Cafés des Âges


 
21 janvier 2012
Pour ce Café des âges du 21 janvier, le premier organisé en Montérégie à l’invitation de François Teasdale, vice-président d’Espaces 50+, bien du beau monde s’était dérangé, assez courageux pour affronter la froidure d’un samedi matin !

Un sociologue, une environnementaliste, des représentants d’associations d’aînés, membres et militants actifs, une députée et son attaché politique, deux artistes, un ingénieur, un généalogiste et quelques jeunes bien décidés à partager leur point de vue.

En bref, voici quelques idées qui ont été échangées :

  • Notre société fonctionne en silos, en séparant les groupes qui la constituent, ce qui donne une société ségrégative, fragmentée et souvent paralysée dans son développement.
  • De nombreux efforts, aussi divers qu’originaux, sont déjà faits à travers l’action des groupes d’aînés pour rencontre les plus jeunes, surtout dans les écoles.
  • D’une génération à l’autre, nous devons apprendre et apprivoiser les différences entre les générations.
  • C’est d’abord à l’école et en commençant au niveau primaire que nous devons collectivement restaurer l’enseignement de notre histoire et promouvoir l’expression de la mémoire des aînés,
  • C’est à l’écoute de nos racines et de nos généalogies que nous pourrons retrouver un sens, une orientation valable et une signification mobilisatrice de notre développement collectif.
  • Les relations intergénérationnelles ne sont pas seulement une affaire d’ouverture personnelle au sein de la famille et du voisinage. Il s’agit d’un enjeu de société.
  • Assez d’âgisme dans les mots et les écrits, les jugements et les préjugés, dans les discours publics (journalistes et politiciens).
  • Les aînés ont bâti ce pays et contribuent toujours à sa prospérité et aux dépenses du gouvernement à travers les taxes et les impôts.
  • Dans un pays collectivement aussi riche, la pauvreté est un scandale qui frappe injustement tous les groupes d’âge.
  • Le vieillissement s’accompagne souvent de faiblesses physiques, d’une baisse des performances et des rythmes dont nous devons tenir compte.
  • Notre société est cacophonique et bruyante : cherchons ensemble une orchestration nouvelle de nos rapports sociaux.
  • Une cause commune devrait faciliter un rassemblement efficace et novateur des énergies de toutes les générations. Pourquoi pas autour d’un projet écologique ?
  • Assez de paroles : il est temps d’agir pour développer une sensibilité citoyenne.


Et puisque nous avons parlé d’agir,

  1. Je rappelle qu’une deuxième session d’Ateliers de retraite active et citoyenne est organisée et se tiendra à Longueuil les mercredis 22 et 29 février et les 7, 14, 21 et 28 mars 2012; de 13h30 à 16h00 à La Maison de la famille Le Cavalier 2027, rue Daniel. (LIEN À VENIR)
  2. J’annonce un deuxième café des âges à Longueuil d’ici quelques semaines.
  3. J’invite chaque participant et tous nos amis lecteurs à nous faire part de leurs suggestions et projets pour agir : Espaces 50+ en fera le relais.


Un grand merci aux participants pour leur encouragement concret à notre mission !

Jean Carette,
Président d’espaces 50+


 
10 juin 2011

Ce fut une matinée magnifique de vérité et de sens, de sincérité et de profondeur. Le vieillissement perçu, traité, vécu comme une aventure, une libération, une retrouvaille avec soi et avec autrui, remplie des disponibilités de l’enfance et des atouts de la maturité.  Du fond de mon coeur, un vrai merci pour ce flux régénérateur de vie et d’humanité.


  • Merci d’avoir tant exprimé, du fond de vous-mêmes, comme du beau monde, comme du vrai monde. J’ai traversé cette animation comme un superbe cadeau de l’âge et de la vie.
  • Merci à mon ami Fernand Dansereau et à son équipe de nous avoir donné cette occasion rare de réflexion, de bilan et de sages ouvertures. Je sais qu’il va nous revenir avec un documentaire fidèle à sa recherche et à nos élans.
  • Merci à celles et ceux qui venaient pour la première fois. Je suis persuadé qu’ils n’ont pas été déçus et j’espère les revoir en pareilles occasions.
  • Merci aussi à celles et ceux qui n’ont rien exprimé tout haut. Leurs yeux comme leur silence m’ont beaucoup parlé.
  • Merci aux plus jeunes, trop rares mais si réconfortants et vrais, dans leurs témoignages et leur recherche.
  • Merci à tous nos amis d’autres groupes partenaires : L’Amitié n’a pas d’âge, l’AQDR, les chères mémés déchaînées, l’OPC, etc. Votre confiance nous honore et nous appuie.
  • Merci aux non montréalais venus du Nord, de la Rive Sud et même de Québec partager leurs points de vue. Qui vient de plus loin est parfois le plus proche.
  • Merci à nos amis d’Espaces 50+, grâce à qui nous relevons des défis immenses avec énergie et espoir. Merci à celles et ceux qui ont travaillé dans l’ombre à ce succès : François, Lise, Jean, Céline et les autres.
  • Merci à Gisèle et Thérèse , résidentes de la Maison des Aînés : leur présence était aussi un présent chaleureux.
  • Merci pour les suggestions vers plus d’intergénérationnel et d’interculturel. À force d’accueil et d’écoute, on finira bien par renouveler notre pacte social.

Du fond de mon coeur, un merci fort à chacune et à chacun. Bon été, d’un commencement à l’autre, et à bientôt! Avec Montaigne en cadeau :

Principalement à cette heure que j’aperçois ma vie si brève en temps, je la veux étendre en poids; je veux arrêter la promptitude de sa fuite par la promptitude de ma saisie, et, par la vigueur de l’usage, compenser la hâtiveté de son écoulement : à mesure que la possession de vivre est plus courte il me la faut rendre plus profonde et plus pleine.


Jean Carette,
Président d’espaces 50+


 
4 décembre 2010 Au Centre communautaire de la Maison des aînés Hochelaga-Maisonneuve
1620, AV de La Salle, Montréal
(entrée par le sous-sol)

"Malgré la corruption, faut-il faire encore confiance à nos politiciens et aux institutions publiques ?"

 

Nous demandions aux aînés de se faire accompagner par un jeune de son entourage afin d’équilibrer la représentativité intergénérationnelle. Pour nous permettre de défrayer les coûts de cette activité nous demandions une contribution volontaire de 1$ ou plus.


Pour en savoir plus
 


 
2 octobre 2010 Une rencontre très intéressante rassemblait plus de 25 personnes en ce samedi matin du 2 octobre 2010. C’était l’occasion pour Espaces50+ de tenir un Café des Âges sur «Le droit de mourir dans la dignité». Ce thème d’une très grande actualité engage inévitablement chacun de nous. M. Jean Carette donna d’abord quelques précisions sur des termes qui sont sur toutes les lèvres : euthanasie, suicide assisté, soins palliatifs, contrôle de la douleur et sédation, etc.

Plusieurs questions sont mises de l’avant pour débuter l’échange. C’est quoi vivre dans la dignité? A-t-on tendance à refuser cette échéance qu’est la mort? A-t-on davantage peur de la souffrance que de la mort? Pourquoi associe-t-on toujours le mot dignité au « mourir », alors que la dignité devrait nous accompagner tout au long de la vie?


On nous a communiqué une statistique importante : seulement 20 % des patients en phase terminale bénéficient actuellement de soins palliatifs. Un sondage récent rapporté dans La Presse mentionne aussi que 71 % des Québécois souhaitent la légalisation de l’euthanasie. Si l’on se fie aux prises de positions des membres réunis, une majorité semblait souhaiter une loi pour décriminaliser l’euthanasie. Unanimement, on refuse pour soi et les siens l’acharnement thérapeutique.


M. Carette évoqua l’interview réalisée avec le biologiste et éthicien David Roy pour le compte de Radio Ville-Marie. Celui-ci s’est prononcé contre la législation de l’euthanasie, car dans le concret, il aurait peur. Selon lui, pour la majorité de nos hôpitaux, le malade n’est pas au centre de leurs préoccupations. Dans nos échanges, il a été beaucoup question des soins palliatifs : ceux-ci n’évitent pas la souffrance, mais ils l’accompagnent, le sédatif n’étant administré que pour atténuer la douleur. La souffrance peut ne pas être que négative, ce sont les gens qui souffrent qui sont dépassés par la douleur. M. Carette souligna que le mot « palliatif » provient du latin pallium qui signifie le manteau qui habille et protège.


Suite à des témoignages et des exemples concrets, plusieurs s’interrogent sur la cruelle réalité de la maladie d’Alzheimer. Plusieurs peuvent mettre un nom à des personnes qui se voient « mourir vivantes. » Elles cessent de vivre avant de mourir. La perte de dignité se situe davantage dans l’impuissance et la perte d’autonomie. Cette terrible maladie qui fait des progrès ici comme ailleurs, on ne sait trop comment l’aborder. Pour en parler adéquatement, il faut recevoir une formation. Les morts difficiles que plusieurs ont relatées ce matin sont à situer dans la rassurante réalité d’être bien entouré. On a porté cela ensemble… on s’est couvert ensemble avec le manteau qui vient pallier…


Un tel débat nous amène plus de questions que de réponses. Comme par exemple, est-ce que la décision du mourir appartient à chaque individu? Est-ce un droit démocratique? M. Carette mentionna que l’expression « c’est moi qui décide » est liée à la modernité; jamais auparavant on n’aurait dit cela. Quand on dit « la vie m’appartient », est-ce réel et juste? Le principe du droit à la vie m’appartient-il? Est-ce quelque chose qui doit être géré collectivement? Autrefois, on était entouré par la communauté, mais aujourd’hui on est seul et on est à la recherche de bien des raisons de vivre. On souhaite la solidarité, mais où est-elle? D’où l’importance de recréer de tels réseaux.


Dans bien des hôpitaux, le bien-être des malades n’est pas prioritaire. Supposément, c’est un lieu pour protéger la vie! Alors que de plus en plus, bien des drames et des événements se vivent dans la clandestinité et dans l’anonymat. Débat très enrichissant qui aurait pu se poursuivre. Cela est d’autant plus vrai que c’est notre propre fin de vie et celle de notre entourage dont il est question. On doit surtout se rappeler ceci : «quand on parle de la mort, on parle de la vie».


Le Rendez-vous des générations de l’Institut du Nouveau Monde entre dans sa troisième phase, celui des rendez-vous régionaux. En chemin donc vers un nouveau contrat social des générations à définir au printemps 2011 par une Déclaration des générations.


Monik Faucher
Jean-Guy Daigle