Des parents conformistes

Elle avait eu des parents conformistes, des parents qui estimaient essentiel de suivre toutes les règles édictées par la société, peu importe leur nature;

Les rôles sociaux à l’intérieur de sa famille reflétaient ce conformisme, un père pourvoyeur, une mère à la maison;

Elle avait eu plusieurs frères et sœurs, leur place dans la famille était étroitement associée à leur sexe;

Les garçons, plus particulièrement l’aîné, étaient plus appréciés que les filles, ils bénéficiaient d’une plus grande liberté;

Ses parents ne s’étaient jamais penchés sur les conséquences des privilèges consentis au frère aînés, sur les autres membres de la fratrie puisque ceux-ci concordaient avec leur conformisme;

Ces parents conformistes n’avaient jamais saisi que leurs règles pouvaient présenter un caractère contraignant et ne toléraient, en aucune façon, leur remise en question;

Ainsi, pouvaient être questionnés par ses parents, toute position différente prise sur un sujet ou un autre, même le choix d’amis et amies pouvaient être remis en question, parce que ne répondant pas à ces normes sociales. À titre d’exemple, ses parents présentaient des personnes provenant de milieux sociaux différents comme des personnes avec lesquelles il devrait s’avérer fort difficile, voire impossible de s’entendre, que ces personnes ne l’apprécieraient vraisemblablement que pour les avantages sociaux que sa situation lui apportaient et non pour elle-même. Il en était de même avec des personnes provenant de communautés culturelles différentes, surtout celles de minorités visibles;

Plus tard, elle se lia d’amitié avec un collègue de travail qui lui confia qu’il était homosexuel;

Quand ses parents comprirent qu’elle entretenait un lien d’amitié avec lui, ils lui demandèrent pour quelle raison elle le fréquentait, ne pouvant même pas imaginer cette amitié;

Ses parents avaient été si conformistes qu’ils ne se sont jamais informés du neveu d’une parente, qui avait fini par mourir du sida, préférant faire comme si ce neveu n’avait jamais existé, ce qui avait blessé profondément cette parente;

Elle avait fini par réaliser, à force de se faire dire de se conformer aux normes, que ses parents ne croyaient pas en l’importance de laisser les autres faire leurs propres choix, qu’il n’y avait même à faire des choix, qu’il s’agissait, pour eux, tout simplement de suivre la « recette » apprise dans la jeunesse, sans s’en écarter le moindrement;

Cependant, pour elle, la vie, ce ne devrait pas être ce qu’elle avait vu chez ses parents, elle s’était réfugiée dans les livres pendant sa jeunesse, trouvant là un espace d’imagination où il était possible de souffler sans se faire dire quoi faire et comment le faire, ni non plus quoi penser;

Plus tard encore, elle avait compris que le changement, peu importe sa nature, était moins contraignant que cette vie dans sa famille d’origine, encadrée si étroitement qu’elle ne s’y trouvait pas de place, qu’elle n’avait pu s’y épanouir, éprouvant le plus souvent de la crainte de contrevenir à des règles qu’elle ne comprenait pas et avec lesquelles elle était souvent en désaccord;

Sa position de repli en était une de mutisme, mais elle avait vécu ça comme si elle devait, en quelque sorte, s’effacer, ne plus exister pour qu’elle trouve la paix, ce qui est loin de s’avérer bénéfique pour qui que ce soit;

Ses parents n’avaient pas compris ça, comme ils se conformaient aux règles sociales, ils croyaient que tous leurs enfants étaient heureux;

Comment n’ont-ils pas vu qu’une personne comme elle pouvait ne pas s’exprimer et, en même temps, être bien dans sa peau;

Ils ne l’ont pas compris, estimant que leur rôle de pourvoyeur était suffisant pour justifier leur choix et leurs exigences, mais pour elle, l’amour, ce devait pas être ;quelque chose à « négocier », ce n’était pas une transaction, se conformer contre de l’attention, de l’affection.

 

 

 

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