Le centre-ville de Québec, maintenant sur le Boulevard Laurier?

On peut poser la question de la localisation du centre-ville de Québec quand on lit un article du 27 novembre intitulé « Boulevard Laurier : artère des grands projets de Cominar à Québec » dans le Journal de Québec. On y annonce que le promoteur Dallaire envisage le début des travaux pour « Le Phare », un complexe de 65 étages, au cours de l’été 2018, manifestant ainsi que la consultation citoyenne annoncée ne pourra vraisemblablement pas modifier son calendrier de travaux.

Monsieur Dallaire évoque également dans cet article que deux tours d’une trentaine d’étages seraient également construites sur cette même artère dans les dix prochaines années sur deux vastes terrains qu’il détient déjà.

Tout ça nécessitera sans doute de la part de la Ville de Québec d’investir de très importantes sommes pour que les infrastructures – routes, aqueducs, égouts) puissent accueillir tous les gens qui travailleront dans ces édifices ou qui y vivront. Sans parler du fait que le transport en commun, présenté comme structurant par monsieur Labeaume lors de la très récente campagne électorale, n’est pas encore connu des citoyens, ni présenté au gouvernement du Québec ou à celui du Canada, appelé à le financer en très grande partie, voire en totalité si l’on se fie à ce que les médias ont rapporté des propos du maire. Pourtant, ce système structurant de transport en commun était vu au début de l’année comme un indispensable pour que la Ville accueille Le Phare.

Est-ce que les citoyens de Québec sauront à combien devra se chiffrer cet investissement public destiné à supporter l’investissement privé de Cominar? Je n’ai jamais entendu une promesse de transparence sur le sujet de la part de monsieur Labeaume.

Dans cette même veine, il paraît tout à fait essentiel d’évoquer que sur les ondes de Radio-Canada, monsieur Rémy Normand, conseiller, responsable des transports à la Ville de Québec, a précisé le 27 novembre, qu’il faudra, d’ici quelques années investir pour construire une route destinée à éviter la congestion automobile suscitée par développement entourant le quartier environnant du IKÉA – cette route devrait relier la rue Mendel au Boul. Versant Nord. On sait que les routes représentent des investissements majeurs. D’après monsieur Normand, cela pourrait s’avérer assez coûteux en raison de contraintes techniques. Le développement de ce quartier est appelé à se concrétiser sur une propriété de Cominar.

La question que l’on peut se poser en lien avec cette situation me paraît être la suivante : le soutien d’une ville à la réalisation des projets de promoteurs, par le biais des taxes payées par les citoyens, peut-il être sans limite? Les coûts publics inhérents à de tels projets semblent vraiment très importants. Comme les ressources d’une ville sont limitées, on peut se demander si la Ville n’est pas en train de mettre « tous ses œufs dans le même panier », soit celui de Cominar.

Également, que penser de cette grande proximité entre Cominar et la Ville? Quelle est la place des citoyens dans les interactions entre la Ville et Cominar? Le point de vue des citoyens, leurs attentes, leurs besoins sont-ils pris en compte?

 

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