Culot ou inconscience?

Elle avait vécu deux incidents avec deux personnes différentes, des situations qui présentaient des points communs; cela l’a incité à réfléchir sur les motivations de celles-ci.

Dans le premier cas, la personne, une ancienne collègue bénéficiant, à son dire, d’une confortable retraite, lui avait demandé, quelques semaines après son départ officiel à la retraite, de l’aider à trouver un poste, cette ancienne collègue avait prétexté que le réseau de connaissances de la personne à qui elle avait fait cette demande était sensiblement plus grand que le sien;

Devant l’impossibilité de trouver un poste, voire même un contrat pour elle ou pour cette ancienne collègue, cette dernière avait décidé que la dépense d’énergie pour entretenir une relation avec quelqu’un qui ne pouvait répondre à cette requête, était trop grande, elle l’a donc carrément laissée tomber;

Le second cas était celui d’une personne qui avait temporairement fait partie d’un groupe citoyen au sein duquel elles étaient actives toutes les deux, un groupe qui avait organisé certains événements;

Cette personne voulait non seulement être informée des actions subséquentes de ce groupe, mais encore semblait s’attendre à ce que toutes les invitations lui soient transmises, un peu comme c’était quand elle travaillait et participait à des travaux dans des groupes formels, oubliant que les actions bénévoles relèvent d’une autre dynamique que celles du marché du travail; elle ne tenait pas compte du fait qu’un tel type d’action suppose une certaine entente entre des partenaires, une entente meilleure encore que dans les milieux de travail rémunérés;

Cette collègue citoyenne n’était pas systématiquement incluse dans les invitations;

Toutefois, elle s’attendait à ce qu’une des membres de ce groupe, qu’elle considérait comme une « amie »que non seulement lui donne de l’information sur ce qui se passait au sein du groupe, mais encore qu’elle s’enquiert auprès du groupe si cette seconde personne ne pouvait également être invitée pour l’organisation d’événements ultérieurs, elle ne voulait pas s’en charger elle-même, un peu comme si ça ne lui appartenait pas, comme si elle ne pouvait avoir aucune part de responsabilité dans cette forme de mise à l’écart par le groupe;

Ces deux personnes, du début de la soixantaine, semblaient souhaiter être prises en charge par quelqu’un d’autre sur l’un ou l’autre de certains aspects de leur vie, quelqu’un dont elles pensaient qu’elle leur « devait » ça.

Une telle position paraissait pour le moins étrange, chacun est responsable de sa propre vie et l’amitié ne peut tenir à un service rendu ou pas, sans prendre en considération la liberté de l’autre, ni non plus la réelle possibilité de rendre ledit service;

Des demandes comme celles-là lui avaient paru pour le moins démesurées, mais le plus délicat dans ces situations, avait été la façon de réagir de ces deux femmes qui s’étaient permis de lui en vouloir;

Était-ce du culot ou de l’inconscience? Sans doute les deux, mais elle doutait qu’aucune des deux ne voient les choses de cette façon.

 

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