L’amour : un sens différent pour chacun d’entre nous?

Elle s’interrogeait sur une des plus grandes questions liées à la nature humaine, la question de l’amour. Qu’est-ce que l’amour? Qu’est ce que suppose l’amour entre deux personnes? Entre des parents et des enfants, entre des frères et des sœurs? Elle voulait commencer par là, avant de voir comment ça pouvait se concrétiser entre des amoureux.

 

À son point de vue, l’amour existe à certaines conditions, avoir envie de connaître la personne que l’on est supposée aimer, ce qui signifie non seulement l’entendre quand elle s’exprime, mais également l’écouter, être capable d’accepter que cette personne aimée puisse présenter des différences par rapport à soi et ne pas la juger sur ces différences, ça suppose aussi ne pas faire pression sur elle pour que celle-ci change d’opinion sur certaines valeurs qui lui paraissent essentielles. L’amour est donc indissociable pour elle du respect de l’individualité de l’autre. Vivre l’amour peut être bénéfique vu de cette façon, mais c’est quelque chose de délicat, de complexe puisque la vie nous fait évoluer, chacun à notre façon. Continuer à aimer quelqu’un qui change, malgré ces changements peut s’avérer un défi, mais c’est là que l’on peut voir qui sont les personnes capables d’aimer. Vivre l’amour veut donc dire que l’on est capable de communiquer avec l’autre personne et ne pas avoir à craindre sa réaction.

Par contre, pour certaines personnes, l’amour peut signifier tout autre chose. Elle en avait fait l’expérience avec des personnes généralement très significatives dans la vie de qui que ce soit, elle songeait à son père. La figure paternelle est une donnée majeure dans la vie de toute femme. Son père à elle avait des valeurs de respect absolu d’autorité, croyait que sa position au sein de la famille lui donnait nécessairement raison sur ses enfants, ainsi il exigeait que chacun de ses enfants se conforme à ses choix et jugeait fort négativement des choix différents. Il était convaincu qu’il pouvait exiger de ses enfants, même une fois adulte, que ceux-ci ne pouvaient prendre des positions différentes des siennes, ce qu’il percevait comme une contestation de son autorité. C’était comme si ses enfants ne pouvaient avoir une vie en dehors de lui. La communication s’avérait, à toutes fins utiles, presqu’impossible avec lui, d’autant qu’il avait une nature de plus en plus colérique en vieillissant. Ce père, convaincu de son pouvoir, aimait ses enfants. Mais, c’était évident pour elle, qu’elle ne s’était pas sentie aimée.

L’amour tel que ce père pouvait le vivre était très loin de ce qu’elle aurait voulu recevoir d’un parent. Elle avait dû faire un long cheminement pour comprendre qu’il avait donné ce qu’il avait pu donner. Le contexte familial dans lequel son père avait vécu expliquait peut-être en partie cela. Mais, à son point de vue à elle, ce père n’avait pas essayé de faire ce qui était appelé auparavant un « examen de conscience »,  s’il s’était engagé dans ce chemin, il est possible qu’autant la vie de son père aurait été changée que la sienne à elle. Pourtant, des amis de ce père autoritaire s’étaient éloignés de cet homme qui pensait avoir toujours raison, une confidence faite à la conjointe de l’un des amis de cet homme, était que ce père était un « bon gars » mais avec lequel il était impossible de discuter puisqu’il avait toujours raison. Cet ami avait pris le parti de s’éloigner de son père.

L’amour entre deux personnes, peu importe qui elles sont, est quelque chose de fragile et de rare. Il faut en prendre conscience et protéger ce sentiment qui ne peut être vu comme un devoir. L’amour est quelque chose qui ne peut se forcer, fusse-t-il, entre des personnes qui ont des liens de sang.

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