Concilier densification et protection du patrimoine : un défi pour une ville durable?

Une ville est attractive en grande partie par son patrimoine. On n’a qu’à songer aux grandes villes mythiques des pays européens par exemple, Paris, Londres, Rome, ou, plus proche de chez nous, Québec. Le charme de la ville de Québec est lié pour beaucoup à ses vieux quartiers, reconnus par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

Le patrimoine est durable, les villes historiques en sont la preuve éclatante. Toutefois, il peut être tentant de vouloir amasser de l’argent en favorisant des projets de densification susceptibles, pour certains d’entre eux, de porter atteinte au patrimoine de la ville, ces derniers pouvant transformer, voire détruire une pièce significative du patrimoine de la ville. Par conséquent, il faudrait toujours se poser une question essentielle, est-ce que ces changements sont appelés à durer? Est-ce que ces changements en valent vraiment la peine? Est-ce que ces changements sont des risques gérables dans le cadre d’une ville durable et ajoutent à la qualité de vie de la majorité?

Il est clair qu’une fois un morceau de patrimoine profondément transformé, il est impossible de revenir en arrière, on ne peut refaire ce qui n’existe plus. Également, l’on peut croire que la multiplication de projets de densification urbaine appelés à se concrétiser sans se situer dans une vue d’ensemble et, qui ne tiendraient pas très sérieusement compte du patrimoine, cela représenterait vraisemblablement une possibilité élevée de transformer profondément l’âme de cette ville.

On peut se demander si les décideurs à Québec sont suffisamment sensibles à l’importance du patrimoine urbain; le patrimoine doit pouvoir jouir d’un cadre particulier pour rester pleinement vivant, doit se situer dans un quartier vivant, animés par la vie quotidienne de ses résidants. Ainsi, un quartier ne peut être dédié principalement, voire exclusivement à une vocation touristique. Surtout que le touriste « moyen » recherche de plus en plus l’authenticité de la vie du milieu qu’il visite de même que l’accès à des produits caractéristiques de la population visitée. Cela impose à la ville d’assurer la meilleure protection du patrimoine si non, la vocation touristique de Québec pourrait en être altérée. De plus, cette protection du patrimoine ajoute sûrement à la qualité de vie du plus grand nombre de résidents d’une ville.

Il est vrai qu’une ville, c’est vivant et ça doit évoluer, mais ne faut-il pas tenir compte de tous ces éléments dont la qualité de vie pour le plus grand nombre, la protection du patrimoine? C’est donc dire que la densification doit se concrétiser dans une telle perspective, que des critères clairs doivent être adoptés à cette fin pour éviter, dans la mesure du possible, des erreurs.

 

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