Vers un port pétrolier à Québec?

J’ai lu avec attention l’avis du GIRAM (groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu) sur le projet d’agrandissement du Port de Québec. L’analyse des documents déposés à l’agence canadienne d’évaluation environnementale sur le sujet laisse supposer que le projet du Port de Québec est, en grande partie, fondé sur un changement de mission du Port pour que celui-ci se lance dans le transport du pétrole.

Une telle hypothèse s’appuie sur différents éléments non négligeables mentionnés dans cet avis, dont une prise de position du président directeur-général du Port de Québec, Mario Girard, en octobre 2014, qui affirmait que « Les nouvelles infrastructures planifiées par le Port de Québec à la Baie de Beauport permettraient d’exporter du pétrole brut provenant des sables bitumineux de l’Ouest canadien » (propos rapportés dans Le Soleil du 11 octobre 2014). Cet avis est confirmé au Devoir en avril suivant de la manière suivante : « Les nouvelles installations portuaires « consolideront la capacité canadienne d’exportation ». Il faut aussi rappeler une analyse TERMPOL soumise à Transport Canada en 2015, une telle analyse s’applique aux terminaux maritimes et aux sites de transbordement pour les hydrocarbures, les produits chimiques ou le gaz liquéfié, des cargaisons susceptibles de présenter un risque de sécurité pour le transport maritime ou pour la sécurité publique, ou encore pour le milieu marin.

Si cela s’avérait et que le Port de Québec voyait son projet d’agrandissement soutenu par des fonds publics substantiels – environ 60 millions de dollars promis par le précédent gouvernement, un montant qui semble avoir été réservé à cette fin par l’actuel gouvernement – est-ce qu’on ne pourrait pas voir cela comme un soutien additionnel au développement des énergies fossiles et se poser des questions sur le plan de transition vers des énergies vertes mentionné à de nombreuses reprises par le gouvernement fédéral? Pourrait-on aller jusqu’à penser que le plan de transition vers le recours à des énergies vertes ne fait partie que du discours des politiciens, les décisions allant dans le sens de l’utilisation des énergies fossiles semblant beaucoup plus faciles à prendre, on n’a qu’à penser, par exemple, au fait que le transport par automobile est clairement privilégié à Québec, voire au Québec, par rapport aux investissements consentis pour le transport collectif. Les décisions récentes du gouvernement Trudeau concernant les pipelines allant vers l’Ouest ou même le Sud, vont dans ce sens, les impacts de ces infrastructures sur l’émission de gaz à effets de serre ne paraissent pas avoir été sérieusement considérés au regard des retombées économiques à court terme du développement des sables bitumineux.

Comme citoyenne ordinaire, j’aimerais beaucoup que les politiciens manifestent d’une plus grande cohérence entre leur discours et leurs décisions; ces dernières devraient viser vraiment des énergies vertes si on souhaite que la génération qui va nous suivre profite d’une planète en santé. Il me semble que cela diminuerait le cynisme ambiant à l’égard des politiciens.

 

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *