Les projets du Port de Québec et le point de vue de groupes citoyens

Les projets du Port de Québec quant à son agrandissement et le développement immobilier envisagé ne sont pas sans soulever bien des questionnements. C’est dans cette perspective que de nombreux groupes citoyens, mais également des spécialistes en matière d’environnement notamment, discutent d’enjeux importants pour la Ville de Québec, les citoyens qui y vivent de même que pour un bon nombre d’acteurs sociaux. Il s’agit entre autres de l’Initiative citoyenne de vigilance du Port de Québec, d’Accès St-Laurent Beauport, des Gens de baignade, du Groupe d’initiatives et de recherches appliquées sur le milieu (GIRAM), d’Implique-Action55+, de la Coalition du Marché du Vieux Port.

Le Port de Québec est un acteur important de la Ville. Il est situé en plein centre de la Ville, dans un quartier historique d’une Ville patrimoniale reconnue par l’UNESCO (organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture).

Comme citoyenne intéressée par l’avenir de Québec, concernée par les relations qui semblent problématiques entre le Port et la communauté d’après ce que rapportent les médias, je ne peux que m’interroger, en écoutant ces groupes, sur la question de la gouvernance de cette institution publique, un sujet majeur dans un système politique qui se veut démocratique. Le Port devrait avoir des comptes à rendre sur ses activités, mais également sur ses projets. C’est donc dire que l’on devrait pouvoir s’attendre à de la transparence, ce qui est généralement associée à un fonctionnement démocratique. Mais, selon ce que rapportent les médias sur le fonctionnement du Port, on ne peut que voir là une instance publique qui semble se comporter comme une entreprise privée, au sens classique du terme et qui, même, semble négliger sa mission fondée sur le développement durable, c’est-à-dire se préoccuper réellement et concrètement de la communauté environnante, de la santé de celle-ci et de sa sécurité – songeons ici à toutes les matières transportées par rail vers le Port ou en partance de celui-ci, dont plusieurs sont considérées comme dangereuses et potentiellement explosives. Accroître les activités de transport du vrac, ce serait aussi accroître la pollution actuelle par des poussières de métaux.

Le Port, comme tous les autres port, est une instance qui relève du gouvernement fédéral, mais certains se questionnent sur celui de Québec qui paraît, si on peut le dire comme ça, se percevoir comme étant de « juridiction portuaire » plutôt que fédérale. Bien sûr, il s’agit là d’une image, mais elle est frappante, elle illustre à quel point les citoyens peuvent voir le Port comme une instance qui fonctionne en fonction de ses propres besoins, sans qu’il lui semble opportun de considérer ceux des autres acteurs de la communauté.

Le Port paraît aussi se développer dans une perspective productivistes, c’est-à-dire être axé sur l’augmentation du nombre de tonnage de matières transportées d’abord et avant tout. Les groupes se demandent si le Port se penche sérieusement sur les impacts sociaux, environnementaux d’un agrandissement et de l’augmentation de ses activités. Tout ça, alors que le Port ne sait pas encore quelle entreprise nouvelle pourrait venir s’installer sur son terrain.

Les groupes se questionnent aussi sur l’agrandissement du Port et le processus d’évaluation environnementale qui examinerait ce projet, compte tenu du fait que la portée de ce processus celui-ci a été fortement réduit depuis quelques années à l’initiative du gouvernement Harper. Un tel type d’évaluation serait-il réellement suffisant, considérant la complexité du fleuve?

Un développement portuaire vers Beauport soulève bien des questions sur la plage de la Baie de Beauport, un des seuls endroits où il est possible d’avoir accès au fleuve et de faire de la nouvelle voile, des facteurs d’attrait pour la vie à Québec et de qualité de vie – la comparaison est faite entre les Plaines d’Abraham et la Baie de Beauport, vue comme l’équivalent au point de vue maritime.

Il semble à beaucoup qu’avant d’aller de l’avant avec le projet d’agrandissement du Port, il y aurait lieu de procéder à un même type de consultation publique que lors de la création du Vieux Port de Montréal. On rappelle que plusieurs conseils de quartiers s’étaient prononcés, il y a quelques années, sur le sujet et demandaient, eux aussi, une consultation publique précédé d’un vaste débat public. On voulait pouvoir mieux cerner la vocation de ce plan d’eau si important pour les gens de Québec, le fleuve St-Laurent.

Une des voies soulevées pour améliorer la situation est de modifier le conseil d’administration du Port pour que la communauté y soit représentée, de même que des acteurs préoccupés de questions environnementales. Une autre serait de favoriser une plus grande coordination des activités portuaires du St-Laurent.

Le Port a dévoilé, en juin dernier, un projet de développement immobilier sur des terrains fédéraux dont celui sur lequel est situé le Marché du Vieux Port. Il faut souligner que le terrain sur lequel le Marché est établi a été cédé à la Ville de Québec par contrat pour en faire soit un marché soit un parc. Le Marché pourrait peut-être être établi, après entente avec le gouvernement du Québec, à proximité du site actuel, dans les « Nouvelles Casernes », un ensemble architectural patrimonial important qui mériterait d’être restauré et pour lequel on cherche une vocation. Un tel projet représenterait un attrait important pour les résidents de la Ville, mais aussi pour les touristes.

Les groupes privilégient, pour Québec, un avenir axé sur l’économie du savoir au lieu des ressources naturelles, une ville où il sera possible de profiter pleinement des attraits de tous ordres qui la caractérisent, dont son panorama si particulier que, paraît-il, bien des visiteurs nous envient.

 

 

 

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