La plus grande richesse des entreprises, la matière grise? Un discours qui reflète vraiment la réalité?

Les entreprises et leurs représentants s’étendent depuis plusieurs années sur le fait que leurs employés représentent leur plus grande richesse. C’est maintenant un discours convenu pour rappeler aux employés qu’ils sont importants pour les entreprises, les incitant ainsi à mettre au service de l’entreprise pour laquelle ils travaillent toutes leurs ressources et leur créativité. Cependant, quand vient le temps des difficultés pour les entreprises, on se rend compte, avec le dernier jugement de la Cour suprême portant sur les fonds de retraite – un salaire différé – qu’il n’en est rien.

La Cour suprême du Canada a défait un jugement de la Cour d’appel de l’Ontario favorable aux travailleurs pour ce qui est de leur fond de retraite. La Cour suprême maintient que les participants au régime de retraite sont les derniers bénéficiaires lorsque les actifs d’une société en faillite sont vendus. Ainsi, les ex-employés perdent une partie de l’argent auquel ils avaient droit en fonction de leur régime de retraite. Dans un temps où les restructurations d’entreprises sont de plus en plus nombreuses, on ne peut que s’interroger sur ce qu’il adviendra des régimes de retraite et des prestations sur lesquelles les travailleurs comptaient pour vivre au moment où ils seront à la retraite. Si les prestations sont sensiblement inférieures au montant prévu, comment ces personnes feront-elles face aux obligations de toutes personnes qui doit pouvoir payer son loyer, ses factures d’électricité, etc.

Les juges de la Cour suprême ont sans doute pris leur décision dans ce cas en fonction du droit actuel. Cela interpelle les élus qui doivent prendre en considération le fait qu’un fond de retraite représente du salaire différé et qu’en conséquence, faire passer les participants à l’arrière des créanciers, c’est valoriser davantage le prêt d’argent que le travail humain, qu’en ces temps de restructuration économique, de tels cas pourraient se multiplier et placer dans des difficultés économiques importantes, un nombre de plus en plus élevés de gens alors qu’ils arriveront à la retraite, ces difficultés pouvant favoriser l’émergence de divers problèmes de toutes sortes associés à l’anxiété de vivre avec des ressources insuffisantes. Les élus devraient donc se préoccuper de modifier la situation afin de favoriser un meilleur équilibre entre travailleurs et créanciers. Si cela n’était pas fait, il faudrait sans doute s’interroger sur la réelle orientation de notre société, c’est-à-dire si l’argent prêté a plus de poids que le travail humain, pouvant même priver des ex-travailleurs de la moitié de leur fond de retraite, est-ce que cela signifie que la valeur de l’argent prêté est plus grande que la créativité et la matière grise des travailleurs? Le cas échéant, pour résumer la situation, ne pourrait-on pas voir là que nous ne sommes pas encore sortis d’un certain monde féodal où le travailleur n’est finalement considéré que comme un vassal dont le devoir premier est d’obéir à son suzerain.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *