Des préposés aux bénéficiaires formés en 5 semaines

De prime abord j’ai vu dans cette nouvelle un nivellement vers le bas. Ce qui est un problème endémique au Québec. Il est maintenant impossible de faire doubler un élève au Québec. Une Commission scolaire a trouvé un truc génial pour faire passer ses élèves. L’élève ne peut plus couler le secondaire 1, le secondaire 2 et 3 sont considérés comme un cycle. L’élève doit réussir 18 unités sur 36 pour avoir la note de passage. Donc il peut couler son secondaire 1, la moitié des cours du secondaire 2 et réussir le secondaire 3.  http://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201401/21/01-4731044-le-diplome-detudes-secondaires-nest-plus.php

Pour en revenir au diplôme d’assistance à la personne en établissement de santé de 750 heures requis pour devenir un ou une préposé(e) aux bénéficiaires, est-ce un gage de qualité ?

J’ai vérifié les conditions d’admission et je suis assez surpris par ce que j’ai découvert. Il faut soit être titulaire du diplôme d’études secondaires (rappelez-vous on peut couler le secondaire 1, la moitié des cours du secondaire 2) soit si l’étudiant est âgée de 16 ans avoir obtenu les unités de 3è secondaire en langue d’enseignement, en langue seconde et en mathématique ou, si la personne est âgée de 18 ans, avoir réussi le test de développement général (TDG) qui consiste en de l’auto-formation en raisonnement mécanique, en sciences, en résolution de problèmes, en compréhension de l’écrit et en maîtrise de la langue. La note de passage est de 45% pour chacun des tests.

Test de développement général (TDG)

J’ai vu mieux. Un collège privé propose un programme court en classe d’une durée de 2 semaines ou un programme long de 9 semaines. Mieux encore, on peut faire le programme à distance. Le collège mentionne que vous obtenez les mêmes avantages que les étudiants en classe. Attention, le diplôme n’est pas reconnu par le Ministère de l’Éducation.

En matière d’offre d’emploi j’ai trouvé des choses ahurissantes. Ainsi une résidence pour ainés autonomes et semi-autonomes de Saint-Jérôme recherche un ou une préposé(e) aux bénéficiaires /cuisinier. Les exigences et compétences recherchées sont d’avoir une formation RCR (réanimation cardio respiratoire), la carte PDSB (principes de déplacement sécuritaire des bénéficiaires) et soins invasifs. Les soins invasifs sont définis à la Loi 90 et délégués au non professionnel. Les soins comprennent entre-autres les soins administrés dans le vestibule nasal, les grandes lèvres, le méat urinaire et la marge de l’anus. L’annonce ne mentionne pas si ces soins sont administrés entre la préparation du dîner et du souper !

Le CISSS de Laval recherche pour l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé un ou une préposé(e) aux bénéficiaires. La personne doit être disponible sur deux quarts de travail (jour/soir/nuit) et une fin de semaine sur deux. Vous pouvez avoir reçu une formation de préposé aux bénéficiaires d’une école reconnue de 80 heures et plus et un secondaire 5 complété. Statut de l’emploi : temps partiel; quart de travail : liste de rappel et durée de l’emploi : non applicable, nous apprend -on. Avis aux intéressés(es).

Donc, j’ai trouvé du grand n’importe quoi. Pas surprenant qu’il y ait pénurie de main-d’œuvre.

Il est grand temps que les Ministres Proulx de l’Éducation et Barrette de la Santé encadrent cette profession peu connue et reconnue.

Michel St-MAURICE

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1 réponse

  1. Nicole Moreau dit :

    il faudrait vraiment définir ce que la formation devrait comprendre, 5 semaines, c’est vraiment niveler par le bas et on ne peut attendre des autres membres du personnel en place qu’ils assument une certaine forme de supervision, tous ont une charge de travail assez lourde pour que l’on puisse raisonnablement penser que cela s’avérerait impossible pour eux

    je crois que c’est un peu comme ce que je voyais dans les résidences privées avec services pour personnes âgées quand je travaillais au Secrétariat aux aînés dans les années 2002 à 2006, les CHSLD étaient mieux à l’époque, maintenant, qu’en sera-t-il? ce n’est pas pour rien que l’on craint tous et toutes de finir nos jours là, même si on sait que la situation n’est pas uniforme partout

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