Réflexions d’une citoyenne préoccupée par la remise en question des retraites

À l’instar de plusieurs autres, le maire de Québec veut relancer le débat sur les retraites et les caisses de retraite. Son propos est à l’effet que les salariés qui bénéficient d’une régime à prestations déterminées, comme ceux du secteur public, sont des « gâtés » du système, que des bénéfices comme ceux-là sont inacceptables pour ceux qui ne disposent pas d’un tel régime.

Admettons qu’il y a là une certaine forme d’inégalité. Mais, est-ce la seule? D’autres existent, plus importantes encore, plus préoccupantes pour le développement de notre société, dans une perspective de solidarité sociale dont les écarts croissants entre les riches et les pauvres. Mais les élites s’en préoccupent-elles vraiment? Ainsi, est-ce que le maire de Québec accepterait que l’on se penche sur les rémunérations très généreuses accordées à certains cadres ou personnel politique? Est-ce que le même maire serait prêt à monter aux barricades pour faire que le secteur financier soit davantage réglementé, que les primes « gargantuesques » soient éliminées? Un tel combat serait pourtant susceptible de modifier les règles actuelles du jeu, beaucoup trop influencé par le monde financier. Il en résulterait sans doute un réajustement du monde économique où l’ensemble des activités seraient évalués plus adéquatement par rapport aux besoins réels de l’économie.

De plus, rappelons que les régimes de retraite, objet de la discussion politique actuelle, sont du salaire différé. Ils font partie des éléments considérés quand il y a négociation entre les parties patronales et syndicales. Les employés du secteur public ont souvent accepté des salaires moindres que ceux auxquels ils auraient pu avoir droit dans le secteur privé en raison de ces mêmes régimes de retraite. Également, dans le secteur public, ces régimes représentent l’un des éléments à partir desquels il y a comparaison des rémunérations avec les établissements comparables du secteur privé. Déjà, les conditions de travail du secteur public tirent de l’arrière par rapport à celles du secteur privé de taille comparable. Qu’en serait-il si les régimes de retraite étaient modifiés en profondeur pour en diminuer grandement les avantages? Est-ce que ça ne soulèverait pas la question des compétences requises par les travailleurs du secteur public pour élaborer les programmes publics, les administrer et dispenser les services de qualité attendus par la population ou certains groupes à qui ils sont plus particulièrement destinés? Ou encore, est-ce que ça ne justifierait pas que les demandes de rémunération soient haussées en conséquence? De telles demandes, si elles étaient exprimées, ne pourraient vraisemblablement être acceptées par des institutions publiques à court d’argent. Est-ce que ça signifierait qu’on serait prêt à aller vers la privatisation de certains services?

Enfin, n’oublions pas que les régimes de retraite du secteur public représentent une certaine forme de garantie contre la pauvreté, ils ne donnent certainement pas accès à la richesse, à moins, bien sûr de faire partie d’une élite de gestionnaires, de personnel politique ou de politiciens. On a récemment vu que les députés fédéraux sont particulièrement gâtés à cet égard.

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