Entre devoir et affection, réflexion sur la relation entre des parents et leurs enfants

Certaines relations humaines sont plus marquantes que d’autres dans la vie de chacun d’entre nous. Certaines nous apportent beaucoup et peuvent se vivre dans l’harmonie, pour l’essentiel, d’autres s’avèrent difficiles parce que marquées par des bouleversements.

Parmi ces dernières, les relations avec nos parents apparaissent fondamentales, elles peuvent être simples pour certains qui trouvent dans leurs parents, des alliés, des appuis, des complices, ceux-ci jouent alors un rôle de mentor en faisant voir à leurs enfants les balises à l’intérieur desquelles ils devraient grandir et évoluer en sécurité. Ces parents montrent ainsi qu’ils sont capables de fonctionner et d’apprécier des personnes différentes d’eux-mêmes. Dans d’autres cas, les parents imposent un cadre rigide, autoritaire à leurs enfants, un cadre à l’extérieur duquel il est absolument interdit d’aller sous peine de sanction grave. Ces parents ne croient pas possible que leurs enfants puissent être différents d’eux et perçoivent leur volonté de se distinguer d’eux comme quelque chose d’interdit. Cela rend problématique l’évolution de leurs enfants qui, au moins pour certains, vivent avec angoisse leur volonté de s’exprimer autrement. Tout cela risque de générer frustration et colère.

Le manque d’ouverture de tels parents peut être interprété, à l’âge adulte, comme un manque de respect à leur endroit, une négation de leur droit à une individualité propre, voire comme un manque d’affection. Toutefois, repenser à l’histoire passée de tels parents peut permettre de comprendre pourquoi ces personnes ont réagi de cette façon là. Il est difficile pour chacun, à moins d’y avoir mûrement réfléchi, de ne pas recréer les modèles que l’on a soi-même vécu. Comprendre, c’est le premier pas vers le pardon. Est-ce que de pardonner peut conduire à l’affection pour ce parent qui a vraisemblablement aimé son enfant, mais qu’il l’a probablement mal aimé, qu’il l’a aimé tout à fait différemment de ce qu’il aurait besoin? Dans certains cas, je le crois, quand la personne a pu percevoir une forme d’ouverture, une forme d’acceptation de la différence et accepté son droit de choisir en fonction de critères différents de ceux que le parent avait lui-même choisi. Par ailleurs, quand ce n’est pas le cas, quand la personne n’a pu, même à la toute fin de la vie du parent, pressentir cela, au cour de l’accompagnement fait, est-ce que la relation avec le parent peut être vu comme de l’affection? Je ne le crois pas, ça paraît être plutôt de l’ordre du devoir envers le parent en question plutôt que de l’affection à son égard, la personne ayant en même temps le sentiment que son parent ne l’a jamais connue. Cela suppose de faire le deuil d’une vraie relation avec ce parent.

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