Densifier sans considérer très sérieusement la planification des quartiers ou la mobilité des personnes : des contradictions flagrantes!

J’ai assisté à une table ronde sur la densification urbaine dans le cadre de l’assemblée annuelle du conseil de quartier de Sillery, un des quartiers de la Ville de Québec, le 11 avril dernier.

Il est essentiel que nous poursuivions collectivement ce débat initié par le Comité sur la densification respectueuse, il y a trois ou quatre ans, à la suite de changements intervenus dans leur milieu. Il en va de la qualité de nos milieux de vie dans les quartiers de Québec.

Pour faire court, la densification, c’est amener davantage de gens à vivre dans le même espace. Densifier le territoire d’une Ville suppose donc que l’on planifie pour connaître les quartiers qui la composent, en cerner les possibilités pour implanter des constructions neuves, qu’elles soient résidentielles, commerciales, de bureaux, etc. ou encore des ajouts aux bâtiments existants, prévoir des commerces de proximité dans tous les quartiers, de même que des moyens pour assurer la protection du patrimoine, pour faciliter la mobilité, non seulement par l’auto, mais encore grâce au transport en commun, au vélo ou à pied. C’est également savoir et reconnaître que dans tous les quartiers, il est essentiel d’assurer concrètement la présence d’une couverture végétale, arbres matures, arbres, etc. un facteur important pour préserver la santé des populations. Tous ces éléments peuvent être associés à une densification qui devrait être qualifiée de durable. Comme citoyenne intéressée par l’aménagement du territoire, je me pose la question si un tel un tel exercice de planification est fait et observé à la Ville de Québec, celle-ci paraissant faciliter très fréquemment la réalisation des projets de promoteurs en modifiant certains de ses règlements? Une question partagée par d’autres lors de cet événement.

Cependant, à la Ville de Québec, il semble que la densification durable ne fasse pas réellement partie du décor quand on songe, par exemple, à la facilité avec laquelle l’abattage des arbres est accepté ou au fait que des services de transport en commun peuvent facilement être coupés (songeons à celui imposé à Sillery avec le parcours 11 notamment). Si on veut davantage de gens sur un même espace, tout en diminuant l’utilisation de l’automobile pour lutter contre la congestion et les ilots de chaleur, cela paraît pour le moins contradictoire, voire incohérent avec la politique de mobilité durable. On peut présumer que cette décision du Réseau de transport de la Capitale n’est fondée que sur un rationnel de type économique, sans avoir considéré un seul moment l’impact sur les utilisateurs actuels de ce parcours, mais également sur ceux qui pourraient décider de ne pas s’établir dans des secteurs du quartier qui ne seront plus desservi par le transport en commun.

Est-ce que la compression de services de transport en commun n’est pas susceptible d’accroître encore davantage la congestion automobile, les jeunes de quartiers mal desservis s’achetant alors des automobiles dès que ce leur sera possible pour se transporter vers leur école, collège ou université, pour leur sorties, etc.? les familles seraient susceptibles alors de se retrouver dans une situation où il y aurait une voiture par personne?

 

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1 réponse

  1. Nicole Moreau dit :

    Ce texte a également été publié dans Le Soleil du 17 avril dans la section Points de vue.

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