième larron qui s’est servi de sa propre médecine et de son amour du fric pour s’attribuer une prime généreuse sur le dos de ses patients et des contribuables.

    On dirait trois gamins dans une cour d’école : en fait trois serviteurs de l’État, ministres ou ex-ministres devenus sinistres. Rappelons-nous Victor Hugo et son Ruy Blas , Acte 2 :

    «Bon appétit, Messieurs ! Ô ministres intègres, ô conseillers vertueux! Voilà votre façon de servir, serviteurs qui pillez la maison...Soyez flétris devant votre pays qui tombe,Fossoyeurs qui venez le volez dans sa tombe ! »

    Pitoyable spectacle de voleurs et d’ambitieux ...

    2014-07-11, par Jean Carette

    «Nous sommes dans une société individualiste, très productrice de souffrance. Car la solitude, ce n’est pas seulement le fait d’être isolé, c’est d’abord le sentiment de ne compter pour personne. Et ce quelque soit l’âge...»

    Ainsi s’exprime le sociologue Philippe Pitaud , dans une étude de la Fondation de France qui révèle qu’une personne âgée sur quatre est presque totalement isolée. Chiffre qui recoupe nos constats d’ici. Cette solitude croissante est le résultat du délitement des communautés de voisinage et des réseaux de proximité, malgré les technologies de contact.

    Avant que le monde ne nous appartienne, il convient d’appartenir au monde et c’est ce qui fait défaut, faute des solidarités nécessaires. À réinventer par la pratique au long des jours.

    2014-07-12, par Jean Carette

    Il s ’appelait Hal Lasko. Designer de publicité, depuis toujours passionné de peinture, il devient presque aveugle à 78 ans. On lui offre un vieil ordinateur où est installé le logiciel Paint; deux ans plus tard, il livre sa première toile et commence à exposer et à vendre sur internet. Il était surnommé le pixel painter. Il vient de mourir, à 98 ans.

    Preuve, s’il en est besoin, que la vie est faite de commencements qui lui donnent son plein sens. Joie.

  • À lire
  • 2014-07-13, par Jean Carette

    Mercredi soir, un café de plage de Gaza organise un visionnement de la Coupe du Monde de football. Tsahal cible l’événement et bombarde les civils rassemblés : 9 morts et 25 blessés.

    À quoi peut servir tant de violence, sinon la violence elle-même ? Ce sont des innocents et des civils qui paient le si lourd tribut de la guerre et de la haine que nourrissent les fanatiques des deux bords.

    Quand se lèveront ceux qui pourront arrêter ce torrent destructeur ? Humains, nous sommes tous palestiniens et israéliens. Il y va de notre dignité de rompre avec ce cycle stérile et infernal. Crions notre résistance solidaire. Même si les adversaires de la paix sont sourds, ils devront plier un jour.

    Ana Blandiana : «Il faudrait naître vieux, débuter par la sagesse, puis décider de son destin.» Le problème, c’est que vieux ne rime pas avec sage dans la plupart des cas, mais aussi qu’il faut souvent vivre sa liberté de l’âge et prendre les nouveaux chemins avec courage, quitte à déplaire et à bousculer certains conforts.

    La meilleure de deux solutions, c’est souvent la troisième à faire naître. Ainsi l’âge devient celui des commencements.

    2014-07-14, par Jean Carette

    Spectacle déplorable de la petite politique, avec le dossier Bolduc et ses primes et le dossier Lisée et ses frais de bouche et de transport. Cauchemar répété de ses querelles de cours de récréation où chacun cherche à abuser de ses pouvoirs pour détruire l’autre. S’il y a eu vol ou détournement, qu’on désigne un arbitre impartial et qu’on en finisse avec ces gamineries insupportables.

    La politique ne saurait être la seule opposition des intérêts et des clans ni la querelle des gros egos. Elle devrait être, en démocratie, la recherche du bien commun et la lutte aux injustices et aux inégalités, le tout sous le contrôle des électeurs, Tout le reste est embouteillage manipulateur des esprits et de l’opinion ou stérilité citoyenne.

    2014-07-15, par Jean Carette

    À coup de biotechnologies, certains se mettent à espérer que nous atteindrons un jour l’immortalité. Une illusion de plus, car la mort fait partie du vivant, elle en est la condition, dramatique mais inévitable, tragique mais porteuse de sens dans son absurdité même.

    Personnellement, je suis moins sensible à la mort qu’aux conditions de la vie, injustes pour une bonne part de l’espèce humaine. Le problème de la misère et du mal me hante davantage que celui de ma petite disparition. Et ceux qui fantasment sur une immortalité médicalement permise ne font que pelleter leur propre nuage par en avant.

    2014-07-16, par Jean Carette

    Un sondage français sur les jeunes nous indique que, si 90% d’entre eux ne font pas confiance aux politiciens de tous poils, 37% croient au pouvoir de LA politique de changer les choses.

    C’est le personnel politique qu’il faut revoir en profondeur : ses tâches et ses mandats, ses modes de désignation et de délibération, ses organisations et ses engagements. Après la Commission Charbonneau , après l’épisode Bolduc , après les coups médiatiques des maires Coderre ou Labeaume, qui peut prétendre le contraire ?

    La dernière chose à faire, c’est de confier LA politique aux politiciens actuels. Tout un défi citoyen !

    2014-07-17, par Jean Carette

    Donc Ras-le-Bolduc va rembourser toute sa prime. C’est bien le moins qu’il puisse faire. En entrevue il a parlé de problème de «perception» , comme si l’essentiel était dans l’image et les relations publiques : autrement dit l’action politique réduite à une affaire de communication !

    Comment voulez-vous que ce type comprenne ce que c’est que la pauvreté ou que la précarité ? Ou encore que la notion de soin, de service et d’empathie ou de solidarité ? Ou la détresse des vieux abandonnés ? On devrait le forcer à faire un stage en CHSLD sous la supervision de Jean Bottari.

    En plus, il est le ministre responsable de la bonne éducation !!

    Le tiroir-caisse bien rempli et rien à cirer pour le reste. C’est la prime qui compte, c’est le cas de le dire...

    2014-07-18, par Jean Carette

    A Maniwaki, les connexions sont encore fragiles, ainsi va notre modernité, toujours au bord des précarités et des coquilles qui encombrent ce texte et nos vies. Je vous salue en espérant que les technologies me réussiront davantage demain sur la route de Palmerolle.

    2014-07-19, par Jean Carette

    Mo et moi partons quelques jours en vacances pour revoir notre amie Louisa Nicol à Palmarolle en Abitibi. J’emporte un IPad et tenterai de communiquer mes billets quotidiens. Repos, détente, gastronomie, découvertes d’une région inconnue, pour revenir pleins d’énergies positives.

    Ce n’est pas vrai de dire que les retraités sont en vacances à l’année longue. Nous sommes comme tout le monde, mais avec des horaires et des rythmes différents. Et surtout, la plupart restent actifs et utiles. Les vacances sont propices pour y réfléchir tranquillement et pour écrire mes billets, au gré des jours.

    2014-07-20, par Jean Carette

    Les retraités ne profitent pas de la chaleur de cet été pour dormir au gaz ou sur leurs deux oreilles. Rencontre ce matin avec des leaders aînés au sujet de l’odieuse Loi 3 sur les régimes municipaux. Les mouvements présents ont décidé de rejoindre les rangs de la coalition syndicale formée autour du projet de loi pour exiger du gouvernement une réelle et loyale négociation.

    Ils m’ont désigné comme leur porte-parole et décidé de mettre leurs énergies à porter avec les actifs encore au travail un discours objectif sur la situation de pauvreté et de précarité des retraités de ces régimes, en particulier les femmes veuves. Qu’on arrête de penser que ces aînés sont des gras dur qui passent leur temps au golf ... Je sens que ça va brasser contre les préjugés et les idées toutes faites et je m’en réjouis. Travestir la réalité aboutit à mépriser et manipuler le monde ordinaire. On ne va pas se laisser faire !

    2014-07-21, par Jean Carette
    Hier, j’ai croisé la route d’Albert Camus: «Au plus noir de notre nihilisme, j’ai cherché seulement des raisons de dépasser ce nihilisme. Et non point d’ailleurs par vertu, ni par une rare élévation de l’âme, mais par fidélité instinctive à une lumière où je suis né et où, depuis des millénaires, les hommes ont appris à saluer la vie jusque dans la souffrance.» (Tome 3 des Oeuvres complètes, La Pléiade, page 606).

    Né dans la même lumière algérienne, comme Camus - la comparaison s’arrête là, bien sûr - mais je comprends peut-être plus clairement certaines choses de la vie, grâce à cette lumière de ma prime enfance...

    2014-07-22, par Jean Carette

    Il arrive parfois que les vacances s’accompagnent de la perte d’un ami. Ce mardi, j’ai appris qu’on enterrait mon collègue et ami Paul R Bélanger, sociologue de la lignée d’Alain Touraine et spécialiste des mouvements sociaux. Paul m’avait bien accompagné et encouragé dans mon doctorat, épreuve qui demande beaucoup de stratégie et de connaissance des réseaux universitaires autant que des ideologies cachées. Paul était un excellent professeur et d’une rare intelligence, tout comme son maitre, Alain Touraine. Dans les années 1980, la mode était encore au fonctionnalisme et plus à gauche au marxisme. Formé moi aussi à l’école tourainienne, il fallait batailler pour échapper aux rhétoriques dominantes et aux catéchismes de certains collègues. Dans ces gueguerres de corridors ou d’amphis, Paul savait garder son sang-froid et se faire efficace. Je l’aimais bien. Espérons que la mémoire de ses enseignements et de ses écrits lui survivra, un peu grâce à nous.

    2014-07-23, par Jean Carette

    De retour d’Abitibi : quel beau pays ! Et les gens sont si sympathiques, autour de Louisa. Nous avons passé trois journées de haut bonheur, à partager les heures qui passaient trop vite. La route est parfois trop longue, mais on l’oublie, sitôt arrivés au but.

    Je n’ai pu résister et j’ai acheté un nouveau dessin de Louisa : une magnifique tête de cheval frison, tout de couleur anthracite. Louisa combine le talent et l’expérience concrète du dessin. Mo et moi cherchons où l’accrocher sur des murs déjà bien remplis. Mo en fera très vite une photo à votre intention.

    Première chose faite en revisitant le jardin à Montréal : arroser les plantes et les fleurs assoiffées. Il faut respecter ce qu’on aime.

    2014-07-24, par Jean Carette

    1 milliard et demi de gens, répartis dans 91 pays, vivent «en situation de pauvreté marquée par des carences cumulées en matière de santé, d ’éducation et de niveau de vie» , constate un rapport de l’ONU, dont les auteurs ajoutent qu’il en coûterait moins de 2% du PIB mondial pour régler définitivement le problème.

    L’auteur du rapport, Khalid Malik, ajoute que 85 individus possèdent autant que les 3 milliards et demi des plus pauvres.Il ne manque qu’une chose : la volonté politique et la solidarité active en faveur d’une réelle justice. De quoi travailler fort, ensemble, avec le courage de la détermination.

    2014-07-25, par Jean Carette

    L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) doit se désigner en novembre un nouveau secrétaire général pour remplacer Abdou Diouf. Déjà les ambitions se heurtent et les intérêts politiciens s’affrontent.

    Ici, une poupée sans conviction ni crédibilité joue à la reine et convoite les votes conservateurs des anciens colonisateurs et des colonisés contents de l’avoir été. Là, une candidature de l’Ile Maurice, celle de Jean-Claude de l’Estrac, pourrait rallier les suffrages de ceux qui voient dans l ’OIF un levier culturel et non un outil de pouvoir.

    Les enjeux : la langue française , dans toutes ses diversités loin de Paris ou d’Ottawa, mais aussi la diversité des cultures, l’importance vitale des échanges et des débats, le respect des identités, particulièrement les plus fragiles et les plus menacées.

    2014-07-26, par Jean Carette

    Dans le cadre de son université populaire, l’UPop, nos amis de l’IRIS ont imaginé et conçu une excellente vulgarisation introductive à l’économie. C’est compréhensible, parfois drôle, même si c ’est tragique sur le fond, bien fait et facile à suivre.

    Si comme moi, vous êtes nuls en économie ou qu’il vous arrive de haïr les économistes complaisants, prenez quelques minutes pour suivre cette bande dessinée : ça vaut la peine !

  • À lire
  • En complément
  • 2014-07-27, par Jean Carette

    On commémore cette année le centenaire de sa mort : il s’appelait Charles Péguy. Un poète immense, le premier tome de la Pléiade que j’ai acquis; en prose ou en vers, une voix et une musique qui m’ont souvent traversé l’esprit au fil de la lecture. Un seul exemple, tiré de la Ballade de la grâce :

    «Nos jours tissus de soieSur fond de laineNos sorts tissus de joieSur fond de peine.»

    Un résistant aussi, contre les racismes et les autres discriminations. Un militant politique irrécupérable à droite et à gauche. On en a fait un chrétien excité, alors qu’il s’agit d’un auteur mystique alliant la force et le courage de ses convictions à la beauté du rythme et de ses proses poétiques.

    Vous ne le connaissez pas ? Allez voir le documentaire ci-dessous avant de découvrir un texte ou deux, en édition de poche, et de vous laisser envoûter.

  • À lire
  • 2014-07-28, par Jean Carette

    Mon nouveau livre, L’âge citoyen, sera présenté à la presse le 9 septembre et sortira comme annoncé le 22 octobre. J’ai hâte. Après son lancement en librairie, il y aura le Salon du Livre de Montréal fin novembre et je serai heureux de vous y retrouver pour une signature au stand de Boréal.

    Par ailleurs, j’ai résolu de présenter durant l’année 2014/2015 une conférence sur la retraite citoyenne auprès de tous les groupes qui le souhaiteront m’accueillir et m’entendre. Ces conférences seront gratuites et j’y proposerai mon livre à la vente sur place, à tarif réduit. Si vous souhaitez que je vienne chez vous, faites-le moi savoir et si vous êtes en région éloignée, proposez-moi un lit quelque part et je paierai mon déplacement. Autrement dit, ça ne coûtera rien, si j’ai devant moi des amateurs citoyens prêts à alerter leurs milieux. Merci.

    Si vous êtes intéressé, écrivez-moi : carette.jean@videotron.ca

    2014-07-29, par Jean Carette

    J’ai commencé la lecture du récent essai de Pierre Dardot et Christian Laval intitulé COMMUN, essai sur la révolution au XXIème siècle (Édition La Découverte). Il s’agit de restaurer ou d’encourager, de repérer et d’analyser les pratiques de mise en commun, face à toutes les tentatives d’appropriation privée, politique et étatique des ressources naturelles, des espaces et services publics, des connaissances et des communications.

    Alternative passionnante à lire, claire à comprendre, riche de réflexions, en vue de nouvelles orientations de l’action de la société sur elle-même. 600 pages à lire lentement, crayon et papier en mains, pour féconder l’avenir à rendre commun. Une référence.

    2014-07-30, par Jean Carette

    Prenez une multinationale américaine, Google ou Medtronic par exemple. Elle est imposée à 35% aux Etats-Unis. En principe, car il existe bien des moyens d ’évasion fiscale. Poursuivons : cette multinationale rachète une compagnie irlandaise et déménage son siège à Dublin. Du coup, son taux d’imposition passe à 12,5% et encore, puisque c’est un maximum négociable. Résultat : plus de mille milliards exilés hors des États-Unis.

    Même le secrétaire américain au Trésor, Jacob Lew, s’en inquiète. Le mal est répandu, comme le démontre la Shell, pétrolière anglo-néerlandaise, qui a délocalisé et créé des filiales dans le canton de Zoug en Suisse, où la taxation est moins forte, même si les puits de pétrole y sont plutôt rares !

    2014-07-31, par Jean Carette

    Je reviens encore sur le cas de Ras-le-Bolduc. Il doit rembourser la totalité de la prime perçue, d’autant plus qu’il est l’auteur de la mesure-privilège en tant que ministre de la santé : il y a de toute évidence non seulement abus de pouvoir, mais conflit d’intérêt.

    D’autre part, il doit démissionner de son poste ministériel, ne serait-ce que parce que l’éducation dont il est le responsable commence par l’honnêteté intellectuelle et morale. Par son étymologie, le mot «ministre» veut dire serviteur (du bien commun) et non profiteur dominant (pour ses biens personnels). Et puis, qu’on le prenne comme on voudra, il y a eu, directement et indirectement, détournement de fonds publics.

    2014-08-01, par Jean Carette

    L’invasion de Gaza, avec bombardements, tueries et autres atrocités. Comme tout le monde, je suis indigné, écœuré, révolté et amer. À dépasser.

    D’abord éviter deux confusions. Premièrement, ne pas confondre Hamas et cause palestinienne : le peuple palestinien est gouverné par des radicaux et des fanatiques, le peuple palestinien n’est lui-même ni radical ni fanatique. Deuxièmement, ne pas confondre le gouvernement Netanyahou et Israël : le peuple d’Israël est gouverné par une droite intégriste et fanatique, le peuple d’Israël n’est lui-même ni intégriste ni fanatique.

    Alors, la solution ? Une fois les cessez-le-feu obtenus, grâce à des pressions internationales fortes et concertées au lieu d’alimenter en armes et munitions des deux côtés, revenir aux accords d’Oslo (1994) et à la négociation, et pour cela procéder aux changements de garde politiques de part et d’autre. La guerre est une terrible solution de facilité; la paix ne peut provenir que d’un effort collectif.

  • Lire l’appel de la chanteuse Noa et y bien penser
  • 2014-08-02, par Jean Carette

    Ni matérialiste, ni positiviste, ni révolutionnaire, Jean Jaurès , assassiné par un nationaliste extrémiste trois jours avant la déclaration de guerre, était un réformiste qui croyait encore au rôle social des religions. Il m’interpelle encore aujourd’hui, où tous les courants politiciens voudraient le récupérer, de l’extrême gauche à l’extrême droite.

    Intellectuel cultivé, tribun persuasif et convaincu, «honnête homme» , Jaurès nous manque aujourd’hui, par la force de son argumentation, la finesse de sa réflexion, son goût de la vérité franche et son utopie socialiste et solidaire. Où est le Jaurès français ? Où est le Jaurès du Québec ? À relire donc et à méditer, pour dégager des avenues de changement, loin des médiocraties actuelles et près du vrai monde ordinaire.

    2014-08-03, par Jean Carette

    Un soldat russe s’ennuie et fait des selfies : rien d’extraordinaire là-dedans, sauf que le message est géolocalisé en Ukraine alors que Monsieur Poutine avait juré ses grands dieux qu’il n’avait envoyé aucun militaire en Ukraine. La géolocalisation est automatique et donc indubitable. Conclusion : Néron-Poutine a menti et je ne donne pas cher du soldat ainsi repéré, qui va payer pour les conséquences diplomatiques de son geste innocent. Pour la Crimée envahie, le scénario était le même.

    Et vous savez quoi ? Le Kremlin envisage de retirer aux soldats l’autorisation d’utiliser internet pendant les opérations. Vaut mieux être prudent, quand on est menteur, à défaut d’avoir des scrupules et une certaine honnêteté... Piteux cynisme.

    2014-08-04, par Jean Carette

    Le gouvernement russe a décidé d’interdire l’exportation vers la Russie des pommes polonaises, par mesure de rétorsion contre l’appui pro-européen de la Pologne dans l’affaire ukrainienne. Depuis, à partir de leurs réseaux internet, les polonais ont décidé de manger des pommes et de boire du cidre pour lutter contre Néron-Poutine.

    C’est ça la dictature : vous interdisez de manger des pommes, comme Dieu en paradis, et vous faites tomber un pays entier dans...les pommes. Un proverbe dit pourtant: «Les pommes du voisin sont les meilleures» . Néron-Poutine a vraiment l’air tarte...

    2014-08-05, par Jean Carette

    À ma suggestion, mon ami François Teasdale vient d ’être élu à la présidence des réseaux Espaces 50 plus. J’ai été nommé président émérite par notre CA unanime.

    Je vais y poursuivre mon travail militant et animatif. J’ai tenu cependant à envoyer le signal qu’il faut laisser la place aux générations suivantes et leur faire confiance, ne pas s’accrocher à des pouvoirs, mais continuer de rendre des services. L’âge doit s’accompagner de libertés à prendre et à entretenir, y compris à travers certains renoncements. Nul n’est éternel...

    2014-08-06, par Jean Carette

    Chaque semaine, je suis contraint de supprimer de ma page facebook des sollicitations pour emprunts frauduleux, des insultes ou autres grossièretés, dont je vous épargne les détails ! À chaque fois, je supprime systématiquement les propos en question et retire le cas échéant l’auteur de la liste de mes amis.

    J’approche du 700ème billet et je tiens à garder ma page facebook propre. Sans doute ai-je trop ouvert à des «amis» plus ou moins connus : aidez-moi à nettoyer ma liste, si vous le pouvez.

    C’est à cette exigence de surveillance quotidienne et de «nettoyage» nécessaire que nous pourrons poursuivre notre dialogue, si positif et réconfortant.

  • À lire
  • INFORMATION SPÉCIALE, par François Teasdale

    J’ACCEPTE MA NOMINATION AVEC HUMILITÉ

    Lors de la dernière réunion du Conseil d’administration d ’Espaces 50+, j ’ai accepté ma nomination au poste de Président d’Espaces 50+. Je suis avec Espaces 50+ depuis les tous débuts. J ’ai vécu avec enthousiasme les péripéties de notre organisation. Lorsqu ’on en fait le bilan, je constate que nous avons accompli beaucoup avec une poignée de militants et de militantes. Une infolettre qui rejoint plus de 13 500 abonnés, un site internet et un blogue. Huit voyages en Europe autogérés et accomplis par des aînés. Plusieurs projets financés par le Programme Nouveaux Horizons pour les aînés et les différents programmes du Secrétariat aux aînés, etc. Des activités de loisirs et de solidarité, et j’en oublie.

    Je ne remplace pas notre président fondateur, Jean Carette, je lui succède. J ’ai accepté le poste à sa demande, car je suis fier de faire partie d’Espaces 50+ depuis les débuts et je souhaite sa pérennité. C’est avec une grande humilité que j’entreprends ce nouveau défi. Je suis assuré du soutien et de l’amitié de mon ami Jean. Je compte guider, plus que diriger, les destinées d’Espaces 50+.

    Je ne suis pas Jean Carette, je suis moi et c’est avec ma personnalité, mes qualités et mes défauts que je présiderai les destinées de nos membres et amis. Je compte sur le soutien et l’appui de tous les membres du Conseil d’Administration qui m’ont fait confiance en me désignant à ce poste. Je compte aussi sur les soutiens et la confiance des membres et du réseau d’amis d’Espaces 50+

    Merci de la confiance que les membres du Conseil d ’administration ont manifestée à mon égard et je ferai tout en mon possible pour être digne de cette confiance.

    François Teasdale
    5 août 2014

    2014-08-07, par Jean Carette

    La CSQ veut briser les stéréotypes, parler de diversité sexuelle et propose une liste de livres adaptés aux jeunes dès le CPE : y seront abordés l ’homosexualité et la bisexualité, les transgenres, les divers modèles de famille et l’intimidation. L’innovation suscite craintes et doutes et il faudra avancer avec prudence sur ces thèmes avec les enfants. Personnellement, je suis heureux que ce soit une centrale syndicale qui prenne ici les devants; nous serons ainsi assurés du sérieux de la démarche. Il s’agit moins de sexualité que d’initiation à la diversité et aux différences.

    Notre société évolue et je m’en réjouis. En tant que sociologue, je constate que l’action de la société sur elle-même atteint les fondements mêmes de la vie et de ce qu’on appelait jusqu ’ici la nature humaine. En tant que citoyen, je salue cette liberté nouvelle dont vont bénéficier les générations futures dans la construction de son identité par chaque individu.

    2014-08-08, par Jean Carette

    Oui, je cultive mes fleurs, je soigne mon jardin, j’en décore les palissades avec une roue chinoise taillée dans le cèdre. Dans le même temps, les injustices et les malheurs du monde me scandalisent et m’indignent. Je suis solidaire des victimes et des opprimés, autant que faire se peut. Mais pas au prix de mes petits bonheurs du quotidien. Question d’équilibre, autant mental que social. Pour rester solidaire et activement responsable, il me faut vivre la paix au cœur de mes jours, avec sérénité à garder et douceurs à vivre et partager. Loin d’être indifférent et passif, je veux préserver une attention vivace, un humour chaleureux, une réflexion tranquille. Mais sans y perdre mon chemin et mes libertés. La vie est aussi un jardin en fête.

    2014-08-09, par Jean Carette

    Fidèle à ses convictions souvent préconçues, Jean-Robert Sansfaçon, éditorialiste au Devoir, qualifie les avantages sociaux des employés municipaux de «privilèges d’une autre époque» et prédit un recul du gouvernement Couillard face au «mur corporatiste» .

    Sur le premier point, il faut rappeler que la rente est du salaire différé, que ce salaire a été négocié ouvertement et librement et que tout contrat doit être respecté par ses signataires. Si vraiment on estime, par exemple, les salaires des policiers trop élevés, il suffit de les rappeler à la table de négociation et de s’y parler en toute bonne foi et connaissance de cause, sans pour autant leur imposer une loi 3 fixant d’avance et unilatéralement le résultat du dialogue.. Telle est la règle du jeu, dans une société démocratique et citoyenne.

    Quant au deuxième point, j’espère bien que les employés municipaux sont aussi déterminés que leurs prestations de retraite...

    2014-08-10, par Jean Carette

    Un siècle a passé depuis la guerre de 1914, qu’on espérait la dernière...Monsieur le maréchal ferrant, mon grand-père, était le fier premier de son village, cavalier forgeron de sa vie.

    Monsieur le carillonneur, mon autre grand-père, grimpait aux beffrois réparer les erreurs du temps.

    À la terrible guerre, modestes soldats de France, l’un fut prisonnier, l’autre y perdit un œil.

    Dès leur retour, ils ont repris la semaine et le chemin pour reconstruire le pays et la maison.

    Messieurs, je vous salue bien bas, comme on a du respect pour qui travaille le temps à l’enclume ou l’établi.

    2014-08-11, par Jean Carette

    1914-1918 (2)

    Quant à vous, mes deux grand-mères, vous avez aussi traversé la «grande guerre» et ses drames.

    Madame l’épicière, ma grand-mère du pays de l’ail, était vaillante et imposait sa douce paix en son magasin et garage.

    Madame la bijoutière, mon autre grand-mère des bords de la Lys, continuait à vendre l’ivoire et à percer les oreilles.

    Dans l’attente muette du retour de vos héros silencieux et trop braves, au milieu des enfants qu’ils vous avaient laissés en garde.

    Mesdames, je vous salue aussi bien bas, au cœur de la respectueuse mémoire que je dois à qui travaillait alors sa vie en acceptant son sort et le destin.

    2014-08-12, par Jean Carette

    Raymond Gravel est donc parti discrètement, sur la pointe des pieds. J’aimais cet homme militant, croyant et aimant; audacieux, courageux et fidèle à sa vérité. En voilà un qui vivait d’espoir. Spes contra spem : la devise de Georgio La Pira , ancien maire de Florence, que j’avais eu la chance d’entendre de sa propre voix dans les années 1960.

    Raymond Gravel était un vrai prophète, non parce qu’il prédisait le futur, mais parce qu’au sens propre du mot «prophète» , il parlait en faveur des autres, ce qui est une autre manière de leur donner un avenir.

    Contre tout espoir, il faut espérer et dépasser l’impossible.

    2014-08-14, par Jean Carette

    Deux enjeux majeurs dans le débat actuel des retraites des employés municipaux : d’une part le simple respect des contrats issus des négociations, d’autre part le niveau même des retraites qui est insuffisant, même pour ceux qu’on appelle injustement les gras durs. Autrement dit, le respect des règles du jeu démocratique et de la parole donnée, mais surtout la lutte à la pauvreté à la retraite, particulièrement pour les femmes.

    Enjeu supplémentaire à terme : le remplacement des travailleurs actuels par une génération plus jeune et numériquement insuffisante : 700 000 postes à pourvoir dans les prochaines années. Si l’offre n’égale pas la demande, il y aura une pression à la hausse sur les salaires et les conditions d’emploi; c’est peut-être ce que redoute le gouvernement. Mais ici le remède de la loi 3 est pire que le mal !

    2014-08-15, par Jean Carette

    Un artiste sculpteur américain, professeur à l’université de Syracuse, Sam van Aken , a passé neuf ans à procéder à des greffes qui ont abouti à un arbre dont les branches portent une quarantaine de fleurs et de fruits différents.

    Il s’agit bien sûr d’un exploit horticole, mais surtout d’un exploit artistique et humain, puisque le greffeur amateur souhaitait ainsi commémorer les victimes de 11 septembre.

    Magnifique et réconfortant symbole, en faveur de la diversité humaine, de saines constructions collectives et des rassemblements nécessaires.

  • À lire
  • 2014-08-16, par Jean Carette

    D’un côté, Postes Canada veut supprimer la livraison du courrier à domicile, sauf certificat médical prouvant que vous êtes bloqué chez vous. De l’autre, des initiatives de voisinage solidaire se multiplient, comme les «voisineries» de Montréal-ou le projet de «Voisinanges» dans le Mile End.

    Comme quoi nous sommes sans doute en train de réinventer les communautés et leur bienveillance, face aux technocraties inhumaines et réduites à leurs calculs comptables. Les sociétés ne sont plus sociales (lire La fin des sociétés d’ Alain Touraine), mais les communautés qui les précédaient semblent décidées à survivre, avec plus d’avantages humains que d’inconvénients maintes fois soulignés. Tant mieux.

    2014-08-17, par Jean Carette

    Un spécialiste en sciences politiques résume ainsi la situation de la Corée du Sud, à la veille de l’arrivée du pape François : « Les trains partent à l’heure, mais les passagers ne savent pas où ils vont. »

    Je trouve la formule parfaite pour s’appliquer aussi à nos sociétés d’Amérique du Nord, même si nos trains ont tendance (en plus) à oublier les horaires ou à dérailler ! Au niveau des moyens d’agir, nous avons presque tout ce qu’il nous faut pour assurer un développement et non une «croissance» - suffisant et harmonieux. Ce qui nous manque, c’est du sens : à la fois une direction et une allure signifiante. Où allons-nous collectivement ? Et : cela vaut-il notre peine ? C’est la bonne réponse «sociale» à ces deux questions qui fait le développement durable

    2014-08-18, par Jean Carette

    Mercredi le 20 août, je vous invite à participer à la Manifestation regroupant diverses associations de personnes retraitées et de travailleurs syndiqués contre le projet de loi 3. La manifestation débute à 10 h devant les bureaux de l’Union des municipalités du Québec et du Premier ministre Philippe Couillard au 770 rue Sherbrooke Ouest. J’y serai et ce sera une occasion de saluer celles et ceux qui seront présents.

    Voici le texte que prononcera François Teasdale à cette occasion :

    «Mes amis et camarades,

    ce sont 120 000 travailleurs et travailleuses,

    50 000 retraités et leurs familles

    qui sont touchés par la proposition de loi 3.

    Touchés dans leurs revenus de retraite,

    touchés dans leur confiance en la négociation,

    touchés dans leur respect de la démocratie.

    Retraités, nous sommes déjà plusieurs dizaines de milliers

    à avoir rejoint la coalition pour appuyer sa bataille.

    Retraités, nous sommes des adultes responsables,

    des citoyens actifs,

    des militants pleins d’expérience.

    Si nous nous laissions faire,

    c’est la retraite elle-même qui serait menacée pour tous;

    c’est le droit à une vie décente après trente années et plus de travail

    à bâtir une richesse collective si mal redistribuée;

    c’est le droit à la négociation qui serait foulé aux pieds.

    Attention ! Ce serait la retraite de tout le monde qui serait menacée,

    dans ses formes et ses moyens.

    Avec 2000$ de retraite par mois en moyenne,

    nous ne sommes pas des «gras durs»,

    mais nous sommes des vrais durs

    dans la bataille pour nos droits et ceux de tous.

    Le gouvernement n’a pas fini d’entendre parler de nous,

    d’abord en Commission parlementaire,

    mais aussi sur les lieux de travail et comme aujourd’hui dans les rues,

    ou comme dans les futures élections qui nous attendent demain.

    Aujourd’hui, nous sommes conscients d’avoir gagné nos retraites;

    demain, nous les gagnerons aussi, pour nous et pour tous,.

    grâce à notre solidarité, entre toutes les générations.

    Retraités, nous ne sommes pas tournés vers le passé

    mais bien décidés à gagner les batailles de demain pour la justice.

    Retraités, nous sommes ici

    pour aider l’ensemble des travailleuses et des travailleurs

    à gagner leurs droits et à les faire respecter.

    Retraités et travailleurs coalisés,

    nous disons au gouvernement :

    NON à l’arrogance !

    NON aux manigances !

    NON à l’arbitraire !

    NON à la démagogie !

    OUI à une libre négo !

    Pour une retraite méritée et gagnée, active et citoyenne.»

    Merci de le faire circuler dans vos réseaux.

    2014-08-19, par Jean Carette

    Au cœur de l’été et de notre jardin, au creux de l’hémérocalle, une abeille butine le nectar. Mo a su capter ce moment de vie.

    Si les abeilles disparaissent en ce moment, ce sera aux dépens de notre alimentation et de notre survie même. 35% de ce que nous mangeons dépend directement de leur travail de pollinisation ; 84% des espèces cultivées ont besoin des abeilles pour s’échanger du pollen et se reproduire. Parmi les causes, les pesticides et autres engrais, mais aussi sans doute les OGM !

    2014-08-20, par Jean Carette

    Mercredi le 20 août, je vous invite à participer à la Manifestation regroupant diverses associations de personnes retraitées et de travailleurs syndiqués contre le projet de loi 3. La manifestation débute à 10 h devant les bureaux de l’Union des municipalités du Québec et du Premier ministre Philippe Couillard au 770 rue Sherbrooke Ouest. J’y serai et ce sera une occasion de saluer celles et ceux qui seront présents.

    Voici le texte que prononcera François Teasdale à cette occasion :

    «Mes amis et camarades,

    ce sont 120 000 travailleurs et travailleuses,

    50 000 retraités et leurs familles

    qui sont touchés par la proposition de loi 3.

    Touchés dans leurs revenus de retraite,

    touchés dans leur confiance en la négociation,

    touchés dans leur respect de la démocratie.

    Retraités, nous sommes déjà plusieurs dizaines de milliers

    à avoir rejoint la coalition pour appuyer sa bataille.

    Retraités, nous sommes des adultes responsables,

    des citoyens actifs,

    des militants pleins d’expérience.

    Si nous nous laissions faire,

    c’est la retraite elle-même qui serait menacée pour tous;

    c’est le droit à une vie décente après trente années et plus de travail

    à bâtir une richesse collective si mal redistribuée;

    c’est le droit à la négociation qui serait foulé aux pieds.

    Attention ! Ce serait la retraite de tout le monde qui serait menacée,

    dans ses formes et ses moyens.

    Avec 2000$ de retraite par mois en moyenne,

    nous ne sommes pas des «gras durs»,

    mais nous sommes des vrais durs

    dans la bataille pour nos droits et ceux de tous.

    Le gouvernement n’a pas fini d’entendre parler de nous,

    d’abord en Commission parlementaire,

    mais aussi sur les lieux de travail et comme aujourd’hui dans les rues,

    ou comme dans les futures élections qui nous attendent demain.

    Aujourd’hui, nous sommes conscients d’avoir gagné nos retraites;

    demain, nous les gagnerons aussi, pour nous et pour tous,.

    grâce à notre solidarité, entre toutes les générations.

    Retraités, nous ne sommes pas tournés vers le passé

    mais bien décidés à gagner les batailles de demain pour la justice.

    Retraités, nous sommes ici

    pour aider l’ensemble des travailleuses et des travailleurs

    à gagner leurs droits et à les faire respecter.

    Retraités et travailleurs coalisés,

    nous disons au gouvernement :

    NON à l’arrogance !

    NON aux manigances !

    NON à l’arbitraire !

    NON à la démagogie !

    OUI à une libre négo !

    Pour une retraite méritée et gagnée, active et citoyenne.»

    Merci de le faire circuler dans vos réseaux.

    2014-08-21, par Jean Carette

    Dommage et attristante, cette invasion de l’Hôtel de ville par des syndiqués en colère. Je la regrette d’autant plus que bien des actions et des interventions dans ce dossier, dont celle des réseaux Espaces 50 +, avaient amené à redresser l’image des travailleurs et des retraités impliqués dans la coalition et surtout à rétablir une certaine vérité face aux préjugés et à la propagande dominante.

    Mais en même temps, je comprends cette réaction : c’est l’exaspération et l’indignation qui ont parlé, face à des matamores comme Labeaume et Coderre, face à un ministre Moreau faible donneur de leçons, et face à un gouvernement gaffeur et irresponsable.

    De plus on apprenait ce matin la préparation de projets de loi contre les régimes des universités, en attendant les autres.

    L’équilibre est parfois difficile entre le droit à manifester et la délinquance. Mais face aux inconscients, aux provocateurs et aux fauteurs d’injustices, il faut garder son calme si on veut avancer dans la conquête ou le maintien des droits.

    2014-08-22, par Jean Carette

    Alexa Conradi , présidente de la Fédération des femmes du Québec, s’indigne et réclame le retrait de la nouvelle émission de Canal Vie, Quel âge me donnez-vous ? On peut y voir une femme volontaire dans une cage de verre au milieu des rayons d’un magasin. Les clients doivent deviner son âge, après quoi la dame bénéficie de conseils pour être plus belle, plus sexy, plus jeune.

    C’est un projet ignoble et dégradant, qui vise à marchandiser encore et encore le corps et la sexualité des femmes. Tout simplement dégueulasse. Allez en masse sur Canal-Vie et sa page Facebook pour exiger le retrait de cette connerie :

  • À lire
  • Arrêtons ce sexisme et cet âgisme, s’il vous plait !!

    2014-08-23, par Jean Carette

    Depuis hier, le 19 août, nous avons dépassé le seuil de «biocapacité» de la terre. D’ici la fin de l’année, nous allons surexploiter les ressources naturelles au-delà de leur capacité de reconstitution. Ce jour du dépassement est de plus en plus précoce : en 2000, il tombait le 1er octobre, En fait, il faudrait actuellement une planète et demie pour supporter nos besoins. Les causes : la croissance démographique et la société de consommation débridée. Si nous poursuivons dans cette voie, il faudra trois fois les ressources naturelles de la terre en 2050.

    Des solutions existent, comme un recyclage plus efficace, l’appel aux énergies renouvelables et une consommation de biens gérés dans une optique de développement durable. À quand une véritable volonté politique et citoyenne ?

    2014-08-24, par Jean Carette

    Saint-Exupéry , hier relu : «L’essentiel, le plus souvent, n’a point de poids. L’essentiel ici, en apparence, n’a été qu’un sourire. Un sourire est souvent l’essentiel. On est payé par un sourire. On est récompensé par un sourire. On est animé par un sourire. Et la qualité d’un sourire peut faire qu’on meure.» C’est tiré de Lettre à un otage, collection Folio.

    Au milieu des violences diverses qui agitent le monde, ces phrases m’ont fait du bien, comme un baume de vie, comme une règle et un art de vivre. Alors, sourions, même dans l’adversité, ne serait-ce que pour nous rejoindre.

    2014-08-25, par Jean Carette

    «Nous ne pouvons pas nous engager dans un vrai dialogue si nous ne sommes pas conscients de notre identité. » Je ne peux m’empêcher de tirer parti de ces propos du pape en Corée. Lui parlait des chrétiens. Je suis tenté de parler de nous, les Québécois : qui sommes-nous ? Sommes-nous assez conscients de notre identité collective face à ceux qui voudraient la noyer et la perdre dans le fédéralisme canadien ? Pourquoi avons-nous bien des questions et des peurs face aux nouveaux arrivants qui s’intègrent si mal et si peu ?

    Dites-moi si je me trompe ou si je pose les vraies et les bonnes questions

    2014-08-26, par Jean Carette

    Yves Bolduc est encore là et vient encore de faire parler de lui : il ne voit pas pourquoi les commissions scolaires ne pourraient pas couper les achats de livres neufs. Même le premier ministre Couillard était gêné et a dû intervenir.

    Monsieur Ras-le-Bolduc est non seulement un impudent chasseur de primes, mais un illettré dysfonctionnel. En peu de mots, un danger public. Il doit partir au plus vite. À Couillard d’agir en le faisant démissionner, et sans prime de réinsertion !

    2014-08-27, par Jean Carette

    On se souviendra de l’effondrement des ateliers du Rana Plaza, situés à Dacca au Bengladesh, qui avait fait 1138 morts et plus de 2000 blessés. On avait eu l’occasion de dénoncer les épouvantables conditions de travail et les salaires plus que misérables. L’OIT, Organisation Internationale du Travail avait alors organisé une levée de fonds pour indemniser minimalement les victimes : 40 millions de dollars étaient nécessaires. Un an et demi après le drame, seulement la moitié des fonds ont été recueillis et de grandes compagnies de distributeurs, comme Benetton ou Carrefour par exemple, n’ont toujours pas versé la moindre somme.

    On appelle ça une mondialisation irresponsable. J’ose appeler ça un crime contre l’humanité.

    2014-08-28, par Jean Carette

    Ce matin, nous nous réveillons au bord de la rivière noire, dans LanaudièrePetite vacance aux bords de l’été. Noire aux reflets blancs, l’eau coule entre les rochers, comme une lumière vivante qui me fait penser aux créations de Soulages. Le soleil baigne le paysage. J’aime la splendide tendresse des couleurs de cette fin d’été et j’y retrouve mon équilibre. La paix et la sérénité deviennent un luxe alors qu’elles sont des droits, avant même d’être conquises au jour les jours.

    2014-08-29, par Jean Carette

    Deuxième jour de vacance. Un soleil généreux, un ciel bleu de carte postale. Tantôt, nous allons apprivoiser l’eau noire de la rivière. Ce matin, le bonheur est vraiment dans le pré et l’harmonie au creux des jours qui passent un peu vite.

    Au loin, j’entends les nouvelles du monde. Entre autres, le changement de gouvernement en France. Le président Hollande, d’abord lâché par les communistes, puis par les écolos, puis par les socialistes dits frondeurs, bientôt par les radicaux, s’entête et lorgne vers le centre. Ouashhhh! Socialisme bidon. Je cours vers la rivière.

    2014-08-30, par Jean Carette

    Un étudiant nous suggère d’envoyer un livre à Ras-le-Bolduc. Comme il ne sait lire que les billets de banque, et qu’il gardera les livres pour les revendre, je doute... Dégraissons plutôt nos bibliothèques au profit de l’école voisine, ou directement à nos petits-enfants pour les reposer de leurs jeux électroniques. Un geste intergenerationnel concret et utile. Quant à Ras-le-Bolduc, dégage !!!!!

    2014-08-31, par Jean Carette

    Une candidate à la mairie de Toronto vient de promettre la gratuité du Viagra pour les aînés à faible revenu et en mal de bonheur. Décidément la ville-reine est en manque de paradis artificiels; il est vrai que le pouvoir devient rapidement une drogue.

    Imaginons Coderre sortir de l’eau glacée et promettre des plantations de pot dans le cadre de l’agriculture urbaine à la mode ces temps-ci; ou Labeaume déclarer qu’il va enfin rester silencieux pour concourir à la santé mentale de ses administrés...

    Hallucinant, non ?

    2014-09-01, par Jean Carette

    Fumer du pot en couple diminue les risques de violences conjugales. C’est la conclusion de chercheurs américains qui ont suivi 634 couples pendant neuf ans. Rien de tel que ces recherches pour avançer vers la vraie de vraie vérité! Si la conclusion est exacte, je suggère et propose la liberté de consommation lors des négociations ou des assemblées délibératives que l’on prévoit difficiles et conflictuelles. Mais au fait, est-ce le fumage qui fait cet effet lénifiant ou la surveillance des chercheurs ? À moins que les chercheurs fument aussi... Surtout ne pas se tromper de facteur causal !! Manchette lue ce matin: La SQ fait la guère aux "mariculteurs": beau nom, vous ne trouvez pas? On se croirait à Toronto...(voir le billet précédent)

    2014-09-02, par Jean Carette

    Edgar Morin, relu par hasard: " Ce qui nous fait le plus défaut, ce n'est pas la connaissance de ce que nous ignorons, mais l'aptitude de penser ce que nous savons."

    Tellement vrai que cette formule peut s’appliquer dans bien des domaines: l’action politique et citoyenne, par exemple, où nous souffrons tous de l’absence de vision ou de vrais projets; mais aussi l’engagement écologique, au moment ou la vie même est menacée; ou plus simplement dans l’exercice même de la pensée au jour le jour. À réfléchir en douceur.

    2014-09-03, par Jean Carette

    La grande allée jubile sous le soleil et les touristes. J’aime cette ville de Québec, où je n’avais pas remis les pieds depuis plus d’un an, même si je n’aime pas ses radios-poubelles ni son maire narcissique et dominateur.

    Visite traditionnelle au Musée des civilisations, avec les artefacts de Grèce ancienne provenant des musées berlinois. Du Secondaire jusqu’à la Licence, j’ai étudié le grec et je suis toujours aussi fasciné par ce petit peuple aux sources du miracle de la philosophie et de celui de la démocratie.

    Si tout va bien, j’organise et guide un groupe (20 à 25) à travers la Grèce, la Crète et les Cyclades: trois semaines en mai 2015 et à prix coûtant . Si ça vous tente, faites-moi signe.

    2014-09-04, par Jean Carette

    Nous quittons Québec pour Charlevoix sous un soleil blafard, avec l’espoir que les nuages remontent pour nous laisser voir et contempler ces paysages magnifiques des bords du fleuve.

    J’ai toujours espéré que demain chanterait mieux qu’aujourd’hui. L’espoir est un levier que je crois plus fort qu’une foi toujours rongée par le doute et le scepticisme. L’espoir est sur le bon bord de ma dignité.

    2014-09-05, par Jean Carette

    Tour de l’Ile aux coudres, entre deux traversiers bondés de motards pétaradants, de voitures anciennes rutilantes, de roulottes dernier cri et de vélos de montagne. L’Ile est comme envahie pour la Fête du Travail et les derniers jours des vacances. Avant les premières pluies annoncées, nous dormirons au Cap aux corbeaux, entre les croassements des volatiles noirs et les bêlements des moutons de l’auberge. Bucolique.

    2014-09-06, par Jean Carette

    Dans une chronique du Huffingtonpost, Claude Bérubé célèbre à juste titre l’art de bien vieillir. Il ne s’agit pas de rester jeune, mais d’assumer pleinement sa vie et son sort à tout âge. Ne jamais oublier cependant qu’une majorité d’aînés on été épuisés et dépouillés par une vie passée aux conditions difficiles et se retrouvent en retraite pauvres, isolés et socialement disqualifiés, en particulier les femmes. Notre qualité de vie ne dépend pas seulement de nos intentions, mais surtout des rapports sociaux dans lesquels notre histoire de vie à été engagée.

    2014-09-07, par Jean Carette

    De 1921 à 2011, l’espérance de vie à la naissance est passée de 57,1 à 81,7 ans, soit une hausse moyenne dé 24,6 années, selon Statistique Canada. Ce bond exceptionnel est dû, pour la période entre 1921 et 1951, à la réduction de la mortalité infantile et à la double découverte de la pénicilline et de l’insuline. A partir de 1951, d’autres facteurs interviennent, comme la prévention, l’avènement des programmes sociaux et l’action communautaire.

    Autrement dit, la médecine et les sciences médicales jusqu’à la moitié du vingtième siècle, puis les politiques sociales et les initiatives citoyennes depuis soixante ans. À bon entendeur, salut !

    2014-09-08, par Jean Carette

    Les commentaires qui suivent l’article de Séphane Paquin paru dans Le Devoir sont très instructifs quand ils parlent de conscience sociale. Au Québec comme ailleurs, nous sommes capables collectivement de dépasser nos imaginaires individuels pour nous projeter dans une vision collective d’un avenir à faire. Les horizons actuellement proposés de façon dominante exaltent une consommation ostentatoire, une croissance dérégulée et autres veaux d’or. Des alternatives existent, comme, entre autres exemples de perspectives, un avenir de sobriété et écologique.

    Une réflexion se fait en faveur de biens communs à rendre plus accessibles : je pense à Communs, le livre passionnant de Pierre Dardot et Christian Laval , ma découverte heureuse de cet été. Je pense aussi aux travaux de Gaël Giraud , un économiste (et jésuite !) auteur de Vingt propositions pour réformer le capitalisme, autre découverte féconde de cet été. Ne pas oublier que la terre promise exige une rupture avec l’esclavage et une traversée du désert.

    2014-09-09, par Jean Carette

    J’ai suivi avec attention le Forum d’hier soir sur les retraites. À la table des experts, trois personnalités interéssantes mais plutôt conservatrices, sans compter un économiste freluquet venu de nulle part et qui a enfilé les clichés ou les erreurs. Dans le groupe du «public», j’aurais aussi aimé plus d’équilibre dans la sélection des invités. À part Marc Ranger , Louis Plamondon et la représentante de l’IRIS qui ont fait leur bon bout de chemin, tous les autres faisaient du copié-collé. Dommage ! Et pourquoi Michel Lizée , un vrai économiste et un vrai expert, celui-là, était-il absent ? Pourquoi les centrales syndicales n’étaient pas là, à part le SCFP ? Pourquoi les grosses associations de retraités, comme l’AREQ ou l’AQRP et même la FADOQ, n’étaient pas du débat ? Pourquoi les représentants des partis politiques avaient-ils refusé l™’invitation ?Autant les présentations étaient souvent bonnes, autant le débat est resté médiocre et décevant. Tant pis! Il faudra recommencer, avec des esprits plus innovants, plus d’économistes compétents et plus d’équilibre...sur la gauche !

    2014-09-++, par Jean Carette

    Les français vont mal et m’inquiètent : un chômage endémique, une économie affaiblie et même en panne, des jeunes en mal de perspective, des politiciens décevants sinon corrompus, à droite comme à gauche, et un Front national menaçant. Le tout dans une Europe dirigée de fait par la néolibérale Angela Merkel qui ne cède pas d’un pouce quant à ses choix, à droite toute.

    Encore quelques faux pas et les fascistes reprennent le pouvoir, trois quarts de siècle plus tard, de Pétain à Marine Le Pen . Seule une alliance de tous les démocrates, de droite, de gauche et du centre, dans le cadre d’une union républicaine, peut barrer la route aux partisans du Front national et à l’extrême droite raciste et autoritaire. On a envie de leur dire : Réveillez-vous, arrêtez de «collaborer» avec le pire ! Ma parole, c’est ça qu’ils aiment ?

    2014-09-++, par Jean Carette

    À peine leur score a-t-il dépassé le seuil de la majorité que les Écossais indépendantistes se retrouvent avec des promesses venues de leurs adversaires londoniens, sans compter les vibrations obscènes provoquées par l’annonce d ’un deuxième héritier royal !!.

    Ça ne vous rappelle rien : Les québécois, on vous aime, Jean Chrétien et Stéphane Dion nous serinant les oreilles et faisant des incursions parfaitement illégales dans la campagne référendaire, avant de gagner par une courte marge de 50.6% et de faire passer la loi scélérate sur la clarté référendaire.

    J’ai comme l’impression que les Anglais du Sud sont crispés de peur et prêts à n’importe quoi pour une victoire du NON. Mais en même temps, c’est trop peu, trop tard. Le Oui ne gagnera peut-être pas le 18 septembre, mais Sa Majesté devra négocier avec ses sujets. Alain Touraine : «Les sujets sont toujours des mauvais sujets.» ...

    2014-09-10, par Jean Carette

    Souvenez-vous : la fermeture annoncée de l’usine d’Electrolux en pleine campagne électorale; 1300 bons emplois (sic) perdus à L’Assomption, les politiciens et autres candidats qui défilent devant les cameras, s’indignent et promettent.

    J’ai des nouvelles pour vous : Electrolux vient de racheter tout l’électroménager de Général Électric pour 3,7 milliards de dollars (canadiens) en numéraire, financés par la Deutsche Bank et par SEB, avec un gain boursier de 8,7% dès l’annonce. Actionnaires et spéculateurs se frottent les mains.

    Le meilleur des mondes en somme. Sauf pour les licenciés de L’Assomption et leurs familles !

    2014-09-11, par Jean Carette

    Retour sur un premier lundi de cours par un bel après-midi ensoleillé. Une cinquantaine d’étudiants de tous âges, attentifs, surpris du ton, de l’humour et de la démarche, mais paraissant motivés pour progresser dans la connaissance, l’analyse et la réflexion. Nous avons parcouru tout le syllabus, qui à l’UQAM porte la marque d’un contrat de travail discuté et adopté par le groupe-cours.

    J’étais heureux de reprendre ces quinze semaines de partage des savoirs, y compris ceux des étudiants, d’efforts pour mieux percevoir la réalité du vieillissement dans ses aspects collectifs et pour y tenter des changements efficaces et durables. Dans la bonne humeur et pour une avance en âge positive. Même le gardien à l ’entrée du Pavillon Maisonneuve rénové avait le sourire pour nous accueillir. De bon augure.

    2014-09-12, par Jean Carette

    Les français vont mal et m’inquiètent : un chômage endémique, une économie affaiblie et même en panne, des jeunes en mal de perspective, des politiciens décevants sinon corrompus, à droite comme à gauche, et un Front national menaçant. Le tout dans une Europe dirigée de fait par la néolibérale Angela Merkel qui ne cède pas d’un pouce quant à ses choix, à droite toute.

    Encore quelques faux pas et les fascistes reprennent le pouvoir, trois quarts de siècle plus tard, de Pétain à Marine Le Pen. Seule une alliance de tous les démocrates, de droite, de gauche et du centre, dans le cadre d’une union républicaine, peut barrer la route aux partisans du Front national et à l’extrême droite raciste et autoritaire. On a envie de leur dire : Réveillez-vous, arrêtez de «collaborer» avec le pire ! Ma parole, c’est ça qu’ils aiment ?

    2014-09-13, par Jean Carette

    Allez sur You tube écouter le jeune Damien Contandriopoulos, chercheur en santé publique à l’Université de Montréal, qui répond à la question : notre système de santé coûte-t-il cher ? Ou si vous avez plus de temps, allez voir les deux vidéos produits en 2009 par la FTQ et avec le même expert sur la même question.

    Parfois, cela fait du bien face aux propagandes teintées d’idéologies et surtout de mensonges ou de fausses évidences. De quoi soutenir un enjeu de société comme la santé de tous.

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    2014-09-14, par Jean Carette

    Voici que le président Obama part en guerre aérienne contre l’État islamique, bien qu’il semble répugner personnellement à des stratégies dictées par la force pure. Sans doute des pressions de l’opinion et des démocrates eux-mêmes à quelques semaines d’importantes élections.

    Et pourtant, je persiste à croire que contre les radicaux de tous bords, la guerre ne peut mener qu’à la guerre; qu’il faudrait d’abord mieux analyser les origines et l’histoire du terrorisme; qu’il faudrait aussi déployer les...armes d’une diplomatie intelligente et patiente; qu’il faudrait viser le long terme et élargir nos cadres de pensée et d’action, en particulier dans la lutte contre les inégalités, la faim et l’humiliation, partout sur la planète. Les faucons ont toujours tort, assez faibles pour trop utiliser la force et le mauvais goût du pouvoir.

    2014-09-15, par Jean Carette

    Après les employés municipaux, ce sera bientôt le tour des salariés des universités, des employés de soutien aux professeurs. Le ministre Blais a convoqué les partenaires concernés pour leur annoncer un projet de loi à la même sauce que le projet de loi 3.

    Ce lundi matin, nouvelle conférence de presse des retraités appuyant la coalition contre la loi 3. La colère et la contestation s’amplifient, et toutes les organisations de retraités, dont Espaces 50 plus, sont en train de rejoindre notre mouvement. En attendant la marche de samedi à Montréal.

    Le gouvernement teste nos résistances à ses essais de démantèlement. Il doit trouver tous les citoyens en travers de sa route parce qu’il s’agit non d’un sursaut catégoriel et corporatiste mais d’un changement majeur du pacte social

    2014-09-16, par Jean Carette

    Hier matin, conférence de presse pour présenter la lettre des retraités et aînés de la coalition pour une libre négociation au Premier ministre. L’actualité politique était très encombrée, mais les principaux médias étaient là pour enregistrer.

    Bon visionnement, en attendant de vous croiser durant la marche du samedi 20 entre le Parc Lafontaine et les bureaux de M. Couillard .

    Cliquer ici pour écouter

    2014-09-17, par Jean Carette

    Les aînés québécois ont leur mot à dire, avec le poids social de leur électorat et la richesse de leurs expériences accumulées. On se penserait en 2012, avec les carrés rouges de la lutte étudiante, devenue progressivement un mouvement social intergénérationnel, en partie grâce à l’immobilisme gouvernemental, en partie grâce aux solidarités retrouvées. Mais attention ! Il s’agit d’un marathon et c’est sur le long terme qu’il convient de réfléchir et d’agir. Le gouvernement ne l’ignore pas, à travers ce premier essai qu’il veut efficace et concluant. Que la loi 3 passe ou pas, il y en aura d’autres : budget d’austérité et de compressions brutales, législation sur les régimes de retraite universitaires, assaut contre les administrations des réseaux de la santé et de l’éducation et même contre les services de première ligne. Il faudra mobiliser de plus en plus large car c’est le contrat social global qui est en jeu : redistribuer plus justement les pouvoirs, les droits, la richesse, avec une exigence environnementale forte. Bien du travail à faire ! Retroussons nos manches.

    2014-09-18, par Jean Carette

    Les aînés québécois ont leur mot à dire, avec le poids social de leur électorat et la richesse de leurs expériences accumulées. On se penserait en 2012, avec les carrés rouges de la lutte étudiante, devenue progressivement un mouvement social intergénérationnel, en partie grâce à l’immobilisme gouvernemental, en partie grâce aux solidarités retrouvées. Mais attention ! Il s’agit d’un marathon et c’est sur le long terme qu’il convient de réfléchir et d’agir. Le gouvernement ne l’ignore pas, à travers ce premier essai qu’il veut efficace et concluant. Que la loi 3 passe ou pas, il y en aura d’autres : budget d’austérité et de compressions brutales, législation sur les régimes de retraite universitaires, assaut contre les administrations des réseaux de la santé et de l’éducation et même contre les services de première ligne. Il faudra mobiliser de plus en plus large car c’est le contrat social global qui est en jeu : redistribuer plus justement les pouvoirs, les droits, la richesse, avec une exigence environnementale forte. Bien du travail à faire ! Retroussons nos manches.

    2014-09-19, par Jean Carette

    Gilles Vigneault , hier à Télé-Québec, à propos du référendum écossais : « J’ai trouvé ça dommage que le verbe avoir l’emporte une fois de plus sur le verbe être. » Tout est dit, poétiquement formulé et vrai. L’avoir de la marchandisation mondialisée, des banques apeurées, des affaires à continuer et du fric roi.

    Et pourtant, quelque chose me dit que tout n’est pas fini, qu’il est des formes d’indépendance à réinventer, au-delà des jeux politiques et des rapports de forces. Oedipe a tué son père encombrant sa route et cru prendre le pouvoir sur Thèbes . La suite prouvera que le sphinx posait les bonnes questions et pressentait des naissances plus cruelles, mais plus durables. La dignité impose de se relever et de reprendre la route.

    2014-09-20, par Jean Carette

    J’ignorais ce chiffre et le cherchais: les CPE ont permis à 70000 femmes québécoises de participer au marché du travail et de gonfler le PIB de 5 milliards supplémentaires. Ça vaut donc le coup pour l’État de subventionner les garderies à 7, 8 ou 10 $.

    Demain, temps variable, sans pluie et avec même un peu de soleil sur Montréal. Un temps idéal pour marcher ensemble sur Sherbrooke. Notre rendez-vous : au coin de Sherbrooke Est et Cherrier, sous la bannière du RSR (Regroupement des syndicalistes retraités), côté du Parc Lafontaine, 11h. Prenez le métro (station Sherbrooke). La marche partira vers midi jusqu’aux bureaux du Premier Ministre sur McGill College. Je vous y attends. L’enjeu politique et surtout social est de taille.

    2014-09-21, par Jean Carette

    Voici la photo des pages 1 et 4 de mon livre L ’âge citoyen, à paraître chez Boréal et dans les vraies librairies à partir du 21 octobre. Je ferai plusieurs lancements et vous inviterai par cette page. Merci.

    2014-09-22, par Jean Carette

    Hier matin, conférence de presse pour présenter la lettre des retraités et aînés de la coalition pour une libre négociation au Premier ministre. L’actualité politique était très encombrée, mais les principaux médias étaient là pour enregistrer. Bon visionnement, en attendant de vous croiser durant la marche du samedi 20 entre le Parc Lafontaine et les bureaux de M. Couillard .

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  • 2014-09-23, par Jean Carette

    À l’occasion de son quatre-vingtième anniversaire, Léonard Cohen vient de lancer son nouvel album, «Popular problems» à Londres. Il dédie son disque à son maître bouddhiste qui vient de mourir à 107 ans. La première chanson : «Slow» , évoque son âge et son rapport au temps : «J’ai toujours aimé prendre mon temps,» confie-t-il sur Europe 1.

    Prendre son temps, même à 80 ans ou 107 ! Tout un art de vivre, un art poétique. Le philosophe Jean-Paul Jouary a écrit : «Du présent, faisons table pleine.» En contrepoint du slogan révolutionnaire : «Du passé, faisons table rase.» J’ai encore beaucoup à apprendre... pour saisir les mystères du jour que je traverse. À méditer, sur l’élan de mon désir de vie.

    2014-09-24, par Jean Carette

    Trois députés écologistes français viennent de déposer un amendement visant à punir l’obsolescence programmée : un maximum de deux ans de prison et de 300 000 euros d’amende. L’obsolescence consiste à réduire sciemment la durée de vie d’un produit : bien sûr cette tromperie nuit à l’environnement, mais elle est aussi un vol qualifié du consommateur : pensez à votre imprimante plafonnée à 18000 impressions.

    Un logiciel libre est téléchargeable pour débloquer la puce menteuse et remettre le compteur à zéro ! - et à ses cartouches à remplacer alors qu’elles sont encore pleines à 45%, à votre portable très vite démodé. Cette désuétude planifiée ne date pas d’hier, en particulier en matière d’équipements électriques, où elle semble remonter aux années 1920. Sans oublier l’impossibilité de réparer ou de trouver des pièces de rechange. Excellente initiative donc, qui sera suivie d’autres, ici et ailleurs, espérons-le !

    2014-09-25, par Jean Carette

    La décapitation du Français Hervé Gourdel est un meurtre ignoble et ses metteurs en scène ou exécutants doivent être poursuivis et neutralisés. Mais ce qui me frappe encore davantage, c’est le détournement du religieux vers le fanatisme guerrier. Les musulmans de France sont appelés ces jours-ci à se mobiliser contre l’horreur barbare qui enlève tout son sens à l’Islam et à ce que ses guerriers prétendent défendre. Il était temps, grand temps que des voix se lèvent pour cet appel, après avoir si longtemps opté pour le silence. C’est quand la guerre se fait croisade qu’elle est la plus ignoble.

    2014-09-26, par Jean Carette

    XXXXXXXXXXX Je vous invite à signer la pétition invitant les députés à analyser rigoureusement le projet de loi 3 concernant la santé financière des régimes de retraite du secteur municipal. Même si vous n’êtes pas directement concernés, ce projet n’est qu’une première étape gouvernementale pour réduire les droits de tous les employés des secteurs publics et parapublics. Raison de plus pour demander aux députés de faire sérieusement leur travail. J’ai signé, avec 5200 autres. Merci.

    2014-09-27, par Jean Carette

    Victoire des militants environnementalistes : la Cour supérieure interdit les travaux de forage jusqu’au 15 octobre, c’est-à-dire jusqu’à la fin de la période de forte occupation des bélugas dans la zone de Cacouna. La juge exprime son étonnement devant l’autorisation donnée par le Ministère de l’environnement. En clair, elle met sévèrement le doigt sur l’incompétence du Ministre et de ses fonctionnaires...

    À suivre, car il y aura bientôt un débat juridique sur une injonction permanente : les environnementalistes reviendront à la charge devant le BAPE et devant les tribunaux pour interdire définitivement l’aménagement d’un port pétrolier. Le combat se poursuit. Avis à ceux qui se découragent trop vite...Joie.

    2014-09-28, par Jean Carette

    Intéressant article de la sociologue uqamienne Julia Posca sur les inégalités intergénérationnelles. Oui, les générations plus jeunes vivent une plus forte précarité que celle de leurs parents et les inégalités se creusent depuis trente ans. Mais ce serait une grave erreur d’opposer les deux groupes d’âge, comme un conflit générationnel entre gras-durs d’hier et précaires d’aujourd’hui. En fait, nous sommes passés d’une économie qui a favorisé les salaires jusqu’au milieu des années 1970 (le fameux modèle fordiste : production de masse et consommation de masse) à une économie dominée par la finance et le souci prioritaire des profits (en bourse plus qu’en production) et des actionnaires. Ce changement de modèle défavorise et précarise tout le monde et pas seulement les plus jeunes. Opposer les générations revient à diviser les citoyens pour cacher la source réelle des difficultés des salariés (et des retraités), quel que soit leur âge.

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  • 2014-09-29, par Jean Carette

    Une belle initiative que celle de Denise Dutil qui se propose d’animer des cafés-réseaux pro 50 + destinés à des professionnels de 50 ans et plus en recherche d’emploi. Notre société et son économie dominante rejettent la force de travail au moment où elle est la plus utile et la plus expérimentée, d’où ce chômage massif des séniors, blessant pour eux et elles mais aussi très coûteux socialement. Je n’ai pas connu ces passages si difficiles, et je suis toujours très demandé, ce que je perçois le plus souvent avec joie. Mais je comprends les frustrations et l’indignité qui frappent un individu refusé ou écarté du marché de l’emploi.

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  • 2014-09-30, par Jean Carette

    Philippe GERMA, directeur général du Fonds pour la nature (WWF) : « L’humanité peut réussir à décorréler son développement de son empreinte écologique. Il faut pour cela préserver le capital naturel, notamment en arrêtant de surexploiter les stocks halieutiques, produire mieux, avec moins d’intrants et de déchets et plus d'énergies renouvelables, et réorienter les flux financiers, en prenant en compte les coûts environnementaux et sociaux. »

    Tout est dit, mais personne ne s’y trompe : ce sont les pressions citoyennes qui seules contraindront les groupes qui contrôlent les économies et les gouvernements à appliquer sérieusement les mesures proposées, au lieu de poursuivre leur pillage ou de le tolérer.

    2014-10-01, par Jean Carette

    La danse macabre des compressions a déjà commencé : à Montréal, l’Agence a annoncé des coupures de 87 millions en santé mentale et dans les soins aux personnes «âgées» , selon Radio-Canada. On n’est pas surpris.

    Par contre, les mots deviennent des paravents : ce ne sont pas des coupures ni des compressions : on parle de «propositions» , ou encore d’une façon de faire plus avec moins; on parle aussi d’un «effort d’optimisation» .

    Non seulement ils coupent, mais ils nous prennent pour des valises, en manipulant le vocabulaire.

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  • 2014-10-02, par Jean Carette

    En France aussi, les retraités s’indignent et expriment déception et colère. Floués sous Sarkozy, les voilà plus démunis avec Hollande, en colère contre les impôts qui montent et le pouvoir d’achat qui baisse alors qu’ils ont encore enfants ou petits-enfants à charge à cause du chômage. Les voilà aussi déçus du socialisme de pacotille et de discours, alors qu’ils espéraient de vrais changements ou au moins le maintien du modèle de société dont ils ont bénéficié naguère. Aux prochaines élections, ils voteront pour les extrêmes, de gauche ou de droite. Qui pourrait s’en étonner ?

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  • 2014-10-03, par Jean Carette

    Je reviens sur le Ministre Barrette : suite aux injures lancées au Salon Bleu contre le Docteur Hébert, même le PM Couillard s’en est offusqué et a prié son ministre de baisser le ton.

    Curieuse et scandaleuse agression du bulldozer, traitant son prédécesseur de menteur et de fainéant, injures doublement indécentes et inappropriées ; le Docteur Hébert n’est ni menteur ni paresseux ni fumiste ni démagogue ni délirant (sic) : un peu lent et inexpérimenté peut-être quand il était en charge (cf. ce que je disais ici de son projet d’Assurance autonomie), il mérite aujourd’hui l’écoute respectueuse de ses concitoyens. Pas les vociférations d’un chat de ruelle déguisé en ministre ! >

    Même Couillard est écœuré : c’est dire ! (Barrette/Bolduc/Couillard : BBC...)

    2014-10-04, par Jean Carette

    Le PQ a donc fait preuve de fermeture en refusant le pari de primaires ouvertes aux non-péquistes. Lisée a perdu et s’est même fait critiquer : «divisif», a lancé Laviolette qui pourtant n’est pas à une division près. Je ne connaissais pas ce qualificatif, mais j’enregistre une ineptie de plus Lisée a twitté en nous conseillant d’opter pour la seule solution : devenir membre du PQ !! On croit rêver. Tant d’inconvenance, d’incohérence et de masochisme. Lisée , c’est à vous au contraire de sortir de la secte, avant que ce que vous avez qualifié de bombe à retardement ne tue tout espoir. Péladeau sera le chef du PQ, droit dans ses bottes et gardera ses actions, tout en chantant la social-démocratie. C’est ailleurs et autrement qu’il faut bâtir. Restera l’électorat qui ne comprend ni ces batailles de coqs ni ces commentaires attristants. Triste spectacle !

    2014-10-05, par Jean Carette

    Si j’en crois les réactions à mon billet précédent, il y a du «divisif» là-dedans, comme dirait Laviolette. À chaque fois que le PQ fait sujet, je remarque deux choses: 1. Beaucoup d’affectivité et de perte de contrôle: on a du mal à garder son sang-froid et sa raison; 2: Ça ressemble de plus en plus à des querelles de chapelles ou de sacristies: beaucoup de religieux là-dedans, avec une curie, des théologiens, des évêques, de la grâce et des péchés, des censures et des condamnations, les croyants du dedans et les passens incrédules ou infidèles du dehors. Le bouc émissaire est souvent là, avec son cortège d’abus et de violences...Ouash ! Heureusement, le réel finit par revenir au premier plan des perceptions, tôt ou tard...

    2014-10-06, par Jean Carette

    Bonne intervention de l’AREQ à propos de l’âgisme et de l’intimidation. Voici leur communiqué.

    Dans le cadre du Forum sur la lutte contre l’intimidation qui a réuni hier quelque 200 représentants d’organismes de la société civile, le président de l’AREQ, Pierre-Paul Côté, a invité le gouvernement à se pencher sur toutes les formes d’intimidation dont les personnes aînées sont victimes, notamment la maltraitance, mais aussi l’âgisme. « Une face cachée de l’intimidation envers les personnes aînées, c’est l’âgisme dont elles sont victimes. C’est une forme d’intimidation subtile, insidieuse, répandue dans toute la société, qui créée des tensions intergénérationnelles inutiles » , a souligné le président de l’AREQ. Parmi les exemples d’âgisme, mentionnons celui d’affirmer que le vieillissement est la principale cause de la hausse des coûts de santé au Québec. Plusieurs études ont pourtant démontré que d’autres facteurs sont prépondérants, à commencer par la hausse du coût des médicaments, le salaire des médecins, les nouvelles technologies et les investissements en immobilisations. Le vieillissement arrive au cinquième rang de ces facteurs. « Nous souhaitons donc que les autorités gouvernementales condamnent haut et fort le discours alarmiste et erroné associé au vieillissement », poursuit M. Côté. Les différents visages de l’intimidation L’AREQ souhaite par ailleurs que le plan d’action qui découlera de ce forum prenne en compte les particularités liées à l’intimidation à l’endroit des personnes aînées. En effet, cette intimidation a différentes formes et différents visages. Il peut s’agir de pairs dans les résidences pour personnes aînées ou d’intervenants du domaine de la santé qui subissent un stress de plus en plus grand en raison des restrictions budgétaires et des coupures de personnel. Enfin, il peut malheureusement s’agir de membres de la famille. « L’intimidation est parfois difficile à cerner et, malheureusement, elle est très rarement dénoncée par celles et ceux qui en sont victimes. On ne peut pas penser qu’une campagne publicitaire et une ligne téléphonique, aussi utiles qu’elles soient, sont suffisantes pour régler la situation. Il faut non seulement s’assurer que les gestes d’intimidation et de maltraitance soient dénoncés, mais il faut aussi offrir aux personnes aînées un milieu de vie dans lequel elles sont respectées et traitées avec soin, pour éviter les situations potentielles d’intimidation et d’abus » , a conclu le président de l’AREQ.

    Un dossier à suivre.

    2014-10-07, par Jean Carette

    Hier, j’ai publié un 700ème billet sur cette page, débutée le 5 novembre 2012 : deux années de réflexion, d’échanges et de partages, de joies et de belles rencontres ; mais aussi face d’ombre, avec des sollicitations de toutes sortes (fric et/ou sexe le plus souvent...) et pas mal de faux amis que j’ai dû écarter.

    La page indique que j’ai 5000 amis accumulés au fil des jours. Ce ne sont pas tous des amis, bien sûr, mais ce que facebook appelle des suiveurs (followers). À partir de maintenant, je vais procéder à un ménage sérieux de la liste de mes «amis» avec un double objectif : garder mes amis proches, mais déplacer les autres vers un fichier «suiveurs». Merci à mes amis que je connais et qui me connaissent de rester proches. Merci aux autres de se déplacer eux-mêmes vers les followers. Nous communiquerons ainsi dans une plus grande clarté.

    2014-10-08, par Jean Carette

    Dans une entrevue au Monde, Jean-Paul Laborde, directeur exécutif au CTED, Comité contre le terrorisme de l’ONU, nous dit : «Le terrorisme peut s’expliquer en partie par des phénomènes d ’exclusion au sein de sa population. Pour le combattre, il faut donc aussi mobiliser la société civile, les médias et le système éducatif.» Il nous apprend aussi que 60% des personnes qui rejoignent les islamistes radicaux n’ont aucune conviction religieuse.

    Autrement dit, donnons à ces personnes de quoi vivre, à savoir un emploi, des protections sociales contre les risques de l’existence et un accès à l’éducation et à la culture et nous aurons des terroristes en moins. Bien plus efficace que les opérations militaires !

    2014-10-09, par Jean Carette

    Malala , prix Nobel de la paix plein de sens ! C’est le droit de tous à l’école et à l’éducation qui est ici réaffirmé, dans le fracas des intégrismes et des violences guerrières. Collégien pensionnaire, j’ai très vite compris que ma seule chance était l’éducation, pour me sortir de l’ignorance et de la barbarie, pour aussi construire en moi un être humain et, comme on dit, réussir ma vie. L’éducation, avec l’enseignement pour base et comme occasion privilégiée d’accès aux savoirs disponibles, mais aussi avec l’apprentissage de l’autre et de sa valeur.

    Aujourd’hui, encore et toujours je découvre, j’apprends, je rencontre. Joie.

    Nicole Bernier, directrice de recherche à l’Institut de recherche sur les politiques publiques (IRPP) : «Le Canada compte 8,1 millions de proches aidants qui, selon les estimations, assurent gratuitement de 70 à 80 pour cent de tous les soins à domicile. Grâce à leur apport, les provinces épargnent quelque 24 à 31 milliards de dollars par année.»

    D’un côté on compte sur les proches aidants, surtout des femmes, pour faire gratuitement le travail des soins; de l’autre, pour ceux qui ne peuvent être aidés, on procède à des hospitalisations bien plus coûteuses. Cherchez l’erreur...

    Et vive le bénévolat !

    2014-10-10, par Jean Carette

    Je me suis livré à un petit calcul. Si la mesure IPC moins 3% avait été appliquée depuis 1985, comme l’avait décidé le dernier gouvernement Trudeau et comme le voulait à sa suite gouvernement Mulroney de l’époque, malgré son engagement électoral, la Pension de Sécurité de la Vieillesse qui était de 282,94$ en 1985 serait montée de 26%, à seulement 310 dollars mensuels environ, au lieu des 551 dollars versés aujourd’hui, soit une augmentation de 95% grâce à l’indexation complète. Autrement dit les bénéficiaires de ce minimum vieillesse indexé aux 3 mois auraient perdu à ce jour 241 dollars de pouvoir d’achat mensuel.

    Comme quoi le combat de l’AQDR à l’époque, dont j’étais et qui avait fait reculer le gouvernement fédéral, a été plus qu’utile. Avis aux sceptiques !

    2014-10-11, par Jean Carette

    Retenez ces dates : le vendredi 21 novembre, de 17h à 18h, et le dimanche 23, de 13h à 14h, je serai au stand de Boréal du Salon du Livre pour signer les premières dédicaces de mon livre L’âge citoyen. Je vous y attends avec plaisir : une belle occasion de feuilleter les livres, de se laisser séduire par une pensée, une image, une tournure de phrase, un thème.

    Une belle occasion de se rencontrer et de faire connaissance, en dehors des pages Facebook. Si vous ne pouvez pas venir au Salon, vous pourrez vous rattraper avec un lancement spécial qui sera organisé le 28 novembre à 18h30 au Centre communautaire de la maison des Aînés (1620 de La Salle) pour les résidentes de la Maison et les membres des réseaux Espaces 50 +. Y sera aussi lancé Mille ans d’histoires, avec des photos de Gilles Beauchamp et des témoignages de résidentes recueillis par lui pour le 10ème anniversaire de la Maison. Une autre belle occasion de fraterniser. Mon livre sera en librairie le 21 octobre, au prix de 24 $ TTC.

    Et je vous rappelle que je suis prêt à venir faire sa présentation et sa promotion si vous êtes disposé à organiser un groupe pour ça. Merci

    2013-10-12, par Jean Carette

    J’ai lu attentivement le projet de loi 10 du ministre Barrette. Voilà une réorganisation qui n’était pas annoncée en campagne électorale et qui n’a pas fait l’objet d’une quelconque expertise, pas plus que d’une consultation des gens qui travaillent dans le réseau de la santé ou dans les groupes communautaires concernés et qui subissent, avec les patients, depuis plus de vingt ans des réorganisations qui sont autant de foutoirs, de privatisations larvées et d’occasions de démantèlement des services publics. À signaler aussi les menaces qui visent les fonctionnaires récalcitrants, indiscrets ou opposants, ou les injures ministérielles qui ont cherché à assommer le ministre péquiste précédent. Voilà qui promet pour les négociations qui vont débuter dans la fonction publique et surtout pour la bordélisation galopante de nos réseaux de santé et d’éducation.

    2013-10-13, par Jean Carette

    Tandis qu’une manifestation se déroulait à Cacouna contre les forages qui devraient reprendre la semaine prochaine, David Suzuki passait par Montréal, dans le cadre de la tournée Bleue Terre : « Si vous n’avez pas d’air pendant 3 minutes, vous êtes mort. Donc, assurément, un air sain est la plus haute priorité. Ensuite, l’eau que nous buvons, les aliments qui viennent de la terre. Nous dépendons de ces éléments pour notre survie. Travailler à les protéger, dans n’importe quel système, devrait être notre plus haute priorité. »

    La planète est notre demeure, la seule dont nous disposons. Paul Eluard : «La terre est bleue comme une orange.» Gardons-lui ses couleurs et son jus de vie. Personnellement, je ne suis ni heureux ni fier de transmettre ce gâchis systémique.

    2014-10-14, par Elgie Ahouannou

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    2013-10-15, par Jean Carette

    «Je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités.»

    C’est le pape François qui dit ça en début de pontificat. D’abord j’aime cette audace tranquille. Mais j’ai envie de nous amuser et de réfléchir avec vous. Prenez la phrase et remplacez Église par université, ou par gouvernance, ou encore par vérité, ou par n’importe quelle idée instituée par l’habitude ou par notre histoire. Vous aurez alors devant vous la crise actuelle dans toute sa dimension et surtout vous aurez quelques frêles indications pour dégager des voies nouvelles de sortie.

    2013-10-16, par Jean Carette

    Beau moment d’émotion en début d’après-midi : les premiers exemplaires de L’ge citoyen sont arrivés chez l’éditeur et je m’y suis précipité pour recevoir mes dix exemplaires d’auteur. Le premier ira à Mo avec une dédicace à la hauteur de son support et de ses encouragements. Trois autres iront à Fernand Dansereau pour sa préface, Yves Vaugeois pour son interface et Pascal Chevrette pour la postface.

    C’est la fin de l’accouchement : 16 mois depuis la première écriture, 9 mois depuis le dépôt au Boréal. La mise au monde est opérée : reste l’arrivée chez le lecteur ou la lectrice pour un partage de pensée et une incitation à l’action citoyenne.

    À partir du 21 en librairie, sauf chez Renaud-Bray, qui confond la soupe et les livres...

    2013-10-17, par Jean Carette

    Je vous envoie ce mot d’amitié depuis Ogunquit ou Mo et moi sommes arrivés après un voyage éprouvant et une pluie diluvienne continue. Ce matin le ciel était nettoyé et nous avons passé la journée face aux vagues de la mer. Calme et repos, avant une fin d'automne occupée et sans doute agitée. Refaire le plein, entre deux défis, sans doute la définition de ma voie. Joie

    Panique dans les bourses où la baisse des valeurs principales ressemble à une simple correction des marchés. Panique sur le front sanitaire où chacun se fait peur en évitant de serrer la main au voisin, Ébola oblige. Alors que le virus est très contrôlable et contrôlé sous nos latitudes.

    Pourquoi cette dégringolade et cette pandémie de la peur ? Pourquoi ce retour aux paniques primaires ? À qui profite cette diffusion effrénée de fausses informations ?Ces questions me traversent l’esprit alors que je me prépare à enregistrer sur MATV/Libre service ma première chronique de la saison sur la préparation à la retraite. Je pourrai moi aussi diffuser la peur panique sur ces sujets d’avenir. Je ne le ferai pas, par souci de rester honnête intellectuellement. Arrêtons de faire confiance aux manipulateurs (Manies-tu la peur ?) et à ceux qu’ils servent !

    2013-10-18, par Jean Carette

    Belle promenade au centre de Boston. Le soleil était timide, mais nous avons croise des gens heureux dans leur liberté, comme nous l’étions, Mo et moi. Le retour fut plus long et difficile: avez-vous remarque vous aussi que l’humain est tellement sur de lui et d’être chez lui qu’il en oublie ceux qui cherchent leur chemin. Pas de panneaux précis, ni d’indications claires et nous avions beau chercher, nous avons fini par compter sur notre intuition plutôt que sur les pancartes pour parvenir à destination. Où va donc se loger le narcissisme, parfois ?

    2013-10-19, par Jean Carette

    Aujourd’hui, nous nous sommes perdus à travers les demeures huppées des fortunes de Kennebunkport, dont celle de Bush père , 90 ans et encore toutes ses dents de faucon républicain ... Pas d’envie, mais de quoi réfléchir aux inégalités sociales tout en admirant certaines architectures en bord de mer...

    Demain, déjà les valises. Départ pour Bethlehem, dans les Montagnes blanches pour une nuit douillette avant le retour sur Montréal pour reprendre le travail ...de la retraite !

    2013-10-20, par Jean Carette

    Papa a été premier ministre du Canada à quelques reprises. Papa est mort et Justin s’est lancé en politique ou du moins a été lancé en politique. Élu à Montréal puis chef du PLC, il brigue désormais la succession de papa.

    À le voir et à l’écouter sur écran, j’ai l’impression que les chaussures de papa sont un peu trop grandes pour Justin. Rêver d’une dynastie familiale en politique ne relève pas d’une bonne transmission entre générations, surtout quand elle s’appuie sur une belle image aussi superficielle. L’action politique ne peut se contenter d’un héritage clanique ou tribal, d’autant que les héritiers se contentent de leur apparence pour viser le pouvoir. Justin, combien de pixels ?

    2014-10-21, par Elgie Ahouannou

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