Le programme particulier d’urbanisme Belvédère : des questions importantes qui subsistent

J’ai assisté le 8 septembre à une partie des auditions des mémoires déposés sur l’avant-projet du programme particulier d’urbanisme (PPU) du pôle urbain Belvédère. Cette rencontre s’est tenue dans les locaux des Loisirs St-Sacrement. Les mémoires devaient obligatoirement être déposés le premier septembre. Le PPU vise le territoire compris entre les rues Holland à l’Ouest, Des Braves à l’Est, la Pente Douce au Nord et la Grande-Allée au Sud, ce qui, dans ce dernier cas, inclut les Jardins Merci (ensemble densément peuplé). Il s’agit donc d’une territoire vaste et diversifié.

D’entrée de jeu, il a été précisé par la responsable de l’aménagement à la Ville, madame Lemieux, que le quartier concerné par ce PPU était important, notamment par sa localisation centrale, mais également par le nombre de résidents qui y vivent et le nombre de travailleurs qui y œuvrent. L’objectif visé par la Ville est de maintenir l’attractivité de ce quartier jusqu’en 2040, à travers le développement qui sera favorisé par le PPU, une fois qu’il sera adopté.

Des quelques témoignages entendus des personnes qui se sont présentées pour faire valoir leur point de vue. Bien des questions subsistent :

  • en ce qui a trait par exemple à la mixité sociale et intergénérationnelle, non seulement pour ce qui est du logement mais également pour les jardins communautaires,
  • en ce qui concerne le transport des personnes et des biens,
  • en ce qui concerne la cohabitation entre les nouveaux projets et les habitations existantes,
  • pour ce qui est des espaces verts, de leur préservation et de leur amélioration,
  • pour ce qui est du patrimoine et de sa préservation.

Les questions de circulation sur la Grande-Allée ont été abordées par plusieurs intervenants. L’intensité de la circulation s’est considérablement accrue depuis quelques années (nombre d’autos, d’autobus, de camions, des piétons, des cyclistes), ce qui peut accroître les risques en matière de sécurité, particulièrement pour les piétons et les vélos, d’autant que la vitesse automobile est assez élevée. La Ville a été interpellée afin que soient mis en place des mesures visant à diminuer la circulation automobile et à favoriser une plus grande utilisation du transport en commun. À cette fin, il a été suggéré de se doter d’une politique restrictive de stationnement et de favoriser davantage le covoiturage des travailleurs du quartier.

Il a également été spécifié que les édifices en hauteur ne paraissent pas constituer des milieux de vie dans lesquels les jeunes familles paraissent à l’aise. Ces tours n’offriraient généralement pas d’aménagement spécifique pour ce type de clientèle.

Le caractère majestueux de la Grande-Allée et l’importance de la préserver comme porte principale d’accès vers le Vieux Québec est fortement soulignée par une intervenante.

Plusieurs intervenants ont insisté sur l’importance des espaces verts et de leur préservation, sur le fait également qu’il devait s’agir d’espaces verts au sol dont tous peuvent profiter et non de toits verts qui sont, eux, à portée strictement privée. La question de l’accès à des jardins communautaire paraît problématique si l’on songe qu’il n’y en a qu’un dans le quartier du pôle urbain, que sa liste d’attente est de 93 noms et que certains y sont déjà depuis cinq ans. Non seulement ce jardin devrait donc être préservé pour les avantages que ça procure à ceux qui jardinent, tels que profiter d’un espace vert, avoir accès à des légumes frais, bénéficié de liens sociaux agréables avec les autres jardiniers, être actif physiquement, etc. J’ajoute personnellement que le couvert arborescent est important pour ce qu’il favorise la lutte aux ilots de chaleur.

La question de la mixité sociale est également importante aux yeux de plusieurs. Les coûts des habitations de ces quartiers sont de plus en plus élevés si bien qu’on peut s’interroger sur le fait que certains groupes pourraient ne pas pouvoir y vivre à long terme. Il y a donc nécessité que l’offre de logements puisse s’adapter aussi à des personnes de la classe moyenne capable de payer pour quelque chose d’abordable sans être un logement social.

Enfin, si on pense à implanter de nouveaux projets dans le quartier Belvédère, des projets d’une ampleur certaine, il y aurait lieu d’adopter de prévoir des mesures afin de privilégier ceux susceptibles de bien s’intégrer dans le quartier, ce qui suppose de tenir compte de l’esprit du quartier. Pour ce qui est des édifices de type commercial (bureaux, etc.), ceux-ci devraient être conçus en escalier pour diminuer au maximum les inconvénients pour les résidents actuels qui habitent à proximité. Enfin, la réalisation d’ étude d’ensoleillement semblerait pour le moins opportune dans tous les cas d’édifices en hauteur.

Il me semble qu’à l’instar du conseil de quartier Sillery, le principe de précaution dans la conception d’un PPU devrait prévaloir et ce, pour tous les sujets qui y sont associés. Cela paraît d’autant plus important qu’un PPU, comme le dit le conseil de quartier St-Sacrement, n’est pas une politique de la Ville, mais un programme d’actions qui devraient être précises et en cohérence avec les politiques adoptées.

 

 

 

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *