Les CHSLD: accueils ou écueils ?

Dans les années 1970, les CHSLD étaient appelés Centres d’accueil : leur vocation était précisément d’accueillir et d’accompagner les aînés qui en avaient besoin, vu leur santé hypothéquée par la maladie ou l’invalidité. Des efforts nombreux, d’aménagement, de formation, etc. ont été faits pour en faire des milieux de vie, pour humaniser l’accompagnement quotidien et la prise en charge des besoins. Mais en même temps, des compressions récurrentes ont réduit l’offre et la qualité des services et des soins : dans le réseau public, pour diminuer le coût de la prise en charge, et dans le privé lucratif pour augmenter la rentabilité. Centres d’accueil ou centres d’écueil ?

D’où les impasses déplorées aujourd’hui et de plus en plus souvent dénoncées : ni accueil réel, ni abri sécuritaire, ni soins actifs et efficaces, dans la plupart de ces institutions. Des employés mal payés et mal formés, des gestionnaires indifférents, des environnements familiaux absents ou négligents ont souvent fait de ces centres des mouroirs infernaux et inhumains. Et pourtant, on attend des mois et des mois avant de pouvoir y entrer, surtout dans le réseau public, tant les besoins sont importants et rares les lits disponibles. Milieux de vie ou de mort lente ?

C’est tout le système qu’il faudrait repenser, réinventer, sur la base des solidarités de proximité des familles ou des voisinages et de citoyenneté active, avec, au niveau ministériel, des programmes de prévention en amont et de promotion des moyens et services de maintien de l’autonomie, avec un accompagnement réel des dépendances parfois inévitables. Une question de budgets ? Oui, bien sûr mais pas seulement. Avant tout un problème de société qui demande des solutions …de société !

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