La quête d’un homme

Toute sa vie, il avait poursuivi sa quête, il voulait trouver l’amour, un amour accompagné de respect, pour lui-même et pour ses racines, c’était un immigré de première génération qui, même après plusieurs décennies de vie ici, ne se sentait pas encore québécois;

Il avait beaucoup de charme et plaisait aux femmes, il y en avait eu plusieurs dans sa vie, elles avaient été attirées par son physique agréable, très masculin d’abord, par son sens de l’humour ensuite, mais aussi par ses manières très naturelles avec elles et pleines de considération;

Il pouvait également avoir un côté attendrissant par le besoin qu’il avait de recevoir une écoute positive des autres, ce qu’il était impossible de ne pas percevoir;

Pourtant, quand il atteignait son objectif, que la femme semblait commencer à éprouver des sentiments pour lui, il s’éloignait, il prenait une certaine distance avec elle, il avait peur de ce lien qui pouvait prendre une place importante dans sa vie, ce qu’il ne se sentait pas en mesure de contrôler, il craignait donc que s’attacher à cette femme lui fasse perdre sa liberté; il craignait aussi de ne pas être à la hauteur des attentes à son endroit,

Cela s’expliquait du fait que l’attachement était pour lui symbole de souffrance; il avait beaucoup aimé son père qui avait été violent physiquement et sans doute émotionnellement alors qu’il était jeune et sans défense;

Il avait essayé de vivre avec certaines femmes successivement, leurs relations n’avaient cependant jamais bien fonctionné, il n’était pas vraiment attaché à elles et leur faisait sentir de façon claire;

Il a pris conscience trop tard qu’il avait trouvé l’amour tant recherché auprès d’une femme qui l’aimait et qu’il connaissait depuis plusieurs années, après avoir traversé une période professionnelle difficile auprès d’une clientèle qui avait été confrontée à des problématiques sociales complexes, des problématiques sévères;

Il est décédé d’un cancer quelques jours seulement après avoir renoué avec cette femme, il est mort à 56 ans de ce cancer qu’il avait voulu nier jusqu’à la fin de sa vie.

Son destin était sans doute de connaître l’amour, mais non pas de le vivre au quotidien.

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